Chapitre V
même tems de ses vues sur les moyens de donner le plus tôt possible Tusagc des nouvelles mesures à tous les citoyens, en profitant de Timpulsion révolutionnaire.
» Le ministre de Tintérieur tiendra la main à l'exécution du présent arrêté.
» Signés au registre ; C.-A. Prieur, B. Barrère, Billaud-Varenne, Robespierre, Lindet, Couthon, Carnol, Collot d*Herbois.
» A la Commission des poids et mesures, au Louvre, à Tendroît où se tenoit ci-devant TAcadémie des Inscriptions.
» Pour copie conforme à l'original : ») Signé : L.kgrasge, présid. Haîj'y, secrétaire ('). w
tion par une lettre pleine d'amitir, dans laquelle il me témoignait son étonnement de se voir excepté de la mesure ; . . , »
Voici la demande de U Commission des poids et mesures au sujet de I^voisier (Archives nationales, F', carton 4757 ) :
« Extrait (lu registre dex drlibrrations tir lu Commission des poids et mesures^ du 28 frimaire, l'an 2* de la République française une et indivisible.
» I^ Commission des poids et mesures, considérant que dan^ les circonstances actuelles, où elle est obligée de faire des vériBcations très-nombreuses d'étalons de toutes les espèce^ de poids et mesures, en exécution des difFérents décrets de la Convention Nationale, U présence du citoyen Lavoisier, l'un de ses membres, lui devient nécessaire par le talent particulier qu'a ce citoyen pour tout ce qui exige de la précision; que d'uilleurs les travaux qu'il a commencés sur la détermination des poids et sur la dilatation des métaux se trouvent interrompus par son absence, et qu'il faudrait qu'un nouveau commissaire les recommençât en entier; qu'enfin il serait d'une très^grande difficulié de pouvoir le remplacer relativement aux différents objets dont il s'est occupé, a pensé qu'il {sici croit de son devoir de représenter au Comité de sûreté généralecombien il est urgent que ce cîtovcn puisse être rendu aux travaux importants qu'il a toujours suivis avec autant de zèle que
d'activité.
» HoRDx, président ; Hau'y, secrétaire. »
Dans sa séance du 18 frimaire an II, la Commission temporaire nomma Coulomb pour remplacer Lavoisier comme trésorier.
I* ) Nous donnons cet arrêté d'après la copie qui se trouve dans les papiers de Delambre. à l'Observatoire, et qui a les signatures autographes de Lagrange et de HaQy. C'est dotic la pièce même qui fut envoyée à Delambre pour lui signifier sa révocation. Le même arrêté, publié déjà par Delambre (Hase du système métrique, t. I, p. 49 du Discours préliminaire), a été donné récemment par M. J. Guillaume (toc. cit., t. III, p. 239) d'après la minute des Archives nationales (AFii, carton 67. cahier 496, n° 4), minute qui est de la main de Prieur, mais qui, parmi les signatures du registre, ne mentionne pas celles de Robespierre, Couthon et Colloi d'Herbois.
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Les membres restants étaient Berthollet, Hatiy, Lagrange, Monge et Vandermonde. En vertu de cet arrêté, ils s'adjoignirent Buache, Hassenfratz et Prony. Lagrange présida quelque temps et fut remplacé par Hassenfratz; Haûy continua de remplir les fonctions de secrétaire, et Berthollet devint trésorier à la place de Coulomb.
Peu avant, il avait été passé un marché avec Fortin pour la fabrication des cent icades (décalitres) destinés aux départements; un autre avait été passé avec Fourché. L'exécution des marchés subit des retards parce que Tarchitecte du Louvre ne voulait permettre, sans ordre du ministre, aucun changement dans les locaux accordés à la Commission temporaire. La question fut agitée au Comité d'instruction publique et les artistes furent autorisés à aménager à leur convenance les locaux mis à leur disposition pour la fabrication des mesures, sauf à remettre les choses en l'état. (J.Guillaume, Procès-verbaux du Comité d'instruction publiquedelaConventionNationale, t, m, p. 23i, 232,237,254).
La Commission temporaire, ainsi épurée, envoya à la Convention l'adresse suivante, qui fut lue par Monge,dans la séance du 3o nivôse (19 janv. 1794).
« Adresse de la Commission des poids et mesures à la Convention Nationale.
)> Citoyens législateurs,
9 La Commission temporaire des poids et mesures, substituée à la cidevant Académie des Sciences par votre décret du mois de septembre 1793, qui vient d'ôtre régénérée par le Comité de salut public, vient vous rendre compte des travaux qu'elle a faits depuis cinq mois et de ceux auxquels, (iepuis sa régénération, elle se livre avec une nouvelle activité, pour faire
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jouir le peuple français de runiformité si désirée dans les poids et dans les mesures.
ï) Près de trois ans ont été employc-s par les commissaires de la ci-devant Académie des Sciences pour rédiger le plan du travail, pour faire exécuter les instruments nécessaires à la détermination de la longueur du quart du méridien terrestre, pour faire de nombreuses expériences sur la longueur du pendule, pour mesurer la dilatation des métaux, pour rechercher avec toute la précision nécessaire le poids d'un volume donné d*eau distillée, au moyen duquel, des étalons de mesures linéaires, seront déduits les étalons de poids.
» Depuis le i"' septembre, les bases du travail général étant bien assises, la Commission s*est occupée de régler les formes des divers étalons, de déterminer la méthode de les vérifier. Elle a fait avec les ouvriers les devis nécessaires pour la construction des étalons; les marchés sont passés avec le ministre de rintérieurj tous les artistes sont en pleine activité; leurs ateliers sont garnis d'ouvriers; des machines ingénieuses, imaginées par plusieurs d'entre eux, vont servir à multiplier bientôt les étalons avec Téconomie du temps et la justesse nécessaire dans une si belle opération.
» Des membres de la Commission surveillent toutes les entreprises, et
s'occupent sans relâche de l'examen des poids et mesures. D'autres sont
chargés de la rédaction et de l'impression de trois ouvrages qui doivent
faire connaître les soins pris pour la perfection de cette grande opération.
» L'un de ces ouvrages exposera la base du travail de la Commission, le rapport de ce travail avec les nouvelles mesures, et la méthode destinée à simpliHer les calculs qu'elles exigeaient.
u L'autre sera un abrégé de cette instruction, destiné à l'usage de tous les
citoyens. Il ne comprendra que les résultats les plus généraux et les bases
indispensables à tous les hommes pour faire usage des poids et mesures
républicaines. Ces deux premiers ouvrages sont terminés; ils sont sous
presse en ce moment.
» La troisième ofirira la collection de tous les mémoires et de tous les rapports relatifs à l'ensemble des opérations qui ont servi à déterminer l'unité des poids et mesures; la description et les dessins de toutes les machines imaginées poi;r parvenir à ce but; le détail des calculs que ce travail a exigés, et la manière dont on a profité de toutes les connaissances phjsiques pour se garantir des erreurs d'observation et pour vérifier tous les résultats, en sorte que dans tous les temps, on puisse facile-
La Commission temporaire^ depuis son épuration. 55
ment et sûrement les retrouver, en répétant, avec les soins convenables, les expériences qui les. ont fournis.
» Ce dernier ouvrage, qui offrira l'historique exact de toutes les expériences, de toutes les recherches, aura deux parties. L*une contiendra tout ce qui a rapport à la première époque du travail qui a pour base la détermination actuelle et comme provisoire de l'unité des poids et mesures, fondée sur les observations faites au nord et au midi de la France., pour déterminer la quantité de l'aplatissement de la Terre. L'autre partie présentera la seconde époque, la détermination précise et définitive de cette unité qui aura lieu, lorsque l'arc terrestre compris entre Barcelone et Dune^Libre sera entièrement mesuré.
& Nous pouvons assurer qu'il n'y aura entre l'unité provisoire de mesure, donnée par les anciennes observations dont nous sommes .obligés de nous servir en ce moment, et l'unité définitive fondée sur les nouvelles opérntions, qu'une diflifrence trop légère pour en retarder plus longtemps la jouissance.
B Pour obtenir ce dernier résultat, cherché et trouvé au milieu même du bruit de nos armes victorieuses, des membres de la Commission continuent la mesure de l'amplitude et de la longueur de Tare du méridien compris entre Barcelone et Dune-Libre. Mais, tandis qu'on achève de per> feciionner cette mesure et de déterminer avec une précision inconnue jusqu'ici aux autres peuples de la Terre, l'unité précise qui sera déposée dans les étalons destinés à servir de type général et à être conservés par la Convention Nationale, nous avons senti qu'il était indispensable de s'occupe sur-le-champ des moyens de distribuer le plus promptement possible les nouveaux poids et les nouvelles mesures dans toute l'étendue de la République. Bientôt, législateurs, ce bienfait va être répandu également, sous vos auspices, sur tous les citoyens; bientôt leurs yeux ne seront plus choqués de ces poids et de ces mesures anciennes qui retracent encore des restes odieux des temps et des choses souillés par les tyrans. Des mesures et des poids républicains vont nécessairement remplacer les. anciens. La Commission vient d'appeler à cette utile et pressante construction tous les artistes en état d'y coopérer; elle va leur fournir les premiers étalons de ces mesures et de ces poids républicains ; elle se charge de les guider dans leur travail, d'en vérifier les premiers résultats, et de les mettre à portée de les vérifier pux-mêmes, avec l'exactitude convenable. Tous les décadis un membre de la Commission leur expose, dans une leçon publique, les
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vérités et les principes qui doivent les guider dans leurs opérations. Le commerce va donc jouir bientôt des premiers fruits d'un travail dont aucune nation n'a encore tenté et ne pouvait même coixcevoir l'espérance de donner l'exemple. La République française aura la gloire d'avoir fait, en quelques années, ce que des peuples éclairés n'ont encore pu faire, et la liberté comptera ce travail parmi les bienfaits qu*elle répand sur les hommes. L'uniformité des poids, des mesures et des calculs dans toute la République fera disparaître toutes les difficultés qui entravaient les échanges et favorisaient si souvent la mauvaise foi. La détermination de ces poids et de ces mesures, prise dans la nature et, par là, dégagée de tout arbitraire, sera dorénavant fixe, immuable et inaltérable, comme la nature elle-même. L'arithmétique, simplifiée par le calcul décimal, rendra toutes les opérations du commerce et de la comptabilité beaucoup plus faciles et plus sûres. Réduite à ce qu'il y a de plus simple, elle sera à la portée de tout le monde; tous les enfants la sauront, et ce sera encore une cause de moins d'inégalité parmi les hommes. La France, déjà si distinguée par les progrès de ses habitants dans les sciences et dans les arts, a d'ailleurs été favorisée par la nature pour le succès de ce grand travail. Elle seule, parmi les nations, présente une position avantageuse pour la mesure exacte de l'arc du méridien. Cet arc y est coupé en deux parties à peu près égales, par le 5o* parallèle de la nouvelle division du cercle, et le 45<^ de l'ancienne. Les deux extrémités de cet arc, se reposant sur le bord de la mer, donnent un niveau invariable.
M La mesure de cet arc, qui exige tant de soins et de temps, ne donnera sans doute qu'un petit degré de précision de plus que les mesures anciennes; mais ces opérations étaient dignes du peuple français qui doit en tout servir de modèle à tous les peuples, et par la précision des calculs, et par celle des instruments qu'on y a employés. Les résultats qu'elles donneront laisseront toutes les nations dans l'impossibilité de jamais faire mieux. La Commission régénérée des poids et mesures a regardé comme un de ses premiers devoirs de présenter aux fondateurs de la République Tétat de ses travaux, et de vous faire connaître le zèle des républicains qui la composent. Sa marche révolutionnaire, comme celle de tout ce que vous faites pour assurer la Révolution, ne connaîtra plus aucun obstacle : et elle prouvera que l'union des Sciences et des Arts, animés par un ardent républicanisme, doit contribuera cimenter le bonheur du peuple auquel vous consacrez tous vos travaux. »
La Commission temporaire, depuis son épuration. b-j
Cependant la confection des nouvelles mesures n'avançait pas assez rapidement, et la Commission temporaire dut faire un nouveau rapport à ce sujet, car on lit au procès-verbal de la 2o8' séance (i5 ventôse an II — 1794 mars 5) du Comité d'instruction publique de la Convention (loc. cit., t. III, p. 547) :
« Le Comité d'instruction publique, après avoir entendu un rapport de la Commission temporaire des poids et mesures sur la nécessité de prendre tits mesures révolutionnaires pour accélérer la fabrication des poids et mesures dans toute l'étendue de la République et en approuvant les pro- (positions de la Commission, renvoie au Comité de salut public l'examen de cette question, et l'invite à demander au nom des deux Comités réunis un décret à la Convention pour charger spécialement le Comité de salut public lie l'exécution de toutes les mesures nécessaires à la prompte jouissance liu bienfait de l'uniformité des poids et mesures républicains. Le Comité vi'instruction publique charge Guyton et Fourcroy de se transporter au Comité de salut pubiic pour lui faire connaître cet arrêté. »
Peut-être le rapport de la Commission des poids et mesures î sur la nécessité de prendre des mesures révolutionnaires pour accélérer la fabrication des poids et mesures dans toute Tétendue delà République », proposait d'organiser dans les départements des ateliers analogues à ceux qui fonctionnaient à Paris, d'après Tadresse lue par Monge le 3o nivôse an II (M.
iM I>éjâ, avant sa régénération, la Commission temporaire manquait d'ouvriers pour la fabrication des mesures à envojrer dans les départements, parce qu'un décret avait mis en réquisition, pour la fabrication des armes, tous les ouvriers qui travaillaient les métaux. Aussi, aTait-elle provoqué un décret destiné à lui conserver un certain o nombre d'ouvriers foadeurs et tourneurs en cuivre, constructeurs d'instruments de mathématiques et de physique, balanciers, . . calculateurs et vérificateurs » dont on trouv.: la liste au tome VI des (€utres de I^voisier, p. 667.
A ce sujet, G. Pouchet [Les Sciencfs pendant la Terreur, 2* éd., annotée par M. J. Guillaume, p. 39) dit : c Le constructeur des étalons pour les départements était en rnard. Le 31 pluviôse, le Comité de salut public, considérant qu'il importe de favoriser partons les moyens la fabrication des nouvelles mesures, accepte la proposition faite par
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On voit que la Commission temporaire des poids et mesures ne s'occupait guère que de détails admiaistratifs. Hatiy, son secrétaire, fit paraître l'instruciion (')qu'avail annoncée Monge (p. 54] et c'est à cela que se bornèrent ses travaux : bientdt elle cessa même de s'assembler ('). Elle fut définitive ment supprimée par la loi du 18 germinal an III.
du cloiln NotreDane; «nlia il dicidc .]u'aD leur iTinccri, saui ciution, une Kunine de liooo'-. Mu» «ue ciutlon inéDM: dnitnt une difficullé; ]«• ouvrier! ne II iroureai pu; c'eit ua naiivuu retard. Le Conlte décide alon I4 nnlâia) qu« luaSoix/'lenHit ■niicëi ■uiartittet, i chirgeleurd'ea justiEer l'emploi. ■ {Jrtkittt neUioiialft, p'>,ianoD 118g.) (') InancHon nr in mtnrn iitnUtê di la grandrur di la Ttm, uHifarma pour toute la n^HMifiie, et iiir Iti caleiiU rtlatifi à leur itrUiaii dieimali, par la Commiaaion lemporaire det poidi el naurei ttpoblieainet. «n «écnlion dci décreli de la Convention Natimale. Édillon orlgiaala. A Petit, de rinprimcrie nationale eiécmiTe du Louvre. An 11* de la République une et indiTi(ible.Ia-S> de xiiv + lUpagei, luivieide la Tables (17 p«ge«| de réduciion ei 1 planche de figures.
mani iiv + 147 pages si lei mèmea Tablei ie réduction.
I' mitriqiàf, t. I, p. 57 dv D
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