‹ Le système nerveux de l'hommeChapitre 121 sur 152 · TRENTE-QUATRIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-QUATRIÈME LEÇON

La structure générale du système nerveux cérébro-spinal. (Suite). Les voies longues et les voies courtes. (Suite).

FiG. 461.

Schéma montrant la disposition et le mode de superposition des neurones sensitifs.

Le neurone périphérique est toujours direct. Le neurone central est toujours croisé.

La voie sensitive. (Suite).

Nous avons vu que la voie sensitive, considérée dans sa forme la plus simple, est constituée de deux éléments nerveux superposés : un élément périphérique et un élément central, fig. 461.

L'élément périphérique est direct, c'est-à-dire qu'il relie un organe périphérique d'une moitié du corps à la masse grise centrale de la moitié correspondante de l'axe cérébrospinal. L'élément nerveux central est croisé (i), c'est-à-dire qu'il relie les masses grises inférieures d'une moitié de l'axe cérébro-spinal à l'écorce grise de l'hémisphère cérébral du côté opposé.

Pour connaître la voie sensitive

(i) L'élément nerveux sensitif central n'est pas croisé d'une manière absolue; quelques éléments sont aussi directs. Nous en faisons abstraction pour le moment, afin de ne pas compliquer la description. Nous y reviendrons plus tard,

dans son ensemble, nous devons rechercher l'origine et le trajet de tous les neurones sensitifs périphériques, puis l'origine et le trajet de tous les neurones sensitifs des centres.

Nous avons étudié, dans la dernière leçon, les neurones sensitifs périphériques spinaux, cérébraux, optiques et olfactifs. Nous avons vu que ce sont des éléments nerveux bipolaires dont les prolongements externes, à conduction cellulipète, se terminent dans les organes et les épithéliums périphériques et dont les prolongements internes, à conduction cellulifuge, se terminent, par des ramifications libres, dans les différentes masses grises de l'axe cérébro-spinal appelées noyaux- sensitifs terminaux. C'est dans ces noyaux que les neurones périphériques arrivent en contact avec les corps cellulaires et avec les prolongements protoplasmatiques des éléments sensitifs cérébro-spinaux.

Nous allons étudier aujourd'hui l'origine des neurones sensitifs cérébro-spinaux, le trajet que suivent leurs prolongements cylindraxils et les masses grises supérieures dans lesquelles ces prolongements trouvent leur terminaison.

Voie sensitive centrale ou neurones sensitifs cérébro-spinaux. Tout neurone sensitif central a sa cellule d'origine dans une des masses grises de l'axe cérébro-spinal où viennent se terminer les ramifications cylindraxiles des neurones sensitifs périphériques. Ses prolongements protoplasmatiques se terminent dans le voisinage immédiat du corps cellulaire, tandis que son prolongement cylindraxil monte dans l'axe cérébro-spinal pour aller se terminer dans l'écorce grise de l'hémisphère cérébral du côté opposé. Le trajet que suivent, dans l'axe nerveux, les prolongements cylindraxils de tous les neurones sensitifs des centres, pour aller des cellules d'origine à la couche corticale grise du cerveau antérieur, constitue la voie sensitive centrale, fig. 462.

Cette voie commence dans les parties inférieures de l'axe nerveux; elle traverse toute l'étendue de la moelle épinière, parcourt la moelle allongée, la protubérance annulaire et le cerveau moyen, passe ensuite par la capsule interne pour aller se terminer dans l'écorce cérébrale.

Les fibres constitutives de cette voie centrale proviennent des cellules nerveuses que l'on trouve dans les noyaux sensitifs terminaux d'une moitié de l'axe nerveux; elles se terminent dans l'écorce cérébrale de l'hémisphère du côté opposé. Pendant leur trajet ascendant, ces fibres doivent donc, en un point quelconque de l'axe nerveux, passer la ligne médiane et s'entrecroiser avec les fibres du côté opposé.

Cette voie sensitive centrale augmente] de volume de bas en haut, parce que, au fur et à mesure qu'elle monte dans l'axe cérébro-spinal, de nouvelles fibres nerveuses, venant des noyaux sensitifs terminaux près desquels elle passe, viennent s'y ajouter, fig. 462.

FiG, 462.

Schéma des voies sensitives.

Nous allons étudier en détail l'origine] et le trajet des fibres qui constituent cette voie centrale dans les différentes parties de l'axe nerveux.

Moelle épinière. Les masses grises de la moelle qui donnent origine aux neurones sensitifs des centres ne sont pas nettement circonsscrites. On peut dire, d'une manière générale, qu'elles correspondent à toutes les régions de la substance grise de la moelle. C'est dans cette substance grise que viennent se terminer, en effet, par leurs ramifications collatérales et terminales, les fibres courtes des cordons' postérieurs, FiG. 463.

Nous faisons abstraction pour le moment de toutes les collatérales des fibres des cordons postérieurs qui viennent se ramifier jusque dans

FiG. 463

Coupe transversalale de la moelle dorsale d'un embryon de vache.

les cornes antérieures ou collatérales sensitivo-motrices de Ramon y Cajal. Elles n'appartiennent pas à la voie sensitive centrale, puisqu'elles ne viennent pas en contact avec des cellules des cordons ; mais elles ont pour fonction de se mettre en connexion avec les cellules radiculaires des fibres motrices et appartiennent ainsi aux voies réflexes.

Vous vous rappelez que les fibres des cordons postérieurs représentent, au moins en majeure partie, — abstraction faite des fibres de la zone ventrale ou faisceau fondamental de ce cordon — les prolongements cylindraxils des cellules des ganglions spinaux. Ces fibres se divisent en deux groupes : des fibres courtes et des fihves longues. Les fibres courtes se terminent dans la substance grise de la moelle ellemême. Les fibres longues se poursuivent à travers toute la longueur de la moelle jusque dans la partie inférieure de la moelle allongée, où elles se terminent dans les noyaux des cordons de Goll et de Burdach.

Nous nous occuperons séparément des connexions centrales des fibres courtes et des fibres longues.

Fibres courtes. Les ramifications collatérales et terminales des fibres courtes des cordons postérieurs se terminent dans toutes les régions de la substance grise de la moitié correspondante de la moelle ; elles viennent s'y mettre en connexion avec les prolongements protoplasmatiques et avec le corps cellulaire de toutes les cellules nerveuses constitutives de cette substance grise. En dehors des cellules nerveuses à cylindre-axe court — dont on ignore encore la fonction physiologique — et en dehors des cellules radiculaires, dont nous parlerons plus tard en traitant des voies réflexes, on trouve, dans cette substance grise, de nombreuses cellules des cordons. Parmi celles-ci, les unes envoient leurs prolongements cylindraxils dans la substance blanche de la moitié correspondante de la moelle (neurones des cordons tautomères), tandis que les prolongements cylindraxils des autres passent par la commissure antérieure pour devenir des fibres constitutives de la substance blanche du côté opposé (neurones des cordons hétéro mères). On ne sait pas encore lesquelles de ces cellules des cordons constituent les éléments nerveux sensitifs des centres ayant pour fonction de transmettre aux cellules de l'écorce cérébrale les ébranlements nerveux reçus des neurones sensitifs périphériques. Ce qui est certain, c'est que les prolongements cylindraxils d'un grand nombre de cellules des cordons constituent des voies courtes ou des fibres commissurales longitudinales : telles les fibres de la zone ventrale des cordons postérieurs et une partie au moins des fibres du faisceau fondamental du cordon antéro-latéral. Ces fibres courtes servent aux voies réflexes.

Le faisceau fondamental du cordon ant-éro-latéral doit cependant renfermer des fibres longues. Edinger a pu poursuivre, dans ce faisceau,

des fibres dégénérées jusque dans la couche interolivaire de la moelle allongée. De plus, beaucoup d'auteurs admettent l'existence, dans ce faisceau fondamental, dun groupe de fibres nerveuses présentant la dégénérescence secondaire ascendante et auquel ils donnent le nom de faisceau de Gowers, fig. 464.

FiG. 464.

Schéma indiquant la position des différents faisceaux de fibres nerveuses

de la moelle épinière.

Faisceau pyramioal du cordon latéral.

Faisceau pyramidal du cordon antérieur.

Cordon postérieur.

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