CHAPITRE VII
Déductions thérapeutiques
Nombreux sont les procédés préconisés pour combattre ou prévenir les états de choc. Parmi toutes les méthodes proposées, il est nécessaire d'établir une classification.
Nous divisons ainsi les procédés thérapeutiques destinés à combattre les états de choc en les catégories suivantes :
1° Prévention du choc par désensibilisation : méthode de Besredka, les cutiréactions, la peptone, etc.
2° Les méthodes phylactiques, peu utilisées en thérapeutique ; on connaît surtout l’action des anesthésiques.
3° Action de l’adrénaline, basée sur un principe symptomatique, mais ayant peut-être des bases plus scientifiques.
4° Médication ionique : calcium, magnésium, ba-
ryum.
Nous allons étudier rapidement l'intervention du
système nerveux dans chacune de ces méthodes.
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La seule méthode qui empêche véritablement le choc est la méthode de désensibilisation de Besredka. Nous n’en connaissons pas le mécanisme assez exactement pour pouvoir dire si le système nerveux M intervient ou non.
Quant à l’action des anesthésiques dont l'intérêt pratique au point de vue thérapeutique est actuellement minime, nous avons déjà dit ce qu’il fallait en penser : il s’agit de la saturation des cellules nerveuses par l’anesthésique, empêchant la fixation de Pagent du choc à ce niveau-là.
L'action de l’adrénaline semble être absolument remarquable dans certains chocs, alors que dans d’autres, l'effet de cette hormone est médiocre ou même nul. On sait que dans les chocs thérapeutiques observés à la suite de l'administration de novarsenobenzol, l’adrénaliné est le médicament de choix (Milian). Dans les chocs protéique, anaphylactique, son effet est plus discutable. L’adrénaline pourrait donner de bons résultats dans le choc traumatique.
Le mode d’action de ce médicament comme la raison de ses succès ou de ses échecs mérite d’être discuté à la lumière des faits que nous avons relatés plus haut. On sait que dans tous les chocs, sans exception, il existe une hypotension artérielle, donc une vasodilatation assez étendue. Il est donc tout naturel d'essayer de combattre cette manifestation par l’adrénaline qui est la substance vasoconstrictrice la plus puissante qui soit actuellement connue.
Le succès de l’adrénaline est donc compréhensible
OUT TA dans les cas où l’hypotension est due à un défaut de la sécrétion d’adrénaline, Ce ças peut fort bien se présenter et par des mécanismes variés : paralysie des nerfs sécréteurs (les splanchniques) ou absence de la commande centrale ou réflexe (par paralysie du centre ou des zones réflexogènes).
Nous ayons vu cependant qu’il y avait des chocs dans lesquels les organes récepteurs vasculaires n'étaient plus sensibles à l’adrénaline. Les expériences de Frôlich et Pick ont établi que la peptone pouvait inverser l’effet de l’adrénaline, On comprend que dans ces derniers cas, l’administration de ce médicament est non seulement inopérante mais peut même être nuisible, en exagérant l’hypotension.
Il est bien difficile de fixer la conduite à tenir dans ces cas-là : il existe certaines données expérimentales permettant de supposer que l’extrait de lobe postérieur d’hypophyse pourrait de nouveau inverser l'action paradoxale de l’adrénaline en lui rendant son pouvoir hypertensif habituel (Raymond-Hamet). Nous relatons ce fait sans en tirer de conclusions thérapeutiques.
D'ailleurs en cas d’échec de l’adrénaline, on peut encore s’adresser aux médications ioniques. Il n’est pas douteux que ces méthodes agissent tout au moins en partie par l'intermédiaire des appareils termi-naux du système nerveux végétatif. On sait d’après la théorie ingénieuse de Zondek que l'effet de l’exci-
tation des nerfs est parallèle à l’action des ions Ca et
NET € EM K. L’excitation du sympathique agit par l’ion Ca, celle du Parasympathique par l’ion K.
Il est donc tout à fait naturel que l’administration d’un sel de calcium, préconisée pour la première fois par Netter, puisse contrebalancer lPatonie sympathique constatée au cours des chocs.
L’action du magnésium dont l'effet anti-choc est encore plus puissant est basée sur un principe analogue.
Le baryum, par contre, semble agir directement sur le muscle lisse ; son action anti-anaphylactique, découverte par Biedl et Kraus, est niée par Richet.
Il nous semble donc possible de conclure, d’après les faits relatés plus haut, que les indications antichoc agissent presque toutes par l’intermédiaire du
système nerveux.
Conelusions
1° Les symptômes les plus constants de l’état de choc sont des manifestations nerveuses. Il y a lieu d’insister particulièrement sur la constance de l’hypotension artérielle, témoignant des troubles vaso-
moteurs importants.
2° Les chocs les plus divers déterminent des atteintes du système nerveux allant de simples troubles fonctionnels (dépression, convulsions) jus-
qu’à des lésions anatomiques.
3° Les états de choc semblent intervenir dans la pathogénie d’un certain nombre d’affections nerveuses paroxystiques : épilepsie, migraine, etc. On peut également soupconner l’existence d’un mécanisme nerveux dans des maladies par choc, comme
l'asthme, l’urticaire, etc.
4 Les modifications vasomotrices sont au premier plan des états de choc. Elles peuvent se produire par une inhibition des centres vasomoteurs, -par
excitation des terminaisons vasodilatatrices ou
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encore par paralysie de l’adrénalino-sécrétion. Dans certains chocs il semble en outre que la sensibilité des vaisseaux à l’adrénaline soit diminuée.
5° L’atteinte des centres nerveux dans les chocs est prouvée par l’action empêchante de l’anesthésie et par la toxicité des extraits cérébraux des animaux en état de choc.
6° Il est vraisemblahle que les états de choc se caractérisent par un déséquilibre brusque du SYStème nerveux végétatif dans le sens d’une vagotonie.
Nos connaissances concernant le système autonome ne permettent cependant pas de préciser la nature des troubles végétatifs.
7° Certaines médications du choc agissent par l'intermédiaire d’un mécanisme nerveux : il en est
ainsi de l’adrénaline, du calcium et du magnésium.
Vu : le Président de la thèse,