ORGANISATION DU TRAVAIL
L'organisation du travail dans l'usine offre un problème particulier à résoudre : celui de la psychologie ouvrière.
Taylor a été servi dans cette étude par ses années passées à l’atelier qui avaient produit sur lui une impression si forte et si durable qu’arrivé ingénieur en chef, il
n’avait pas oublié le caractère de ses anciens camarades.
ME LT. Re
Il n’a pas professé comme certains de ses collègues, techniciens avant tout et seulement techniciens, le mépris pour l’ouvrier, être qu’ils considèrent comme stupide, dénué d’intelligence, inacessible à tout raisonnement logique. Taylor s’est insurgé contre cette opinion et sur le seuil de son étude il a tenu à s’élever contre de tels préjugés.
Dans une conférence adressée à la Société américaine pour le développement de l’enseignement technique, if s’exprime ainsi : r
« Les élèves des Ecoles techniques apprendront, dans leur stage à l’usine, une chose d’une importance capitale. Ils se refusent à comprendre la vérité suivante, qu’un portefaix en haïllons, travaillant dans la rue, un ouvrier conduisant un tour, sont nés leur égal au point de vue intellectuel.
« En travaillant, au contraire, à l'usine, coude à coude avec un manœuvre couvert de graisse, avec un ouvrier ignorant les règles de la grammaire et étranger à toutes les formes de la politesse, il leur faudra bien cependant reconnaître la pénétration intellectuelle de ces hommes.
« Les élèves des écoles et les ouvriers sont faits de la même argile, physiquement et intellectuellement. Pour conserver l’avantage dans la lulte pour l’existence, l’étudiant doit s'assurer les bénéfices d’une instruction très
supérieure à celle de l’ouvrier. L'énergie, la persévé-
Se
rance, le jugement sont les facteurs dominateurs du succès dans l’industrie. Or, ces qualités se rencontrent au même degré chez l’ouvrier et chez le diplômé. »
Les ouvriers sont des hommes identiques aux autres hommes. Gette psychologie semble être au-dessus de toute étude. Les mobiles humains sont d’allure si capricieuse qu'ils semblent échapper à toute loi, à toute investigation. Et pourtant non. Ce facteur de l’industrie est un facteur comme un autre ; 1l a ses règles, sans doute plus obscures en raison de la complexité du caractère humain, mais 1l les à, et la difficulté de les discerner ne doit point rebuter l’expérimentateur à un travail dont les résultats ont des conséquences aussi importantes.
L'étude de la psychologie humaine a pour but de discerner les mobiles qui font agir les hommes et que seule peut faire découvrir une longue et munitieuse investigation expérimentale.
La limitation de la production est un des graves défauts de tous les ouvriers. A quels mobiles obéissent-ils pour agir ainsi, même contrairement à leurs intérêts.
Le premier, celui connu depuis fort longtemps, consiste en cette erreur grossière que l’ouvrier considère la production limitée, le travail dévolu à chacun nettement limité. L'emploi d’une machine, l'augmentation du rendement de chaque ouvrier auraient alors, pour consé- quence immédiate, le renvoi d’un certain nombre de
camarades devenus inutiles.
PSS
C’est là en quelque sorte la théorie transposée du: fonds des salaires, du age fund, selon l’expression anglaise.
Le taux des salaires est le rapport entre le chiffre des ouvriers, des prolétaires qui cherchent de louvrage pour gagner leur vie et qui offrent leur bras et le capital qui cherche un placement ; le montant Au salaire est le quotient de la division du chiffre représentant le capital circulant par le nombre des ouvriers.
Il est donc évident que le salaire ne peut varier qu’autant que l’un des deux facteurs variera. Il n’y a pas d’autre sauvegarde pour les salariés que la restriction des progrès de la population, car il est sûrement à craindre que le chiffre de la population ne s’accroisse beaucoup plus rapidement que le capital disponible.
Cette théorie a été le plus fortement développée par Stuart Mill, qui l’a d’ailleurs plus tard abandonnée.
Aujourd’hui très discréditée, en la serrant de près, on la réduit à ceci : Le taux des salaires s’obtient en divisant le total des sommes distribuées en salaires par le nombre des salariés. Ce qui est une simple tautologie.
Signifie-t-elle que les salaires sont d’autant plus élevés que la richesse d’un pays est plus grande ? C’est là une affirmation assez simple pour se passer d’en faire une théorie.
Dans le développement d’une entreprise, chaque perfectionnement apporté, soit par l'emploi d’une nouvelle
machine, soit par l’emploi d’une -meilleure méthode de