‹ Le système nerveux central; structure et fonctions; histoire critique des théories et des doctrinesChapitre 63 sur 106 · LES STIGMATES DE LA DÉGÉNÉRESCENCE CHEZ OBIBASE · texte numérisé non relu

LES STIGMATES DE LA DÉGÉNÉRESCENCE CHEZ OBIBASE

%v. ako Tc OsTov siaY^^éX'.ov), l'ont-iis situé dans le cœur (ev t?) y.apSb)? C'est ce que cet auteur ne saurait se charger d'expliquer, comme il en convient, eux lytù ekstv (i). Car, ajoute-t-ii, les médecins recherchant avec diligence, dans les cas de perte de la raison et de la mémoire, quel était le lieu affecté (xc(ou toxou ^ajyovTo^ ^i^v:x^y n'en ont pas trouvé d^autre que le cerveau (oj$éva ejpov xXf/; toD £"pc£çàXoj). « Aussi est-ce à la tôte, non au cœur, que les médecins appliquent les remèdes topiques qu'ils considèrent comme propres au traitement, les fomentations et autres remèdes. Ainsi la folie, la mélancolie, la manie, Vépilepsie, la carus, le phrénitis, le catoche, le léthargm, le délire, Vamnésie, Vapoplexie et la paraplégie, toutes ces affections résultent d'une affection du cerveau^ soit que cet organe luimême (to Gw[i.a ToO sY/^^iXcu) présente un excès de chaleur, de froideur, de sécheresse ou d'humidité, soit que les méninges qui l'enveloppent soient atteintes, soit que les nerfs qui en dérivent soient obturés du fait de quelques causes. »

Quoique G\lien ait fourni tous les éléments de cette pathologie nerveuse et mentale, elle n'en est pas moins complète dans ses grandes lignes. Les siècles n'ont pu que consacrer cette doctrine, môme lorsqu'ils l'ont méconnue ou déformée, comme il y a quelque cent ans, quand Pinel, Esquirol et Bichat, pour ne citer que les noms les plus illustres, localisèrent dans les viscères thoraciques et abdominaux des fonctions psychiques conscientes dont le siège avait été fixé dans l'encéphale par Galien et par presque tous les grands médecins de l'antiquité.

Théophile insiste naturellement sur la nature fonctionnelle des nerfs mous et des nerfs durs, des nerfs du sentiment et du mouvement, et sur la nature correspondante des parties du cerveau antérieur et du cerveau postérieur, mais en entendant par cette dernière dénomination une province de l'encéphale en dehors du cerveau. Ainsi, il répète que l'encéphale est plus mou dans sa région antérieure, plus dur dans sa région postérieure; or cette dernière partie est appelée, dit-il, cervelet (i^ syy.pavb; Te ical xapîYxiçaXo; cvsjxaÇsTa'.) (2). Quant au corps de l'encéphale, considéré dans sa matière, c'est une substance délicate, exsangue, un peu grasse, ressemblant à quelque écume qui se serait figée ou coagulée; c'est ce qu'on appelle communément « moelle » ; son nom propre est « encé-

(1) Théophile, Ilcpt xt^; xou àvOpoinou zataaxey^;. Paris, i555, p. 70. — Theophili Protospalarii (sic) in Gkx.^-si de Usa partium libros Epitome (fttatn de corporis humani Fabrica inscripsit. JuKio Paulo Ckasso Palavino interprète. Paris., i54o.

(2) Ibid., p. 53.

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phale » (i). Pour voir le domicile du pneuma psychique, voici comment on procède. Après avoir fracturé le crâne comme il convient, dit Théophile, enlevé les os et mis l'encéphale à nu, on pratique une coupe ou section du cerveau : des cavités apparaissent alors, que séparent des membranes très minces et transparentes ; ces cavités sont ainsi divisées et s'étendent à droite et à gauche, en avant et en arrière. C'est dans ces cavités du cerveau que se trouve le ^jyyf.l-t xvîD;ji.a, subtil et très pur. Il est nourri du pneuma venu du cœur par les artères à la tète et par l'air extérieur dont la plus grande partie, aspirée par les narines, va aux poumons, et le reste à l'encéphale. Les ventricules antérieurs du cerveau (2), situés sous le front, renferment la partie de l'âme appelée représentatioe (to çovTamyiv ]hi^zz). Le pneuma psychique a trois fonctions ou evspvsiai : la représentation ou imagination (©r/iajia), la mémoire (iJi-vT^iar,), la pensée (â'.ivsia). De même, il existe, dans le cerveau, trois « lieux », servant de domiciles ou de sièges, topographiquement distincts, affectés à ces trois fonctions cardinales de l'âme (tpsT; tstc. toD èYxesaXcj ei; xorcatov a-jtwv). De ces trois sièges cérébraux, l'un est en avant, Tautre en arrière, le troisième est intermédiaire aux deux autres: ce sont les ventricules antérieur, postérieur et moyen. Dans le ventricule antérieur siège la première des trois fonctions psychiques, la représentation ; dans le ventricule moyen, la pensée ; dans le ventricule postérieur, la mémoire (3). Théophile ne manque pas de reconnaître un ordre admirable dans cette disposition des ventricules, où la mémoire est subordonnée à la pensée et à la représentation, et il le fait dans les termes mêmes (ei/vôvù);) dont se serait servi Aristote s'il eût connu cette théorie, et s'il avait jamais pu l'admettre, le premier cas étant d'ailleurs aussi impossible que le second.

La moelle épinière, issue du cervelet, est comme une sorte de « grand cerveau »; c'est un prolongement de l'encéphale (4). La moelle descend jusqu'à l'os sacré (5) pour mettre plus facilement en mouvement leè parties inférieures du corps, car les régions qui s'étendent depuis le cou jusqu'aux pieds ne tirent pas du cerveau, mais de la moelle épinière, le principe du mouvement et du sentiment.

Théophile mentionne, pour la première fois sans doute, la première

(i) Théophile, p. 55. eTci oi to aôifxa tou IptE^aXo-j, ttjv (xèv oOiîav Xcrtôv, xai àvaijiov xai OîîosfaeXov, o>5 êÇ a^pou tivô; Tzir,r(^6i' ico xoivû Ôl ovôfiaxt ovojxa^eTai (jLycXo;, wj;:£p tô îôttu e-pc^^aXo;. (3) Ibid. 69-70. aï sjxrpoaOïai xotXîai. (3) Ibid. èv (aÈv o5v Tt;i EjxTzpoaOev TOTitu f, çaviaaîa xaTOUâî, iv ôà -zC^ [dfSM f, Siavois, £v fiiv x«ô

Ci) Ibid., 56. £TCi Ô6 6 vwTiaTo; jjlueXoç, Ci<nzi^ xi; ept^^atXoç [xaxpô;... (5) Ibid. xaxep/ojxcvo; oi oià zr^; pa/ewç [d/j.^ 'oiï îepou ôaioù.

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