‹ Le T'ai chanChapitre 25 sur 61 · j^ pj Ta yu k?eou ^Entrée de la grande vallée · texte numérisé non relu

j^ pj Ta yu k?eou ^Entrée de la grande vallée

Il nous reste maintenant à visiter l'intérieur même de la ville de T^ai-ngan fou. Cette ville n'existe en réalité que par le culte du T'ai chan\ le quart environ de sa superficie est couvert par le grand temple consacré à la montagne sainte; le reste de la cité est occupé en majeure partie par des édifices publics ou religieux; malgré cela, il reste encore de vastes espaces déserts à l'intérieur des murailles. Seul l'afflux des pèlerinages rend dans les premiers mois de l'année quelque animation à cette bourgade qui n'a d'autre raison d'être que de recevoir les foules attirées par les

pouvoirs surnaturels de la Pi hia yuan kiun. Nous commencerons par étudier le temple principal ou

218. Tai miao ffi Jj§§ , Temple de (la montagne) Tai". Le T'ai chan est ici désigné par le nom de Tai qu'il porte dans le Chou king. Ce temple constitue le temple inférieur (hia miao) du T'ai chan, par opposition au temple supérieur (n° 37). Mais, avant de pénétrer dans l'enceinte quadrangulaire qui enferme ses divers édifices, il importe de considérer le bâtiment qui précède cette enceinte et qui est le

219. ^ j^ Jjj£ Yao ts'an fing „ Pavillon où on salue de loin" (B, X, 1 r°-v°; D, 13 v°). Ce bâtiment était, à l'origine, un pavillon ouvert à travers lequel passaient les visiteurs qui se rendaient au temple; ils s'y prosternaient pour saluer de loin la divinité et c'est de là que ce pavillon prit son nom. Mais, sous les Ming, on installa la statue de la Pi hia yuan kiun dans ce pavillon qui devint une salle fermée et qui se trouva ainsi masquer l'entrée du temple principal. Considérons donc les abords de ce premier édifice après lequel nous pénétrerons dans la véritable enceinte du temple.

Lorsqu'on a parcouru la voie dallée (fig 2) qui, partant de la porte sud de la ville, se dirige droit vers le Nord, on arrive à un bassin quadrangulaire entouré d'une balustrade en pierre (fig. 33) ; une gargouille en forme de tête de dragon émerge dans le haut de l'angle Nord-Ouest du bassin; elle y déverse toutes les eaux qui tombent sur la vaste étendue du Tai miao pendant la saison des grandes pluies; au moment où j'étais à T'ai-ngan fou (17 — 25 Juin 1907), ce réservoir était entièrement à sec ; on voyait au centre un petit pilier de pierre surmonté d'une boule qui doit sans doute servir à mesurer l'étiage des eaux.

Immédiatement au Nord du bassin, un arc de triomphe qui porte les mots yao ts'an fing l) annonce que nous allons

1) Cet arc de triomphe date de la 35e année K'ien-Iong (1770) (D, 13 v°)

arriver au pavillon de ce nom. En effet, après avoir franchi par une porte basse un mur d'enceinte, nous nous trouvons en présence de ce qui fut autrefois le Pavillon où on salue

Fig. 33-

Bassin destiné à recevoir les eaux du Tai miao.

de loin; depuis Tannée 1504, cet édifice est devenu, comme nous l'avons dit, un temple de la Pi hia yuan kiun; la statue de la déesse, toute dorée, est presque invisible dans la niche vitrée qui lui sert d'abri; à l'Est, deux femmes debout, dont l'une est représentée portant un sceau (yin) enveloppé dans une étoffe jaune, tandis que l'autre tient une branche de corail (chan hou chou)\ à l'Ouest, deux autres femmes, dont l'une présente un édit impérial (tche), et la seconde une gourde à double renflement (pao-p'ing). Derrière la niche de la déesse, un disque représente le miroir magique Tchao yao jjjiS ^ ^ dont la clarté fait disparaître les obscurs démons.

Après avoir traversé ce sanctuaire de la Pi hia yuan kiun}

nous trouvons un petit pavillon quadrangulaire qui est appelé le Pavillon des eaux courbes (Idu chouei fing |||] jk a|£) parce qu'il est suivi de deux petits étangs en forme de demi-lune. Continuant à marcher vers le Nord, nous sortons de l'enceinte du temple de la Princesse et nous voyons se dresser devant nous un fort bel arc de triomphe en pierre (fig. 34) qui est l'arc de triomphe du Pic de l'Est (Tong yo

fang Jfc &#)')•

Aussitôt après on rencontre le mur d'enceinte 9) du Tai miao percé de trois entrées ; celle du centre qui a trois ouvertures, est la porte qui fait face droit au Sud (tcheng yang men JE dp P^ ) ; l'entrée de l'Ouest est la porte où

on contemple la grandeur (kien ta men Jjt^ -^ P^ ); l'entrée de l'Est est la porte où on admire la hauteur (yang kao inen fljj "j|Ç p^ ). Cette dernière issue est seule ouverte aux visiteurs; nous la franchissons donc et nous nous trouvons dans la première cour du temple.

Cette cour, comme d'ailleurs celle qui la suit, est toute plantée de beaux cyprès. Très de l'entrée, deux stèles colossales, s'érigent sur des socles en forme de tortue ; celle de l'Ouest; haute d'environ 7 mètres, est datée de l'année 1013; elle commémore l'ordonnance par laquelle l'empereur Tchen tsong, de la dynastie Song, éleva le dieu du T'ai chan du rang de roi à celui d'empereur en le nommant ^Empereur égal au Ciel, bon et saint" (T'ien tsH jen cheng ti)3). La stèle de l'Est, haute d'un peu plus de 6 mètres, est datée de l'année 11 24; elle rappelle la réfection du temple et fait l'éloge du dieu du T'ai chan 4). D'autres stèles peuplent

1) Il fut érigé sous le régne de K'ang-hi (D, 13 v°).

2) Ce mur a 3 H de côté et 30 pieds de haut (D, 13 v°).

3) Voyez le texte de ce monument dans A, VI, 15 vc-2i r°; B, XVI 36 v°-4i v°; C, XI, 22 v°-26 v°.

4) Voyez le texte dans A, VI, 27 r°-30 r°; B, XVII, 32 r°-34 v°; C, VII, 3 v°-5 r°; Kin chc tsouei pien, chap. CXLVIÏ.

Fig. 34-

Tong yo fang

Arc de triomphe devant l'entrée du Tai miao.

encore cette cour; elles sont moins anciennes et moins grandes que les deux précédentes; l'une d'elles, du côté de l'Ouest, présente au revers, une carte du T'ai chan gravée en 1781; mais cette carte est assez grossièrement exécutée et n'offre pas d'intérêt '). A côté d'elle, une stèle porte écrits en gros caractères les trois mots ^ ^| jg „Pic du dragon volant", qui ont été tracés en 1567 par le calligraphe Lieou Houan (A, VII, 14 r°).

Comme on peut le voir sur le plan du temple (fig. 35), la cour où nous nous trouvons en ce moment est occupée par trois bâtiments ; celui du centre est une porte monumentale (/) qui est appelée Porte de celui qui est associé au Ciel (p'ei fien men jljjJJ, ^Ç p^ ); cette périphrase désigne le dieu du T'ai chan qui concourt avec le Ciel à diriger l'univers; cette porte est précédée de deux lions (sonan yi ^H^) de bronze; sous le porche, une statue colossale à visage blanc symbolise le tigre blanc à l'Ouest, tandis qu'une autre statue à visage sombre symbolise le dragon vert à l'Est; les chevaux de ces deux guerriers et les deux garçons [ma fong) qui les tiennent en laisse sont représentés de l'autre côté de la porte.

Le bâtiment de l'Est (h) est la Salle des trois marquis divins (San ling heou tien Hf^^) (A, VI, 6 v° ; C, VII, 29 v°); ces personnages furent anoblis par l'empereur Tchen tsong après que, au moment où celui-ci faisait l'ascension du T'ai chan en l'année 1008, ils lui furent apparus auprès de Nan fien men\ ils passent pour être des censeurs de l'époque des Tcheou nommés T'ang TcJfen, Ko Yong et Tcheou Won mais nous ne les trouvons mentionnés dans aucun texte historique du temps des Tcheou.

Plus mal connu encore est le personnage qu'on vénère dans le bâtiment de l'Ouest (g) appelé salle du T'ai-zuei (T'ai

1) L'inscription qui est à l'avers de cette stèle est l'oeuvre de Tchou Hiao-chouen\ elle est reproduite dans A, VII, 25 v°-27 r°.

wei tien ^ J^f Hg ) ; d'après Tchou Tso qui écrivit un supplément au Ts'ien ting lou, ce t'ai-wei, ou commandant militaire, serait un certain Ton Ts'ong, duc de Pin (A, VI, 6 v°; B, X, 7 v°; D, 14 r°); cependant un ouvrage taoïste lui attribue le nom de famille Tchou (cf. plus haut, p. 41, lignes 12 — 15).

En arrière de ces trois bâtiments, nous arrivons à un mur

Fig. 36.

Pierre du Fou-sang.

qui sépare la première cour de la seconde; il est percé de trois ouvertures, celle du centre (i) étant la porte Jen-nganfc ^.

tO 7;

Fig. 38.

Bassin en fonte (1101 ap. J.-C), dans la seconde cour du Tai miao.

La seconde cour est plus vaste que la précédente. Son mur d'enceinte était autrefois tout garni de chambrettes qui, d'après quelques vestiges de peinture qu'on peut encore discerner, devaient être les soixante-quinze tribunaux des enfers 1). L'intérieur de la cour est planté de beaux thuyas parmi desquels se détache la blancheur des stèles nombreuses. Au centre de la place, une esplanade rectangulaire (fig. 37), entourée d'une élégante barrière est occupée par des pierres aux formes bizarres ; d'autres de ces pierres se trouvent à l'Est et à l'Ouest de la cour 2) ; après avoir traversé l'esplanade, nous arrivons à un escalier de dix marches qui nous amène à une première terrasse sur laquelle est encore une pierre étrangement contournée (fig. 36); on lit sur ce rocher les mots Fou sang che ;Hç 3p| >fo „ Pierre du Fou-sang 3)". Une nouvelle rampe d'escaliers nous élève enfin sur la seconde terrasse au fond de laquelle se dresse la majestueuse façade et la double toiture de la salle de Celui dont l'élévation culmine (Siun ki tien i^£ ^§* jt§ ) 4)> sa^e °lu* est le sanctuaire du dieu; à chacune des deux extrémités de

1) Voyez, dans le chapitre Epigraphie, les inscriptions nos- 7 et 8.

2) Une de ces pierres porte une inscription attestant qu'elle a été donnée au temple sous la dynastie Kin, en l'année 12095 mais la plupart des autres paraissent avoir été apportées à l'époque des Ming (Â, VI, 33 v°).

3) Dans cette dénomination, le mot Fou-sang doit désigner l'Orient; la pierre du Fou-sang, c'est la pierre de l'Orient. — Sur la fig. 36, mon compagnon de voyage, M. Alexéief, se tient debout à côté de la pierre. — Dans l'ouvrage du p. Tschepe, la fig. 3 est intitulée par erreur „Temple de la Pi hia yuan kiun" ; elle représente, en réalité, au premier plan, la pierre du Fou-sang considérée sous la face opposée à celle que j'ai photographiée moimême; à Tarrière-plan, on aperçoit la façade du Siun ki tien, c'est-à-dire de la salle principale où trône le dieu du T^ai-chan.

4) jfofe ^j|â est l'abréviation de |^ igg ^p ^ „celui dont l'élévation

culmine jusqu'au ciel"; nous trouvons déjà dans une inscription de l'année 1262 (A, VII, 1 r°-v°), cette expression complète qui traduit la même idée

que l'épithète ^Ç 7§& „ Celui qui égale le ciel" (cf. p. 6, n. 4).

la terrasse est un petit pavillon (fig. 39) qui abrite des poésies, gravées sur pierre, de l'empereur K'ien-long.

ïyjfc:-

JSBÈÊÊ.

Fig. 39- Pavillon à l'angle oriental de la façade du Siun Ici tien.

Avant d'entrer dans le sanctuaire, redescendons de la terrasse pour considérer les deux bas-côtés de la cour dont nous venons de traverser le centre. Tout d'abord, au pied même de l'escalier conduisant à la terrasse, nous voyons de chaque côté deux superbes bassins circulaires [fong ^ ) en fonte de fer; la fig. 38 reproduit celui de l'Ouest; l'inscription ')

;) Le texte de cette inscription se trouve dans A, VI, 25 r°-vc

qui est gravée sur leur panse nous apprend qu'ils furent fabriqués "sous les Song, en l'année iioi, et nous donne la

Fig. 40.

Pilier de l'espèce dite che tch'ouang à l'Ouest de la seconde cour du Tai miao.

liste des gens qui contribuèrent de leurs deniers à cette bonne oeuvre. — Non loin du J bassin circulaire de l'Est se trouve un grand bassin quadrangulaire monté sur quatre pieds1); il est daté de la ire année wan-li (1573) et dédié au saint temple de la Pi hia yuan kiun du T^ai chan Pic de l'Est

) Voyez le livre du p. Tschepe, fig. 8.

[tong yo fai chan pi hia yuan kiun cheng fou W ^ ;âfë |Jj

Du côté Ouest de la cour, nous relevons les inscriptions suivantes, en allant du Sud au Nord :

Stèle de la 13e année hong-tche (1500); — un che-tcli ouang 5 ^Él' c'est-à-dire un de ces piliers sur lesquels les bouddhistes inscrivent des textes sacrés *) (cf. fig. 40) 2) ; l'inscription est entièremeut effacée, mais les ornements en forme de feuilles de lotus se laissent encore apercevoir sur la base ; — stèle de la 44e année kia-tsing (1 565) 3) ; — stèle portant à l'avers (face Ouest) une inscription de la 2e année ta-tchongsiang-fou (1009) 4), et, au revers (face Est), une inscription de la 5e année fien-chouen (1461)5); — stèle de la ne année hong-tche (1498); — plus à l'intérieur de la cour on trouve une grande stèle de la 10e année hong-wou (1377)°), — derrière laquelle est une stèle de la 17- année ICang-hi (1678) T); — enfin, dans un kiosque spécial, une grande stèle de la 3e année hong-wou (1370)*).

1) Cf. p. 110, lignes 29 et suiv.

2) Voyez aussi la fig. 7 du livre du p. Tschepe. Le p. Tschepe est assurément dans Terreur quand il soutient que ce monument doit être de l'époque de TsHn Chc-houang-ti\ cf. A, VI, 6 r°, où la désignation de chc tclCouang appliquée avec raison à ce monument prouve qu'il est d'origine bouddhique.

3) Traduite dans le chapitre Prier es.

4) Texte dans A, VI, 11 v°-i5 v° : B, XVI, 32 rc-36 v°; Kirt chc t sou ci pien, chap. CXXVII. — Cette inscription porte le titre ^Inscription de la salle du don céleste" ^Ç 00 Br» ^&- H semble donc bien que la salle du don céleste (ainsi nommée à cause de l'écrit céleste qui était apparu au pied du T'ai chan en l'année 1008) occupait l'emplacement où se trouve aujourd'hui le Tai miao de T'ai-ngan /ou.

5) Texte dans A, VII, 8 vc-i2 r°.

6) On en trouvera le fac-similé et la traduction dans le chapitre Prières. Cf. A, VII, 8 r°-v°.

7) Cf. A, VII, 19 r°, mais le texte n'est pas donné.

8) On en trouvera le fac-similé et la traduction dans le chapitre Epigraphic (inscription n° 10).

Devant l'esplanade qui porte les pierres au formes étranges, on voit deux stèles qui sont toutes deux datées de la 27e année KHen-long (1762) 1).

Du côté Est de la cour, en allant du Sud au Nord, nous trouvons :

Une petite inscription de la 28e année K'ang-hi (1679) 2), — puis, sur un terre-plein surélevé, sept stèles dont la première, non datée, porte une poésie de Lieou Yuan-yuan 3) ; les six autres portent respectivement les dates suivantes: 15e année hong-tche (1502); — 22e année ta-ting (1 182 ; cette stèle, de l'époque des Km, a près de 4 mètres de haut) 4) ; — 9e année tciïeng-houa (1473); — 5e année tcheng-t'o (15 10; cette inscription est en petits caractères tchouan) 5) ; — 40e année kia-tsing (1531)°); — 6e année long-k'ing (1572). — Plus à l'intérieur, deux inscriptions de la 20e et de la 24e années KHen-long (1755 et 1759) 7) ; — une inscription de la 15e année K'ang-hi (1676) 8); — sous un kiosque, une inscription colossale de la 35e année K'ien-long (1780), en Chinois et en Mandchou9); enfin deux inscriptions de la 30e et de la 24e années K'ang-hi (1691 et 1685) ,0).

Après avoir parcouru ainsi toute la cour, nous revenons sur la terrasse d'où nous avons accès dans la grande salle

i) Elles sont traduites toutes deux dans le chapitre Prières.

2) Texte dans A, VII, 19 r°-2i r°.

3) Cf. A, VII, 16 r°, mais le texte n'est pas donné, ce qui est fâcheux, l'inscription étant en cursive.

4) lexte dans A, VI, 30 r°-33 r°; B, XVII, 61 v°-Ô4 r°; Km che tsouei pien^ chap. CLVI, p. 1 et suiv.

5) Voyez le fac-similé et la traduction dans le chapitre Prières.

6) Traduite dans le chapitre Prier es.

7) Texte dans C, I, B, 23 r°-v° et 24 v°.

8) Texte dans C, I, b, 4 v°. Traduit dans le chapitre Epigraphie.

9) Texte chinois dans C, I, a, 13 v°. Traduit dans le chapitre Prières. 10) Les estampages de toutes les inscriptions qui viennent d'être énumérées

ont été déposés par moi au Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale.

de Celui dont l'élévation culmine (siun ki tien) l) ; c'est un fort beau bâtiment à neuf travées; sa double toiture (fig. 39) est faite en tuiles jaunes; sa façade, percée de cinq portes, est toute garnie d'un treillis en bois peint en rouge; après avoir pénétré à l'intérieur de la salle, nous nous trouvons en présence du dieu du T'ai chan trônant dans une niche, vêtu d'une ample robe jaune et tenant en main la tablette oblongue qui est l'insigne de son autorité; il a tout l'air d'un empereur. Devant lui sont disposés cinq ustensiles sacriflcatoires portant les images conventionnelles des cinq pics. Il est gardé par quatre personnages debout, deux à l'Est et deux à l'Ouest. La salle ne renferme rien d'autre, malgré ses vastes dimensions. Sur les parois se déroule une longue fresque en partie endommagée, qui représente le voyage de l'empereur depuis son palais jusqu'au T'ai chan; sur le mur Ouest, on voit partir le souverain dans sa chaise jaune posée sur un char à quatre roues; le cortège se déroule sur le mur sud et aboutit au T'ai chan sur le mur Est.

Si nous sortons du siun ki tien par la porte de derrière et si nous traversons une petite cour plantée de grands pruniers, nous arrivons au temple de la chambre à coucher (ts'in kong |M §* ) ; c'est le bâtiment consacré à la femme du dieu du T'ai chan\ on y voit la statue du dieu et celle de son épouse; sur les murs, des peintures représentent les autres femmes qui peuplent ce gynécée.

Le commentaire du Heou Han chou (chap. XVII, p. 3 r°) cite un passage du Fong sou fong de Ying Tchao d'après lequel, lors des sacrifices offerts au T'ai chan, le gouverneur de la province officie en personne, puis, la cérémonie terminée, „il prend trente des tranches de viande qui ont été présentées devant le siège de la femme du prince du T'ai chan ^ jjj ^

1) Cf. p. 134, n. 4.

■^ ^ ^ "^ ; le gouverneur fait un rapport et les souspréfets transmettent le tout par relais successifs à Lo-yang (capitale des Han orientaux)". Ce texte prouverait donc que, dès le second siècle de notre ère, époque où écrivait Ying TchaOj la femme du T'ai chan était associée au culte qu'on rendait à son époux; cependant, si nous nous reportons à ce même texte du Fong sou t'ong (chap. X, p. i v°), tel qu'il est imprimé dans le Han wei ts'ong chou, nous remarquons qu'il comporte une rédaction fort différente et que, notamment, la mention de la femme du T^ai chan en est absente. Tout ce que nous pouvons dire, c'est donc ceci: la citation faite par le commentaire du Heou Han chou prouve seulement que la femme du T'ai chan était connue comme une divinité au moins dès l'époque où fut publié ce commentaire qui parut en l'an 676. — La femme du T'ai chan porte le nom de Impératrice parfaite et intelligente (chou ming heou yft tjH E=jf), titre qui lui a été conféré le onzième mois de la quatrième année ta-tchong siang-fou (ion), à la suite de la promotion qui éleva le dieu du T'ai chan de la dignité de roi à celle d'empereur (A, VI, 5 r°).

Les deux petits bâtiments situés à l'Est et à l'Ouest du ts'in kong renferment chacun la statue dorée d'une déesse ayant à ses côtés deux assistants.

Nous avons visité maintenant toute la partie centrale du temple; il nous reste à parcourir les cours latérales. Nous commencerons par l'Est, et, nous entrerons dans laplus méridionale des cours orientales (plan, r). Nous y voyons (fig. 41) quelques thuyas à moitié morts de vétusté ; ils passent pour dater de l'époque des Han et les poètes n'ont pas manqué de célébrer à l'envi ces vénérables témoins du passé *). Au

1) La fig. 42 est l'image de l'arbre qui est au Nord-Ouest de la cour ; cette stèle fut gravée en 1762 par ordre de KHen-long\ la poésie et la notice placées en haut et à droite de la gravure sont l'oeuvre de cet empereur; on en trouvera le texte dans C, I, a, p. 31 v°.

Nord de cette cour, un petit bâtiment (plan, s) est le temple (du duc) de Ping-ling [Ping ling kong tyjfa ||| *£? ). Le duc de Ping-ling y est représenté entouré des dix-huit dieux urbains (che pa tcli eng houang) des diverses sous-préfectures dépendant

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