‹ Le système musical de l'Église grecque d'après la traditionChapitre 15 sur 90 · Paris · texte numérisé non relu

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et une tradition communes : de là, la ressemblance entre les deux musiques. Nous pourrons plus loin nous rendre compte de ce qu'il peut y avoir de fondé dans cette manière de voir. Elle est en tout cas parfaitement conciliable avec les faits allégués à l’appui de l’opinion contradictoire touchant la « turquisation » delà musique grecque. Tel est, p. ex., le fait de Pétros Péloponnésios cité plus haut, fait que M. Tzetzès( T )et M. Fétis( 1 2 3 ) ne craignent pas de généraliser, en disant que les meilleurs chantres de l’Église grecque du XVII e et du XVIII e siècle étaient aussi les plus habiles dans la musique profane et qu’ils étaient plus recherchés à la Cour du Sultan que les musiciens turcs eux-mêmes, qu’ils surpassaient de beaucoup par leurs talents et leur goût pour le chant et la composition musicale ( 3 ).

On est à se demander comment la chose était possible, si la musique pratiquée par les artistes grecs n’avait pas des traits de ressemblance avec l’art arabo-persan et ne prédisposait même pas particulièrement à la pratique de celui-ci. Ne pourrait-on pas être tenté de croire que les oppresseurs des Hellènes leur auront demandé de préférence des chants de leur nation, tout comme les Chaldéens demandèrent les cantiques de Sion aux captifs de Jérusalem? L’influence aurait été alors inverse ou pour le moins réciproque. Mais laissons là les conjectures.

Nous avons tâché de résumer dans ce qui précède, les principales opinions au sujet de la musique ecclésiastique grecque et de sa réforme. La conclusion que le lecteur aura tirée lui-même, c’est que le problème n’est pas résolu. Pas d’explication scientifique qui satisfasse, pas de remède pratique qu’on puisse accepter sans compromettre les destinées mêmes du chant ; le seul qu’on puisse admettre temporairement avec les conservateurs, c’est d’en soigner l’exécution, en attendant que l’étude du passé en ait révélé la véritable nature. En effet, comme nous le disions au commencement de ce chapitre, si l’on est incertain sur le choix des remèdes immédiats, c’est que la nature du mal échappe à la diagnose des hommes de l’art; et elle échappe, parce que la nature, l’organisme même du chant, le principe qui règle ses intervalles, est resté inconnu jusqu’à ce moment. Pas plus que Kircher (Musurgia umversalis), au

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