‹ Le T'ai chanChapitre 6 sur 61 · S Sg* Wei p'ing fong „Pic formant écran · texte numérisé non relu

S Sg* Wei p'ing fong „Pic formant écran

13. J^ W^ S J^z/ &?### fong „ Sommet d'où on voit le pays de Wou". — D'après une tradition que rapporte Wang Tch'ong (27—97 p.C.) dans la section chou hiu (chap. IV) de son Louen heng, Confucius était monté, avec Yen Yuan, sur le T'ai chan; regardant du haut de la montagne vers le Sud-Est, Confucius aperçut un cheval blanc attaché à la porte Tch'ang de la capitale du pays de Wou; il appela auprès de lui Yen Yuan, et, lui indiquant ce qu'il voulait lui montrer, il lui demanda: „ Voyez-vous la porte Tciïang de la capitale du pays de Wou?" „Je la vois," répondit Yen Yuan. Confucius reprit: „Qu'y a-t-il en dehors de la porte?" L'autre répondit: „I1 y a quelque chose qui semble être un morceau de soie attaché." Confucius toucha ses yeux et le fit voir d'une manière correcte. Mais, quand tous deux redescendirent, les cheveux de Yen Yuan étaient devenus blancs, ses dents étaient tombées et il mourut prématurément du trop grand effort qu'il s'était imposé. — Wang Tch'ong se gausse de cette anecdote et démontre surabondamment qu'il est absurde de prétendre voir du sommet du T'ai chan la capitale du pays de Wou qui était l'actuel Sou-tcheou fou, dans la province de Kiang-sou. Le rationnalisme moderne a essayé de répondre à ces objections en supposant qu'il y avait eu une erreur dans la manière dont on avait compris une tradition véridique; parvenu au sommet du T'ai chan, Confucius aurait vu la porte Hou ^ P^ qui était la porte orientale de la capitale du pays de Lou; comme les sons des caractères ^ hou et JJ^ wou se ressemblent, c'est le nom de cette porte de la capitale de Lou dont on aurait fait ensuite la porte de la capitale de Wou en écrivant ^ pEJ au lieu de ^ f\ (A, X, 8 r°).

Mais cette explication n'est guère satisfaisante, car, si la ville de K'iu-feou hien qui occupe actuellement l'emplacement de la capitale du pays de Lou, n'est distante que d'une forte journée de marche du T'ai chan, il n'en est pas moins vrai cependant que la montagne et la ville sont absolument invisibles l'une pour l'autre. Il ne reste donc qu'à accepter la tradition pour ce qu'elle est, c'est-à-dire pour une simple légende; il est vraisemblable que c'est cette dénomination de Wou kouan fong qui a donné naissance plus tard aux dénominations analogues de Ts'in kottan fong (n°. 6) et de Tcheou kouan fong (no. 10).

!4- $L Ht % Hou t'eou fong „Pic de la tête du tigre."

!5- TE ïia S Lao y a fong „Pic des corbeaux."

l^' 5^ \, jk Tchang jen fong. „ Sommet du beau-père".— A l'époque des T'ang, l'expression ~zj£ J^ tchang j'en désignait le père de la femme de quelqu'un; peut-être le T'ai chan était-il connu sous cette épithète parceque les autres montagnes de l'empire pouvaient être considérées comme ses gendres. Quoi qu'il en soit, le fait que le nom de Tchang j en était appliqué au T'ai chan a. été cause que le nom de T'ai chan lui même a pu servir à désigner un beau-père. Nous en avons la preuve dans une curieuse anecdote que rapporte le Yeou yang tsa tsou (chap. XII, dernière page) publié vers la fin du huitième siècle par Touan Tch'eng-che : lorsque l'empereur Hiuan tsong célébra, en l'année 725, les cérémonies fong et chan, Tchang Yue SU jf& avait ^e titre de commissaire délégué à ces sacrifices ; son gendre Tcheng Yi J||$ ^ était alors un petit fonctionnaire du neuvième degré ; après que les cérémonies fong et chan eurent été accomplies, il se trouva, sur la recommandation de Tchang Yue, promu au cinquième degré; il arriva que l'empereur s'aperçut de cette brusque élévation de grade

et en demanda la raison: „C'est, lui répondit-on, un effet de la puissance du T'ai chan." Ce mot à double entente pouvait signifier, soit que Tcheng Yi avait été promu à la suite des cérémonies fong et chan accomplies sur le T'ai chan, soit qu'il devait son heureuse chance à l'influence de son beau-père, puisque le terme T'ai chan pouvait désigner un beau-père. L'auteur du Tai lan (X, 24 r°— v°) fait cependant remarquer que l'expression tchang j'en s'applique non seulement à un beau-père, mais encore à tous ceux qu'on veut honorer; le pic tchang j'en serait donc simplement le pic qui, par sa hauteur, est particulièrement honorable.

17. ^ Jj& â& T'ien tchon fong. „ Sommet colonne du Ciel". Ce terme désigne le sommet le plus élevé du T'ai chan\ là se trouve un temple consacré à la divinité taoïste appelée l'Empereur de jade; aussi donne-t-on encore à ce sommet le nom de:

18. 3Ê jfï Tjf Yu houang ting. „ Sommet de souverain de jade". Ce nom est inscrit à l'entrée du temple (A, VIII, 2 v°— 4 r°; B, X, 21 v°; C, VII, 34 r°) dont nous allons maintenant donner la description :

Après avoir franchi la porte sur laquelle se lisent les mots $j(jj ^ ^g j|| Jj5 „ (Temple du) sommet du souverain de jade, réparé par ordre impérial" nous nous trouvons dans une cour dont le centre est occupé par une barrière octogonale en pierre (fig. 13); la barrière a 84 centimètres et les huit colonnes d'angle ont 1 mètre 28 centimètres de hauteur; le diamètre intérieur de l'octogone mesure 5 mètres 80 centimètres. Cette barrière sert à encadrer les roches blanches qu'on voit émerger sur la fig. 131); elle indique l'endroit où est le point le plus élevé du T'ai chan.

Le petit sanctuaire dont la porte s'ouvre derrière la

1) Voyez aussi la fig. 30 dans l'ouvrage du P. Tschepe.

barrière octogonale est la salle du souverain de jade; les tuiles qui le recouvrent sont en fer afin de pouvoir résister aux vents violents qui soufflent au sommet de la montagne.

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Les roches formant le sommet du T'ai chan dans] la cour du temple Yu houang !ing.

A l'intérieur de la salle, le dieu tout doré est assis dans une niche rouge sur un fauteuil de même couleur (fig. 14); il tient en main l'insigne de dignité appelé kouei ^ ; il porte une moustache retombante, une barbiche et de longs filaments de favoris noirs. Il est coiffé du chapeau mien J§, , sorte de planchette rectangulaire de laquelle pendent par devant et par derrière 13 fils rouges sur lesquels sont enfilés des boules vertes, rouges et bleues; cette frange descend par devant jusqu'aux yeux du personnage. Devant la statue est une tablette portant les mots : 3J J| J£ % ^ % M „image du grand dieu souverain de jade, Empereur d'en haut."

Fig. 14.

Statue du souverain de jade à l'intérieur du temple Yu houang ting.

Fig- 15.

Deux divinités placées à l'Est du souverain de jade dans

le temple Yu houang ting.

Fig. 16.

Deux divinités placées à l'Ouest du souverain de jade dans le temple Yu houang ting.

De chaque côté de la salle sont placées deux divinités ; toutes quatre portent en main l'insigne kouei, mais il est de couleur verte, tandis que l'insigne du souverain de jade était doré. Du côté de l'Est (fig. 15), le personnage barbu porte une robe verte et le personnage imberbe une robe rouge; du côté de l'ouest (fig. 16), le vieillard à barbe blanche est vêtu de brun, tandis que son acolyte a une robe bleue. Ces statues toutes modernes sont totalement dénuées de valeur artistique ; il serait cependant intéressant de savoir ce qu'elles représentent; mais c'est un point que je ne suis pas parvenu à tirer au clair.

Sur le mur formant le fond de la salle, on a peint, à l'Est, les cinq vieillards regardant le diagramme mystique du t'ai ki\ à l'Ouest, les huit immortels.

Si on ressort du sanctuaire, on remarque du côté Ouest de la façade une inscription rappelant que c'était en ce lieu que s'élevait autrefois la terrasse où on faisait le sacrifice fong au sommet de la montagne ~if ^ jjljj* ||| . D'autre part, à l'Est de la façade, on aperçoit une ouverture surmontée des mots ^ |§| J|p[ „trésor où on cache les objets précieux." Cette expression est la désignation populaire de l'endroit où on cachait, après la cérémonie religieuse, les fiches de jade attachées avec un lien d'or sur lesquelles on écrivait la prière adressée à la divinité. Un auteur de l'époque des Ming nommé KHao Yu l) dit que, pendant la période tcïïeng-houa (1465 — 1487), on trouva dans le temple du Souverain de jade une boîte de pierre contenant seize fiches de jade sur lesquelles était inscrite une prière adressée en l'année 1008 par l'empereur Tchen tsong lorsqu'il sacrifia

1) JCiao Yu écrivait vers 1510; voyez le texte de la relation de sa visite au T'ai chan dans la section Chan tch'ouan tien (chap. XVI, p. 12 v°- 13 r°) du T"ou chou tsi tcJCeng. Dans le chapitre quatrième, on trouvera une prière impériale que K'iao Yu fut chargé de présenter au T'ai chan en l'année 15 10.

au T'ai chan et à la Souveraine terre (A, VIII, 15 v°). C'est sans doute ce témoignage qui explique qu'on ait localisé dans l'enceinte du temple du Souverain de jade l'endroit où s'élevait en 1008 la terrasse du sacrifice fong et l'endroit où on cacha une des prières écrites sur fiches

Fig. 17.

Le stèle sans inscription au pied du temple

Yu huang ting.

de jade. Mais, de l'avis des érudits chinois les plus autorisés, il y a là une erreur de fait; les fiches qu'on découvrit pendant la période tch'eng-houa, et plus exactement en l'année 1482, furent trouvées auprès du sommet je kouan

fong (no 23) et c'est en ce dernier lieu qu'il faut chercher l'emplacement du sacrifice fong à l'époque des T'ang et à celle des Song (A, VIII, 15 v°).

19. fi£ ^ ÇÈ W<?# tseu pei „la stèle sans inscription." — Au-dessous du mur de soutènement qui supporte la terrasse par laquelle on accède au temple du Souverain de jade, se dresse un fût de pierre quadrangulaire d'une hauteur de 4 mètres 85 sans le chapiteau dont il est surmonté (fig. 17); ce bloc mesure 1 mètre 25 de largeur à la base et 1 mètre 10 au sommet, 90 centimètres d'épaisseur à la base et 85 centimètres au sommet. La tradition veut que ce monument soit la stèle qui fut érigée en l'année 219 av. J.-C. par T'sin Che houang ti\ l'inscription, dont le texte nous a été conservé par l'historien Sseu-ma Ts'ien (trad. fr. t. II, p. 140 — 142), aurait été complètement effacée par les intempéries auxquelles elle se trouva exposée pendant plus de deux mille ans. — L'auteur du Tai lan (A, VIII, 5 r°-6 v°) a bien montré que cette opinion devait être rejetée: en premier lieu, le monolithe qui se trouve près du temple du Souverain de jade ne peut être identifié avec la stèle de T'sin Che houang ti qui était auprès de l'étang de la femme de jade, c'est-à-dire à l'endroit où s'élève maintenant le Pi hia kong (n°. 35); en second lieu, ce monolithe paraît n'avoir jamais reçu aucune inscription car ses surfaces parfaitement lisses ne présentent pas le moindre vestige d'écriture; enfin on a conservé des estampages fragmentaires de la stèle de Ts'in Che houang ti1) et leurs dimen-

1) Ces estampages sont au nombre de trois: le plus ancien date du douzième siècle de notre ère; il a été reproduit dans le Kin che souo et, d'après ce dernier ouvrage, dans le tome II de ma traduction de Sseu-ma Ts'ien (P- 554 — 557)5 Ie second estampage, qui ne présente que 29 caractères, représente l'état de l'inscription à l'époque des Ming; il a servi à graver en 1825 une réplique sur pierre qui se trouve aujourd'hui maçonnée dans le mur et protégée derrière une grille en fer à l'entrée de la petite cour don-

sions ne s'accordent point avec celles du monolithe devant le temple du Souverain de jade. L'auteur du Tai /an conclut que ce dernier monument doit être en réalité la pierre que l'empereur Wou de la dynastie H an fit transporter en l'année no av. J.-C. au sommet du T'ai chan quand il s'apprêtait à célébrer le sacrifice fongl)\ Ssen-ma Ts'ien nous apprend en effet que cette pierre fut dressée sur la montagne et, comme il ne dit point qu'on y ait rien gravé, nous sommes en droit d'admettre qu'elle resta vierge de toute inscription et qu'elle n'est autre que le bloc majestueux dont la masse à défié l'assaut de vingt siècles.

A côté du monolithe que nous appellerons dorénavant la pierre de l'empereur Wou, on remarque, à l'Est, une stèle (fig. 17) sur laquelle a été gravée en 161 7 une poésie d'ailleurs assez insignifiante de Tchang TsHuan BÊ & ; on en trouvera le texte dans le Tai lan (VIII, 8 v°).

19 dis2). 3É| |Ë£ ^£ Yang y un fing „ Pavillon des nuées qui

se forment." Ce nom est tiré de l'inscription )fêf. £} 3È| |È

placée à l'entrée de ce petit bâtiment: ces quatre mots signifient: „Le soleil qui s'y plonge, les nuées qui s'y nourrisent"; ils décrivent ainsi le spectacle magnifique qu'on a de là lorsqu'on contemple à l'Orient la profonde vallée d'où émerge le soleil et d'où s'élèvent les nuées. On appelle aussi ce bâtiment $} ~fj^ îï|& ying siu fing „ Pavillon qui va au-devant du soleil levant" (A, VIII, 4 v°; D, 20 r°).

nant accès au Loti Pan tien *« E££ ë& , à l'ouest du Tai miao -fjç J|pï

de T'ai-ngàri fou (voyez plus loin, n° 218, y); enfin le troisième estampage qui ne porte plus que 10 caractères, passe pour reproduire les deux fragments authentiques de la stèle de TV in Che /wuang ti qui auraient été conservés jusqu'à nos jours dans un temple taoïste de T'ai-ngan fou. J'ai vu la réplique du Lou Pah ticn^ lorsque j'ai visité le Tai miao^ mais je n'ai pu découvrir où se trouvaient les deux fragments réputés authentiques.

1) Sseu-maTs'ien^ trad» fr., t. III, p. 499.

2) Ce numéro est omis sur la carte; il correspond au petit bâtiment qui est à l'Est du Yu hoiiattg ting^ exactement sous le n° 18.

20. jj?£ j^ ^£ K'ien k'ouen fing „ Pavillon du Ciel et de la Terre." — En ce lieu s'élevait, au temps des Ming, le temple K la-sien $£ f [Ij tïf (A, VIII, 1 2 r°). Lorsque, en 1684, l'empereur K'ang-hi fit l'ascension du T'ai chan, il donna à ce temple un écriteau avec les mots: „I1 illumine partout le Ciel et la Terre" ^ Jjjî ijÊ£ jfy ; on construisit alors un pavillon qui prit le nom de Pavillon du Ciel et de la Terre. Aujourd'hui, le temple et le pavillon ont entièrement disparu; il ne reste plus que le mur d'enceinte dont les portes de pierre à l'ouest et au sud se profilent sur le ciel (fig. 18 à Parrière-plan) ; au milieu de l'aire carrée qui est au centre, on voit se dresser une stèle sur laquelle ont été gravées des poésies composées par l'empereur K'ien-long en 1757 et 1762 (voyez la fig. 32 dans l'ouvrage du P. Tschepe).

Derrière cette enceinte en ruines, une stèle gravée en 1837 par Yen Ki-tsou jfë ||| fljf[ porte les mots: ^Endroit d'où

K'ong tseu trouva le monde petit" Ifa Ar /J> 55 ~F iS ;

on lit en effet dans Mencius (VII, à, 24); „ Quand Confucius monta sur le T'ai chan} il trouva le monde petit. De même, celui qui a contemplé la mer a de la peine à compter pour quelque chose les autres eaux; celui qui a fréquenté chez le sage a de la peine à compter pour quelque chose les paroles des autres."

21 - *KI $t ^S ^'an hai cné »la roche qui cherche à voir la mer." C'est le nom d'une roche qui semble un homme tenant en main la tablette hou ^f et saluant du côté où doit se trouver la mer (A, VIII, 16 r°)."

22. m S ;i=£ Kouan fong fing „ Pavillon d'où on voit le pic". — Ce nom signifierait que, de ce pavillon, on peut contempler le pic appelé je kouan fong (n° . 23); mais, comme un pavillon ainsi nommé n'est mentionné dans aucun des ouvrages que j'ai consultés sur le T'ai chan, je me demande

s'il ne faut pas lire HJJ ^ i^ „ pavillon d'où on voit la mer"; ce pavillon, aujourd'hui détruit, avait été élevé sur le je kouan fong pendant la période kia-tsing (i 522-1 566) (A, VIII. î6 r°).

23. £J IpJ H Je kouan fong „Sommet d'où on contemple le soleil." C'est le sommet du haut duquel la vue, plongeant dans la vallée qui s'ouvre sur le flanc du T'ai chan du côté du Nord Est, voit le plus magnifiquement le spectacle du lever du soleil. — Ce sommet, qui est à peine moins élevé que le sommet du Souverain de jade, est celui qui était désigné dès l'époque des Han sous le nom de „Tertre élevé" ^ £ *). C'est là que, en 1008, l'empereur Tchen tsong célébra la cérémonie fong comme le prouve la découverte qui fut faite dans ce lieu, en l'année 1747, de deux boîtes de jade dont l'une contenait 17 fiches de jade; les caractères

inscrits sur ces fiches, à raison d'une ligne d'écriture par fiche, étaient une des prières adressées à la divinité en l'année 1008. Déjà, en 1482, on avait trouvé au même endroit des fiches de jade de l'année 1008, mais l'empereur avait ordonné de les enfouir à nouveau (A, VIII, 14 v° 16 v°).

24. j|f ^Ç p^ Tong fien men „ Porte céleste de l'Est". — Cf. n°. 4 et n°. 8.

25. JÉf jjjljj ^B [Jj Tong chen siao chan „Pic oriental des vapeurs célestes." Cf. no. 2.

26. ^ ^J ;JfJ Heou che zuou „La muraille de pierre postérieure". — C'est par un artifice de perspective que cette localité est marquée sur notre carte, car elle se trouve en réalité de l'autre côté de la montagne, sur le versant

1) Cette expression a été pour la première fois appliquée au T^ai chan par Sscu-ma Siang-jou (cf. Sseu-tna TsHen, chap. CXVII, p. 17 v°).

nord; on l'aperçoit dans le lointain, du sommet du je konan fong (n° 23); les bâtiments qui s'y trouvent dans un site fort pittoresque, au milieu de beaux arbres, sont un temple de la Princesse, déesse du T'ai chan jj^ ^ JèB ; dans un

pavillon de ce temple, le pavillon Wei jan ^ ^ ^ , on montre la tombe de la déese, ce qui est peu conforme avec la tradition d'après laquelle la Princesse des nuages colorés ne serait pas morte, mais aurait atteint en ce lieu à la transformation parfaite de son essence ^É. |J jq jSf jjiïê jjj £ fijr , c'est-à-dire serait devenue une immortelle. (A, XVII, p. 4 r°-io r°).

27- §^ jfp IË Ngai chen y ai „ Escarpement où on tient à la vie" (A, VIII, 25 v°; D, 22 r°). — Les roches abruptes qui terminent du côté de l'Est le plateau du T'ai chan étaient devenues autrefois un lieu de suicide très fréquenté ; c'est là que, poussés par cette mystérieuse force de suggestion qui attire les désespérés dans l'endroit même où d'autres avant eux se sont donné la mort, accouraient tous les malheureux pour mettre fin à leurs jours en se précipitant dans le gouffre; aussi la falaise maudite avait-elle pris le nom de ch'o chen y ai <& & j[H „ escarpement où on abandonne la vie." A l'époque des ming, le gouverneur Ho K'i-ming voulut arrêter cette contagion de suicide et construisit un mur pour empêcher l'accès du sommet fatal ; celui-ci fut dès lors nommé „l'escarpement où on tient à la vie"; en 17 17, ce mur fut restauré par le préfet Tchang ICi-fong) il existe encore aujourd'hui; sur sa face extérieure, on a encastré quatre grosses pierres portant la sage recommandation ^ jk ^ Jfp „H est interdit de se suicider"; on ne dit pas cependant de quelle peine seront passibles ceux qui enfreindront la défense ; une inscription de l'année 1900, renouvelant les recommandations propres à rendre aux désespérés le courage de vivre, prouve d'ailleurs que,

jusqu'à nos jours, les suicides ont continué à se produire du haut de la roche qui exerce une si funeste attirance.

2^^f[l| \ ^ Sien jen k'iao „le Pont des immortels". — Ce nom est donné à trois roches qui forment un périlleux trait d'union entre deux parois abruptes distantes l'une de l'autre de plus de dix pieds.

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