‹ Le système politique d'Auguste ComteChapitre 3 sur 15 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

CATUOLTQUES ET POSITIVISTES : l'aCCORD,

C'est aux conservateurs que je dédie cet exposé du Système politique de Comte. Et je suis certain qu'on pensera moins à s'en étonner qu'on ne l'eût fait il y a seulement quelquesannées. Car, depuis ces dernières années, grâce aux efforts de quelques-uns, on commence à prendre une plus juste notion de la philosophie d'Auguste Comte ; on commence à entrevoir que l'on a été mystifié ; que bien loin, en effet, d'appuyer la Révolution, la doctrine positiviste, plus que toute autre, en combat fortement les principes ; et, pour tout dire en un mot, que l'accord qu'Auguste Comte avait souhaité, espéré, est possible entre positivistes et conservateurs.

Mais comment ne s'est-on pas aperçu de tout cela plus tôt ? Comment a-t-on pu, je répète le mot, se laisser mystifier si longtemps? La doctrine positiviste n'est-elle pas exposée tout entière par écrit? Qu'on la fausse, et il n'y avait, il semble, qu'à ouvrir les livres d'Auguste Comte pour le constater.

Il n'y avait, en effet, qu'à ouvrir ces livres. Mais voilà ce qu'on ne s'est pas trop avisé de faire. Comment du reste les conservateurs auraient-ils étudié Comte, alors qu'ils négligeaient, délaissaient même complètement ceux qui, comme Maistre et Donald, étaient plus directement encore des leurs ? J'ajouterai que, d'ailleurs, dans le cas d'Auguste Comte, ils peuvent invoquer des circonstances atténuantes. Comte est, en effet, comme je l'ai déjà dit, d'un abord difficile. Son œuvre est volumineuse. Elle est d'un style qui, tant qu'on n'y est pas rompu, désoriente, rebute même. C'est presque une langue inconnue qu'il faut apprendre, une première étude, longue et ardue, qu'il faut entreprendre, si l'on veut pénétrer ce qui se cache d'admirable sous ce langage étonnant. Langage où l'on finit, du reste, j'ajouterai, par trouver, une fois qu'on l'a pénétré, des qualités remarquables de concision et de fermeté.

Le difficile accès de son œuvre n'était d'ailleurs pas ignoré de Comte lui-même. Mais cela le laissait sans inquiétude. Car au moment où il écrivait, il ne visait qu'à une cinquantaine de lecteurs dans le monde entier. Ce qui devait suffire, pensait-il, pour la diffusion de «a doctrine.

Et cela aurait pu suffire, en effet, si ceux qui se

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