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peuvent être poursuivies à travers toute la longueur de la moelle ; le plus o-rand nombre d'entre elles, au contraire, sont des voies courtes, c'est-à-dire qu'après avoir été, sur un certain trajet, fibres constitutives du cordon postérieur, elles quittent ce cordon pour se terminer dans la substance grise.
Nous avons vu qu'à partir de la moelle dorsale supérieure, chaque cordon postérieur est subdivisé par une cloison paramédiane en un faisceau interne ou cordon de Goll et un faisceau externe ou cordon de BuRDACH. D'après les recherches de FLECHSiG, les fibres du cordon de BuRDACH sont entourées de myéline sur des embryons humains de 25 ctm., tandis que les fibres du cordon de Goll ne développent leur gaine de myéline que plus tard sur des embryons de 28 à 3o ctm. S'appuyant sur ces faits, on a cru pendant longtemps devoir considérer ces dèux cordons comme formés de fibres nerveuses physiologiquement différentes. Les observations de Singer, de Singer et Mûnzer et de beaucoup d'autres auteurs, sur les phénomènes de dégénérescence observés dans le cordon postérieur à la suite de la section d'une racine postérieure en dedans de son ganglion spinal, ont niontré que cette distinction ne pouvait se maintenir. Dans la partie inférieure de la moelle dorsale, dans la moelle lombaire et la moelle sacrée, le cordon postérieur forme un faisceau unique formé à la fois de fibres longues et de fibres courtes. Les fibres des racines sacrées forment toute l'épaisseur du cordon postérieur le long de la moelle sacrée. Au niveau du renflement lombaire, les fibres des racines sacrées, refoulées en dedans, occupent la partie interne du cordon, tandis que les fibres lombaires occupent la partie externe.
Le long de la moelle dorsale, les fibres sacrées occupent la partie interne du cordon, les fibres lombaires la partie moyenne et les fibres dorsales la partie externe. Les fibres sacrées ont abandonné la plupart de leurs fibres courtes, les fibres lombaires sont formées de fibres longues et de fibres courtes, tandis que dans les fibres dorsales prédominent les fibres courtes.
Au niveau de la moelle cervicale, toutes les fibres du cordon postérieur venant de la partie inférieure de la moelle sont refoulées en dedans, pour faire place aux fibres cervicales. La partie interne n'est plus formée que de fibres longues venant des racines sacrées et des racines lombaires; dans la partie moyenne, on trouve un mélange de fibres longues et de fibres courtes venant des racines dorsales; toute
la partie externe est occupée par les fibres des racines cervicales. A ce niveau survient la cloison paramédiane divisant le cordon en deux faisceaux : le faisceau interne ne renfermera que des fibres longues venant de la partie inférieure de la moelle ; c'est le cordon de Goll; le faisceau externe sera formé à la fois de fibres courtes et de fibres longues appartenant aux racines supérieures de la moelle : c'est le cordon de BuRDACH. La myéline apparaît d'abord dans le cordon de Burdach parce que ce cordon est formé principalement de fibres courtes.
Jusqu'ici, pour ne pas compliquer la description, nous n'avons parlé, dans le cordon postérieur, que de fibres présentant la dégénérescence secondaire ascendante. Il existe cependant dans ce cordon des fibres à dégénérescence secondaire descendante. Nous avons vu, en effet, que les fibres spinales, à leur entrée dans le cordon postérieur, se bifurquent en branches ascendantes et en branches descendantes. Les branches descendantes sont toutes des fibres courtes. Une fois séparées de leur cellule d'origine, elles subissent la dégénérescence secondaire descendante. Après la section d'une racine postérieure, cette dégénérescence ne se poursuit dans la moelle, en dessous de la racine sectionnée, qu'un peu au delà de la racine inférieure immédiatement voisine.
Toutes les fibres du cordon postérieur ont-elles la même signification, c'est-à-dire, devons-nous les considérer toutes comme les prolongements internes des cellules des ganglions spinaux? Ou bien existe-t-il dans le cordon postérieur des fibres qui ont leur cellule d'origine dans la substance grise de la moelle elle-même?
Pour résoudre cette question par l'étude des dégénérescences secondaires, on peut s'y prendre de deux façons : ou bien, on peut sectionner chez un animal toutes les racines postérieures des nerfs spinaux et voir alors s'il persiste dans le cordon postérieur des fibres qui échappent à la dégénérescence; ou bien, on peut chercher un moyen quelconque pour détruire la substance grise de la moelle en respectant les fibres de la substance blanche et les ganglions spinaux des racines postérieures, et voir si l'on rencontre dans le cordon postérieur des fibres en dégénérescence.
Les deux expériences ont été réalisées et ont donné des résultats concordants.
En 1884, Ehrlich et Brieger ont montré qu'une ligature temporaire de l'aorte abdominale (expérience de Stenson) amène la mort de la substance grise de la moelle lombaire. Cette expérience nous niQt entre les mains un moyen d'étudier les dégénérescences secondaires accompagnant la destruction des cellules nerveuses de la substance grise. Ils ont trouvé, chez des animaux qui avaient survécu quelques semaines à cette expérience, outre la dégénérescence des fibres des racines antérieures et d'un o-rand nombre de fibres du cordon antéro-latéral, sur lesquelles nous reviendrons plus loin, une zone de fibres en dégénérescence au sommet du cordon postérieur tout près de la commissure grise. Singer et Mûnzer ont repris ces expériences avec la méthode de Marchi; ils ont obtenu une dégénérescence diffuse dans les cordons postérieurs, surtout prononcée au sommet de ces cordons. Ils en ont conclu à l'existence, dans le cordon postérieur, de fibres ayant leur cellule d'origine dans la substance grise de la moelle elle-même.
Les mêmes fibres existent dans les cordons postérieurs de la moelle chez l'homme. Il y a une maladie organique du système nerveux caractérisée par une dégénérescence des fibres des racines postérieures (le tabès). On trouve dans la moelle de certains de ces malades une dégénérescence complète des fibres des cordons postérieurs, à l'exception d'une zone de fibres nerveuses voisine de la commissure grise. Ces fibres non dégénérées ne peuvent donc pas appartenir aux racines postérieures.
Il existe donc dans les cordons postérieurs deux espèces de fibres nerveuses : les unes représentent la continuation directe des fibres des racines postérieures. Elles forment la plus grande masse du cordon. Elles ont leur cellule d'origine dans les ganglions spinaux. Les autres forment un petit faisceau occupant le sommet du cordon postérieur. Elles ont leur origine dans la substance grise de la moelle. Elles représentent des fibres commissurales longitudinales. On appelle ce faisceau : le faisceau fondamental du cordon postérieur. On le désigne encore sous le nom de zone ventrale des cordons postérieurs.
En étudiant la structure de la substance grise au moyen de la méthode de Golgi, nous verrons que les cellules d'origine de ces fibres commissurales postérieures siègent dans la substance grise des cornes postérieures.