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PHYSIOLOGIE DES ORGANES SÉREUX

Nous n'avons pas parlé jusqu à présent de certaines propriétés physiques et mécaniques du tissu séreux, c'est qu'elles nous ont paru pouvoir nous aider à comprendre la physiologie des organes séreux. Telles sont l’élasticité, la résistance et le poli. |

Le poli se retrouve sur la face interne de toutes les séreuses, il ne disparait que dans les cas pathologiques, et il est en rapport avec l’un des principaux usages des membranes séreuses, qui consiste à donner la mobilité aux organes qu'elles enveloppent.

La résistance varie avec l'épaisseur de la trame des séreuses, nous l'avons trouvée presque nulle dans le feuillet viscéral de l’arachnoïde qui n’a du reste à supporter aucune pression, puisqu'il s'appuie constamment sur la face interne de la dure-mère ; nous la trouvons plus forte dans les autres séreuses viscérales, et vraisemblablement elle atteint son maximum sur le péritoine pariétal.

Huschke (1) nous apprend que Scarpa tendit sur un cadre circulaire une portion fraîche de péritoine et trouva qu'elle portait un poids de 50 livres sans se déchirer, puis qu'après l'enlèvement du poids elle reprenait peu à peu sa forme primitive. Cette expérience nous démontre aussi bien la résistance que les membranes séreuses peuvent opposer aux pressions venant de l'intérieur des cavités qu’elles tapissen} et à la distension des organes auxquels elles adhèrent, que leur élasticité. Celle-ci est bien connue, spécialement des

(41) Encyclop., anatom.

Farabeuf.

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chirurgiens. Elle est très-considérable dans la plèvre pulmonaire et dans le feuillet viscéral du péricarde, comme nous l’avons déjà dit.

L’extensibilité des séreuses paraît, de prime abord, considérable, quand on examine, par exemple, les changements de volume du côlon et de l'intestin. Mais il faut reconnaître que, dans ces cas, la séreuse glisse plutôt qu’elle ne s’allonge. Au contraire, lorsqu'un organe comme l’utérus gravide augmente considérablement de volume, il tire à lui la séreuse des régions voisines, mais celle qui couvre son corps augmente aussi réellement de surface.

Ces propriétés physiques des séreuses sont singulièrement modifiées par l’adhérence que ces membranes contractent avec les surfaces qu'elles tapissent. C'est ainsi que certaines hernies peuvent, non-seulement, déplacer mais aussi distendre Le péritoine pour s’en faire un sac d'une grande capacité, ce qui est la règle, tandis que d'autres déchirent véritablement la séreuse trop adhérente ou trop peu flexible.

Examinons maintenant les usages des organes séreux considérés comme membranes et comme cavités.

Les membranes fixent ou protégent les organes; les cavités les isolent.

Le rôle des séreuses considérées comme moyens de fixation est peu considérabie et peut-être ne leur appartientil pas toujours. Ainsi, dans le ligament suspenseur du foie, qui semble avoir pour but de limiter les mouvements de latéralité de l'organe, se trouvent de véritables faisceaux fibreux.

La plupart du temps, les replis, ou duplicatures, qui portent le nom de ligaments, ne sont que des conséquences de la réflexion que les vaisseaux pédonculaires des organes imposent aux membranes séreuses ; tel me paraît ètre le cas pour le ligament du poumon, les extrémités du liganent coronaire du foie et les méso-tendons. Tout en res-

treignant le rôle fixateur de ces derniers, je ne voudrais pas nier cependant qu’ils ne fussent capables d'empêcher quelque peu la rétraction musculaire après la ténotomie, mais nous sortons ici des conditions physiologiques. Je ne crois pas non plus que les synoviales puissent en rien limiter les mouvements des tendons qui, s'ils trouvaient de leur partune certaine résistance, en triompheraient certainement à la longue. Si les membranes séreuses ne jouent qu’un rôle médiocre dans la fixation de la plupart des organes qu'elles enveloppent, il n'en est pas moins vrai qu’elles donnent la solidité au pédicule de plusieurs d’entre eux ; il suffit pour en être convaincu de se représenter les côlons, le mésentère, les éléments du ligament large, etc., dépouillés de leur péritoine. C’est donc en donnant la solidité du pédoncule plutôt qu'en créant des ligaments particuliers que les membranes séreuses jouent leur rôle relativement à la fixation des organes.

Le rôle de la cavité séreuse est contraire à celui de la membrane ; celle-ci utilise la solidité du tissu séreux pour fixer, celle-là le glissant et le poli pour mobiliser. Pour que la cavité séreuse puisse remplir ses fonctions, ses parois doivent être humides et dépourvues de rugosités, afin que le frottement des surfaces s'exécute sans résistance et par conséquent sans production de chaleur, sans usure et sans bruit. La trame même de la séreuse pariétale doit avoir conservé sa souplesse.

Nous allons trouver dans l’étude rapide des oblitérations de certaines cavités séreuses quelques arguments peut-être superflus en faveur de l'utilité de ces cavités.

Lorsque sous l'influence de l’inflammation, la face interne des séreuses commence à perdre son aspect lisse et poli, il survient dans le fonctionnement des organes des phénomènes anormaux qui n'avaient point échappé aux anciens, mais qui ne sont réellement bien connus que

depuis la découverte de l’auscultation, nous voulons parler des bruits de frottement, qui peuvent être l’unique symptôme de l’altération de la séreuse, comme dans la pleurésie

sèche, mais qui le plus souvent ne constituent qu'un phé-

nomène passager qui va cesser lorsque les deux feuillets opposées de la séreuse seront écartés l’un de l’autre par un épanchement, et qui pourra reparaitre plus tard, lorsque l’épanchement ayant disparu, les deux feuillets dépolis frotteront de nouveau l’un contre l’autre. C’est là un symptôme banal dans la pleurésie et la péricardite; il n'est pas uon plus très-rare de l’observer dans la péritonite, surtout en cas de tumeurs abdominales ou de Kystes de l'ovaire enflammés. Les petites séreuses sont souvent aussi Le siége de ces frottements, et l’on sait combien il est fréquent d’entendre ces bruits anormaux dans les synovites des saines tendineuses auxquelles on a précisément donné le nom de crépitantes, en raison du phénomène dont nous parlons.

Lorsque l’inflammation est poussée assez loin pour produire des adhérences, de la séreuse viscérale avec la séreuse pariétale, les bruits de frottement disparaissent, et nous avons alors une disparition complète de la cavité close, ce qui va nous permettre de mieux nous rendre compte du rôle et de l'utilité de cette cavité lorsqu'elle existait.

Ces adhérences généralisées des séreuses se rencontrent à peu près dans toutes les séreuses : plèvre, péricarde, péritoine, synoviales, etc., mais nous devons dire toutefois qu'elles sont extrèmement rares dans l’arachnoïde. Nous n'avons pas à décrire ici la symphyse cardiaque, la soudure costo-pulmonaire, les péritonites adhésives, mais nous allons faire voir que, dans tous ces cas, les séreuses disparaissant, il en résulte un trouble profond dans le rôle, la fonction et jusque dans la structure de l'organe.

Nous avons dit qu'un des principaux rôles des séreuses était de mobiliser les organes. La séreuse disparaissant ,

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