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TREIZIÈME LEÇON

La structure interne de la moelle épinière (Suite).

Nous nous sommes demandé, dans la leçon précédente, d'où viennent les fibres nerveuses qui constituent la substance blanche de la moelle épinière. Nous avons vu que les fibres des deux faisceaux pyramidaux ont leur cellule d'origine en dehors de la moelle; elles représentent les prolongements cylindraxils des cellules nerveuses d'une région déterminée de l'écorce cérébrale. L'origine des fibres des cordons postérieurs est double. Les unes, les plus nombreuses, ont également leur cellule d'origine en dehors de la moelle; elles représentent les prolongements cylindraxils des cellules nerveuses qui constituent les ganglions spinaux. Les autres forment un petit faisceau de fibres au sommet de chaque cordon postérieur; elles proviennent de la substance grise de la moelle elle-même ; mais nous n'avons pas encore pu déterminer où siègent dans cette substance grise leurs cellules d'origine.

Il nous reste à rechercher d'où viennent les fibres du faisceau cérébelleux et celles du faisceau fondamental du cordon antéro-latéral.

Toutes ces fibres ont leur cellule d'origine dans la substance grise de la moelle. Nous avons, pour établir ce fait, une preuve positive et une preuve négative.

Preuve négative. Ces fibres ne proviennent pas des nerfs périphériques, puisqu'elles restent intactes après la section de toutes les racines postérieures. Elles ne proviennent pas non plus des parties supérieures de l'axe cérébro-spinal, puisqu'elles ne subissent pas la dégénérescence après une section transversale de la partie inférieure de la moelle allongée.

Preuve positive. La destruction de la substance grise de la moelle lombaire, après ligature temporaire de l'aorte abdominale, amène, d'après Singer et Munzer, la dégénérescence d'un grand nombre de fibres dans les cordons antéro -latéraux.

Pour connaître la place occupée dans la substance grise de la moelle par les cellules d'origine des fibres du faisceau cérébelleux, du faisceau fondamental du cordon antéro-latéral, et du faisceau fondamental ou zone ventrale du cordon postérieur, nous devons étudier la structure de la substance grise elle-même.

Le tissu nerveux de la substance grise.

On distingue dans la substance grise de la moelle la substance gélatineuse et la substance spongieuse. La première est caractérisée par une transparence spéciale. Elle existe autour du canal central, où elle constitue ce qu'on appelle la substance gélatineuse centrale. On la trouve encore autour de la corne postérieure : elle entoure comme une coiffe ou comme une calotte le sommet de cette corne et porte le nom de substance gélatineuse de Rolando. Tout le reste de la substance grise est formé de substance spongieuse.

La substance grise de la moelle épinière, comme la substance grise de tout l'axe cérébro-spinal, est formée essentiellement de cellules nerveuses. Entre ces cellules, on trouve un entrelacement inextricable de fines fibrilles nerveuses. Celles-ci ne sont en grande partie que les ramifications collatérales et les ramifications terminales des fibres de la substance blanche.

Nous avons donc à étudier, dans la substance grise de la moelle, 1° les cellules nerveuses,

20 l'origine et le mode de terminaison des ramifications cylindraxiles des fibres de la substance blanche.

A. Les cellules nerveuses de la moelle.

Les cellules nerveuses de la substance grise de la moelle épinière appartiennent toutes au type multipolaire. La forme et le volume de ces cellules sont variables à l'infini, mais toutes possèdent les deux espèces de prolongements qui caractérisent toute cellule des centres nerveux : des prolongements à conduction cellulipète, prolongements protoplasmatiques ou dendrites, et au moins un prolongement à conduction cellulifuge ou prolongement cylindraxil.

Les prolongements protoplasmatiques finissent tous par des ramifications libres, soit entre les éléments cellulaires de la substance grise, soit entre les fibres nerveuses de la substance blanche.

Par la façon dont se comporte leur prolongement cylindraxil ces cellules appartiennent aux deux types découverts par Golgi : des cellules à cylindre-axe court, appelées encore cellules de Golgi, analogues à celle que nous avons représentée dans la fig. 168; et des cellules à C3dindre-axe long. Les cellules de Golgi n'ont été observées que dans les cornes postérieui-es. On ignore encore quelle peut être leur signification physiologique.

Fig. 168.

Cellule nerveuse à cylindre-axe court ou cellule de Golgi.

Les cellules nerveuses à cylindre-axe long existent dans toutes les régions de la substance grise.

Parmi ces cellules, les unes envoient leur prolongement cylindraxil dans les racines des nerfs périphériques : on les appelle pour ce motif des celMes radiculaires, a et b, fig. 169. Les autres envoient leur prolongement cylindraxil dans la substance blanche de la moelle elle-même pour y devenir cylindre-axe d'une fibre nerveuse : ce sont les cellules des cordons (Strangzellen).

Le prolongement cylindraxil des cellules radiculaires peut se rendre dans la racine antérieure ou dans la racine postérieure : nous devons donc distinguer des cellules radiculaires antérieures, a, et des cellules radiculaires postérieures, b.

Les cellules des cordons se rangent en trois groupes. Les unes envoient leur prolongement cylindraxil dans la substance blanche de la moitié correspondante de la moelle; ce sont les cellules

des cordons proprement dites, fig. 169, d, l et p. On pourrait les appeler, pour éviter toute confusoin, des cellules des cordons ou des neurones médullaires taiitoméres (i), c'est-à-dire des éléments nerveux dont le prolongement cylindraxil se rend dans les cordons du même côté de la moelle.

D'autres cellules de la substance grise de la moelle envoient leur prolongement cylindraxil, par la commissure antérieure, dans la substance blanche du cordon antéro-latéral du côté opposé, fig. 169 c.

Fig. 169.

Schéma montrant les différents éléments qui entrent dans la structure de la substance grise de la moelle. A gauche, nous avons dessiné les collatérales des fibres de la substance blanche; à droite, les différentes cellules nerveuses de la substance grise.

(Imité de v. Lenhossek )

d, l et. p

radiculaires antéradiculaire posté-

a : Cellules

rieures.

b : Cellule

rieure.

c,c',d,letp : Cellules des cordons.

c : Cellules commissuralesoucellules des cordons hétéromères c' : Cellules des cordons hécatéromères.

Cellules des cordons proprement dites ou cellules des cordons tautomères ; d, pour le cordon antérieur; /, pour le cordon latéral et p, pour le cordon postérieur.

Celluleà cylindre-axe court ou cellule de Golgi.

(i) To auxo |j.£po!;, le même côté.

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