‹ Le T'ai chanChapitre 26 sur 61 · I .es thuyas de l'époque des II an · texte numérisé non relu

I .es thuyas de l'époque des II an

de T'ai-ngan fou. Nous sommes informés sur cette divinité secondaire par un texte de Ma Touan-lin (Wen hien fong iïao publié en 13 19, chap. XC, p. 19 v°) qui est ainsi conçu: „Lc temple du duc de Ping-ling est au pied du T ai dian\ sous les T'ang postérieurs, la troisième année tcJi ang-hing (932), un décret impérial donna le titre de général redoutable et puissant (wei hiong tsiang kiun) au troisième fils du T'ai chan. La première année ta-tchong siang-fou (1008), le dixième mois, après avoir terminé les sacrifices fong et chan, l'empereur visita en personne (cette divinité) et augmenta son titre nobiliaire; il ordonna au préfet de Yen tcheou d'agrandir et de réparer son temple.

Le king ton tche tche che Wang K'in-jo déclara que ce dieu lui était apparu en songe; derechef, on établit sur l'enceinte Nord du temple un pavillon dont le nom fut Ling kan (manifestation surnaturelle)". — Les architectes du Tai miao moderne se sont conformés à ce texte de Ma Touan-lin, et on voit, derrière le Ping-ling tien, un petit bâtiment, tout ouvert sur le devant, qui renferme une statue d'homme et une statue de femme et qui porte le nom de Ling-kan

Dans une cour située au Nord de la précédente, on accède à un bâtiment (plan, /) qui ne porte actuellement aucun nom; c'était autrefois la salle des trois Mao (San mao tien) ^£ ^ ^ où on rendait un culte aux trois frères apelés Mao Ying |jp ~ËL , Mao Kou ^ |gj et Mao Tchong ^ W . Le premier d'entre eux nous est connu par un passage de P'ei Yin, commentateur de Sseu-ma TsHen (trad. fr., t. II, p. 163, n° 3); à propos d'une modification de nom que TsHn Che houang ti fit subir au sacrifice du dernier mois de l'année, P'ei Yin, qui mourut en 425 p.C, rappelle une chanson populaire qui avait cours en 216 av. J.-C. ; On y louait la science magique de Mao Ying dont le bisaïeul était monté au ciel sur un dragon. Ce texte présente d'ailleurs quelque obscurité; aussi certains exégètes ont-ils pensé que c'était le bisaïeul de Mao Ying qui vivait au temps de Ts'in Che houang ti et que, par conséquent, Mao Ying lui-même devait être rapporté à l'époque des Han l).

1) Dans le Yuan fong kin che pa wei jj* BMjL ->&» JJj S*/ JE? , composé

par Tseng Kong >@* ^§* (appellation Tseu-kou -^p [3 ), pendant la période yuan-fong (1078- 1086), la première notice est consacrée à une inscription gravée sous la dynastie des Leang >f£ , en l'année 522, à l'éloge des princes Mao\ cette notice est ainsi conçue: „Inscription des princes Mao 3K jet |jw , Les trois Mao ~^- 3p sont; {Mao) Ying% prince véritable de la sublime

Considérons maintenant les cours latérales de l'Ouest: dans la plus méridionale (plan, u) se trouve un bel acacia (fig. 43) qu'on appelle l'acacia des T'ang (T'ang houai JE* ~$&}\ il correspond aux thuyas des H an {Han po) dans l'emplacement symétrique de l'Est. Au Nord de cette cour est la salle de

origine >§/ ~jC ~JT\ IB. x3 '■> (Mao) A'ott, prince véritable qui fixe les situations officielles m] *Fp JfiSç HC ^3 ] {Mao) Tchong, prince bienheureux

qui protège les destinées Jdtt ^S- ^h iffi ïg • Tous trois vécurent pendant la période tchong-yuan (149—144 av. J.-C), sous le règne de l'empereur Ki?ig t^t de la dynastie Han. Mao Ying parvint au tao parfait en la quatrième année PtCîi-han (97 av. J.-C.); puis, sous le règne de l'empereur Yuan ~jt\ , la cinquième année tel? oit-yuan (44 av. J.-C), il vint dans le Kiang-tso, sur la montagne de k'iii-k'iu yjQ ~j^ tçj\ Ûh ~£? ||j (à 45 H au SE de la souspréfecture actuelle de Kiu-jong /Sl >££ , dans la province de A'iang-sou \ cette montagne est nommée aujourd'hui, à [ cause du souvernir de Mao Ying, la montagne Mao ^jp» \\\ ; elle est comptée dans les livres taoïstes comme la huitième des trente-six merveilles et comme le premier des soixante-douze lieux

bienheureux fâ /\ }|p] ^ fj& ■ jjjg l^fc)- Sous le règne de l'empereur

Kgui J&L, la deuxième année yuan-chcoit (i av. J.-C.), Mao Ying s'en alla en s'élevant sur les nuages. Depuis cette époque jusqu'à la troisième année p^ou-fong (522), des Leang, il s'est écoulé 544 années (le calcul est, comme on le voit, inexact). — Mao Kou, à l'époque de l'empereur Hiao-yuan (48 — 33 av. J.-C),

fut nommé chef de la police 3& A- ^ JJÉ|J. — Mao Tchong, en la quatrième année ti-tsic (66 av. J.-C), sous le règne de l'empereur Siuan ^ , fut nommé gouverneur de la commanderie de Chang £ ©K et wou-heng tafou ^ Ipf -4^ -d^ • Mao Kott et Mao Tchong résignèrent tous deux leurs charges et rentrèrent dans la vie privée pour s'y livrer à l'étude. Sous le règne de l'empereur TcVeng fit* , la troisième année yong-che (14 av. J.-C.), Mao Kou reçut le titre de prince véritable qui fixe les situations officielles rjl Tff3| Ifjf', 3g ; Mao Tchong fut nommé prince bienheureux qui protège les destinées

VB- -g» iljj â' . Sous la dynastie Lcang -ffl\ , la troisième année p'ou-fong

(522), le taoïste Tchang Yi HM jjS| érigea cette stèle et Souen-wcn T'ao Jfêfc ~AT g§ en écrivit le texte.

Fig. 42.

Gravure sur pierre représentant un des thuyas

de l'époque des Han.

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Fig. 43- L'acacia de l'époque des T'ang.

Yen-hi [Yen hi tien $ÏÉ jjjH ^ '). On y vénère le personnage taoïste connu sous le nom de l'Homme véritable Yen-hi. L'origine du culte rendu à ce dernier se trouve dans un passage de Ma Touan-lin 2) où nous apprenons que pendant la période k* ai-yuan (713 — 741), sur la proposition du taoïste Sseu-ma Tcli eng-tclieng ffj ,|| ^ jjjj|, on décida d'élever auprès de chacun des cinq pics, un sanctuaire dédié à un saint homme taoïste ayant habité les grottes de de la montagne ; c'étaient en effet ces saints hommes qui avaient dans leurs attributions l'administration des montagnes et des cours d'eau et qui distribuaient avec régularité le vent et la pluie, le yin et le yang. — C'est alors sans doute que l'Homme véritable Yen-hi fut associé au culte du T^ai chan.

Au Nord de la cour du Yen-Jii tien sont deux autres cours dont la disposition est assez compliquée. La première, dont les bâtiments annexes ont été affectés à une école primaire supérieure, a ses murs tout couverts de pierres gravées qui y sont encastrées; les lettrés y lisent avec délices des poésies composées et parfois même autographiées par des auteurs célèbres de diverses dynasties 3). Le pavillon qui se trouve dans cette cour porte le nom symbolique de Pavillon encerclé de chants (houan yong fing j|| ^

i) En avant de cette salle devaient se trouver autrefois deux inscriptions de 1324 et de 1344 qui étaient rédigées dans le style particulier de la chancellerie impériale à l'époque mongole. Ces stèles existaient encore au temps de Kou Yen-wou (1612 — 1681) qui nous a conservé le texte de l'une d'lles (reproduit et traduit dans le T'oung pao^ [905, p. 40 — 42). Mais Nie We?i^ qui rédigea son T^ai chan tao li ki peu après l'année 1771, déclare que, de son temps déjà, ces inscriptions avaient disparu (D, 14 r°).

2) Wen /iùn fong k'ao, chap. LXXXII, p. 17 r°: le T'ang hou ci yae

(ch. L, p. 19 v°-2 3 r°) appelle Sseu-ma Tch'eng-yuan gl E j^ |j§|

le taoïste qui fit la proposition qu'on va lire et il rapporte son initiative à la neuvième année h"1 ai-yuan (721).

3) Voyez l'énumération de ces compositions littéraires dans A, VII, 23 r°-25 v°.

^). — Par un couloir coudé, on accède plus au Nord à une petite cour dans le mur de laquelle est encastrée et défendue par une grille la réplique de l'inscription de Li Sseu (cf. p. 57, n. i). Le bâtiment qui est dans cette cour est la Salle des livres saints de la collection [ts'ang king t'ang |§& -|^ ^ ) ; on y conserve en effet la collection complète des ouvrages taoïstes imprimés sous le règne de Tao-kouang\ dans la salle où nous étions reçus par un religieux taoïste, j'ai vu exposé sur une table le superbe insigne kouei en jade verdâtre qui fut donné en 1 77 1 par l'empereur K'ien-long au dieu du T'ai chan\ il a environ i mètre de longueur (D, 14 v°).

Je n'ai pas visité les bâtiments qui sont plus au Nord, à savoir le Yu houa tao yuan pj| ^ ^ |5^ et la salle de

Lou Pan ^j| ^ ^ ; je crois d'ailleurs qu'ils sont en ruines et abandonnés.

Pour achever la description du Tai miao j'ajouterai que la porte Nord de l'enceinte se nomme „Porte de ce que contemple le pays de L01C (Lon tchan men ^|| {j|l P^ ), par allusion au passage du Livre des vers (Lou song, ode 4, str. 6) où il est dit: „Le T'ai chan est très élevé; le pays de Lou le contemple." La porte de l'Est est la Porte du yang vert (Ts'ing yang men ^Ç |^r ffî ), c'est-à-dire de l'Orient, principe du soleil et de la végétation; la porte de l'Ouest est la Porte de la clarté épuisée (Sono king ^ JH* P^ )> c'est-à-dire de l'Occident.

Nous parcourrons maintenant les autres monuments qui sont indiqués par notre carte à l'intérieur de la ville de T 'ai-ngan fou :

220. -^ 3|}v HU Tett ang-tclî' ouen kouan „ Temple de Tciïang-tch'ouen" (B, X, 32 r°; C, VII, 22 v°). Ce temple, qui était mis sous le patronage du célèbre moine taoïste IVieoti Tch'ott-ki, dont le nom en religion était Tcttang-

tcliouen, fut construit peu après la mort de ce dernier survenue en 1257; une inscription de l'année 1261 en commémore l'achèvement (texte dans B, XVIII, 8 r°-ior°); cette stèle, qui se dresse solitaire sur son socle en forme de tortue au milieu de terrains vagues et très malodorants, est le seul vestige qui reste actuellement de ce temple.

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