CHOLÉRA
vaisseaux abdominaux à se dilater malgré la siiroxcilation vasoconstriclive générale; de sorte que le système sjmpalhiquo vient lui-même favoriser la pluie séreuse qui doit le débarrasser du poison qui l'excite. — Comme les souIVrances abdominales ont une grande aptitude à provo([Ucr d'une manière réflexe le spasme des vaisseaux cutanés, ainsi qu'on le constate dans la crampe de l'estomac, les coliques hépatiques et néphrétiques, on pourrait se demander si ce n'est pas par le même mécanisme indirect qu'il se montre dans le choléra. Mais il est plus probable qu'il est du à l'intoxication directe du système vaso-moteur, car les douleurs abdominales ne sont pas très-vives dans cette maladie. De pins, il n'a pas lieu dans la cbolérine, qui est tout aussi douloureuse. Mais, tout en admettant un spasme des vaisseaux résultant de l'excitation des centres vaso-moteurs par le poison, je crois qu'il faut aussi tenir compte du retrait, par simple tonus, qui est la conséquence presque mécanique de l'atténuation de la colonne sanguine qu'épuise sans cesse la transsudiilion intestinale. Toutefois, ce n'est là qu'un complément qui intervient tardivement et qui se montre d'une manière isolée à la fin de la cbolérine et du choléra infantile.
Le spasme des vaisseaux, qui n'est pas toujours régulier, emprisonne le sang dans certains points, et contribue par là à la production de la cyanose caractéristique du choléra, mais il n'est qu'un des facteurs de ce phénomène dont la genèse est sans doute très-complexe. La fjerte d'eau qui résulte de l'abondance des vomissements et des selles porte le sang à un très-haut dçgré de concentration, et prive les globules du milieu séreux nécessaire à leur fonctionnement dans l'hématose. Cette cause d'asphyxie capillaire, sur laquelle Ilayem a beaucoup insisté, doit être prise en grande considération, d'autant plus que, lorsqu'on concentre la masse sanguine d'une grenouille vivante en la plongeant dans du sel marin, on observe des effets qui rappellent les conditions de l'hématose chez les cholériques. Il faut aussi tenir un grand compte de l'altération qu'éprouvent les globules dans cette affection et dans l'empoisonnement par l'arsenic. Feltz et Ritter, dans ce dernier cas, les ont trouvés agglomérés ensemble et crénelés. Chez les cholériques, plusieurs observateurs ont signalé la présence dans le sang de petits globules rouges qui ont été regardés comme résultant d'une atrophie progressive des globules normaux. Il est vrai qu'IIayem déclare avoir vu là des fragments de globules et non des globules atrophiés, mais
qu'ils soient fragmentés ou atrophiés, ils n'en sont pas moins malades et il est possible qu'ils perdent leur aptitude à fixer l'oxygène. Enfin, il ne faut pas négliger non plus l'état du mécanisme même de la respiration. J'ai toujours été frappé, chez les cholériques que j'ai eu à soigner, soit de la lenteur, soit de la faiblesse des excursions respiratoires, soit de l'existence de ces deux conditions à la fois. Par moments on dirait que le malade ne respire pas du tout. D'autres fois il paraît haletant, mais il n'exécute qu'un simulacre de respiration, comme dans la mimique de certaines émotions. Avec cet ensemble de conditions, il n'est pas étonnant que la revivification du sang ne s'opère pas, et comme les combustions ne sont complètement enrayées que lorsque tout l'oxygène du sang est épuisé, on comprend qu'il se fasse dans ce liquide une accumulation d'acide carbonique. Il est possible que cette substance toxique soit pour quelque chose dans la production des crampes. Mais elles peuvent tout aussi bien être dues à l'action du ferment cholérique sur les centres nei-veux. C'est, sur le terrain de la motilité animale, la reproduction de ce qui se passe du côté de la motilité végétative. Quant à la suppression de la sécrétion urinaire, elle n'est probablement que la conséquence de l'insuffisance de la désassimilation et avant tout de la surabondance de l'élimination d'eau par l'intestin. C'est l'application de la loi de l'antagonisme des sécrétions. La période de réaction n'est que l'observation d'une autre loi qui domine la plupart des pyrexies et des empoisonnements. Dans ces états morbides, on voit souvent un état paralytique succéder à la période d'excitation. C'est le stade de chaleur de la fièvre compliqué de l'épuisement considérable que le poison a fait éprouver à l'innervation.
DES TIUNCU'AUX TBAVAUX (.'lïES DANS LES TU018 VOLUMES
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