VI : Noyau d'origine du nerf oculo-moteur externe
Nous avons représenté ce trajet assez complexe des fibres radiculaires du nerf de la septième paire dans les deux schémas de la fig. 294. On voit que, dans leur ensemble, les fibres radiculaires du nerf facial décrivent une courbe en fer à cheval, dans la concavité de laquelle est situé le noyau d'origine du nerf oculo-moteur externe. Ce noyau du nerf de
la sixième paire et la partie des fibres radiculaires qui le contourne — la branche radiculaire ascendante et le genou du facial — produisent sur le plancher du quatrième ventricule une saillie arrondie connue sous le nom de éniinence ronde.
^ f.rad. moirtce, vUvc Sll^
FiG. 295.
Coupe correspondant au plan de section 4 de la fig. 289.
La coupe suivante nous amène dans le domaine du nerf trijumeau, FIG. 295.
Le nerf facial et le nerf oculo-moteur externe n'existent plus. Entre les fibres transversales de la protubérance et le plancher libre du quatrième ventricule, on retrouve la couche des fibres sensitives, de nombreuses fibres arciformes internes s'entrecroisant dans le raphé , le faisceau longitudinal postérieur et, tout à fait en dehors, une partie de l'olive supérieure.
Sur les parties latérales de la coupe, nous voyons les fibres radiculaires du nerf trijumeau. On y distingue ' facilement un petit faisceau interne, la racine motrice, provenant d'une masse grise ovalaire, le noymt, moteur, et un faisceau volumineux externe, la racine sensitive, s'étendant jusqu'au niveau d'une masse grise volumineuse riche en petites cellules nerveuses qui constitue le noyau sensitif terminal. Entre le noyau moteur et le noyau terminal sensitif, on voit passer un petit faisceau de fibres nerveuses qui se dirige transversalement en dedans, un peu en dessous de la face libre • du plancher, pour s'entrecroiser au raphé avec un faisceau semblable venu du côté opposé. Il représente, selon toute probabilité, les fibres du nerf trijumeau provenant du noyau d'origine du côté opposé.
La FIG. 296 représente la moitié dorsale d'une coupe de la protubérance annulaire faite au-dessus de l'origine du nerf trijumeau. Le quatrième ventricule commence à se rétrécir. Il est limité, de chaque côté, par le pédoncule cérébelleux supérieur venant du cervelet, pcs.
En avant existent les fibres protubérantielles avec les noyaux du pont et les faisceaux des voies pyramidales.
Coupe correspondant au plan de section 5 de la fig 289.
La couche des fibres sensitives tend à s'écarter du raphé. Tout à fait en dehors apparaît une petite masse grise nouvelle, le noyau latéral, d'où partent des fibres nerveuses qui montent quelque peu déjà sur la face latérale du pédoncule cérébelleux supérieur constituant la couche latérale des fibres sensitives ou couche latérale du ruban de Reil. Entre les deux pédoncules cérébelleux, on trouve :
lo le faisceau longitudinal postérieur ;
2° la coupe d'un petit faisceau de fibres nerveuses appelé racine ascendante du nerf trijumeau, et
30 un amas de cellules nerveuses riches en granulations pigmentaires constituant ce que l'on appelle le locus cœrulœus.
La coupe suivante, fig. 297, nous montre le quatrième ventricule entièrement fermé par la valvule de Vieussens et transformé en aqueduc de Sylvius. Dans l'épaisseur de cette valvule, on trouve des fibres entrecroisées : ce sont les filets radiculaires des deux nerfs pathétiques, IV. Après entrecroisement dans la valvule, ces nerfs sortent de la face postérieure de l'axe cérébro-spinal, de chaque côté de la valvule de Vieussens.
Les pédoncules cérébelleux supérieurs ont perdu leurs contours réguliers. Leurs fibres constitutives se dirigent obliquement en avant et en dedans et viennent s'entrecroiser sur la ligne médiane en arrière de la couche des fibres sensitives.
Entre les deux pédoncules, on trouve encore :
lo la racine ascendante du nerf trijumeau;
2° un faisceau arrondi de fibres nerveuses formant la branche dtscendante du nerf pathétique;
la
du
la
3° le locus ccerulœus, et
4" le faisceau longitudinal postérieur.
La couche des fibres sensitives s'est écartée davantage encore de ligne médiane. Une partie de ses fibres contourne la face latérale pédoncule cérébelleux supérieur et prend part à la constitution de couche latérale.
FiG. 297.
Coupe correspondante au plan de section 6 de la fig. 289.
La moitié antérieure de la coupe est constituée par les fibres ttransversales de la protubérance, les noyaux du pont et les faisceaux cde fibres nerveuses à direction longitudinale que l'on désigne commurnément sous le nom de pyramides.
Si vous comparez cette coupe à celle que nous avons faite tout près ddu bord inférieur de la protubérance, fig. 290, vous verrez que ces faiscceaux de fibres à direction longitudinale ont considérablement augmenté dde volume. Cette augmentation n'est due qu'en petite partie à des fibres ^^otnces; elle provient surtout des fibres transversales de la protubérance
qui ont pris une direction longitudinale pour se rendre au cerveau antérieur, ou fibres des faisceaux cortico-protubérantiels. Les faisceaux de fibres nerveuses que l'on désigne communément sous le nom de pyramides comprennent donc, dans la partie supérieure de la protubérance, les fibres motrices et les fibres des faisceaux cortico-protubérantiels.
La protubérance anmilaire est une partie importante de l'axe cérébrospinal. Sa structure interne est loin d'être connue. Comme vous le prouve l'étude des quelques coupes que nous avons examinées, on ne connaît encore, dans la protubérance annulaire, que la position et les rapports des fibres motrices constituant les pyramides, des fibres sensitives formant la couche du ruban de Reil et la position de différentes masses grises. Parmi celles-ci, les unes donnent origine à des fibres motrices : ce sont les noyaux d'origine moteurs du nerf facial, du nerf oculo-moteur externe et de la partie motrice du nerf trijumeau; tandis que les autres servent de noyau terminal pour les fibres sensitives de certains nerfs périphériques : ce sont les noyaux sensitifs terminaux du nerf acoustique et de la partie sensitive du nerf trijumeau.
En dehors de ces quelques points particuliers, toute la structure interne de la protubérance est encore une énigme. On suppose, avec quelque probabilité, que les fibres de la protubérance et des pédoncules cérébelleux moyens relient, soit les deux hémisphères cérébelleux l'un à l'autre, soit, d'une façon croisée, un hémisphère du cervelet avec l'hémisphère cérébral du côté opposé, mais on ignore si ces fibres ont leur cellule d'origne dans l'écorce grise du cerveau, ou dans les masses grises qui constituent les noyaux du pont, ou dans l'écorce grise cérébelleuse.
Dans toute l'étendue de la protubérance on trouve un nombre incalculable de fibres nerveuses à direction horizontale qui s'entrecroisent dans le raphé. On les appelle fibres arciformes internes. On ignore leur origine et leur destination. On suppose, et avec raison, qu'un grand nombre de ces fibres arciformes appartiennent aux fibres des voies motrices reliant la zone corticale motrice de l'hémisphère cérébral d'un côté aux noyaux d'origine des nerfs moteurs périphériques du côté opposé ; ou bien aux fibres des voies sensitives reliant les noyaux sensitifs terminaux d'une moitié de la protubérance à l'écorce grise de l'hémisphère cérébral du côté opposé.
Mais en dehors de ces fibres à direction transversale, on trouve, dans toute l'étendue de la moitié dorsale de n'importe quelle coupe de la protubérance, un nombre incalculable de fibres nerveuses a direction longitudinale dont on ignore absolument la signification morphologique.