LT
l’organe devient fixe, ce qui n’a qu'une importance secondaire pour les organes à peu près fixes, tels que le foie, larate, letesticule, mais ce qui va constituer un obstacle grave pour lefonctionnementd’organes physiologiquement mobiles, tels que le poumon et le cœur. De là des troubles circulatoires consistant en tumulte des battements du cœur, petitesse et irrégularité du pouls, dyspnée, absence d’impulsion de la pointe du cœur (Potain), ete. qui surviennent dans la symphyse cardiaque ; dans les adhérences péritonéales généralisées, de la gène des mouvements péristaltiques et antipéristaltiques, des troubles de la digestion. Cette absence de mobilité peut gravément compromettre, ou même abolir la fonction de l'organe; c’est ainsi que des adhérences utérines, survenues à la suite de péritonites du petit bassin, pourront non-seulement produire des déviations et des flexions de l'organe, mais encore elles pourront constituer unecauseréelle d'avortement, commel’a indiqué M"° Boivin. De même, la cavité des synoviales articulaires disparaissant, les mouvements du membre deviennentimpossibles, ce qui constitue en somme, une abolition complète de fonction pour les articulations, etc.
Ce ne sont pas seulement les mouvements de locomotion des organes qui sont gènés par ces adhérences, ce sont aussi les mouvements qui se passent dans les organes euxmêmes. Dans la symphyse cardiaque, le cœur maintenu immobile « se contracte mal et se vide incomplètement » (Haller) ; les intestins adhérant à la paroi abdominale ont une couche musculaire qui n'agil pas comme à l'état normal, de là de la constipation; la vessieet le rectum adhérant à un utérus cancéreux perdent également leur contractilité, d’où la rétention ou l’incontinence des matières fécales et de l'urine. Ces troubles divers tenant à la gène des mouvements propres des organes ne sont pas faciles à séparer en pratique de ceux qui sont dus à la gène et à 1a mobilité de
l'organe, mais ils ont évidemment aussi une part importante dans le trouble de la fonction.
Les organes maintenus immobiles et ne pouvant plus se contracter peuvent subir divers troubles de nutrition qui, suivant l'importance de l'organe, retentissent plus ou moins sur la santé générale. Le cœur, ainsi que Beau le démontra en 1836, présente bientôt une dilatation, le plus suuvent avec hypertrophie, parfois avec atrophie (Cruveilhier}, en outre les fibres musculaires subissent assez rapidement la dégénérescence graisseuse.
Cette terminaison funeste ne s’observe guère que dans les cas de symphyse cardiaque, car le plus souvent l'organe contenu dans la séreuse détruite tend par des mouvements de plus en plus étendus à recouvrer sa mobilité. Sous l'influence de ces mouvements, les brides celluleuses s'allongent, s'amincissent et finissent par se résorber; nous assistons là à une véritable reproduction de la séreuse. On a pu suivre tous les degrés de ce travail de résorption sur plusieurs séreuses, notamment sur le péritoine, les synoviales, la vaginale, et la reproduction de la séreuse peut être si complète que Billroth est allé jusqu'à nier l’oblitération de la tunique vaginale à la suite des injections iodées.