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blication imprimée, l'usage auquel ils devaient naturellement servir. Je dirais cela; et après? Me proposezvous sérieusement de faire discuter par un jury d'honneur la sincérité de ce que j'avance ?
Un dernier mot, Monsieur. Vous vous êtes plu à trouver souvent que je suis bien jeune ; c'est là un des gros griefs dont vous vous servez contre moi. Je n'ai pas le dessein de m’en excuser. Si jeune pourtant que Je sois, il me semble que, lorsqu'on veut en venir à l'arbitrage gracieux d’un jury d'honneur, il faut se garder tout d’abord de passionner le débat, s’interdire toute publication retentissante, tous efforts pour recruter des alliés puissants, tout réquisitoire dont les conclusions indiqueraient d'avance aux juges le parti qu'ils auront à prendre. Un jury d’honnenr, c’est encore la paix et ses pourparlers, or la première partie de votre réponse à M. Brinton, c’est la guerre, Monsieur. Il ne faut pas mêler à ce point des procédés qui se concilient si peu. Pour moi, alors même que j'eusse réussià trouver dans laffaire de notre Grammaire taensa une question capable d’être soumise à l’appréciation d’un jury d’honneur, le peu de mesure et de ménagement avec lequel nous avons été traité par vous, mot et les ‘miens, me l’eût fait repousser aussitôt.
Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.
F. J. Parsons
Dom Parisot feint de croire que j'entendais soumettre à la décision d’un jury d'honneur la question « des doutes élevés par M. Brinton contre l’authenticité de quelquesuns des textes taensas », alors qu'il sait par ma première brochure que je n’attache aucune importance au contenu des Sprachproben, et que j'avais pris le soin d'indiquer que la question à soumettre au jury d'honneur, était de savoir si l’on pouvait faire peser sur moi une part quel=
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conque de responsabilité au sujet de ce fait éminemment regrettable pour la science, que la sommation d’avoir à soumettre les manuscrits incriminés à des experts demeure et demeurera sans effet. M. Brinton, disais-je, m’a sommé de faire subir aux manuscrits originaux l'épreuve d’une expertise — je vous ai invité à me confier ces documents -— vous avez déclaré qu'il ne vous était pas possible de les retrouver —- cette déclaration ne dégage point suffhisamment ma responsabilité — déférons à un jury d’honneur, non pas la question du taensa qui est scientifiquement vidée (1}, mais bien celle qui s’agite entre vous et moi, celle de la communication des manuscrits. Au surplus, Dom Parisot m’a parfaitement compris, et il a eu recours, pour se tirer d'affaire, à l’artifice d’une figure de rhétorique : Me proposez-vous sérieusement, etc.
Très sérieusement, Monsieur, mon intention était que des arbitres appréciassent l'étrange attitude que vous avez prise dès le jour où vous avez eu connaissance de l'attaque de M. Brinton, votre lettre du 19 mai, les deux notes qui ont suivi, mon attitude à moi, la sincérité et l’obstination avec lesquelles j’ai fait, avant de répondre à M. Brinton, tout ce qui était humainement possible pour vous déterminer à retrouver des manuscrits dont je ne redoute nullement la production.
Vous vous êtes oublié jusqu’à demander cyniquement : si un jury d'honneur suffira à retrouver les manuscrits ? Non assurément, Monsieur. Mais un jury d'honneur vous eût mis en demeure de faire savoir si ces documents avaient été détruits, de préciser les circonstances dans arés, de procéder sur les lieux de vous exécuter, bien propre. Et, Monsieur, avez fait imprudem-
lesquelles vous les auriez ég aux recherches nécessaires, et qu'ilen pût couter à votre amour si vous aviez repondu comme vous L ment sous la dictée de Dom Couturier « qu’il n’est point
(1) Voir Le Taensa na as été forgé de toutes pieces. Maison-
neuve, Paris, 1885.
trop malaisé d’expliquer la disparition de manuscrits dont on a fait, par une publication imprimée, l'usage auquel ils étaient destinés » le jury d'honneur eût été fixé sur votre sincérité, car le manuscrit que les Américanistes réclament de vous n'est pas celui qui a été publié, mais bien le manuscrit original qui est demeuré entre vos mains : or, ainsi que l’a très bien dit M. Fried. Müller « des souvenirs de cette sorte sont conservés soigneusement, on ne les jette pas aux vieux papiers. »
Dans son dernier mot, Dom Parisot m'adresse des reproches puérils assaisonnés d’impertinences visant M. Fried. Müller, M. Michel Bréal .et jusqu'aux personnes qui eussent composé le jury d'honneur. Ainsi, parce que le jeune bénédictin se tenait coi dans sa cellule sans s’émouvoir d’une attaque mettant en suspicion sa bonne foi et la mienne, je ne devais pas publier une réponse rendue d’autant plus nécessaire et urgente que M. Brinton venait de répandre à profusion son factum. Quand le jeune homme dont j'avais été le collaborateur trop confiant faisait plus que déserter le combat, quand il m'attaquait traîtreusement en lançant ce trait empoisonné « Ma part à la publication est telle qu'il ne m'en reste aucune responsabilité, M. Adam ayant usé de toute sa liberté pour corriger et remanier », il m'était interdit de me défendre et contre M. Brinton qui me faisait face et contre l’allié déloyal qui, par derrière, me tirait dessus !
Dom Couturier a dicté au jeune homme qu'il estime cette phrase à effet : « Un jury d'honneur, c’est encore la paix et ses pourparlers, or la première partie de votre réponse à M. Brinton c'est la guerre, Monsieur. Il ne faut pas mêler à ce point des procédés qui se concilient si peu ». N’en déplaise à M. l'abbé de Solesmes, il n'y a là que du verbiage. En réalité, Dom Parisot refuse de constituer un jury d'honneur parce qu'il sait parfaitement que sa conduite et ses dires seraient sévèrement appréciés. Mais, quoiqu'il fasse, la sentence a été rendue, en pleine connaissance de cause, par des juges que
ses audacieuses insinuations ne peuvent pas atteindre. « ÎL NE PRODUIT PAS LE MANUSCRIT ORIGINAL PARCE QUIL A INTÉRÊT A NE PAS LE PRODUIRE, ET IL SAIT EXACTEMENT CE QUE CELUI-CI EST DEVENU. »
Et maintenant, cher Monsieur, je ne saurais trop vous remercier de l’assistance que vous avez bien voulu me prêter durant cette fastidieuse campagne de cinq mois.
Veuillez agréer, l'expression de ma gratitude et l’assurance de ma considération la plus distinguée,
Flanville (Alsace-Lorraine), 18 aout 1885.
Lucien ADaAn.
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