‹ Le Tʾai chan; essai de monographie d'une culte chinoisChapitre 66 sur 109 · VTchang sien niiao „Temple du bienheureux · texte numérisé non relu

VTchang sien niiao „Temple du bienheureux

Tchang" .

Cette divinité paraît n’avoir que le nom de commun avec le Tchang sien qui est le protecteur des enfants et qui rend les femmes mères; ce dernier, en effet, a son origine à l’époque des Song, comme le prouvent les recherches érudites de Tchao Yi dans le Kai yu ts'ong k'ao. Au contraire, le Tchang sien qui est en relations avec le T'ai chan est de l’époque des T'ang comme le montre la citation suivante que je relève dans le Chan tch'oiian tien (chap. XXII, p. 6 v°) du Kou kin fou chou tsi tdfeng-.

Le Tai che y i tsi rappelé ceci: „On ne sait qui était le bienheureux Tchang, de l’époque des T'ang. Pendant la période k'ai-yuan (713 — 741), en compagnie d’un certain Li, il se rendit au T'ai chan pour étudier le tao. Au bout de quelque temps, Li prit congé et s'en retourna, en prétextant sa qualité de membre de la famille impériale; il parvint jusqu’au grade de sous-directeur de la cour suprême de justice; lorsque survint la rébellion de Ngan Lou-chan, il emmena sa famille à Siang-yang-, ensuite, il fut chargé d’une mission officielle à Yang tcheou-, sur la route, il rencontra inopinément Tchang qui l’invita à passer la nuit avec lui; la porte de sa demeure était magnifique; il y avait une brillante assistance; Li remarqua une des musiciennes qui tenait une harpe et qui ressemblait extrêmement à sa propre femme ; quand la réunion fut terminée, Tchang

appela celle qui tenait une harpe et attacha une brindille de poirier à la ceinture de sa jupe, puis chacun se retira. Le lendemain, Li revint ; l’habitation était déserte et sale ; on n’y voyait aucune trace d’habitants ; il s’informa auprès des voisins qui lui dirent: „C’est la maison de Lieoic Tao-yuan-, il y a déjà plus de dix ans qu’on n’y demeure plus.” Ensuite, Li revint à Siang-yang] il examina la ceinture de la jupe de sa femme et y trouva en effet la brindille de poirier; il en demanda la provenance à sa femme qui lui répondit: „Une nuit je vis en songe cinq ou six hommes qui me forcèrent à partir en disant: Le bienheureux Tchang vous appelle pour jouer de la harpe. Au moment de la séparation, {Tchafig) attacha une brindille de poirier à la ceinture de ma jupe.” On voit ainsi que Tchang avait obtenu de devenir un bienheureux”.

238. Koiian ti miao „Temple de Koiian ti" (B, X, 31 v°-32 r°; C, VII, Il v°-i2 r°). Ce temple occupe l’emplacement de l’ancien Houei tchcn kong ^ ^ où l’empereur Tchen tsong, de la dynastie Song, se purifia lorsqu’il vint, en l’année 1008, accomplir les cérémonies fong et chan.

239. ^ ^ ^ Long luang miao „Temple du roi dragon” (B, X, 31 v°). Ce bâtiment a été construit en 1765 afin de remplacer le temple en ruines qui avait été autrefois établi en dehors et au Nord-Ouest de la ville pour rendre un culte au dragon blanc (cf. n° 215).

240. ^ Lieou tsiang kiun miao „Temple du général Lieou" (C, VII, 12 v°). L’homme divinisé qu’on adore là se nommait Lieou TclC eng-tchong \ il vivait à la fin de la dynastie Yua^i ; on raconte de lui que, dès qu’il eut pris les armes, tous les brigands terrifiés se cachèrent et ne reparurent plus; en outre, une fois que la région comprise entre le Yang tseu kiang et la rivière Houai était

dévastée sur un espace de mille H par les sauterelles, il brandit son épée pour les chasser, et, en un instant, elles s’envolèrent au loin ; à la chute de la dynastie des Yuan, il se précipita, par loyalisme, dans le Houang ho ; on lui

Fig. 44.

Le temple de Confucius à T’ai-ngan fou.

décerna le surnom de „général brave” [mong tsiang-kiun et c’est pourquoi, au-dessus de la porte du temple qui lui est consacré, on lit les mots : Lieou mong tsiang kiun miao „Temple de Lieou, général brave.” — Une autre tradition, qui paraît moins bien établie, identifie ce Lieou avec un autre personnage de la fin du douzième siècle.

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