CHAPITRE I
Délimitation et elassifieation des divers états de choc
Le choc appartient à ces notions fort nombreuses qu’il est très facile de se représenter, mais beaucoup plus difficile de délimiter. Point n’est besoin d’être un grand clinicien pour pouvoir affirmer à première vue qu'un malade est choqué.
Bien souvent, si l’on demandait les raisons précises de cette affirmation, on ne saurait répondre facilement.
Il existe cependant un certain nombre de caractères communs des états de choc, tout au moins lorsqu’on les envisage du point de vue clinique.
Les chocs sont caractérisés, en effet, d’après Quénu, par :
1° un état de dépression très marquée avec anxiété, pâleur et lividité du visage ;
90 le refroidissement ;
3 la rapidité du pouls et l'hypotension artérielle.
Rien qu’à considérer cette définition, on voit im-
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médiatement l’importance des troubles circulatoires dans le choc.
A la suite de l’extension particulière de la notion du choc en pathologie, cette définition est devenue cependant trop étroite. Elle ne comprend plus que les cas de chocs importants et laisse de côté le nombre considérable de chocs frustes, voire même latents qui se caractérisent cependant par les modifications humorales typiques décrites au cours des grands chocs.
Il ne reste peut-être qu’un seul caractère absolument constant : l’hypotension artérielle. On peut dire en effet qu’il n’y a pas de choc sans baisse de la pression artérielle, tout au moins au début. Par la suite, celle-ci peut remonter à la normale ou même la dépasser, surtout s’il existe des manifestations convulsives, un certain degré d’asphyxie, etc. C’est à cette conclusion qu’est arrivé récemment Pasteur Valléry- Radot en étudiant le choc sérique du cobaye. Nous verrons les considérations importantes que suggère la constance de ce phénomène.
En ne gardant que ce caractère, peut-on qualifier de choc tous les états dans lesquels on observe une hypotension artérielle ? Nous ne le croyons pas. Les modifications humorales et cytologiques doivent également être considérées comme indispensables pour qu’on puisse parler de choc. D'autre part, l’hypotension artérielle s’observe au cours d’un certain nombre d'états toxiques et infectieux qui ne peuvent être con-
sidérés comme des états de choc.