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feuillet viscéral de l’arachnoïde. Sur les hémisphères cérébraux et sur le cervelet, la séreuse est, au contraire, plus étroitement appliquée à la substance nerveuse, sauf au niveau des anfractuosités.
Comment et où se termine l’arachnoïde dans le canal rachidien ? Je ne voudrais pas être trop affirmatif, mais je nai pas vu cette ampoule dont parlent les auteurs. J'ai vu la dure-mère s’effiler en cornet et l’arachnoïde affecter la même forme, comme si elle en était une simple doublure; car, là encore, l'insufflation montre bien que les racinesdes nerfs de la queue de cheval sont tout à fait immergées dans le liquide céphalo-rachidien et, par conséquent, n'ont pas de gaine séreuse, à moins que l’on ne veuille appeler de ce nom l'espèce d’anneau qui les enserre au moment où le feuillet arachnoïdienñ viscéral se réfléchit sur la dure-mère, c'est-à-dire au niveau de leur orifice dure-mérien. Ici, pas plus qu'ailleurs, la séreuse ne s'insinue dans l'intervalle des racines antérieures et postérieures. |
La cavité arachnoïdienné m'a toujours paru descendre moins bas qu'on ne le dit généralement, et j'ai constaté, tout récemment sur un sujet, qu'elle ne descendait que jusqu’à la deuxième vertèbre sacrée.
Le péricarde ou séreuse cardiaque se constitue de bonne heure chez l'embryon, et sa cavité ne reste en communication avec le péritoine que chez les poissons du rang le plus inférieur. C’est donc la première partie qui s'isole de la grande cavité viscérale chez l'embryon comme dans la série animale.
Chez les animaux supérieurs, il n’y a d'adhérence entre les deux feuillets que dans les cas pathologiques ; on trouve souvent des franges, des pelotons adipeux ; on a même signalé des corps étrangers comme dans les articulations.
La disposition de la séreuse péricardique est des plus
simples. Son feuillet pariétal tapisse l’intérieur du péricarde fibreux ; son feuillet viscéral revêt la plus grande partie de la surface du cœur. Tous deux se réunissent forcément du côté de la base du cœur, au moment où le péricarde fibreux s’insère sur les gros vaisseaux. Si, après avoir ouvert le péricarde, on cherche, avec le doigt, comment se comporte la séreuse à l'égard des gros vaisseaux, voici ce que l’on constate : 1° le doigt s'engage facilement derrière l'aorte et l'artère pulmonaire qui, cimentées par quelque tissu cellulaire, forment, à elles deux, une espèce d’anse complètement libre en son milieu et, par conséquent, entourée par la séreuse (voy. planche T). Aucun autre vaisseau du cœur n’est libre; si l’on cherche à passer le doigt derrière les oreillettes, on ne réussit pas ; on rencontre bien, entre les origines des gros vaisseaux, des culs-de-sac trèsprofonds, mais ils sont imperforés (1). Les veines pulmonaires et les deux veines-caves ne se voient dans le péricarde que sur une faible partie de leur longueur et de leur circonférence.
En considérant ia figure de la pl. I, on se rendra bien compte de la hauteur à laquelle remonte la cavité péricardique devant les artères et la veine cave supérieure. Un examen comparatif de la planche II montre les rapports exacts du péricarde avec la paroi sterno-costale. Ces figures n'ont pas été improvisées à la hâte et représentent le cœur réduit aux deux tiers de sa grandeur naturelle. Je les offre en toute confiance aux médecins qui ont besoin de bien connaitre les rapports du cœur et du péricarde.
Nous constatons sur ces figures que la cavité péricardique remonte très-haut devant l'aorte, jusque très-près de l'origine du tronc brachio-céphalique, c'est-à-dire audessus du cartilage de la deuxième côte. La distance qui
(1) V. Theile. Encyclopédie anat., IV, p. 383.
sépare le cul-de-sac de réflexion de l’origine apparente de l'aorte est considérable. J'ai voulu la mesurer de nouveau récemment, et j'ai trouvé sur deux sujets adultes la même mesure, 8 millimètres, autant dire 6 centimètres. Derrière l'aorte, la séreuse remontait seulement à 45 millimètres. On voit donc que l’étendue de la partie intra-péricardique de l’aorte est très-considérable. Le tronc de l'artère pulmonaire tout entier, sauf du côté qui adhère à l'aorte, est environné par la séreuse qui s'arrête seulement au niveau de la naissance des branches de bifurcation. Quant à la veine cave supérieure, sa face antérieure seule est tapissée par la séreuse dans une étendue qui croit de droite à gauche de 15 à 30 millimètres.
Désirant connaitre la capacité du péricarde, j'y ai fait injecter un liquide coagulable jusqu’à distension complète, le cœur étant vide de sang. Le coagulum extrait et déposé dans un vase gradué a déplacé dans un cas 477 centimètres cubes d’eau ; dans l’autre, 450 seulement (1). Ces chiffres sont faibles relativement à la capacité attribuée aux cavités cardiaques (600 centimètres cubes, sans compter les parois), de sorte que, ou bien le cœur est plus petit qu'on ne le dit, ou bien ses quatre cavités ne se remplissent jamais simultanément, ce qui est probable, ou bien, dans la diastole, le cœur se développe en partie en dehors du péricarde, du côté de sa base.
La Plèvre, membrane séreuse du poumon, vient naturellement après le péricarde, mais elle est bien moins répandue dans la série des êtres ; chez les poissons et les reptiles, la cavité pleuro-péritonéale n’est pas divisée; chez les oiseaux, les poumons sont adhérents. L'existence d’un
(4) C’est à la libéralité de M. Tillaux, directeur de l’amphithéâtre des hôpitaux et à la complaisance amicale de MM. Kirmisson et Amodru que je dois d’avoir pu faire ces constatations. J'aurais bien encore quelques amis à remercier, mais l'usagene veut pas que je dise leurs noms ni leur nombre.
diaphragme complet est donc un attribut des mammifères ; encore n'est-il pas rare de rencontrer des imperfections telles que la communication des cavités pleurales, qui se voit chez les solipèdes, et des particularités comme chez les cétacés, dont la plèvre, d’une épaisseur et d’une élasticité considérables, contient une couche de graisse dans son épaisseur.
‘La séreuse pulmonaire est facile à décrire, le poumon étant purement et simplement attaché au médiastin, d’où iltire ses vaisseaux. Aussi, va-t-elle pouvoir nous servir de type pour la description d’une séreuse, suivant la doctrine de Bichat. Si nous prenons la plèvre pariétale dans la goutlière costo-vertébrale, et si nous la suivons sur une section transversale (V. pl. IT, fig. 2), nous la voyons s’approcher de la colonne vertébrale et delà se porter en avant, comme pour gagner le sternum. Elle fait de même à gauche et à droite, et les deux lames ainsi réfléchies sont largement séparées par Les organes de la partie postérieure de la cloison médiastine. Ces deux lames, dans leur trajet vers le sternum, rencontrent-elles le pédicule pulmonaire (pl. I, fig. 2), elles rebroussent chemin, font le tour de chaque poumon, reviennent devant son pédicule et alors seulement reprennent et accomplissent leur trajet prémédité, largement séparées par le péricarde qui occupe la partie antérieure du médiastin.
Entre le globe cardiaque et la paroi sternale, chaque lame pleurale médiastine tend à s’insinuer pour aller joindre celle du côté opposé et s’y adosser. Cela seréalise dans les points où ni le cœur, ni l'aorte, ni le thymus ne s’y opposent, etlargementsur certains animaux à péricarde mobile. Une fois que la plèvre médiastine de chaque côté a touché la face postérieure dn sternum ou des cartilages costaux, elle se réfléchit en dehors, et tapissant la face interne des côtes, regagne la gouttière costo-vertébrale.
__ Nous trouvons done dans ce trajet. une plèvre costale,
une plèvre médiastine derrière et devant le pédicule pulmonaire, et une plèvre pulmonaire. Le pédicule pulmonaire se continue en bas jusqu'au diaphragme, sous la forme d’un très-mince repli attachant le poumon au médiastin, de sorte que les coupes transversales faites à partir du diaphragme jusqu’au-dessus du pédicule pulmonaire, c’est-àdire depuis le niveau du cinquième cartilage costal jusqu'àcelui du deuxième, nous donneraient une figure semblable à celle de La pl. IE, 2.
Au contraire, le poumon est tout à fait libre dans son sommet, et si l’on vient à couper en travers un thorax préparé, on obtient la fig. 1 de la mème pl. II, sur laquelle les deux cavités ‘pleurales ont été partiellement remplies d'une matière coagulable très-foncée. La plèvre médiane dans son trajet ne rencontre aueun obstacle et se porte directement des côtés de la colonne aux bords du sternum, s'appliquant à la surface des organes du médiastin, c’est-àdire de l'æsophage,de la trachée etde la veine cave à droite, de la crosse de l’aorte à gauche.
On prend également une bonne idée de la plèvre en faisant des coupes verticales, transversales où antéro-postérieures. Celles-ci montrent : 1° que le sommet de la plèvre forme un dôme au-dessus de la première côte et de la clavicule ; 2 que la cavité pleurale se prolonge derrière le diaphragme jusqu'aux insertions de ce muscle, c’est-à-dire jusqu’au-dessous de la dernière côte, à 30 centimètres audessous du sommet de la cavité thoracique.
Le sinus ou cul-de-sac inférieur de la cavité pleurale longe le bord inférieur du poumon, qui ne descend au fond que ie nslesgrandes inspirations, si toutefois il y descend (1), il est de plus en plus profond et de moins en moins ouvert,
(1) V, Sappey. Anat, IV, 379.
OL ns à mesure qu’on se porte d'avant en arrière ; la présence du poumon derrière le foie, explique la sonorité de cetterégion. Mais on ne peut pas dire que le poumon se proionge derrière le foie, chez l’homme, quand on songe à ce qui a lieu chez quelques autres mammifères, tels que certains cétacés dont les poumons se prolongent très-loin en arrière, au-dessus des pesants viscères abdominaux. Ainsi Je navire se trouve bien lesté.
Il est un point de l’histoire de la plèvre qui intéresse spécialement le médecin. C’est de savoir dans quelles limites la plèvre de chaque côté vient s’insinuer derrière le sternum. Voici la manière que j'ai employée pour arriver publiquement à laconnaissance de ce fait. Il faut choisir un sujet sans adhérences: pleurales et d'une bonne conforma-: tion thoracique, sans quoi on n'obtient que des résultats exceptionnels facilesà deviner. Une canule àrobinet adaptée à la trachée est mise en rapport, par l’intermédiaire d’un long tube de caoutchouc, avec un réservoir d'air contenant un litre à peu près, et représenté par une seringue ou un bon soufflet. Cela fait, la canule est fermée, et l’air emprisonné dans le poumon ne peut s’en échapper.
C'est le moment d'ouvrir les espaces intercostaux et, en ne laissant que les côtes, de mettre en évidence les deux plèvres pariétales que l’on peut même ouvrir sans grand inconvénient. L’abdomen est resté intact et le sujet reste successivement couché, assis ou placé debout. Il n’y à qu’à regarder, pour constater dans quelle étendue le cœur est découvert dans l'expiration ; cela fait, on injecte la moitié ou les deux tiers d’un litre d’air dans les bronches pour restituer au sujet son dernier soupir et pendant cette injection, l’on voit les deux sinus rétro-sternaux à parois mobiles et élastiques envahis par les bords tranchants des poumons qui marchent à la rencontre l’un de l’autre,
Nous ne sommes pas dans les conditions normales, mais
EN
néanmoins, vu la faible quantité d’air injecté, nous pouvons supposer que notre expérience reproduit à peu près ce qui se passe sur le vivant dans les grandesinspirations. Eh bien, le poumon droit, d’abord tenu à distance de la ligne médiane par la veine cave supérieure, s’en rapproche brusquement au niveau du cartilage de la deuxième côte ; envahissant la place qu'occupait le thymus dans l’enfance; il va si loin vers la gauche qu'il arrive à déborder le bord gauche du sternum dans le 2° espace intercostal, et à se mettre là en rapport avec le poumon gauche, les deux culsde-sac pleuraux se touchant alors et inmême empiétant quelquefois l’un sur l’autre.
Le bord antérieur du poumon droit descend ensuite presque verticalement derrière le sternum, c’est-à-dire devant l'aorte, l’auriculeet l'oreillette droite. Il s'incline cependant un peu à droiteet, au niveau de la 5° côte, il est juste sur la ligne médiane du corps.
Le trajet du bord antérieur du poumon gauche va nous indiquer de mème la situation du cul-de-sac pleural correspondant; dès le niveau de la première côte, il est sous le bord correspondant du sternum, iln'y a pas là de veine cave qui le tienne à distance: il descend alors verticalement jusqu’à la troisième côte et touche le poumon droit dans le deuxième espace, comme nous l'avons vu. À partir du troisième cartilage costal, le bord du poumon gauche est un peu refoulé en dehors par la saillie de l’infundibulum du ventricule droit, ou origine de l'artère pulmonaire.
Cet écartement vers li gauche s'exagère davantage, atteint son maximum dans le quatrième espace intercostal et diminue singulièrement dans le cinquième, où se voit la pointe inférieure du lobe supérieur du poumon. Il suit de là que le ventricule droit se montre à gauche du sternum, spécialement dans le quatrième espace, encadré dans une échancrure pleuro-pulmonaire en forme de croissant. La corne inférieure du croissant est pour ainsi dire placée
Farabeuf. 5
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plus bas que le cœur dans le sinus costo-diaphragmätique. La corne supérieure, au contraire, est véritablement interposée au cœur et à la paroi costale, plus après l’inspiratioti, moins après l'expiration.
C'est à cette interposition, que leschangements de forme et de volume du cœur peuvent détruire, si la plèvre reste glissante, que me semble dû le choc cardiaque, et c’est certainement par elle que peuvent s'expliquer certains bruits pathologiques dits cardio-pulmonaires.
L'étude du péritoine ou séreuse abdominale, auquel j’arrive maintenant, est une difficulté de l'anatomie. Sans en faire une description complète, que le temps ne me permet pas, je vais tâcher de présenter un tableau de Son évolution. Mais tout d’abord il faut faire un premier voyage dans la cavité abdominale, reconnaitre la position des viscères et Les origines de leurs vaisseaux.
Ce sont, en effet, les vaisseaux des organes, c’est-à-dire leur pédicule qui commande et explique la disposition du péritoine comme de toutes les séreuses. Comment voulezvous que le péritoine s'insinue entre le pubis et la vessie, dont les deux bords reçoivent des vaisseaux, dont le sommet et la base émettent l’ouraque et l’urèthre; qu’il s’interpose entre les côlons et la paroi abdominale postérieure, puisque c'est de cette paroi qu'ils reçoivent leurs vaisseaux : qu'il ne relie pas la colonne vertébrale à la rate et celle-ci à l'estomac, puisque là sont d'une part l’artère splénique et d'autre part les vaisseaux courts, etc. ?
C'est un point qu'il ne faut pas perdre de vue. C’est ponrquoi je rappellerai toujours, chemin faisant, l’origine des vaisseaux.
Celle-ci nous servira en effet de témoin pour déterminer le lieu d'origine des organes'et le mode d'évolution des mésentères et des épiploons. Et si nous constatons cette bizarrerie du passage de l'artère mésentérique supérieure
devant le duodénum plutôt que derrière, ne devrons-nous pas supposer quelque transformation radicale opérée dans la disposition primitive des parties ?
I faut étudier le péritoine sur un enfant ou sur un jeune sujet, et pour respecter autant que possible l’ombilic où plutôt les vaisseaux intérieurs qui viennent ÿ converger, faire à l'abdomen üne incision en H dont la barre transversale réponde juste au nombril, et dont les deux verticales s’élèvent des épines iliaques jusque sur les côtes.
Relevons alors le lambeau supérieur et fixons-le devant
la poitrine : grâce au cordon qui remplace la véine ombilicale, le foie sera ainsi suffisamment maintenu en place. Rabattons aussi le lambeau inférieur sur le pubis, et les viscères se présenteront largement découverts : en haut et à droite le foie, au-dessous et à gauche l'estomac et de celui-ci descendant devant les anses intestinales un tablier graisseux et flottant lé grand épiploon. Relevons celui-ci et attachons le devant la poitrine comme notre lambeau supérieur. La portion sous-colique ou intestinale du péritoine est alors facile à observer dans tous ses détails.
L'intestin grêle est parfaitement découvert; les organes pélviens, les côlons verticaux sont accessibles, seul le côlon transverse adhère à l’épiploon par son bord supérieur ; détruisons ces adhérences : c’est quelquefois facile sur les jeunes enfants ; ou bien, supposons-les détruites. Dans les deux cas tenons l’épiploon relevé, et fortement tendu.
Cette préparation nous montre encadrée par le gros intestin la masse des circonvolutions de l'intestin grêle, et si un aide saisit, relève et soutient cette masse dans ses mains, les regards de l'observateur plongent dans le petit bassin, dans le grand cul-de-sac pelvien du péritoine.
En examinant la surface péritonéale du lambeau inférieur, quelque peu relevé et tendu, on voit que la séreuse qui descend de l’ombilic versla vessie est soulevée par trois cordons divergents : l’un sur la ligne médiane, l’ouraque,
gagne le sommet du réservoir urinaire; les deux aulres, joignent les paroislatérales du bassin, ce sont les anciennes artères ombilicales qui vont s'attacher sur le tronc des ilHaques internes.
Suit-on le péritoine derrière la vessie, chez l’hommeet chez la femme, on le voit s’enfoncer dans le premier cas jusqu'à une faible distance de la prostate, puis remonter devant le rectum. Sur les parties latérales, le cul-de-sac est moins profond. C’est qu'il y à, allant des côtés de Pintestin aux côtés de la prostate et de la vessie des cordons tendus qui soutiennent la séreuse et ne la laissent s’enfoncer profondément que sur la ligne médiane. Chez la femme, les deux bords de l'utérus reliés aux flancs du pelvis par les ligaments larges, constituent une cloison transversale, par dessus laquelle doit se réfléchir le péritoine en allant de la vessie vers le rectum. Il en résulte un premier cul-de-sac utéro-vésical et un second utéro-rectal, mieux nommé encore recto-vaginal, plus profond au milieu que sur les parties latérales ; car il existe ici encore deux cordes tendues sous la séreuse, des côtés du rectum aux côtés du col utérin, les ligaments utéro-sacrés.
Le bord supérieur des ligaments larges est formé de trois cordons tendus en travers, mais divergeant bientôt pour se porter, le ligament rond, en avant, le ligament utéro-lombaire en arrière. |
Le péritoine, en passant sur les ligaments et sur latrompe placéeentre les deux, se comporte comme un linge jeté sur des cordeaux. il se déprime légèrement dans les intervalles et forme ce qu'on appelle les ailerons.
Jusqu'ici nous n'avons rencontré que des choses vulgaires, parfaitement connues el facilement comprises.
Laissant de côté les particularités chirurgicales de la région de laine, je passe maintenant à la région intestinale proprement dite, sans m’arrêter au rectum qui est enveloppé de la même manière que les côlons, c'est-à-
dire que, au lieu de passer purement et simplement devant le grosintestin, la séreuse tend à l’envelopper de toutes parts, sauf au niveau du hile, c'est-à-dire de la ligne de pénétration des vaisseaux. Ainsi se forment le méso-rectum et les méso-côlons ascendant, transverse et descendant que l’on peut facilement pincer entre les doigts lorsque le gros intestin est vide et revenu sur lui-même. |
Pour prendre une bonne idée du mésentère, constitué comme les colons, mais plus développé, on fait rejeter les circonvolutions intestinales, moitié en haut, moitié en bas, par les deux mains d’un aide; on soulève l'anse qui établit la continuité entre le paquet supérieur et le paquet inférieur, et l’on constate que l'intestin grêle sur toute sa longueur est relié à la paroi abdominale postérieure par une lame presque médiane qui est le mésentère, et l'on conçoit facilement que si cette lame est godronnée comme une collerette, cela tient à la grande longueur de l'intestin grèle.On peut alors parfaitement se figurer un intestin grèle très-court réduit à une anse simple comme dans la pl. IV, fig. 3, allant du croisement de l'artère mésentérique à son embouchure dans le cæcum.
Grâce à cette simplification idéale, il nous est facile, en jetant sur l’ensemble de l'intestin une membrane lâche et pouvant se prêter originellement à loutes les distensions nécessaires, il nous est facile de comprendre la formation du mésentère et de tousles méso-côlons. Car nous avons relevé et décollé l’épiploon et mis à nu le côlon transverse.
L'intestin soulève plus ou moins sa couverture el par conséquent s’en enveloppe plus ou moins, de sorte que le mésentère replié en éventail par suite des circonvolutions de l'intestin grêle très-éloigné de la colonne vertébrale, estbien plus long que les méso-côlons. R
Rien ne s'oppose pourtant à ce que ceux-ci aient la longueur du mésentère, puisque les vaisseaux du gros intestin
sont aussi longs que ceux du petit.
Pour constater ce fait, décollons et mettons à nu les vaisseaux de l'intestin, tels qu'ils sont représentés pl. IV, fig. 3. Ne voyons-nous pas qu'en remontant du rectum jusqu’au duodénum, l'intestin est, du fait de ses vaisseaux, parfaitement libre de flotter et de posséder, par conséquent, un méso-côlon général aussi étendu que le mésentère, et se -continuant avec celui-ci. Pourquoi même ne se continuerait-il pas plus haut? c'est que le commencement de l'intestin grêle est croisé par l’artère mésentérique supérieure, et ainsi fixé solidement devant la colonne vertébrale. Ce croisement de l'artère mésentérique peut ètre détruit sur un intestin d’adulte disséqué avec ses vaisseaux, comme le inontre la figure 2, pl. IV. Mais j'aime mieux essayer de montrer théoriquement comment il s'accomplit pendant la vie intra-utérine.
L'intestin est alors rectiligne, le gros et le petit étant placés bout à bout et peu distincts. Cet état est représenté par la fig. { (pl IV), qui montre le profil droit, et la fig, 4, qui représente le profil gauche. Il n‘existe alors, nous le voyons, qu'un mésentère général allant de l'estomac jusqu'au rectum, comme sur les animaux à intestin court et rectiligne.On voit dans ce mésentère général, (fig. 4), toutes les artères, vrais pédicules de l'intestin relativement au péritoine, c'est-à-dire les gastrique, splénique, hépatique, mésentérique supérieure et mésentérique inférieure.
Ne nous occupant pour le moment que de la région de l'intestin et laissant de côté celle de l'estomac, considérons seulement la fig. 1 qui représente, je le répète, le profil droit de l'intestin primitif avec ses trois artères, à savoir : l’hépatico-duodénale en haut, et, plus bas, les deux mésentériques.
Cet intestin rudimentaire ne {arde pas à s’allonger; il s'incurve alors latéralement dans un sens et dans l’autre s’il doit rester sensiblement rectiligne, et conserve un mésentère médian plus où moins goudronné sur l’animal com-
plètement développé. Mais si l'intestin doit acquérir une grande longueur, comme chez l'homme, par exempie, ce ne sont plus seulement de petites inflexions, mais une ineurvation considérable sèmblable à l'anneau d'un serpent et dont l’évolution se trouve représentée en voie d'exécution dans la fig. 2 et accomplie dans la fig. 8, qui est le schème de l’état définilif.
Je ne saurais, il me semble, rien ajouter à ce que peut dire aux yeux la figure 2, avec laquelle on peut se figurer facilement, soit le retour à l’état primitif en détordant la charpente artérielle du mésentère, soit la marche vers l'état définitif, en exagérant cette torsion, pour arriver à la figure 3.
Je n'ai voulu, bien entendu, en écrivant ces pages et composant ces figures, que contribuer à rendre vulgaire des faits bien peu connus, malgré le travail de J.Muller (1), imitant ainsi Cruveilhier et Marc Sée (2). On voudra bien, je l'espère, me tenir compte de la difficulté du sujet et me pardonner les licences que j'ai prises avec l’histoire du développement embryonnaire et les anachronismes que-j'ai pu commettre.
J'ai d'autant plus besoin d'indulgence que je vais récidiver en tentant de décrire l’évolution du péritoine dans la région supérieure ou gastrique.
Lorsque l’abdomen étant ouvert, on fait tenir relevée la face inférieure du foie, on voit descendre du sillon du canal veineux et du sillon transverse du foie un double feuillet séreux, qui s'attache à la petite courbure de l'estomac, depuis le cardia, jusqu'au point où l'artère hépatique quitte le duodénum pour monter au foie. C’est l’épiploon gastrohépatique. Si l’on cherche à introduire le doigt de droite à gauche, sous ce feuillet : on réussit, grâce à l’hiatus de Winslow, à pénétrer dans l’arrière-cavité des épiploons,
(4) Meckel’s Arch., 4830. (2) Anat. descriptive, IL.
SE 2e qui s'étend derrière l’estomac jusqu’à la rate, dans le sens transversal et jusque dans l’intérieur du grand épiploon dans le sens vertical.
Ce grand épiploon, étudié chez le jeune enfant, se détache visiblement de toute la grande courbure de l'estomac, Au niveau du grand cul-de-sac, il se porte à la ratesous le nom d’épiploon gastro-splénique et contient les vaisseaux courts. De la rate qui semble avoir végété à sa surface externe, il se porte vers la colonne vertébrale sous le nom de ligament pancréatico-splénique, parce qu’il contient l'artère splénique et la queue du pancréas.
Au-dessous de larate, le grand épiploon parcourt un trajet analogue, mais il est libre, mince, plus développé, flottant, trop long pour rattacher efficacement la grande courbure à la paroi abdominale postérieure. Sur l’adulte, cette espèce de tablier adhère au bord supérieur du côlon transverse.
Nous allons reprendre maintenant notre embryon théorique et montrer combien simplement se font des choses si compliquées.
Nous partons d’un point de départ connu : l'anneau intestinal est.accompli, la fig. 3, pl. IV, est réalisée. Au-dessus du côlon transverse est la région stomaco-duodénale qui va nous occuper.
Examinons d’abord la fig. 4, qui représente le profil gauche du mésentère primitif, c'est-à-dire de l’ensemble des méso-côlon, mésentère et mésogastre. Le mésentère se termine à l'intestin, car les adhérences ombilicales sont supposées détruites. Au contraire, nous voyons le mésogastre se porter au-delà de l'estomac jusqu’au foie déjà très-développé.
Dans ce mésogastre embryonnaire, et par conséquent fertile, nous apercevons les rudiments du pancréas et de la rate. Nous trouvons aussi une série de vaisseaux sur le trajet desquels se développent les organes, et qui se portent vers le cardia et le foie, vers la rate et l'estomac, vers le
at,
pylore et le foie, comme plus tardles artères coronaire, splénique et hépatique.
Le bord de l’estomac adhérent à la colonne deviendra la grande courbure ; celui qui adhère au foie sera la petite, fixée dès lors à cette glande par le futur épiploon gastrohépatique.
Dans le mésogastre proprement dit, est un intervalle dépourvu de vaisseaux entre les artères spléno-gastrique et hépatico-gastrique. C’est cette portion du mésogastre qui va devenir le grand épiploon.
Cette dernière phase du développement est représentée fig. 5, pl. IV ; l'estomac, encore presque droit, est vu de face et le foie relevé.
Par comparaison avec la fig. 4, on reconnait bien la région que semble déprimer la sonde comme correspondant à la concavité de l'artère hépatique. La poche, créée par le refoulement simulé du mésogastre , va se dilater; elle flottera bientôt sous forme de petit tablier, et le grand épiploon sera constitué. L’ouverture, l’hiatus de Vinslow, reste étroite, c’est fatal, puisque l'artère hépatique adhère au pylore, auquel elle fournit des vaisseaux, mais rien n'empêche la cavité de se développer, et c'est ce qui arrive, sans doute, par suite des mouvements et du changement de direction de l'estomac. Mais le grand épiploon n’en reste pas moins l'ancien mésogastre, et si plus tard il adhère au côlon transverse, c’est une pure complication facile à expliquer ; il suffit pour cela de reporter, par la pensée, la fig. 5 au-dessus de la fig. 3, et de se figurer l'épiploon croissant et descendant devant le côlon transverse.
Si le temps me l'avait permis, j'aurais voulu examiner le péritoine dans la série animale ; j'y aurais trouvé, je le sais, bien des faits pour éclairer l’histoire de son développement et rendre intéressante la description que je viens
d'essayer.