Faisceau fondamental du cordon antéro-latéral
Parmi les cellules nerveuses qui constituent ces masses grises, un grand nombre envoient leurs prolongements cylindraxils en avant et en dedans pour se rendre dans la voie sensitive centrale corticale. Les prolongements cylindraxils de quelques-unes de ces cellules nerveuses se rendent dans le cervelet par les pédoncules cérébelleux inférieurs.
Ils viennent ou bien de cellules nerveuses placées dans les masses grises de la moitié correspondante de la moelle, ou bien des masses grises du côté opposé. Dans le pédoncule cérébelleux inférieur, ils se joignent aux fibres du faisceau cérébelleux et aux fibres de l'olive pour aller se terminer, soit dans l'olive cérébelleuse, soit dans les noyaux du toit, soit peut-être dans l'écorce cérébelleuse, fig. 499.
Dans les masses grises qui existent au niveau de la clava, dans la partie inférieure de la moelle allongée, les cellules d'origine de ces fibres centrales arrivent en contact avec les ramifications cylindraxiles des fibres longues des cordons postérieurs.
cil, iuii.
Les fibres du faisceau cérébelleux et les fibres des noyaux des cordons de GoLL et de Burdach relient donc les neurones sensitifs périphériques de la moelk épinière aux masses grises du cervelet. Ces fibres ne forment
pas une voie centrale distincte, mais constituent une partie de la voie sensitive centrale.
Nous avons vu, en effet, que la voie sensitive centrale est formée, le long de la moelle épinière, de fibres courtes et de fibres longues ayant toutes leurs cellules d'origine dans les cellules des cordons de la substance grise de la moelle. Les fibres longues se rendent dans l'écorce cérébrale ; elles servent à la perception consciente. Les fibres courtes se terminent dans les masses grises inférieures ; elles servent aux voies réflexes. Les fibres courtes se terminent en partie dans la substance grise de la moelle ; ces fibres constituent la zone ventrale des cordons postérieurs et le faisceau fondamental du cordon antéro-latéral ; en partie, dans la substance grise du cervelet : ces fibres constituent le faisceau cérébelleux et le faisceau des fibres nerveuses allant de la clava au cervelet.
FiG. 499.
Schéma montrant le trajet des fibres sensitives centrales reliant les neurones périphériques sensitifs spinaux aux masses grises cérébelleuses.
On admet que le faisceau qui relie les noyaux des cordons de GoLL et de Burdach aux masses grises cérébelleuses est formé de fibres directes et de fibres croisées; tandis que le faisceau cérébelleux ne serait formé que de fibres directes, fig. 499. Les fibres de ces deux faisceaux devraient cependant se comporter d'une façon identique, puis-
qu'elles établissent une connexion entre le cervelet et les ramifications terminales des neurones sensitifs périphériques de la moelle. Peut-être les fibres du faisceau cérébelleux subissent-elles cet entrecroisement partiel dans la substance blanche du cervelet lui-même, de telle sorte qu'une partie de ces fibres se rendraient dans le noyau du toit du même côté tandis que les autres passeraient par la commissure supérieure pour se rendre dans le noyau gris de l'hémisphère cérébelleux opposé.
Les éléments nerveux sensitifs périphériques qui se terminent dans la moelle épinière se trouvent ainsi rehés, par les- fibres du faisceau cérébelleux et par les fibres venues des noyaux des cordons de Goll et de BuRDACH, aux masses grises des hémisphères cérébelleux, en partie aux masses grises de l'hémisphère cérébelleux correspondant, en partie aussi aux masses grises de l'hémisphère cérébelleux du côté opposé.
On admet généralement que ces fibres centrales conduisent au cervelet les impressions de la sensibilité musculaire.
B. Fibres descendantes. Pour que le cervelet puisseré agir à ces impressions de la sensibilité musculaire et influencer d'une façon quelconque la contraction de nos muscles, on devrait observer nécessairement des fibres descendantes allant du cervelet jusque dans les cornes antérieures de la substance grise de la moelle. Jusqu'ici l'existence de ces fibres est loin d'être prouvée. Marchi est le seul auteur qui ait signalé l'existence d'un faisceau de fibres à dégénérescence secondaire descendante dans les couches périphériques du cordon antérieur chez le singe, après une extirpation expérimentale du cervelet. Ces fibres proviendraient, d'après Marchi, des masses grises cérébelleuses ; elles descendraient par les pédoncules cérébelleux inférieurs jusque dans le faisceau fondamental du cordon antéro-latéral de la moelle. Si l'existence de ces fibres se confirme, on devra les considérer comme des fibres motrices ayant pour fonction de relier le cervelet aux cellules radiculaires des nerfs moteurs périphériques.
Les éléments nerveux sensitifs périphériques, qui se terminent dans la substance grise de la moelle épinière, sont donc reliés aux masses grises cérébelleuses par le faisceau cérébelleux du cordon latéral et par les fibres venues des noyaux des cordons de Goll et de Burdach.
Ces fibres amènent au cervelet les impressions de la sensibilité musculaire pour tous les muscles innervés par les nerfs spinaux. Le cervelet se trouve donc en état d'exercer la fonction de centre de coordination des mouvements qu'on lui atribue pour autant que ces mouvements dépendent des nerfs spinaux. Mais on admet aussi que le cervelet est le centre de coordination pour les mouvements des muscles innervés par les nerfs crâniens moteurs. On doit donc se demander si les nerfs sensibles qui viennent de la profondeur de ces muscles ne sont pas en connexion avec le cervelet.
Edinger a recherché si cette connexion n'existait pas entre les neurones sensitifs périphériques des nerfs crâniens (pneumo-gastrique, glosso-pharyngien, vestibulaire et trijumeau) et les masses grises cérébelleuses.
Il a décrit, sous le nom de voie sensitive directe du cervelet, un faisceau de fibres nerveuses venant de la substance blanche du cervelet et se mettant en rapport, dans chaque moitié du tronc central, avec la partie sensitive du nerf trijumeau, avec le nerf acoustique et avec la partie sensitive des nerfs pneumo-gastrique et glosso-pharyngien. Mais il n'a pu établir où ces fibres nerveuses avaient leurs cellules d'origine, ni où elles se terminaient, ni quelles étaient les connexions existant entre ces fibres et les ramifications terminales des fibres sensitives des nerfs crâniens.
En décrivant la façon dont les nerfs sensibles crâniens se comportent à leur entrée dans le tronc cérébral, nous avons vu que ces fibres se bifurquent en branches ascendantes et en branches descendantes. Les branches descendantes vont constituer les fibres de la racine descendante des nerfs glosso-pharyngien, pneumo-gastrique, vestibulaire et trijumeau ; les branches ascendantes des nerfs pneumo-gastrique, glossopharyngien et vestibulaire ne forment pas de racine ascendante, mais prennent directement une direction horizontale. Le nerf trijumeau seul possède une racine ascendante, mais celle-ci est beaucoup moins volumineuse que la racine descendante. Nous en avons conclu que, parmi les branches de bifurcation supérieures, quelques-unes seulement devaient prendre une direction ascendante, tandis que les autres devaient pénétrer horizontalement dans le tronc cérébral. Pour le nerf trijumeau et pour le nerf vestibulaire, nous avons vu qu'une partie de ces branches horizontales se rendent manifestement dans le cervelet.
Il en est peut-être de même pour une partie des branches de bifurcation supérieures des nerfs pneumo-gastrique et glosso-pharyngien.
Les nerfs sensibles crâniens seraient donc reliés aux masses grises cérébelleuses comme Its nerfs sensibles spinaux; mais, tandis que pour les nerfs spinaux la connexion est médiate, puisqu'elle se fait au moyen d'un élément nerveux interposé, la connexion entre le cervelet et les nerfs sensibles crâniens serait directe, puisqu'elle se fait uniquement par une des branches de bifurcation provenant du neurone sensitif périphérique.
Les fibres motrices descendantes qui devraient relier le cervelet aux aux cellules radiculaires des nerfs moteurs crâniens n'ont pas encore été observées.