‹ Le Système Nerveux Anatomie et PhysiologieChapitre 7 sur 18 · AT · texte numérisé non relu

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description complète et détaillée de chacune des grandes séreuses, je tâcherai de ne dire que ce qui est mal connu ou trop peu mis en relief par les auteurs classiques. J'ai con sacré, du reste, une partie de mon temps à composer des figures qui parlent plus aux yeux qu'unelongue description, et n'ont que des avantages lorsqu'elles sont exactes comme c'est le cas, je pense, pour quelques-unes des miennes préparées depuis longtemps, ou bien lorsque théoriques, elles sont données comme telles pour faciliter la description dela forme et de l’évolution d’un organe compliqué.

Jusqu'ici nous n'avons pas eu véritablement de difficultés de description, les séreuses étant assez simples; il ne va plus en être demême maintenant c’est pourquoi je voudrais bien indiquer quelle idée on doitse faire d’une membrane séreuse. La comparaison de Bichat est suffisamment imagée pour les viscères à pédicule unique comme le testicule et le poumon, qui sont, en effet, dans leur séreuse comme la tête dans un bonnet de coton, mais elle devient vraiment insuffisante quand on a affaire à l’arachnoïde.

L'idée la plus simple qu'on doive se faire d'une séreuse au point de vue des besoins dela description est lasuivante. Supposez un organe résistant, attaché par un pédicule aux parois d’une cavité sans souplesse, trop grande pour le contenir. Supposez ensuite qu’un vernis liquide a été introduit dans l'intervalle du contenant et du contenu, puis agité dans tous les sens jusqu'à ce qu'il ait touché tous les points de l'organe et de la cavité. Si le vernis se concrète en membrane, il donnera l’image absolument exacte d’une séreuse. L’organe, son pédicule , l’intérieur de la cavité seront (apissés par une pellicule partout continue à ellemême, sur les saillies, dans les anfractuosités. Que l'organe soit rattaché à la cavité par un seul pédicule comme le poumon, ou qu’il y soit fixé par plusieurs cordons, vaisseaux où ligaments, partout où le vernis a pu pénétrer el

sur toutes les surfaces libres où il à pu s’insinuer, ila laissé une pellicule qui, je le répète, est une, et partout continue avec elle-même : sur l'extérieur du viscère (feuillet viscéral), sur chacun des pédicules qu’elle engaîne, et à l’intérieur de la cavité (feuillet pariétal).

Si nous ouvrons largement la poitrine d’un cadavre par le côté, nous voyons le poumon se rétracter vers la cloison médiane à laquelle il est fixé, et en examinant dans tous les sens son pédicule, nous constatons facilement la continuité réelle de la plèvre qui enveloppe le viscère, se retrécit tout à coup pour engainer le pédicule et s'étale enfin sur la paroi médiastine. (PI. IT, fig. 2).

Done, toutes les fois qu'un organe aura avec sa cavité une adhérence quelconque, sa membrane séreuse l’engainera. Ne connaissant pas d’aûtre cause aux replis séreux, nous devrons toujours, pour expliquer la formation et le rôle de ces plis, chercher dans leur épaisseur, si faible soilelle, des vaisseaux ou des débris de vaisseaux existant encore ou ayant longtemps existé. C’est ainsi que nous {rouverons J’explication des méso-tendons, des épiploons, ete.

Du reste, pour bien concevoir les séreuses il suffit presque de se reporter à leur développement. A l'origine donc, l'organe et la cavité sont un seul et même tissu, puis il se fait une fissure de séparation entre le contenant et le con tenu, sauf bien entendu au niveau des points où celui-ci recoit ou émet quelque cordon vasculaire ou nerveux, c’est alors seulement que cette cavité creusée se vernit pour ainsi dire elle-même, l'organe, ses pédicules, la paroi, se reconvrantd’épithéliunm.

Arachnoïde. — Cette membrane séreuse , ainsi appelée depuis 1665 (d'après Portal) tapisse l'intérieur de la duremère par son feuillet pariétal et l’extérieur des centres nerveux par son feuillet viscéral; les deux se continuent l'un

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avec l’autre autour des parties afférentes ou efférentes c’està-dire des nerfs, des vaisseaux et de la tige pituitaire. Elle n'est bien développée que chez les mammifères.

Les deux feuillets ont une adhérence bien différente : l'externene peut pas être détaché de la dure-mère, il n’a donc pas de membrane propre ; l’interne n’est relié à la surface des centres nerveux que par des minces et rares filaments au milieu desquels circule le liquide céphalo-rachidien. La minceur du feuillet viscéral est extrême et sa transparence presque parfaite; il est regardé néanmoins comme imperforé depuis que Magendie a montré que le canal de Bichat était une création artificielle.

Hitzig (1) est pourtant venu récemment avancer que l’arachnoïde contenait du liquide et par conséquent devait communiquer avec l’espace’ sous-arachnoïdien. Je n'ai pas d'autre argament à donner contre cette opinion que le suivant : Si le liquide céphalo-rachidien pouvait passer à volonté dans l’arachnoïde, il me semble que le feuillet viscéral s’affaisserait certainement sur l'organe dans tous les points où rien ne s’y oppose, ce qui évidemment n’a pas lieu.

Rien n'est plus facile que d'étudier l’arachnoïde pariétale, puisque ce n’est que la face interne de la dure-mère; mais pour le feuillet viscéral il n’en est pas ainsi, je m’occuperai exclusivementdece dernier, d’abord danslacavitécrânienne.

Sur la face convexe des hémisphères, sa disposition est simple, il passe d'une circonvolution à l’autre sans pénétrer dans le sillon. Dans la grande scissure médiane, il va jusque près du corps calleux et se réfléchit d’un hémisphère sur l’autre. [l ne pénètre pas dans la fente de Bichat et passe du cerveau sur le cervelet sans présenter là d’orifice, conne l'avait cru le grand anatomiste. En passant du

(4) Revue des Sciences médic. 1876.

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corps calleux sur la face supérieure de l'isthme et descendant cette espèce de marche d'escalier, le feuillet séreux est tendu au-dessus de ce que Magendie a appelé confluent supérieur, du liquide céphalo-rachidien. Après avoir tapissé le cervelet, il saute sur le bulbe et formant une espèce de tente audessus de l'entrée du quatrième ventricule, qui est l’analogue de la fente de Bichat, il ménage un vaste réservoir sous-arachnoïdien qui estle confluent postérieur ou espace sous-arachnoïdien postérieur. Descendue derrière le bulbe, l’arachnoïde viscérale ne s'y applique pas; elle en reste séparée par une épaisse couche de liquide, de sorte que la moelle bien plus que le cerveau, est totalement immergée dans un véritable bain.

En jetant les yeux sur les faces latérales de l’encéphale, on aperçoit ce que l’on pourrait appeler, relativement au cours du liquide céphalo-rachidien, le bassin dé la scissure de Sylvius sur laquelle la séreuse passe, Sans s'y enfoncer. En retournant le cerveau’ tout à fait, on voit que l'arachnoïde reste tendue sur l’excavation de la base et forme là un vaste réservoir sous-arachnoïdien antérieur, où semble venir se déverser le liquide qui, des faces latérales du cerveau, descend dans les scissures de Sylvius.

On n’a qu'une idée imparfaite de l’arachnoïde, si l’on ne fait aucune préparation. On voit bien que cette membrane saute, d’une part, d’un lobe sphénoïdal à l’autre, d'autre part, dela protubérance au chiasma (confluent inférieur de Magendie) et du chiasma au corps calleux (confluent antérieur du même); maison n’aperçoit pas la manière dont elle se comporte à l'égard des nerfsde la base de l’'encéphale,. Et d'abord, l'arachnoïde n’est pas plus appliquée à la protubérance qu’elle ne l’est à la périphérie du bulbe. Elle en est séparée par toute l'épaisseur de l'artère bagilaire, c'est-àdire par une couche de liquide de plusieurs millimètres.

Pour bien voir le confluent central (Sappeÿ) et juger de

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son contenu, il faut nécessairement l’injecter ou l’insuffler. C'est alors seulement que l’on distingue bien dans quelle étendue considérable les racines des nerfs y sont plongées. C'est alors seulement que l’on peut juger de ce qu'est la gaine arachnoïdienne des nerfs acoustique et facial par exemple, à laquelle on à fait jouer un si grand rôle dans l'écoulement aqueux qui accompagne fréquemment les fractures du rocher. Le cerveau étant renversé, la base en l'air, on constate facilement, en soulevant la séreuse viscérale par l’insufflation, que les racines des nerfs sont dans la première partie de leur parcours tout à fait accolées àla pie-mère et par conséquent placées sous l’arachnoïde; on voit de plus que cette membrane neleur fournit qu'une trèscourte gaine au moment où lésnerfss’engagent dans l’orifice de la dure-mère. Cet orifice esten généralementassez juste pour que ni l’arachnoïde ni le liquide sous-jacent, n’y puissentpénétrer avec le nerf. On peut cependant constater qu’il yaune très-légère etinsi gnifiante invagination de la séreuse dans le conduit ostéo-fibreux de chaque cordon nerveux. Il faut évidemment faire une exception pour les nerfs du conduit auditif interne. Celui-ci est bien trop grand pour ceuxlà ; aussi le liquide céphalo-rachidien s’avance-t-il autour et au-dessous des nerfs facial et acoustique jusqu'à une profondeur de plusieurs millim. Près du fond du conduit, la séreuse viscérale qui jusque-là engainaït très-lâchement les deux nerfs, s'attache au contraire à leur'enveloppe, ainsi qu’à la dure-mère sur laquelle elle se réfléchit. IL y a donc autour des nerfs facial et auditif un cul-de-sac séreux en: forme de manchon, et entre ce manchon et les nerfs une notable quantité du liquide qui forme, je le répète, une nappe à la face inférieure de la base du cerveau, de la protubérance et du bulbe.

Pour que la disposition signalée puisse produire l’écoulement des fractures du rocher, il faut que le liquide péri-

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nerveux trouve une issue, c'est-à-dire que l’adhérence qui s’établit dans le conduit, entre le feuillet séreux viscéral et le nerf, soit rompue. On à beaucoup cherché cette rupture dans les autopsies, et la plupart du temps en vain.

On s’est longtemps servi, en chirurgie, de l'expression rupture du cul-de-sac arachnoïdien, parce que l’on croyait que le liquide venait de l’arachnoïde. Si le traumatisme qui a fracturé le crâne est capable, par contre-coup, de déchirer la mince paroi arachnoïdienne des confluents de la base et de répandre le liquide dans la cavité séreuse, il suffit d’une fissure ou d’une éraillure, faite en un point quelconque de la dure-mère, pour que l’écoulement se produise (1). Si la déchirure des réservoirs ef l’inondation de larachnoïde est impossible, ce que je ne crois pas, tant s’en faut, il est nécessaire que la fracture du rocher nese borne pas à ouvrir le cul-de-sac arachnoïdien, qui ne contient rien, mais détruise les adhérences du nerfet du feuillet séreux viscéral. Celui-ci, soulevé par le liquide ressemble à une petite baudruche serrée autour des nerfs au moment de sa réflexion, de sorte qu'il est même difficile de faire aller un liquide d'injection plus loin, vers la phériphérie, que ne va le liquide céphalo-rachidien lui-même.

Les deux feuillets de l’arachnoïde crânienne ne présentent guère d'adhérences autres que celles qui résultent des nerfs, des artères et surtout des veines.

Danslerachis,aucontraire, un certain nombre defilaments rattachent la moelle à la dure-mère et, par conséquent, fixent à celle-ci le feuillet séreux viscéral. C’est pourquoi celui-ci se déchire si facilement quand on écarte les lèvres d'une incision faite à la tuniquefibreuse. Lesprincipales adhérences sont celles du ligament dentelé, espèce de ruban in terposé aux racines anterieures et postérieures, et ne pou -

(1) V. Bonnin. Thèse de Paris, 1869.

vant se fixer, par conséquent, que dans l’intervalle de deux paires nerveuses successives. |

Quand on examine la moelle en place. après ouverture du canal rachidien et de la dure-mère; si l’on n’a pas pris des précautions extrêmes, le liquide cérébro-spinal s'est écoulé et l’on prend une idée très-fausse du feuillet séreux viscéral que l’on voit à peine, en raison de sa transparence et de son affaissement sur la moelle et les racines postérieures. Mais, si l’on vient à le piquer avec la pointe d’un insufflateur et à injecter quelques bulles d'air dans l’espace sous-arachnoïdien, on peut, en faisant circuler ces bulles d'air, constater ce que j'ai représenté, PI. IT, fig. 6. L’arachnoïde n’adhère, sauf par des filaments et par ies festons du ligament dentelé, ni à la moelle, ni aux racines postérieures, ni aux antérieures, n1, bien entendu, à cette portion du ligament dentelé qui répond à l’intervalle des racines. a,

A proprement parler, elle ne constitue pas de gaines aux racines nerveuses, mais de simples ombilics, puisqu'elle possède absolument la même capacité que la duremère. Il n'y a même pas, dans les orifices dure- mériens, d’invagination notable correspondant à ce que nous avons décrit pour le conduit auditif interne.

Aïnsi qu'a pu nous le montrer la bulle d'air soulevant l’arachnoïde derrière les racines postérieures, passant dans l'intervalle des racines etfaisant le tour de la moelle soulevée pour reparaitre de l’autrecôté, grâce aux échancrures du ligament dentelé qui sont Juste à ce niveau, etc., nous voyons que le liquide céphalo-rachidien entoure complètement et la: moelle et les racines rachidiennes, comme dansle crâne, le bulbe et les nerfs qui s’en détachent.

Ainsi donc, sur toute la périphérie de la moeile et du bulbe, qui sont les centres nerveux les plus importants, une couche épaisse de liquide protecteur est retenue par le

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