‹ Le tabac et l'absintheChapitre 45 sur 50 · ARTICLE VI · texte numérisé non relu

ARTICLE VI

TRAITEMENT DE l’aLCOOLISME.

Quelque graves que soient les accidents de l’alcoolisme chronique, la forme paralytique qu’ils affectent n’est pas d’un pronostic aussi nécessairement fatal que la paralysie psychique. Elle peut, au contraire, se prêter à des moyens de traitement plus ou moins efficaces; et ce qui le prouvera d’une manière positive , c’est le dernier rapport officiel de M. le ministre de l’intérieur, où l’on peut compter plus d’un tiers de guérisons sur le chiffre total des aliénés paralytiques, pour cause d’alcoolisme et même d’absinthisme.

Beaucoup de moyens ont pu, en effet, être employés avec des résultats plus ou moins heureux contre la paralysie alcoolique et contre toutes les formes d’alcoolisme chronique ; l’opium, le camphre, les ferrugineux, l’oxyde de zinc, la digitale, le chloral plus récemment, même l’alcool, et, comme toujours, avec des apparences de succès. M. Guipon

TRAITEMENT DE l’aLCOOLISME

(de Laon) dit aussi avoir obtenu les résultats les plus satisfaisants des préparations de quinquina, notamment contre le delirium tremens il faut

bien reconnaître que, dans l’espèce, le traitement moral doit dominer tous les traitements pharmaceutiques et autres.

Comme prophylaxie, il est inutile de dire que la sobriété les résume tous ; la sobriété, qui n’est pas l’abstinence, mais la mesuresagement appliquée aux conditions d’âge, de sexe, de constitution, de climat, et qui, il faut bien le dire, se règle bien plus encore par l’exemple que par les conseils ; par conséquent l’exemple comme principe d’éducation physique et morale, l’exemple dans l’enfance, l’exemple dans la famille, l’exemple dans toutes les régions sociales ; voilà la vraie prophylaxie de l’alcoolisme; et c’est là surtout que l’administration ou même la législation peuvent intervenir avec efficacité, au nom de l’hygiène et de la morale publique.

Comme traitement curatif, c’est encore à la médecine morale qu’il faudrait s’adresser avec le plus de confiance, comme à la plus efficace de toutes les ressources thérapeutiques; mais déjà l’exemple ne

l’alcool

suffit plus. Ce serait le tour de la volonté, si elle pouvait encore s’exercer contre une habitude devenue presque nécessairement réfractaire à toutes les puissances humaines. Peu d’hommes, en effet, savent vouloir et mettre en pratique cette grande maxime de l’école stoïcienne : Vouloir, c’est pouvoir, et ce n’est guère de l’ivrogne qu’il faudrait l’attendre; il faut avoir voulu fonder une monarchie et constituer une nation pour pouvoir dire avec un Frédéric :

« La volonté peut tout ; ne vouloir qu’à demi,

« C’est rester impuissant et toujours endormi. »

renseignements administratifs

Pour plus ample édification du chapitre du tabac, nous avions adressé à l’administration plusieurs questions en vue de nous éclairer sur le côté économique du sujet, et voici les réponses que nous devons à son obligeance sur chacune d’elles :

1° Si de nouvelles espèces de tabac ont été introduites dans sa culture et sa fabrication, depuis i865,

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