‹ Le Tʾai chan; essai de monographie d'une culte chinoisChapitre 38 sur 109 · P ai ho ts'iua7i «Source des grues blan · texte numérisé non relu

P ai ho ts'iua7i «Source des grues blan

ches”. (A, XII, 20 v°; B, X, 12 v°; C, VII, 27 v°). — Ce

nom est inscrit au-dessus de la porte orientale par laquelle on entre dans le Yu houang ko ou Belvédère de l’Empereur de jade (n° iio); mais la source au bord de laquelle se rassemblèrent un jour, dit la légende, plusieurs grues blanches, a cessé d’exister. — Après avoir traversé une petite cour, on se trouve dans une seconde cour plus septentrionale; on remarque à droite une porte au-dessus de laquelle sont écrits les mots fllj A Sien jen long „ grotte du bienheureux”; si nous nous faisons ouvrir, nous voyons le saint lui-même, non pas en chair et en os, mais en os et en peau; vêtu d’une robe rouge, il est assis dans une niche vitrée et sa figure est cachée par un masque doré; ses tibias et ses mains sont encore recouverts de leur épiderme parcheminé. Une inscription de l’année 1716 placée en dehors et à droite de la grotte nous apprend que ce saint personnage portait le nom de famille Soueny^^i s’appelait

en religion Tchen-tsing ^ ; il vécut 94 ans, de 1610

à 1703 et passa soixante années à pratiquer ses devoirs de moine taoïste dans le Yu houang ko-, quand il fut près de sa fin, il demanda que l’on conservât son corps pendant trois ans dans une salle du temple, après quoi on verrait s’il y avait lieu de l’enterrer; on le laissa douze ans dans cette salle et, lorsqu’on revint le chercher, on s’aperçut avec émerveillement que son corps ne s’était point décomposé et était resté dans la posture assise qu’il avait au moment de la mort ; on décida de le garder à perpétuité pour l’édification des générations futures.

no. 3É ^ ^ houang ko ^Belvédère de l'Empereur de jade”. — Au Nord de la cour où est la giotte du bienheureux, on accède par un escalier à un bâtiment à étages (voyez fig. 24) qui fut construit pendant la période wan-li (1573 — 1619). Dans la partie supérieure de cet édifice, on sacrifie à l’Empereur de jade, cette divinité suprême du

Taoïsme que nous avons déjà rencontrée au sommet du T' ai clian (n° i8). Parmi les douze divinités qui lui font cortège, on remarque les dieux du tonnerre et de la foudre,

Fig. 24.

Vu houang ko (n° iio).

tenant en main le marteau et le ciseau comme sur les bas-reliefs purement chinois du deuxième siècle de notre ère, mais ayant le bec et les pattes d’un oiseau, ce qui prouve qu’on les a façonnés sur le modèle du Garuda hindou. — Dans la voûte qui constitue la partie inférieure de l’édifice, on adore les „trois fonctionnaires” (san kouan) du ciel, de la terre et de l’eau; leur sanctuaire est appelé ^ j[^

San yuan iong „la grotte des trois principes” ’). — Plus à l’ouest, mais toujours dans la même enceinte est le

i) C’est pendant la période li-p'ing (172 — 177 p.C.) que nous voyons apparaître pour la première fois la théorie des „trois fonctionnaires” — ■

A cette époque, Tchang Loti ÇÉ (ou, plus vraisemblablement, son père

Pei teou tien „ Salle de la Grande-ourse”. — Plus bas, nous entrons dans les beaux bâtiments qui constituent le

Hing kong ou „ palais de voyage”, qui

hébergea en 1770 l’empereur K'ien-long. — Si nous sortons par la porte de la source des grues blanches, nous devrions, d’après la carte, trouver, de l’autre côté de la route, le

a disparu, de même que le bâtiment marqué sur notre

carte, sans indication de nom, plus au Sud; le souvenir ne s’en conserve plus que dans une stèle de l’année 1118 qui est maintenant placée à droite de l’entrée du Yti

houang ko (n° 1 10) '), et dans une stèle de l’année 1285

qui est derrière le San hoiiang iniao ( n° 114) A

Tchang Heng^^ fondateur de la secte taoïste dite des cinq boiseaux

de riz , invitait tous les malades à écrire en triple exemplaire

leurs noms et la confession de leurs péchés; il offrait un de ces exemplaires au ciel en le déposant sur une montagne; il enfouissait le second dans la terre; il plongeait le troisième dans l’eau; il disait qu’il les remettait ainsi aux trois fonctionnaires du Ciel, de la Terre et de l’Eau. A l’époque des Wei du Nord, d’autre part, nous trouvons la théorie des trois principes

2:^ 7t qui consacre à la purification le treizième, le quatorzième et le quinzième jour du premier mois, du septième mois et du dixième mois. On

mit ensuite en relation les San kouan — ■ et les San yuan — ■ TC ;

le fonctionnaire du Ciel présida au Chajig yuan ±. TC , c’est-à-dire aux Jours médians du premier mois; le fonctionnaire de la Terre présida au Tchong yuan TC’ <=’ est à dire aux jours médians du septième mois;

le fonctionnaire de l’Eau présida au Nia ytian T TC , c’est-à-dire aux jours médians du dixième mois {Song che^ chap. CCCCLXI, p. 2 v®). Voyez sur cette question les textes intéressants réunis par Tchao Yi dans le Kai yu ts'ong k'ao (chap. XXXV, p. i r° et suiv.).

1) Le texte de cette inscription se trouve dans A, XII, 22 r°-v°.

2) Voyez le texte dans A, XII, 23 v°-25 r°.

l’origine, le

Cheng yuan kotian . était le Kien fong yuan en Iii8, on lui donna le nom de temple

Cheng-ynan fc 7Ü , et en 1285, celui de temple Tch'ao-yttan

15 Æ ^ mais les Ming, pendant la période kia-tsing (1522 — 1566) lui rendirent le nom de Cheng-yuan kouan. On y vénérait la divinité appelée Tong houa ti kiun qui, d’après une tradition populaire taoïste, est le dieu du bonheur du Pic de l’est {iong yo fon chen ^ ^ jjjg ) (D, 1 5 r”^). L’auteur du Tai lan (A, XII, 21 v°) émet cependant quelques doutes au sujet de l’attribution de cette divinité à ce temple.

1 14. ^ ^ ^ San houang miao „Temple des trois souverains” (A, XII, 22 r“ ; B, X, 12 v"; C, VII, 12 r°; D, 15 r°). Au centre se tient Fou-hi qui porte un vêtement de feuilles vertes; à l’Est se trouve Chen-nong qui a une collerette et une jupe courte en herbes vertes; à l’Ouest, Houang ti, vêtu d’étoffe ; ainsi se marquent les progrès de la civilisation dans l’habillement de plus en plus perfectionné de ces trois souverains qui sont à l’origine de l’histoire. — Des deux côtés de la salle sont rangés les huit Tcha divinités forts anciennes dont le culte est aujourd’hui encore très répandu en Chine, mais qui ne nous sont connues que par un texte assez obscur du Li ki ') ; les huit Tcha semblent être des divinités agrestes auxquelles sacrifiaient les paysans quand ils avaient achevé leurs moissons; dans les représentations que nous en voyons ici, nous remarquons l’un de ces dieux qui a des crocs redoutables lui sortant de la bouche; peut-être est il le tigre auquel les laboureurs sacrifiaient, dit le Li ki, parce qu’il détruisait les sangliers qui ravagent les champs. — Le T'ai-ngan hien tche (C, VII,

i) Legge, s. B. E., vol. XXVII, p. 431 — 432 et Couvreur Li ki t. I, p. 594—596.

12 r°-v°) dit qu’un temple des anciens médecins

était annexé au temple des trois souverains, et il donne

l’énumération des divinités qu’on y adorait.

Fig. 25.

Arc de triomphe T’ai tsong fang (n° 115).

Tai tsong fang „Arc de triomphe du Tai tsong". Voyez fig. 25. On sait que Tai tsong est le nom du T'ai chan dans le Chou king. Cet arc de triomphe, qui avait été élevé pour la première fois sous les Ming, pendant la période lo7ig-k'ing {\^6j — 1572), a été reconstruit en 1730 (D, 15 r°).

Page 1