DUVAL
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telle extension du système semble être critiquée par presque tous les auteurs. Alors qu'on peut encore admettre le caractère réticulo-endothélial des monocytes, la chose est beaucoup moins acceptable pour les fibrocytes et pas du tout pour tous les endothéliums vasculaires. Il ne semble pas qu’on puisse dépasser les endothéliums capillaires et peut-être seulement celui de certains territoires.
Gozzano a émis l'hypothèse que les ceHulès de la microglie du système nerveux font également partie de ce système. Dans ce cas, la discussion fait partie d’un autre problème bien plus vaste : celui de la provenance de la microglie sur laquelle les auteurs sont loin d’être d'accord. Les uns prétendent que la microglie est d’origine ectodermique, comme tout le système nerveux, les autres la font dériver du mésoderme et alors la microglie aurait envahi le tissu nerveux secondairement. Nous ne pouvons trancher un débat aussi important.
Une troisième extension du système réticulo-endothélial concerne les cellules tapissant la cavité de l’alvéole pulmonaire. Bien qu'il s'agisse ici d’un cas analogue à celui de la microglie, il nous faut développer la question bien davantage à cause de son importance au point de vue de la tuberculose. On discute depuis de longues années sur l’origine et la nature de ces étranges cellules aplaties à l’extrême dont la fonction consiste à faire communiquer l'air contenu dans l'alvéole avec le réseau capillaire pulmonaire. Pour les uns, il s’agit d’un endothélium dérivant de l’endoderme (l'appareil respiratoire est, au point de vue embryologique une dépendance du tube digestif); pour les autres ces cellules seraient originaires du mésenchyme.
CNE LME
Le débat est encore loin d’être tranché actuellement et les deux théories semblent apporter des preuves suffisamment probantes en leur faveur. La solution serait cependant capitale pour savoir si ce tissu de revêtement de la surface respiratoire appartient au système réticulo-endothélial ou non. On peut tourner la question, comme le fait Rouslacroïix, en affirmant qu'il y a incontestablement dans les alvéoles pulmonaires des cellules ayant les caractères de celles du système réticulo-endothélial, La présence de telles cellules est incontestable et l'on a décrit depuis longtemps au niveau du poumon des cellules à poussière (Staubzellen) qui ont un corps cellulaire volumineux avec un noyau et des granulations, le tout ayant les caractères d’une cellule réticulo-endothéliale. Nous ne discuterons pas si ces cellules à poussière proviennent de cellules alvéolaires transformées ou bien sont des histiocytes momentanément fixés. L'important est de savoir qu'il s’agit d'éléments cellulaires pouvant fixer des pigments (ils jouent un rôle dans les diverses pneumoconioses, comme l'anthracose pulmonaire), des corps gras (Roger, Binet et J. Verne) et pouvant se mobiliser ou se fixer. Voilà donc tous les caractères d’une cellule appartenant au système
réticulo-endothélial.
Bien que ses limites soient encore assez imprécises, on connaît un peu la physiologie du système réticulo-endothélial. Nous avons déjà suffisamment insisté sur sa /onc-
tion colloïdopexique qui est certainement la plus impor-
tante de toutes. La mobilité des cellules qui le composent d'autre part fait supposer que certaines d’entre elles possèdent un pouvoir phagocytaire. ll s'agit encore de s’entendre sur le terme phagocytose. Lorsque Metchnikoff décrivit ce phénomène, il s'agissait d'un englobement des corps étrangers par les phagocytes et surtout de leur destruction par un processus de digestion intracellulaire. On ne peut toujours parler de destruction phagocytaire. I en est ainsi notamment en ce qui concerne la fonction phagocytaire des histiocytes. Ces cellules englobent les corps étrangers, mais bien souvent elles se contentent de les fixer au sein de leur protoplasma, ne possédant sans doute pas les diastases que nécessiterait la digestion de ces corps. On ne peut parler d'absence de tout pouvoir de digestion; 1l y a en particulier certainement une lipase dans les éléments réticulo-endothéliaux, puisque ce sont eux qui, au niveau du poumon, sont les agents actifs de la lipodiérèse décrite par Roger et Binet. Dans bien des cas, cependant, notamment dans celui qui nous intéresse ici particulièrement, dans le cas du bacille de Koch, l’histiocyte fixe le microbe, mais celui-ci, bien qu'emprisonné conserve toute sa vitalité et toute sa virulence.
Ce n’est qu’en faisant des restrictions au point de vue du pouvoir digestif que nous pouvons parler d’une fonction phagocytaire du systême réticulo-endothélial.
L'influence du système sur le métabolisme a été beaucoup étudiée, mais nous ne possédons encore que des connaissances fragmentaires à ce point de vue. On sait que le système réticulo-endothélial joue un rôle dans le
métabolisme du fer, des graisses, des lipoïdes, comme le
POtEre
cholestérol, mais nous ne savons encore rien de précis. Son intervention dans le métabolisme des glucides et dans celui des protides est encore plus discutée.
Deux fonctions importantes du système réticulo-endothélial sont l’hématopoièse et l'érythrolyse. Nous ne pouvons insister ici sur ces fonctions qui n'intéressent notre sujet que de très loin. Contentons-nous de dire que c'est le système réticulo endothélial qui élabore les éléments figurés du sang : contribue à l'édification du globule rouge et donne naissance à la cellule-mère des globules blancs qui se développeront par la suite dans le sens des lymphocytes ou des polynucléaires, cessant alors de faire pârtie du système réticulo-endothélial.
Pour ce qui concerne l’érythrolyse, on sait que c'est le système réticulo -endothélial qui détruit constamment les globules rouges et préside à la dégradation de l’hémoglobine en pigments biliaires. L'importance de ces faits est considérable au point de vue pathologique, mais ils ne touchent au problème de la tuberculose que très indirecment.
D’autres fonctions du système réticulo-endothélial, concernant l’'immunité, seront traitées plus loin du point de vue spécial de la tuberculose.
Tels sont les principaux faits*que nous avons cru utile d'exposer avant d'aborder le problème du rôle du système réticulo-endothélial dans la tuberculose, Ces faits nous
‘ont montré que la légitimité d’un tel système est actuel-
lement incontestable, bien que les limites en soient actuellement encore mal tracées. Il ne semble pas d'ailleurs qu’on puisse définir ce système de plus près. Comme l'a dit Oberling, la cellule réticulo-endothéliale est une cellule tofipotente, c'est-à-dire un élément ayant conservé une très haute potentialité : elle peut revêtir des formes multiples, remplir des fonctions variées selon les conditions dans lesquelles elle se trouve. Le |
Merklen, puis Rouslacroix on fait remarquer que les caractères de la cellule réticulo-endothéliale sont ceux d’une cellule Jeune, indifférenciée. Cette constatation donne la clef de beaucoup de malentendus. Le système réticuloendothélial comprend des cellules insuffisamment différenciées et surtout spécialisées d’une façon réversible. On peut dire que les cellules de la lignée réticulo-endothéliale dont le type est l’hystiocyte ou clasmatocyte, appartiennent au système jusqu’au moment où elles peuvent, reprendre la forme primitive. Dès l’instant où leur différenciation a dépassé le stade réversible, elles cessent d’appartenir au système réticulo-endothélial.