‹ Le Système Réticulo-Endothélial Dans La TuberculoseChapitre 6 sur 18 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LA CONCEPTION DU SYSTÈME RETICULO-ENDOTHELIAL.

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La conception d’un système réticulo-endothélial est née pour ainsi dire d'hier. Aussi n'est-ce pas étonnant que l'accord ne soit pas encore fait sur les éléments anatomiques que ce système doit englober. Il est d’ailleurs vraisemblable et nous tâcherons de le démontrer dans un instant que des transitions insensibles sont ménagées entre les éléments appartenant incontestablement à ce système et d’autres qui n’en portent pas les caractères d’une façon aussi catégorique

Avant Aschoff déjà, de nombreux auteurs ontinsisté sur certaines analogies morphologiques entre certaines cellules : éléments du réticulum du pulpe splénique, .des ganglions lymphatiques, des cellules de Kupffer du foie etc. C’est cependant Aschoff qui, le premier, en 1924, a réuni un certain nombre de tissus sous le nom de système réticulo-endothélial, plus pour des raisons physiologiques qu’à cause d’analogies d’aspect. |

Un premier caractère important des tissus appartenant au système réticulo-endothélial, c’est leur coloration par les colorants vitaux. On sait que généralement le tissu

vivant ne se laisse pas imprégner de colorant, seuls les

‘éléments constitutifs du système réticulo-endothélial font exception à cette règle. Ce fait est important non seulement au point de vue de l’individualisation du système, mais aussi parce qu’il prouve que le protoplasma de ces cellules possède des propriétés physico-chimiques différentes de celles des autres cellules de l'organisme. Ces cellules possèdent, en effet, une réceptivité très particulière dont nous verrons l’importance plus loin au point de vue de la pathologie.

En allant plus à fond du problème on peut dire que toutes les cellules du système réticulo-endothélial possèdent une réceptivité pour les substances colloïdales aci. des ou mieux électronégatives. En effet, que l’on emploie l’encre de Chine, le carmin lithiné, le bleu-trypan, le rouge Congo, l’hydrate de fer colloïdal etc. on trouvera ces corps, après injection daus la circulation ou dans le péritoine, d’un anima}, accumulés dans certaines cellules qui, par définition, appartiennent au système réticuloendothélial. Or, toutes ces substances sont des colloïdes électro-négatives qui, attirées par le protoplasma de ces cellules floculent et font désormais partie intégrante de leur substance.

Il peut en être de même pôur des corps toxiques : microbes, toxines microbiennes, etc. Dans ces cas-là la cellule subit des altérations plus ou moins importantes, compromettant plus ou moins sa vitalité, sans que pour cela le corps fixé se trouve libéré.

En un mot, le système réticulo-endothélial possède une fonction colloïdopexique, sans préjuger d’ailleurs si cette fonction répond à une finalité ou non. Le fait en lui-même

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est incontestable, ce sont seulement ces interprétations utilitaires et finalistes qui ne sont pas admises par tous les auteurs, comme nous aurons encore l’occasion d'y

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Une seconde propriété importante du système réticuloendothélial est la plasticité des éléments qui le composent. Comme nous le verrons, le système réticulo-endothélial comprend des cellules fixes et des cellules mobiles. Or, les cellules fixes peuvent être mobilisées à chaque instant, comme aussi les cellules mobiles peuvent se fixer transitoirement ou définitivement au niveau d'un tissu.

Le passage de la vie fixée à la vie mobile s’accompagne souvent de modifications morphologiques et structurales qui surprennent et qui donnent une idée de la haute potentialité de ces cellules. Cette mobilité et cette plasticité jointes au caractère décrit ci-dessus font comprendre que le système réticulo-endothélial n’est pas seulement doué d’une réceptivité pour ainsi dire passive, mais va audevant des substances étrangères qui ont pénétré dans l’économie pour les fixer. ie

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Action colloïdopexique et plasticité, tels sont les deux caractères essentiels qui permettent d’individualiser un système réticulo-endothélial. On aurait cependant tort de croire qu’il y a des limites précises entre cellules réticulo-endothéliales d'une. part et les autres cellules

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dérivant du mésenchyme d'autre part. Le problème sur lequel les auteurs sont loin d’être d'accord est précisément la délimitation du système.

Dans la conception originelle d’Aschoff, le système réticulo-endothélial comprenait trois catégories d’éléments : les cellules réticulaires, les cellules de certains endothéliums capillaires et les histiocytes.

a) Les cellules composant le réticulum de la rate, des ganglions Iymphatiques, le tissu lymphoïde de divers organes et la moelle osseuse.

b) Les cellules endothéliales de certains capillaires ou de sinusoïdes du foie (cellules de Küpffer), de la rate, des ganglions lymphatiques, des surrénales, de l’hvpophyse, des plexus choroïdes, du pancréas, etc.

c) Les cellules périvasculaires du rein, du tissu conjonctif de la peau, du réticulum thymique et les cellules plates tapissant des espaces lacunaires interstitiels.

d) Les histiocytes libres ou monocytes.

Cette conception primitive s’est trouvée singulièrement élargie par la suite. Le test le plus important, celui de la colloïdopexie s’est montré inégalement réparti suivant le colloïde utilisé et suivant la cellule envisagée. Il y a ainsi des cellules qui se laissent imprégner par le bleu- — trypan, alors qu'elles ne fixent pas l'encre de Chine. Il semble que c’est la grosseur des granulations qui importe avant tout.

S’aidant de nouvelles techniques et se basant sur d’autres considérations, Moellendorf élargit le domaine du système réticulo-endothélial en y rangeant les fibrocytes, les monocytes et tous les endothéliums vasculaires. Une

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