‹ Le tabac et l'absintheChapitre 6 sur 50 · CORRÉLATION DES MALADIES MENTALES · texte numérisé non relu

CORRÉLATION DES MALADIES MENTALES

la foudre tout en fumant, et en apparence de santé parfaite.

Ils y verraient aussi un chiffre sensiblement progressif de maladies cancéreuses des lèvres et de la langue, de l’estomac, de tous les organes digestifs, des cas plus nombreux à'amblyopie et à’ amaurose signalés parles praticiens les plus éclairés.

Ils y verraient enfin, comme fait capital découlant de tout ce qui précède, que la France qui, pendant des siècles, avait su se prémunir contre la contagion du tabac, avec une population toujours progressive, tend aujourd’hui à décroître et surtout à se dépeupler de ses éléments les plus virils, dans un excédant de mortalité qui atteint de préférence la population masculine de 40 à 60 ans, époque de la vie où l’homme subit tous les genres d’ivresse, et plus encore l’ivresse du tabac et des spiritueux. Au besoin, les statistiques officielles seraient encore là pour attester l’énormité de ce fait.

Des fumeurs incorrigibles n’en diront pas moins

INTRODUCTION

qu’ils se portent à merveille ; qu’ils pourraient même s’offrir comme exemple de l’innocuité du tabac; mais personne, assurément , ne prendra au sérieux ce trop facile et trop commode argument pour la défense d’un poison.

Il est très-vrai que le tabac ne tue pas tous les fumeurs, grâce au ciel! Et ce qui est encore certain, c’est que l’habitude de ce poison, comme celle de beaucoup d’autres, a pu rendre tolérable aux sens externes toute impression directe de l’effet du tabac. Mais est- ce à dire pour cela que l’organisme demeure indifférent à sa continuité d’action et réfractaire à ses effets d’intoxication? La plus simple réflexion pourrait déjà répondre du contraire; mais l’observation nous dira mieux encore ce qu’il faut en penser.

Et voyez déjà pour cela les ouvriers des manufactures de tabac, qui, eux aussi, ont bien acquis une certaine tolérance qui leur permet de continuer leurs travaux; mais ils n’en conservent pas moins un air de souffrance, un teint gris-blafard, qui participe des nuances chlorotique et cachectique, et qui imprime à leur physionomie certains

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