‹ Le Système Nerveux et les États de ChocChapitre 15 sur 18 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les centres nerveux dans les ehocs

. Un très grand nombre de faits semble prouver actuellement que les chocs représentent la manifestation clinique de la fixation d’une substance toxique sur les centres nerveux. La nature toxique du choc traumatique et opératoire a été soutenue par Quénu et a été démontrée également par Delbet.

Un certain nombre de faits expérimentaux semble prouver d’une façon formelle que le choc dépend de la fixation de l’agent pathogène sur le tissu nerveux. Parmi les faits probants il faut citer lexpérience de Besredka : cet auteur a montré que l’anesthésie générale par l’éther, le chloroforme ou simplement l’injection de morphine peuvent empêcher le choc anaphylactique. L’anesthésie doit être faite au moment de l'injection déchaînante pour qu’elle puisse empécher le choc. Il faut noter que l’anesthésie n’empêche pas les modifications biologiques du choc, car l’animal qui a subi une injection déchaînante pendant lPanesthésie n’en présente pas moins par la suite la phase réfractaire qui est la signature biologique de Pétat de choc.

ER Cora.

On peut donc dire que l’anesthésie n’a pas empêché le choc, elle en a seulement supprimé les manifestations nerveuses, en particulier vasomotrices. Le mécanisme de cette action consiste en une sorte de réaction phylactique, telle que l’avait conçue Billard : l’'anesthésique se fixe sur la cellule nerveuse et empêche ainsi la fixation d’un nouveau corps plus toxique à ce niveau.

Notons que tous les anesthésiques ne sont pas également actifs : on a constaté, en particulier, que l’anesthésie à l’uréthane ne peut empêcher la survenue du choc anaphylactique (Druon).

Le fait que l’anesthésie prévient les manifestations nerveuses du choc n’est pas une preuve absolue de sa localisation nerveuse et surtout pas un argument pour le siège cérébral du centre sur lequel cette action prédomine. Il existe cependant d’autres faits qui prouvent cette localisation d’une façon plus certaine.

Parmi ceux-ci, citons une expérience déjà ancienne de Richet montrant que la compression des carotides, lors de linjection déchaînante, peut prévenir le choc. Aussitôt qu’on relâche les carotides les manifestations du choc surviennent.

Des expériences plus précises d’Achard et Flandin ont démontré d’une façon certaine que c’est la localisation des poisons du choc au niveau des centres encéphaliques qui est responsable en grande partie des manifestations de celui-ci : ces auteurs ont réussi

à extraire du cerveau d'animaux anaphylactisés une

MRC Er substance toxique qui reproduit chez des animaux neufs les symptômes du choc.

Il serait faux de croire que les agents générateurs de choc ne se fixent que sur le tissu nerveux : il semble bien que les poisons se fixent sur d’autres

cellules aussi, en particulier sur les globules rouges (Baruch).

P. François 3

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