A MES AMIS
D A nur en uen
Qui nous a fait l'honneur d'accepter la | présidence de cette thèse. | x » 4 L \ d
À M. LE Docteur MERLE
Professeur à l'Ecole de Médecine d'Amiens Médecin des Hôpitaux ;
À M. LE Docteur DE BUTLER
Professeur à l'Ecole de Médecine d'Amiens Chirurgien des Hôpitaux
À MALE DocTeur GRENET
À M. Le Docreur BOIDIN
Médecins des Hôpitaux de Paris
Introduetion
On a tendance à croire que la notion du « choc » est tout à fait récente en médecine. Or, s’il est vrai que les études qui concernent ces états n’ont pris leur extension que depuis une vingtaine d’années, il n’en n’est pas moins vrai que les chocs sont connus depuis plus d’un siècle et se trouvent désignés sous leur nom actuel. Celui qui semble lui avoir donné ce nom est Travers, en 1826, en désignant particulièrement le choc traumatique ou opératoire. Le choc fut mis tout d’abord en rapport avec les traumatismes subis par les nerfs et Dupuytren pensa que sa cause était une sorte d’ « hémorragie nerveuse », un écoulement du fluide nerveux par les nerfs coupés.
On reconnut rapidement l'importance des troubles nerveux dans le choc, troubles nerveux affectant particulièrement ce que nous appelons aujourd'hui le système nerveux végétatif. C’est ainsi que Brown- Séquard supposa l’importance de l’inhibition de certains centres végétatifs dans le choc : centres vaso-
moteurs en particulier (Fischer).
LMD
Pendant une cinquantaine d’années on ne connaïissait que le choc traumatique et ce n’est qu’en 1880 que Fano, en même temps que d’autres auteurs, a décrit le choc peptonique. Delezenne, Heidenhain ont étendu la notion aux états déterminés par l'injection d’un grand nombre de substances protéiques.
Le fait le plus important dans l’histoire des chocs est la découverte de l’anaphylaxie par Ch. Richet et Portier en 1902. L’anaphylaxie fut particulièrement rattachée aux chocs par Besredka qui créa la notion de «choc anaphylactique ».
L'application de cette notion à la clinique fut l'œuvre de Widal et de ses élèves qui ont montré limportance du choc hémoclasique ou colloïdoclasique dans la pathologie. Achard et ses élèves ont approfondi l’étude des modifications du sang dans les états de choc.
Sous l'influence de ces études, la conception du choc traumatique a pris également une orientation nou-
velle, à la suite des travaux de Quénu, de Bayliss, etc.
Telle est l’histoire schématique des états de choc. Nous voudrions insister sur l'orientation qu'ont prise les idées vers une conception chimique du choc. Or, dès le début des recherches on était frappé par l’importance des troubles nerveux au cours des chocs. L'intervention du système nerveux n’a pas été niée, mais un peu oubliée et semble passer actuellement en second plan.
Nous voudrions rappeler dans ce travail que le
SAN TE RRQ
choc est avant tout un syndrome nerveux et que le système nerveux joue un rôle important dans son déterminisme. Nous ne prétendons pas apporter de faits nouveaux, mais faire simplement une mise au point de quelques faits et en dégager quelques notions pratiques. On ne doit pas oublier, en effet, que les états de choc constituent des cas d'urgence par excellence. On a souvent l'impression qu’une intervention thérapeutique apportée à temps et judicieusement conduite sauve un malade qui aurait inévitablement
succombé sans elle.
Avant d'aborder notre sujet proprement dit, il est indispensable de définir rapidement les états de choc, montrer leurs caractères communs et les classer ensuite (Chap. D. Nous montrerons après ce chapitre préliminaire l'atteinte du système nerveux au cours des états de choc expérimentaux et cliniques (Chap: IT). On étudiera ensuite l'intervention des chocs dans le déterminisme de certaines maladies nerveuses (Chap. HD. Le rôle des modifications vasomotrices mérite d’être étudié en détail (Chap. IV). Il existe un certain nombre de preuves expérimentales et cliniques montrant que la localisation des poisons dits « de choc» au niveau des centres nerveux à une influence décisive dans la pathogénie des états qui nous occupent (Chap. V). Des expériences plus ré-
centes insistent en plus sur l'intervention du Sys-
PAGE (NS tème nerveux végétatif périphérique au cours du choc (Chap. VD.
Nous terminerons, en montrant les applications thérapeutiques des notions qui se dégagent des chapitres précédents (Chap. VID.