OPÉRATIONS DE RÉGLAGE
Ces opérations sont identiques à celles déjà décrites à propos des tachéomètres Porro. Nous allons les résumer en y ajoutant celles qui ont trait plus directement avec l'appareil qui nous occupe.
Verticalité de l'axe de l'instrument, vérification et réglage de la nivelle. — Pour que le réglage soit rapide il importe de {faire tourner la nivelle de 180° exactement autour de Taxe^principal de l'instrument en amenant le zéro du vernier de l'alidade en coin cidence avec une division chiffrée du limbe horizontal, puis on fait tourner l'alidade de manière à lire sur le limbe / + 180°, quand / est plus petit que 180°, ou / — 180° si / est plus grand 180°.
fig. 125
Vérlflcatîon et réglage de la nivelle L, de la lunette. - La
nivelle L, étant indépendante, ces opérations de réglage reposent uniquement sur l'exactitude rigoureuse des colliers sur lesquels elle s'appuye. On rend d'abord à peu près horizontale la lunette que Ton fixe au moyen de la vis t;, : on centre ensuite la bulle entre ses repères au moyen de la vis v,. On retourne la nivelle sur les colliers et on corrige, s41 y a lieu, la différence, moitié avec la vis v, et moitié par les vis propres de la lunette.
Horizontalité de l'axe de rotation de la lunette. - Cette opération suppose la parfaite perpendicularité de l'axe optique delà lunette à son axe de rotation. Après avoir assuré aussi exactement que possible la verticalité de Taxe principal en procédant au calage,
on dirige la lunette vers un long fil à plomb à une dizaine de mètres de distance ou vers l'angle d'un édifice dont on a, au préalable, vérifié la verticalité: on amène la croisée des fils sur un point de la lîigne verticale observée et on fait basculer la lunette autour de son axe de rotation : la croisée ne doit pas s'écarter de cette verticale. Dans le cas contraire, on procède à la rectification néc333air3 en agissant dans le sens convenable sur le dispositif de réglage, représenté par la fig. 127.
Perpendicularité de l'axe optique de la luneite sur son axe de rotation. — Avec la lunette à peu près horizontale, on vise un
point a,(fig.l28) marqué sur un mur ; on lit.les angles des 2 verniers sur le cercle azimutal et on fait la moyenne des deux ^' ^^ lectures. On imprime ensuite un demi-
tour à Taxe principal de l'instrument jusqu'à ce que les deux verniers reprennent exactement la position primitive, on retourne la
lunette sens dessus dessous et on marque sur le mur la deuxième position a' visée par la croisée des fils du réticule. La distance aa' doit être égale au double de l'excentricité ; dans notre cas, 2X107°»'" si la perpendicularité existe.
Dans le cas contraire, au moyen des vis 1. 2. 3. 4 (fig.129) on déplace, comme dans le cleps, la position du réticule jusqu'à ce que la distance entre les deux autres positions successives visées,parexemple bb\ soit égale au double de l'excentricité de l'instrument.
lo. — d'Angelo, Le Tach. et ses appl.
fig. 127
fig 129
On peut même faire usage pour cette vérification d'une mire parlante placée horizontalement.
Réglage de la position des fils du réticule. — Il sufiit de viser un fil à plomb, en basculant la lunette: le fil vertical du réticule doit couvrir le fil à plomb dans toutes les positions de la lunette.Les corrections éventuelles s'opèrent à l'aide des vis 1, 2, 5.
La nivelle Li étant centrée, vérifier rhorizontalité de Taxe optique de la lunette. — Il suffit de faire une première lecture sur une stadia, lunette à droite et une deuxième lecture, lunette à gauche. Si les deux côtes ne coïncident pas, on doit déplacer verticalement le réticule au moyen des vis en regard 1, 2.
Réglage du cercle zénital. — La nivelle Lr, centrée, Taxe optique de la lunette, horizontal, les deux verniers du cercle zénital doivent marquer 0° — 180°. S'il n'en est pas ainsi, on fait le réglage au moyen de vis Wi Wa.
Réglage de la chambre photographique.— Les opérations
de réglage de la chambre photographique sont aussi simples que celles du tachéomètre. Il faut d'abord vérifier l'horizontalité de l'axe X. A cet effet, après avoir mis au point le châssis du verre dépoli, on vise un point extérieur sur lequel tombe exactement l'axe X. On fait ensuite tourner avec la main et au moyen de la vis de rappel l'instrument autour de son axe vertical. Dans les différentes positions de l'appareil, la ligne X sera horizontale si elle couvre le point visé. Dans le cas contraire, au moyen des vis dont le châssis est muni, on rectifie la position du verre dépoli.
Nous admettons naturellement que l'axe Y, par construction, soit perpendiculaire à l'axe X ce que l'on peut constater au début de l'opération et une fois pour toutes au moyen du fil à plomb, ainsi que nous l'avons indiqué précédemment.
D'après la position définitivement réglée des deux axes X, Y sur le verre dépoli, on rectifie, s'il y a lieu, au moyens des boutons bb là position des 4 appendices fixés deux à deux en regard sur le châssis et qui sont destinés à individualiser sur la plaque sensible les mêmes axes.
Perpendioularité de Taxe optique de la chambre ob« scure sur le plan de la perspective.— L'appareil décrit réalise au plus haut degré dz perfection cette condition de perpendicularité. Toutefois, comme dans les opérations de campagne, de multiples
causes peuvent dérégler l'appareil, il convient que Topérateur se
rende bien compte de Timportance de Terreur de cette nature et soit dans la condition d'y remédier.
Supposons la condition ci-dessus réalisée et soient (fig. 130) mn, Vp respectivement le plan de la perspective et l'axe optique de la machine. D'après les principes généraux, la position d'un point a (image du point A du paysage à lever) est déterminée parU'équation :
fig. 130
x.= pa = /tg uj, (f étant égal à Vp.)
. Si mn est incliné par rapport à Vp et occupe, par exemple, la position wV, la valeur de x, qui détermine la position de l'image A est la suivante :
sm uj
sm UJ
sin (90® — ijj—e) cos (uj + ç)
et UJ aura une valeur ujo différente de la précédente, c'est-à-dire
ap
sm UJ
"=• / cos (uj -f e)
Exemple :
Soient uj = 20°, e =? 15' (correspondant à un déplacement de mm. ù,7 du centre de l'objectif), on a :
sin 20° ;g '"" = cos 200 15" ^'^'^ "^^ =^ ^Q°^
ce qui représente, à vrai dire, une erreur très sensible en ce qui concerne la planimétrie.
Quant à la côte de niveau, remarquons que :
E = ap — ap =/(tg ujo — tg uj)
et portant les données ci-dessus et la valeur de /qui dans notre appareil est égale à "/" 160, on a :
E = mm. 0,09
c'est-à-dire à peu près un dixième de "/«» sur la longueur de ap qui
est égal à 60 "/™ environ.
L'erreur relative est donc de 1/600 .
Même résultat si nous considérons les coordonnées au lieu des abscisses. Par suite, la côte de niveau résultant de la
formule
AAo aa!
122) est enta-
fig.131
chée de la même erreur de 1/600, qui est assez considérable.
Il est donc essentiel de rectifier la perpendicularité du plan perspectif avec Taxe optique de la chambre obscure. A cet effet, on opère simplement de la manière suivante : On vise un point 0, (1Sgl3l) au-dessus de Taxe X mais qui soit traversé par Taxe Y, et un autre point a de position bien déterminée par rapport à Taxe Y. On fait tourner ensuite l'alidade dans le sens opportun (dans notre cas, de droite à gauche) jusqu'à ce que le point a tombe sur Taxe Y, en a^. Si le plan de perspective est perpendiculaire à l'axe optique, le point a dû être déplacé de la quantité 00^ = aa^ et la position d^ o^ doit être exactement , symétrique^à la position de a, ce qui est facile à constater, grâce au quadrillé dont le plan du verre dépoli est pourvu.
Si, dans le cas contraire, les positions symétriques des points a et ne sont pas exactement définies, il sufiit, pour rectifier, de déplacer dans le sens convenable le centre de l'objectif au moyen des vis 1, 2, 3, 4, ou bien l'origine dds deux axes.
Verticalité du plan de la perspective. — La perpendicularité de Taxe optique de la chambre obscure et du plan de la perspective une fois établie, le plan de la perspective est vertical quand l'axe optique est horizontal. A cet effet, la nivelle Li bien centrée, on vise avec la lunette un point bien visible du paysage et au moyen de la vis V, on déplace la chambre obscure jusqu'à ce que le même point tombe sur l'axe X. Pour que la condition ci-dessus soit constamment contrôlable, pendant toute la durée des opérations, on règle'la parfaite horizontalité de la nivelle placée au dessus de la chambre obscure.
Parallélisme de Taxe optique de la chambre obscure et du plan décrit par Taxe optique de la lunette. — On
vise avec la lunette un point assez éloigné pour que l'erreur de l'excentricité de l'instrument soit négligeable. Si le parallélisme existe, l'image du point visé doit tomber sur l'axe Y de la chambre obscure. Dans le cas contraire on fait le réglage au moyen des vis V,, V2, en ayant bien soin de rétablir l'horizontalité de l'axe optique de la chambre (éventuellement déréglée par le mouvement de
ces deux vis Vi Va ) à Taide de la vis V jusqu'à ce que la bulle de la nivelle h rentre dans ses repères.
Coïncidence du plan sensible de la plaque photographique avec le plan de limage du verre dépoli. — Si Ton
constate que d^s différences sont assez sensibles, à ne pas pouvoir les tolérer,on en prend note pour opérer le réglage et Ton déplace dans le sens convenable l'objectif au moment où Ton fait la pose. A cet effet, le tube porte-objectif glissant est muni d'une échelle millimétrique et d'un vernier à I/IO de millimètre près.
Détermination de la distance focale de Tobjectif.
(fig. 132.) — Comme on a pu remarquer, l.i valeur /"de la distance focale figure dans toutes les expressions algébriques que nous avons
citées. Il est donc essentiel d'en rechercher la valeur exacte à introduire dans ces formules pour leur évaluation. A cet effet, Tappareil réglé en tout point, on vise avec la chambre deux points éloignés du paysage et tels que l'image de Tun tombe exactement sur Taxe YY et rimage de Tautre sur Tune des lignes du quadrillé, mais assez écartée de l'axe YY afin que son abscisse soit la plus grande possible. Il ne reste qu à appliquer la for-
-, dans laquelle uj est déter-
fig.132
mule f = ■
tgUJ
miné au moyen de la lunette.
On répète plusieurs fois l'opération.
■^ • La moyenne des résultats donne une va-
leur très approchée de/. Il est prudent, pour éviter les effets des déréglages fig. 133 éventuels de rappareil,d'effectuer la dé-
termination de / dans chaque station. On peut aussi d'après M.l'ing* Paganini, appliquer la formule :
Dv
/ = Vfl^i COS ou = -|j COS UJ
(fig. 133)
dans laquelle D = VAo et H= AAo;;'=^«iest mesurée directement; w est l'angle azimutal.
On suppose dans ce cas que la position du point A ait été déterminée au préalable, comme faisant partie, par exemple, d'un réseau de triangles.
Correction de l'erreur due à l'excentricité du viseur.
— On note d'abord l'azimut répondant aune première visée faite
sur le signal avec le viseur à droite ; on fait tourner l'instrument
de manière à amener le viseur à gauche ; on pointe de nouveau le signal et on fait une nouvelle lecture.
La moyenne delà première lecture et de la seconde, I préalablement augmentée fig-i34 ou diminuée de 180" ou de
200°, est indépendente de Texcentricité du viseur. En effct,(fig.l34)la première lecture représente l'azimut de la ligne CF parallèle à VD ; lorsque, après rotation,le viseur est à gauche,la visée est dirigée suivant V'D et la ligne de foi est venue se placer dans une direction CF' symétrique de CF, par rapport à CD, car les deux angles en D sont égaux et l'on a :
FCD=CDV et F'CD = CDV
comme angles alternes-internes, d'où, par suite :
FCD=F'CD
La moyenne des azimuts de deux directions CF et CF' est donc égale à l'azimut -cherché de CD.
Quand on ne compense pas l'erreur d'excentricité du viseur par l'une des méthodes précédentes, il convient de placer le viseur toujours du même côté pour toutes les observations.
Les erreurs sont ainsi de même signe et se détruisent en partie dans les différences d'azimuts.
Quand, d'une même station, on doit observer plusieurs signaux, on vise successivement chacun d'eux, en faisant décrire à l'alidade un tour complet d'horizon, d*abord avec la lunette à droite ; puis on recommence toutes les observations, avec la lunette à gauche et en tournant en sens inverse.