CHAPITRE III
Textes relatifs aux sacrifices fong et chan.
Heou Han chou, chap. XVH, p. 2 v°-5 v°.
La trentième année kien-iuoii (54 p.C.), le deuxième mois, les ministres assemblés dirent à l’Empereur que, puisqu’il était sur le trône depuis trente année, il devait célébrer les cérémonies fong et chan sur le T'ai chan. L’Empereur répondit par l’édit suivant: ^Quoique je sois au pouvoir depuis trente années, le peuple a encore du mécontentement plein le ventre. Qui donc tromperai-je? Tromperai-je le Ciel -) ? Ceux qui m’ont parlé du T'ai chan ne valent pas Lin Fang^). Pour quel motif souillerais-je la liste continue
1) Pour les textes relatifs aux sacrifices fong et chan sous le règne de l’empereur Wou (140 — 87 av. J.-C.), voyez le traité de Sseu-ma Ts'ien sur les sacrifices fong et chan {Alênt. hist.., trad. fr., t. 111, p. 413 — 519). Voyez aussi plus haut, p. 18 — 20.
2) En célébrant les cérémonies fong et chafi qui annoncent une paix universelle, l’Empereur dissimulerait le véritable état de choses qui est encore troublé; or il ne saurait tromper ainsi le Ciel. Cette phrase est d’ailleurs empruntée à Confucius {Louen yu., IX, ii, § 2).
3) Lin Fang est un disciple de Confucius qui interrogea son maître sur
ce qui était essentiel dans les rites {Louen yu., III, 4). L’Empereur reproche à ceux qui lui ont conseillé de faire les sacrifices fong et chan de n’avoir pas été aussi attentifs que Lin Fang au vrai sens des rites. — Dans la carte de la sous-préfectufe de T^ai-ngan.^ on verra, à l’angle Sud-Est, la mention : „Ancien canton de Lin Fang" (fig- 27);
c’est là, en effet, à 1 10 /i au SE de la ville de T'ai-ngan., que Lin Fang passe pour être né; il est à remarquer que, ni le Kia yu ni Sseu-ma
des soixante-douze princes ') ? Lorsque (65 1 av. J.-C.) le duc Houan voulut célébrer la cérémonie fong, Konan Tchong l’en blâma ^). Si donc les gouverneurs de commanderies et de préfectures m’envoient de loin des officiers pour me souhaiter une longue vie et louer abondamment une perfection qui n’a rien de réel, certainement je leur ferai raser la tête et en même temps je les enverrai aux colonies militaires.” Les ministres n’osèrent plus alors parler de la chose.
Le troisième mois (54 p.C.), l’Empereur favorisa de sa venue le pays de Lou et passa auprès du T'ai chan ; on avertit le gouverneur (de la commanderie) que, à l’occasion du passage de l’Empereur, il recevrait un décret lui ordonnant de sacrifier à la montagne [T'ai chaii) et au Leang-fou Alors un tchonglang tsiang du corps des soldats vaillants comme des tigres, nommé Leang Song, et d’autres dirent dans le conseil: „Le ^mémorial [Li ki) dit: Lorsque les gens de 7’^’z se proposaient ,de sacrifier au T'ai chan, ils commençaient par sacrifier „à la forêt de P'ei *)." C’était là le rite qui convenait aux seigneurs. En effet, le Fleuve [Houang ho) et le Pic [T'ai chan) étaient considérés comme des ducs du palais et c’était un roi vassal qui leur offrait les sacrifices. Il importe de ne pas
Ts'ien, dans les notices qu’ils donnent sur les disciples de Confucius, ne mentionnent Lin Fang\ d’autre part le texte du Louen yu, tout en le nommant, ne dit point qu’il fût au nombre des disciples du maître; c’est Wen Wang (vers 150 av. J.-C.) qui, lorsqu’il représenta les disciples de Confucius à Tch'eng-tou [Sseu-tch'ouan'), fut le premier à introduire parmi eux Lin Fang, créant ainsi une tradition qui s’est conservée (cf. C, III, 38 r'’-v°).
1) Cf. p. 17.
2) Cf. Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. III, p. 423 — 427.
3) On voit par là que, dès le premier siècle de notre ère, les condamnés avaient la tête rasée ; on sait qu’il en est de même aujourd’hui.
4) Ce texte est tiré du chapitre Li k'i du Li ki (Legge, SBE, vol. XXVII, p. 407; Couvreur, Li ki, t. I, p. 559). I.a montagne P'ei était une colline qui était à côté du T'ai chan et c’est de là que lui venait son nom qui signifie „unir, associer”.
5) Cf. p. 6, lignes 13 — 16.
observer cette gradation dans les cérémonies et ne pas sacrifier à la forêt de P'ei
La trente-deuxième année (56 p.C.), le premier mois, l’Empereur se purifia ; pendant la nuit, il lut l’ouvrage intitulé Ho fou houei tclfang foii où il était dit ceci: „Le neuvième des Lieoic rouges a son mandat déposé sur le Tai tsong-, s’il n’a pas soin de savoir s’en servir, de quoi lui sert d’avoir hérité (de la dignité impériale) ? s’il excelle à s’en servir, la méchanceté et la perfidie ne paraîtront plus.” Emu par ce texte, l’Empereur ordonna à [Leang) Song et à d’autres de rechercher à nouveau dans les écrits divinatoires du Ho et du Lo *) ce qui était dit touchant celui de la neuvième génération qui célébrerait les cérémonies fong et chan. [Leang) Song et les autres firent un rapport méthodique et alors l’Empereur donna son assentiment.
Autrefois, l’empereur Hiao-wou (140 — 87 av. J.-C.) avait désiré rechercher les immortels ; comme le magicien qui l’aidait lui avait dit que Houang ti, après avoir accompli les cérémonies fong et chan, était devenu immortel, il désira donc les accomplir aussi ; mais, comme ces cérémonies
1) Quand un seigneur, comme le prince de Ts'i, sacrifiait au T'ai chan, il commençait, pour montrer la gradation de son respect, par sacrifier à une petite colline voisine. Mais le Fils du Ciel n’a pas besoin de s’astreindre à cette cérémonie préliminaire qui ne convient qu’à un roi-vassal. — Cette parole de Leang Song donnait à entendre qu’il y avait des règles spéciales pour le sacrifice accompli par l’Empereur sur le T'ai chan et remettait en question, d’une manière voilée, le cérémonial du sacrifice fong.
2) Les Jfan, dont le nom de famille était Lieou, régnaient par la vertu de l’élément feu; la couleur qui leur correspondait était donc le rouge (cf. Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. II, p. 331, n. i). L’expression „le neuvième des Lieou rouges" pouvait être considérée comme désignant l’Empereur Kouang- 1UOU lui même.
3) La littérature apocryphe à laquelle les cérémonies fong et chan donnèrent
un prodigieux essor, se compose essentiellement des deux cycles d’écrits qui dépendent du LIo t'ou et du Lo chou
4) Ce magicien était A'ong-souen h''ing-, cf. Sseu~?na Ts'ien, trad. fr., t. III, p. 487.
n’étaient pas d’un usage constant, personne ne les connais- I sait. La première d^nnéQ yuan-fong (no av. J.-C.), l’empereur, en suivant les conseils des magiciens, fabriqua les ustensiles I destinés aux cérémonies fong et clian-, il les montra aux lettrés assemblés qui dirent pour la plupart qu’ils n’étaient pas conformes à ce qui existait dans l’antiquité; alors l’empereur renvoya les lettrés et ne se servit plus d’eux '). Le troisième mois (iio av. J.-C.), l’empereur fit, dans l’Est, l’ascension du T'ai chan-, il fit hisser une pierre qu’il dressa au sommet du T'ai chan ^). Puis, dans l’Est, il longea le bord de la mer à la recherche des hommes immortels; , mais il n’en vit aucun et revint. Le quatrième mois, il fit î le sacrifice /bng sur le T’ai chan, mais, comme il craignait ) de n’avoir pas accompli cette cérémonie d’une manière correcte, il tint la chose secrète. Ce récit se trouve dans le traité sur les sacrifices kiao du Han chou ^).
L’empereur ■*) ayant approuvé le rapport que lui avaient présenté Leang Song et les autres, rechercha les précédents établis pendant la période yuan- fong pour les sacrifices fong et chan. Dans la délibération qu’on tint pour savoir ce dont on devait se servir pour célébrer les cérémonies fong et chan, un fonctionnaire présenta la requête suivante :
1) Cf. Sseu-ma Tsien, trad. fr., t. III, p. 498.
2) Cf. Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. III, p. 499 n. 3. Le commentaire du Heou Han chou cite ici un passage du Fong sou t' ong de Ying Tchao qui lui paraît reproduire le texte qui était gravé sur cette stèle ; mais, si l’on se reporte au texte même du Fong sou i'ong (chap. II, p. 2 v°-3 r°), on constate que rien n’indique que la stèle dont il parle fût précisément celle de l’Empereur IVou ; il est plus vraisemblable que la pierre transportée par l’empereur IVotc au sommet du T'ai chan ne reçut aucune inscription; elle paraît être le monolithe qui se dress.' aujourd’hui encore au bas du L«houang iing (cf. p. 56, fig. 17).
3) Ts'ien Han chou, chap. XXV.
4) Nous revenons maintenant à l’Empereur Kotiang-wou et à l’année 56 p.C.
„I1 faut se servir de pierres rectangulaires ') qu’on superpose et qu’on place au milieu de l’autel; toutes ont 5 pieds de côté et sont épaisses d’i pied. On se sert d’un écrit sur tablettes de jade qu’on cache à l’intérieur des pierres rectangulaires; ces tablettes sont épaisses de 5 pouces^), longues d’i pied et 3 pouces, larges de 5 pouces; (elles sont protégées par) des lattes de jade. En outre, on se sert de 10 lattes de pierre qui sont distribuées sur les côtés du (coffre de) pierre; à l’Est et à l’Ouest, il y en a respectivement 3; au Sud et au Nord, il y en a respectivement
2 ^); elles sont toutes longues de 3 pieds, larges d’i pied et épaisses de 7 pouces; au milieu de ces lattes, on creuse
3 cavités qui ont une profondeur de 4 pouces et une largeur de 5 pouces et qui sont recouvertes par des couvercles. Pour les lattes, on se sert de liens d’or qui font 5 fois le tour ^). On mêle du mercure à de l’or pour faire une pâte (destinée à recevoir l’empreinte du sceau). Le sceau (pour les lattes) de jade est un carré de i pouce et 2 dixièmes
1) Ces pierres étaient au nombre de trois (cf. p. 23, fig. 6); cela résulte de la longueur même des lattes verticales qu’on appliquait contre elles; les pierres quadrangulaires ayant chacune i pied de hauteur, elles devaient se superposer au nombre de 3, puisque les lattes verticales avaient 3 pieds de haut. D’ailleurs le nombre de 3 pierres rectangulaires est expressément indiqué dans le Kieou t'ang chou (voyez plus loin).
2) Ce texte semblerait faire croire que chaque tablette avait une épaisseur de 5 pouces et que par conséquent elle était aussi épaisse que large. Mais, comme on le voit par le texte du Song che^ chaque tablette n’était épaisse que de i pouce; comme elles étaient au nombre de 5, leur épaisseur totale était de 5 pouces.
3) Il faut vraisemblablement lire; 2 à l'Est et à l’Ouest, 3 au Sud et au Nord. Voyez plus loin les textes du Kieou T'ang chou et du Song che.
4) Pour assujettir les lattes verticales contre les parois du coffre de pierre, on se sert de trois liens d’or qui font chacun cinq fois le tour; on les fait passer dans trois rainures horizontales pratiquées dans les lattes verticales; à l’endroit où les deux extrémités de chacun des liens se nouaient, on apposait un sceau et c’est pour recevoir ce sceau qu’on creusait dans une des lattes une cavité quadrangulaire de 5 pouces de côté; comme il y avait trois liens, il y avait trois sceaux et, par conséquent, trois cavités.
de côté '); l’autre sceau est un carré de 5 pouces de côté. Aux quatre angles des pierres quadrangulaires, il y a encore des contreforts en pierre qui (à chacun des angles) sont superposés l’un sur l’autre; chacun d’eux est long de 10 pieds, épais de i pied et large de 2 pieds *) ; tout cela est sur l’autel rond ^). Au bas de cet autel, on place 18 pierres ' d’entourage ; elles sont toutes hautes de 3 pieds, épaisses ; de I pied et larges de 2 pieds; semblables à de petites stèles, elles sont dressées tout autour de l’autel et à trois i pas de distance de ce dernier; au-dessous de chacune de : ces pierres d’entourage, il y a un socle de pierre qui s’enfonce dans le sol à 4 pieds de profondeur. En outre, on se sert d’une stèle haute de 9 pieds, large de 3 pieds et 5 pouces, et épaisse de i pied et 2 pouces; on la dresse à l’emplacement ping par rapport à l’autel et à plus de 3 . tchang (30 pieds) de distance de ce dernier; on y grave 1 un texte écrit.”
I L’empereur, considérant les difficultés que présentait le h travail de toutes les pierres dont il fallait se servir, et ! désirant d’autre part faire la cérémonie fong au deuxième I' mois ®), adressa à [Leang) Song un décret pour lui annoncer
1) L’auteur a omis de dire que, après que les cinq tablettes de jade ont été placées entre les deux lattes qui servent à les protéger, on lie le tout et on appose un sceau sur le lien.
2) Le sceau apposé sur chacun des trois liens entourant le coffre de pierre (voyez plus haut, p. 162, note 4).
3) Cf. p. 24, lignes 4 — 10.
4) Le coffre de pierre avec ses contreforts est érigé au sommet d’un autel rond.
5) Cf. p. 24, lignes ii — 19.
6) D’après le chapitre Chouen tien du Chou king^ l’empereur Chotten^ lorsqu’il fit l’inspection des fiefs, se rendit dans l’Est au deuxième mois de l’année et célébra un sacrifice sur le Tai tsong, qui n’est autre que le T'ai chan. C’est sans doute pour imiter l’exemple de Chouen que l’empereur Kouang'wou voulait accomplir le sacrifice fong au deuxième mois; comme on était déjà au premier mois de l’année 56 p.C. (cf. p. 160, ligne 3), il est évident qu’on avait fort peu de temps pour faire les préparatifs de la cérémonie.
son désir de se borner à profiter des pierres des anciennes (cérémonies) fong et des lattes abandonnées pour reconstituer (ce qui était nécessaire à la cérémonie) fong. [Leang) Song fit une requête pour combattre cet avis, disant:
„Je considère que le rite de monter sur la montagne pour accomplir la cérémonie fong consiste à annoncer au Ciel souverain les mérites accomplis et à les faire descendre sur la postérité à jamais dans l’intérêt de la multitude du peuple; la vénération qu’inspire le mandat que vous avez reçu du Ciel, il importe de la rendre éclatante ; l’heureux présage que vous ont donné le plan et l’écrit '), il importe de le rendre manifeste. Maintenant, si vous profitez des anciennes (cérémonies) fong et si vous logez, comme en vous cachant, les tablettes de jade sous de vieilles pierres, je crains que cela ne soit point d’accord avec l’importance de votre mandat. Puisque vous avez reçu le mandat et que vous avez obtenu la réussite au milieu (de la durée de la dynastie) % il faut que vous ayez recours à des moyens spéciaux et extraordinaires pour illustrer la volonté du Ciel.”
Alors l’empereur ordonna au gouverneur de la commanderie de T'ai chan de se rendre à Lou pour y donner toute son attention au travail de la pierre; il fallait prendre de la pierre bleue sans défauts et il n’était pas nécessaire d’avoir des pierres des cinq couleurs. En ce temps, comme ceux qui fabriquaient les sceaux n’étaient pas capables de
1) C’est-à-dire les ouvrages des cycles du Ho t'ou et du Lo chou (cf. p. 3, n. 160).
2) L’empereur Kouang-wou est le fondateur de la dynastie des Han orientaux; mais, si on fait abstraction de l’usurpateur Wang Mang et si on considère les Han orientaux comme ayant continué les Han occidentaux, l’empereur Kouang-wou peut être regardé comme ayant régné vers le milieu de la dynastie. C’est une idée que nous retrouverons souvent dans les textes des T'ang et des Song.^ que la cérémonie fong doit être accomplie, non par le fondateur d’une dynastie, mais par le souverain dont le règne marque le milieu et comme l’apogée de la dynastie.
3j La ville actuelle de K'iu-feou hien.^ dans le Chan-tong.
graver les tablettes de jade, l’Empereur voulut se servir de J vernis rouge pour écrire sur ces tablettes; mais, sur ces entrefaites, on chercha et on trouva un homme qui était capable de graver le jade; aussitôt on écrivit (sur les tablettes); ce qu’on écrivit fut secret. On creusa l’intérieur des pierres quadrangulaires en ordonnant (aux ouvriers) qu’elles pussent recevoir les tablettes de jade.
Le deuxième mois, l’empereur arriva à Fong-kao '). Il chargea le che yii-che et le lan-t'ai ling-che d’emmener avec eux des ouvriers et de monter par avance sur la montagne pour y graver sur la stèle un texte qui était ainsi conçu ^):
^) Lorsque le conseiller des Ts'in, Li Sseu, eut brûlé le Che {king) et le Chou (kmg), la musique s’effondra et les rites tombèrent en ruines. Antérieurement à la première année kien-ivou (25 p.C.), les écrits étaient dispersés et perdus; les anciens statuts n’étaient plus complets; on ne pouvait comprendre le texte des livres classiques. Grâce à une minutieuse division en paragraphes et en phrases et à une comparaison réciproque ^), il y eut quatre-vingt un
1) Fong-kao était à 17 li à l’E de la ville actuelle de T'at-ngan (voyez fig.
' 27); l’empereur IVou^ de la dynastie des Han orientaux, en avait fait le centre
administratif de la commanderie de T'ai-chan (C, III, 40 v°). — En cet endroit du texte, le commentateur Ying Tchao fait une longue citation du/w^z/zawjî ki ou ^Mémoire sur le cérémonial des sacrifices fong et chan" \ cet écrit a été composé par un certain Ma Ti-po qui était un officier au service de l’empereur Kouang-uoou et qui monta par avance sur le T'ai chan pour inspecter l’autel destiné au sacrifice.
2) J’ai placé la traduction de cette inscription dans le chapitre consacré à V Epigraphie.
3) Le paragraphe qu’on va lire fait suite à l’inscription ; il est consacré à montrer que l’empereur Koua?tg-wou fut sage en gravant sur pierre le récit de la cérémonie qu’il avait accomplie; en effet, depuis la destruction des livres ordonnée en 213 av. J.-C. par Ts'in Che houang //, beaucoup de choses sont devenues obscures dans les anciens rites; il importe donc de reconstituer les règles des cérémonies et de leur assurer la perpétuité en les gravant sur une matière impérissable.
4) En confrontant les textes les uns avec les autres, on parvint à en saisir le sens.
chapitres ’) dont des hommes sagaces purent établir le sens; mais il y eut dix chapitres qui restèrent entièrement inin- , telligibles. Tseji-kong aurait voulu qu’on renonçât au mouton sacrifié lors de l’annonce du premier jour du mois; Confucius lui dit: „0 Ts'eu, vous aimez le mouton; moi, j’aime le rite Quand, plus tard, il y eut un homme saint, il rectifia i les erreurs et grava une notice sur pierre ®).
Le vingt-deuxième jour, qui était le jour sin-mao, au i matin, on fit le sacrifice au Ciel en allumant un bûcher au pied du T'ai chan, du côté Sud; tous les dieux accom- j pagnaient la divinité principale; la musique qu’on joua fut t la même qu’au sacrifice dans la banlieue du Sud. Les rois I vassaux, les deux ducs descendants des anciennes dynasties *), \
et le prince de P ao-tch' eng descendant de Confucius, j participèrent tous au sacrifice par leur présence à certaines j places et par leurs actes.
Quand cette cérémonie fut terminée, (l’empereur) se proposa de monter (sur la montagne) pour faire la cérémonie fong. Quelqu’un dit: „Quoique le T'ai chan ait déjà été associé aux offrandes de nourriture qui ont été faites dans le sacrifice sur le bûcher, puisque maintenant (l’empereur) monte en personne (sur la montagne) pour annoncer son mérite accompli, il faut faire (au T'ai chan) un sacrifice suivant les rites.” Alors (l’empereur) chargea un ye-tch'ô de prendre une victime unique et de faire l’annonce du sacrifice au
1) Il s’agit des écrits concernant les rites.
2) Ce passage du Louen yu (III, 17) est cité ici pour prouver l’importance des rites.
3) Cette notice n’est autre que l’inscription rédigée à l’occasion du sacrifice fong en l’année 56 p.C.
4) Le duc de Song représentant des et le duc de Wei
représentant des Tcheou^ avaient reçu leurs titres respectifs en l’année 37 p. C. (^Heou Han choti^ chap. I b, p. 4 r°).
5) En l’an 38 p.C., K'ong Tche^ descendant de Confucius, avait reçu le titre de marquis de Pao-tck'eng {Heou Han chou^ chap. I, b, p. 4 v®).
T'ai chan dans l’endroit où se faisaient les sacrifices ordinaires J au T'ai chan et en se conformant aux précédents établis » pour les cérémonies du labourage fait par l’empereur en ► personne, du sacrifice aux animaux sauvages '), du sacrifice aux ancêtres, du sacrifice à l’ancêtre des laboureurs et du sacrifice à l’ancêtre des forestiers.
A l’heure du repas, l’empereur en chaise à porteurs monta ! sur la montagne; après midi il arriva au sommet et changea ' de vêtements. Au moment du repas hâtif qui se fait entre trois et cinq heures, il prit place auprès de l’autel; du côté Nord ses officiers, rangés suivant leurs grades derrière lui, montèrent par l’Ouest ; quand ils furent tous à leurs places, (l’empereur) monta sur l’autel; le chang-chou lui présenta I les tablettes et les lattes de jade et l’empereur les scella 1 lui-même avec le sceau mesurant i pouce et 2 dixièmes de côté *) ; quand ce fut fini, le t' ai-tch' ang ordonna à des hommes d’ouvrir les pierres qui étaient sur l’autel ; le chang-chou ling cacha à l’intérieur les tablettes de jade, puis on remit la pierre formant couvercle; après quoi, le chang-chou ling scella les lattes de pierre avec le sceau mesurant 5 pouces de côté ®). Quand la cérémonie fut terminée, l’empereur salua par deux fois et tous ses officiers
1) L'expression désigne un sacrifice qui se faisait au début de
l’automme au moment où le roi partait pour la chasse et qui était adressé aux animaux sauvages (voyez le chap. XV du Heou Ha?i chou^ p. 3 r°). Les commentateurs considèrent le mot comme étant ici l’équivalent du mot
qui apparaît dans un texte du Ts'ien Hatt chou (chap. VI, p. 12 r®, à la date de 103 av. J.-C.). Cf. aussi le dictionnaire de K'ang-hi aux mots et .
2) Le texte paraît obscur.
3) On a vu plus haut (p. 162, ligne 18) que telles étaient en effet les dimensions du sceau avec lequel on scellait le paquet de tablettes de jade recouvert de lattes de la même substance.
4) C’est-à-dire de déplacer la pierre supérieure du coffre de pierre, de manière à découvrir la cavité intérieure où devait être déposée la prière inserite sur des fiches de jade. Voyez, plus haut, p. 22, fig. 5.
5) Cf. p. 163 ligne, t.
poussèrent des vivats. On ordonna à des gens de dresser la stèle en pierre qui avait été gravée, puis on redescendit. I
Le vingt-cinquième jour, qui était le jour kia-wou, on fit i le sacrifice chan à la Terre au nord de Leang ^)] on y associa l’impératrice Kao ^). Les montagnes, les cours d’eau et tous les dieux y furent conviés suivant ce qui s’était fait auparavant pendant la période yuan-che (i — 5 p.C.) pour le sacrifice dans la banlieue septentrionale ^).
Le quatrième mois, le jour ki-mao, (l’empereur) proclama une amnistie générale pour tout l’empire, et, de la trentedeuxième année kien-won, il fit la première année de la période kien-woîi tchong-y^ian *) (56 p.C.); on exempta des taxes foncières et des redevances en foin et en paille pour toute cette première année les localités de Po ®), Fong-kao °) et Y in g ’).
En un jour faste, on grava un écrit sur des tablettes de jade qu’on mit dans une boîte d’or et on scella cette dernière avec un sceau®). Yç: ]omx yi-yeou, l’empereur chargea
1) Le Leang-fou est une montagne située à 90 H au SE. de la ville de T'ai-ngan\ mais en dehors de cette acception spéciale, ce nom sert aussi à désigner, d’une manière générale, une petite montagne quelconque voisine du pied du T'ai chan (C, III, 20 r°-v°). — L’expression Leang y in „Nord du Leang" est assez vague ; elle pourrait s’appliquer à la colline Cho-cheou (cf. plan du T'ai chan^ n° 173). Cependant les Annales principales {Heou LLan chou I, b, p. 9 v”) disent simplement que le sacrifice chan fut accompli sur le Leang fou.
2) L’impératrice Z?/, femme de Kao tsou^ le fondateur de la dynastie des LLan occidentaux.
3) I.e sacrifice dans la banlieue septentrionale de la capitale est celui qui s’adresse à la Souveraine Terre.
4) Les Annales principales disent que le nom de la période d’années fut changé en tchong-yuan (et non en kien-wou tchong-yuan., ce qui semble être fautif).
5) A 30 li au SE de la ville actuelle de T'ai-ngan\ Sur la fig. 27, la distance paraît beaucoup moindre.
6) Cf. P, 165, n. I.
7) A 50 li à l’E. de l’actuel T'ai-ngan.
8) Voyez plus loin, p. 175.
le t' ai-wei d’accomplir la cérémonie et de se rendre au temple funéraire de Kao [tsoti) ') pour y faire une annonce spéciale ; le t' ai-wei présenta la boîte (d’or) pour faire l’annonce au temple funéraire de Kao [tsou) ; il la plaça dans une niche de pierre pratiquée dans le mur occidental de la salle du temple, au-dessous de la niche où était la tablette funéraire de Kao {tsou).
Kieou T’ang chou, chap, XXIII.
Les cérémonies fong et clian, après l’empereur Kouang-wou (25-57 P-C-) de la dynastie Han, cessèrent d’être accomplies pendant de longues générations. Sous la dynastie Souei, la quatorzième année k' ai-houang (594), Kouang, roi de Tsin, suivi des fonctionnaires de tous rangs, présenta une requête où il demandait avec instances qu’on fit les sacrifices fong et chan\ l’empereur Wen ordonna à Nieou Hong, à Sin Yen-tche et à Hm Chan-sin d’établir et de fixer l’interprétation du cérémonial. La quinzième année (595), l’empereur se rendit à Yen tcheou ; puis, au pied du T'ai cJian, il fit un autel et disposa un sacrifice en se conformant au cérémonial du sacrifice de la banlieue du Sud; mais, en définitive, il revint sans être monté sur la montagne.
La sixième année tcheng-kouan (632), comme on avait triomphé des T'oii-kiue (Turcs) et que les moissons annuelles étaient plusieurs fois parvenues à maturité, les officiers en corps dirent à l’empereur qu’ils le priaient de faire le sacrifice fong sur le T'ai chan-. T'ai tsong leur répondit: „Ceux qui ont pris part à la délibération estiment que les sacrifices
i) A la capitale {Lo-yang = Ho-nan fou).
fong et chan sont d’importantes cérémonies ; mais voici mon propre sentiment: si seulement un empereur fait en sorte que le monde jouisse d’une paix universelle, que les familles aient ce qui leur est nécessaire et que les individus aient ce qui leur suffit, même s’il lui manque les cérémonies fong et chan, il pourra cependant être comparable en vertu à Yao et à Chouen ; si, au contraire, un empereur laisse les cent familles manquer du nécessaire et les barbares Yi et Ti envahir le territoire, il aura beau célébrer les cérémonies fo7ig et cJiatt, quelle différence y aura-t-il cependant entre lui et Kie ou Tcheoiû. Autrefois Ts'in Cke-houang-ti [221 — 210 av. J.-C.) prétendait que sa vertu s’accordait avec les désirs du Ciel et se proclamait souverain-empereur ^) ; il monta faire le sacrifice fong sur le T'ai chan-, il déploya un grand luxe et se vanta; l’empereur Wen (179 — 157), de la dynastie Han, en définitive ne monta point faire le sacrifice fong, mais il pratiqua personnellement la modération et la maîtrise de soi-même; les châtiments furent abandonnés et on n’eut plus à les infliger; or maintenant tout le monde dit que Che-honang fut un souverain cruel et que l’empereur Wen, de la dynastie Ha7i, fut un prince doué de vertu. En raisonnant d’après ces exemples, on voit qu’il ne faut pas mettre sa confiance dans les sacrifices fongç^tchan.Yts rites disent que, „pour témoigner le plus grand respect, on n’élève pas d’autel; on balaie le sol et on sacrifie ^)” ; puisqu’il suffit de manifester une absolue sincérité, qu’est-il donc besoin d’aller au loin gravir une montagne élevée et de faire un tertre de plusieurs pieds de haut?”
Le che-tchong Wang Kouei répondit: „ Votre Majesté a prononcé des paroles vertueuses; Elle a expliqué entièrement
1) Ts'm Che hottang ti fut le premier à prendre le titre de houattg ti par lequel il enten 'ait prouver qu’il réunissait en lui les qualités des trois souverains (5a« hottang) et des cinq empereurs ( Wou tt) de la haute antiquité.
2) Citation du chapitre Li k'i du Li Ki', trad. Couvreur, t. 1, p. 548.
ce qui concerne les sacrifices fong et chan-, moi, votre sujet stupide, je ne pourrais atteindre (à une telle perfection).”
Le surveillant des archives secrètes, Wei Tcheng dit: „A la fin de la dynastie Souei, il y eut de grands troubles; quand le peuple rencontra Votre Majesté, il commença à avoir quelque espoir de vivre; pour le nourrir, vous avez montré une extrême bonté; quant à ce qui est de lui imposer des fatigues, vous vous y êtes refusé. Pour accomplir le rite de monter (sur la montagne pour annoncer) la réussite, il est nécessaire de préparer mille chars et dix mille cavaliers, de faire des dépenses pour les campements, de charger de corvées plusieurs arrondissements; quand la population est fatiguée et troublée, comment pourrait-elle y suffire?”
T'ai-tsong approuva fort ce qu’avait dit ( IVei) Tcheng. Cependant, tant de la capitale que des provinces, les requêtes continuaient à affluer; aussi l’empereur interrogea-t-il les fonctionnaires préposés aux rites sur le cérémonial observé au temps des deux dynasties Han pour le sacrifice fong sur la montagne ; à ce propos, il chargea le tchong-chou che-lang Tou Tcheng-louen d’aller inspecter sur le T'ai-chan les vestiges des autels élevés par les soixante-douze empereurs. Cependant, cette année-là, l’eau des deux fleuves déborda et c’est pourquoi on laissa dormir cette affaire.
La onzième année (637), l’ensemble des officiers proposa de nouveau de faire le sacrifice fo?ig sur la montagne ; on commença donc à en discuter le cérémonial. Alors le précepteur des fils de patriciens [kouo tseu po che) Lieou Po-tchouang, le préfet de l’arrondissement de Mou, Siu Lhig-yen, et d’autres adressèrent chacun de son côté des requêtes au trône au sujet du sacrifice fong-, ils émettaient contradictoirement des opinions sujettes à caution; leurs vues ne concordaient pas, mais ils disaient pour la plupart que, dans le nouveau rituel, le cérémonial des sacrifices et était écourté et incomplet. T'ai-tsong ordonna au surveillant en second des archives
secrètes Yen Che-koii '), au k'ien yi ta fou Tchou Tseu-ch'ô et à d’autres de délibérer en commun avec les lettrés célèbres et les érudits de tout l’empire pour déterminer ce qui était exact et ce qui était erroné; plusieurs dizaines de personnes prirent part à la discussion ; mais elles se trouvèrent tour à tour en désaccord les unes avec les autres et se firent des objections les unes aux autres; ce fut une confusion à laquelle on ne pouvait mettre fin. Alors le tso p'ou-ye Fang Hiuan-ling, le f o-tsin Wei Tcheng et le tchong-tchou ling Yang Che-tao firent un choix étendu pour prendre parmi les diverses propositions celles qui étaient susceptibles d’être mises en pratique quoiqu’elles ne fussent pas conformes aux anciens rites et ils rédigèrent un rapport à ce sujet.
Leur proposition relative à l’autel du Ciel majestueux Empereur d’en haut était ainsi conçue; „Le sacrifice fong préalable qu’on fait lorsqu’on se dispose à accomplir le sacrifice a pour but d’avertir le dieu; en effet il faut d’abord s’acquitter de la cérémonie de demander audience et de témoigner du respect et ensuite on accomplira le rite d’exposer le bonheur et la réussite. C’est pourquoi il faut commencer par exprimer la pureté des intentions à] la base inférieure de la montagne ^), et, quand la prière et l’offrande seront terminées, c’est alors seulement qu’on montera faire le sacrifice fong. Par là on aura montré la profondeur de la gravité et du soin (qu’on apporte à cet acte) et en même
1) Yen Che-kou est célébré par son commentaire du Ts'ien Han chou.
2) Cet autel, comme l’indique le T'ang chou (chap. XIV, p. i r’), était
au bas du T'ai chan . C'est sur cet autel qu’on célébrait
le sacrifice fong au bas de la montagne; ce sacrifice n’était, comme on le voit, qu'une cérémonie préliminaire destinée à annoncer le sacrifice fong qu’on se proposait de célébrer au sommet de la montagne.
3) I.e texte donne la leçon ; qui est certainement fautive ;
il faut lire j|j au lieu de . Cette correction n'est pas la seule que j’aurai à proposer, et ce chapitre du Kieou T'ang chou renferme un assez grand nombre de leçons suspectes.
temps on indiquera que, dans l’accomplissement de ces cérémonies, il y a une gradation. Maintenant donc nous proposons de faire un sacrifice au bas du T'ai chan, et de disposer là un autel sur lequel on sacrifiera à l’Emperenr d’en haut en associant l’empereur King ') aux offrandes. Cet autel sera long de 1 2 tchang {= 1 20 pieds) ^), haut de i tchang et 2 pieds (= 12 pieds).”
La proposition relative à la confection des tablettes de jade était ainsi conçue: „L’or et le jade sont très précieux; leur constitution est ferme et solide. Dans les sacrifices du temple ancestral, dans ceux de la banlieue et dans le sacrifice yin, c’est en or et en jade que sont faits tous les ustensiles et les objets d’offrande; est-ce à dire qu’on a un goût méprisable pour la beauté de ces substances? Non, mais on s’en sert parce qu’on estine leur excellence intrinsèque. Or, (dans cette cérémonie fong), les trois dieux ^) sont un magnifique spectacle et la vaste renommée (de cette cérémonie) dure pendant dix mille générations; c’est le rite le plus sublime; en l’accomplissant, il y faut mettre du luxe. Les tablettes de jade et les lattes de jade ont un grain très serré et des qualités surnaturelles parfaites; elles se transmettent indéfinément, se conservant toujours et ne s’altérant point. Maintenant, nous proposons que les tablettes de jade aient en longueur i pied et 3 pouces et qu’elles aient 5 pouces en largeur et aussi en épaisseur^); que les lattes de jade soient
1) ^Empereur King" est le titre qui fut décerné rétrospectivement en 618 au grand-père de Kao-tsou^ fondateur de la dynastie T'ang (T'ang chou^ chap. I, p. 3 r”).
2) L’édition de Chang-hai (1888) donne par erreur la leçon: 13 tchang.
3) Ces trois divinités sont le Ciel souverain Empereur d’en haut et les deux empereurs défunts qui lui sont associés.
4) Le T'ang chou (chap. XIV, p. l r°) donne une indication identique; à la prendre au pied de la lettre, les tablettes de jade auraient été des prismes quadrangulaires aussi épais que larges, ce qui est a priori bien peu vraisemblable. Le texte du Song che (chap. CIV) que nous traduit ons plus loin, nous permet de lever la difficulté : les tablettes mesuraient 5 pouces en
épaisses de 2 pouces ') ; que leur longueur et leur largeur soient identiques à celles des tablettes de jade. Quant à l’encoche qui y est pratiquée pour le sceau, nous proposons qu’elle ait les dimensions du sceau '). On les ficellera avec un cordon d’or faisant cinq fois le tour.”
La proposition relative aux liasses de fiches de jade était ainsi conçue; „Dans les sacrifices fong et clian on associe solennellement (des personnages) pour jouer le rôle de maître de maison et à tous on présente des liasses de fiches de jade pour leur offrir respectueusement un témoignage d’attentive sincérité. Maintenant ces liasses seront au nombre de quatre; chacune d’elles sera longue de i pied et 3 pouces, large de i pouce et 5 fen, épaisse de 5 fen-, chaque liasse comprendra 5 fiches *) reliées par un fil d’or. La première
largeur et i pouce en épaisseur; mais, comme elles étaient au nombre <ie 5, elles formaient, quand elles étaient réunies^ un prisme quadrangulaire aussi épais que large. Nous avons signalé la même obscurité de rédaction dans le Heou Han chou (cf. p. 162, n. 2).
1) Quand les cinq tablettes de jade avaient été mises les unes sur les autres, on plaçait une latte de jade par-dessus et une par-dessous pour les protéger ; ces lattes avaient même longueur et même largeur que les tablettes, mais étaient deux fois plus épaisses que chacune d'eUes.
2) Les tablettes étant placées entre les deux lattes, on ficelait le tout avec un lien d’or qui faisait cinq fois le tour et on scellait l’extrémité de ce lien au moyen d'un sceau qui mesurait, comme nous le verrons plus loin, t pouce et 2 dixièmes de côté, i’our recevoir ce sceau, on pratiquait dans une des lattes de jade une cavité quadrangulaire de dimensions appropriées.
3) Chacune de ces liasses comprenait, comme on le lira plus loin,
5 fiches .
4) Puisque chaque liasse était épaisse de 5 dixièmes de pouce et comptait 5 fiches, chaque fiche devait donc être épaisse de i dixième de pouce ; elle était, d'autre part, longue de I pied et 3 pouces et large de i pouce et 5 dixièmes. Nous trouvons cependant plus loin l'indication des dimensions pour les fiches de jade employées en l’an 666, lors du sacrifice fong au pied de la montagne: longueur, i pied et 2 dixièmes; largeur, i pouce et 2 dixièmes; épaisseur 3 dixièmes de pouce. Toutes ces dimensions s’accordent bien avec ce que nous savons des anciennes fiches sur lesquelles on écrivait avant l’invention du papier; comme ces anciennes fiches, les fiches de jade ne devaient recevoir chacune qu’une seule ligne d’écriture. C’est en effet ce qui
liasse sera présentée à l’Empereur d’en haut; la seconde, au siège de T'ai tsou\ la troisième, à la divinité de la souveraine Terre ; la quatrième, au siège de Kao tsoii."
La proposition relative à la boîte d’or était ainsi conçue : „Les liasses (de fiches) destinées à ceux qui sont associés lorsqu’on monte (faire le sacrifice) sont placées dans une boîte d’or qu’on dépose au retour dans la chambre du temple funéraire de Yi tsou *). Nous proposons maintenant que la longueur de cette boîte soit telle qu’elle puisse contenir les liasses (de fiches) de jade ; que sa hauteur et sa largeur soient chacune de 6 pouces; que sa forme soit celle de la boîte dans laquelle on dépose actuellement les requêtes au trône ; on la ficellera avec un lien d’or qu’on scellera avec un ciment d’or sur lequel on imprimera le sceau du pouvoir impérial conféré par le Ciel.”
La proposition relative aux pierres quadrangulaires qu’on empile l’une sur l’autre était ainsi conçue: ,, Autrefois on se bornait à placer les tablettes de jade dans une boîte en pierre qui était analogue aux étuis dans lesquels on mettait les livres ^ ; c’est pourquoi on l’appelait parfois l’étui de pierre ;
nous est attesté par un fait que rapporte l’auteur du Tai lan (chap. VII, p. 15 v'*): en 1747, on trouva au sommet du T'ai chan deux boîtes de jade ; on ouvrit l’une d’elles ; elle contenait : 7 fiches de jade qui dataient de l’année 1008 où l’empereur T chen tsojig célébra le sacrifice fong\ chaque fiche avait une seule ligne d’écriture (cf. p. 60, lignes 12 — 2l).
1) Yi tsou est un terme qui vient du Chou king (chap. Chouen tien Legge, C. C., III, p. 37) où il est dit que, lorsque Chouen eut terminé sa tournée d’inspection, il revint au temple de l’Ancêtre Parfait {yi tsou) et immola un boeuf. Dans les Mémoires historiques de Sseu-ma Ts'ien (trad. fr., t. I. p. 64, n. 3), le terme de yi tsou est remplacé par celui de „grandpère et père défunt”. En définitive, il semble bien que yi tsou ne désigne pas une personne déterminée, mais les ancêtres de l’empereur en général, et plus particulièrement son père et son grand-père ; le temple de Yi tsou n’est donc pas autre chose que le temple ancestral de l’empereur. Plus loin cependant, en traduisant la grande inscription de 726, nous aurons l’occasion de remarquer que le terme yi tsou s’applique parfois plus spécialement au grandpère de l’empereur.
2) Au temps où les livres étaient écrits sur des fiches de bois.
maintenant nous proposons qu’on prenne trois pierres rectangulaires pour les empiler l’une au-dessus de l’autre. Pour les dix lattes de pierre on les dressera dans des encoches qu’on aura pratiquées sur les quatre côtés (du bloc formé par) les pierres rectangulaires ') ; on ficellera le tout avec un lien d’or qu’on scellera avec un ciment de pierre sur lequel on imprimera le sceau du pouvoir impérial conféré par le Ciel.”
La proposition relative à l’autel rond au sommet de T'ai chan était ainsi conçue: „Qu’il y ait des chemins qui s’ouvrent sur quatre issues, c’est la règle générale pour les autels et les aires; qu’on entre et qu'on monte par la face Sud, c’est ce qui est autorisé pour la célébration du sacrifice. Maintenant nous proposons que l’autel rond sur le grand sommet soit large de 5 tchang (= 50 pieds) et haut de 9 pieds; qu’on se serve de terres des cinq couleurs pour l’élever; sur chacune des quatre faces qu’on établisse un escalier; la place de l’empereur sera au Sud de l’autel; il montera par l’escalier du Sud et, parvenu en haut, il scellera les tablettes de jade.”
La proposition relative au tertre de terre au sommet de l’autel rond ■*) était ainsi conçue : „Toutes les fois qu’on emploie le mot fong, c’est pour désigner un amas de terre; lorsqu’on institue des bénéfices en répartissant des apanages, c’est aussi parce qu’on distribue (des mottes de terre servant de) dieux du sol qu’on donne ce nom (de fong au fait de
1) Cf. p. 23, fig. 6 (où il faut lire „dix”, et non „ douze” lattes de pierre).
2) Cet autel est celui sur lequel on édifie le coffre de pierre qu’on recouvre ensuite d’un tumulus de terre.
3) Le terme fÇ désigne le je houan fong., qui était regardé comme
le point culminant du T'ai chan. Voyez plus haut, p. 60, n° 23.
4) L’expression |^| ne peut désigner ici que l’autel rond Il|i®
dont il a été question dans le paragraphe précédent. C’est sur cet autel rond qu'on élevait le tertre recouvrant le coffre de pierre.
conférer) un apanage) ') ; on voit donc quel est le sens qu’on a en vue quand on parle des sacrifices fong et chan '‘‘). Maintenant nous proposons que, au sommet de l’autel rond, on établisse les pierres quadrangulaires ^) ; quand on aura fini de les sceller et de les ficeler, on ajoutera de la terre qu’on entassera de manière à faire un tumulus {fong') haut de I tchang et 2 pieds (= 12 pieds) et large de 2 tchang (=20 pieds); on ajoutera au tumulus des terres des cinq couleurs et les tablettes de jade seront placées à l’intérieur. Pour ce qui est de la terre du sacrifice chan, la forme du tumulus sera aussi telle.”
La proposition relative au sceau de jade était ainsi conçue: „En consultant avec soin les anciens écrits, nous avons constaté que, pour le scellement du lien des pierres quadrangulaires et pour le ciment d’or des lattes de jade, on doit se servir de l’empreinte d’un sceau pour assurer le secret et la bonne fermeture. Maintenant nous proposons que, conformément aux ordonnances, on se serve du sceau du pouvoir impérial conféré par le Ciel pour sceller les lattes de pierre; mais, pour ce qui est des lattes de jade, comme leurs dimensions ne sont pas les mêmes que celles des lattes de pierre, nous proposons qu’on fabrique un autre sceau qui sera un carré de i pouce et 2 fen de côté et qui aura la même suscription que le sceau du pouvoir impérial conféré par le Ciel; on s’en servira pour sceller les tablettes de jade ^). La forme des lattes de pierre sera
1) Sur la cérémonie de l’investiture per glebam, voyez le chapitre LX de Sseu-tna Ts'ien.
2) En d’autres termes, le nom même de la cérémonie fong prouve qu’elle doit comporter l’érection d’un tumulus. Ce tumulus paraît n’avoir pas existé à l’époque des Han (voyez plus loin, p. 1 79, lignes 2 — 8).
3) Les trois pierres quadrangulaires formant le coffre de pierre à l’intérieur duquel on a logé la prière écrite sur des tablettes de jade.
4) Plus exactement : pour sceller les lattes de jade recouvrant la boîte contenant les tablettes (cf. p. 182, lignes i — 9).
conforme aux précédents établis pendant la période kien-zvou (25 — 55 p.C.) de la dynastie Han\"
La proposition relative à l’érection d’une stèle était ainsi conçue: „On fait une inscription sur une pierre et on y rappelle les titres (de l’empereur) pour manifester et exalter son oeuvre glorieuse. Sur l’autel du sacrifice au sommet de la montagne, sur celui du sacrifice chan au bas de la montagne et sur celui où l’empereur donne audience plénière, on érige une stèle pour commémorer cela
La proposition relative à l’autel sur lequel on annonce l’arrivée était ainsi conçue: „Quand (l’empereur) est arrivé au bas de la montagne, les rites veulent qu’il procède à l’annonce de l’arrivée; il allume un bûcher du côté de l’Orient pour l’Empereur d’en haut; il fait de loin les sacrifices (aux montagnes et aux cours d’eau) en suivant l’ordre prescrit; il honore à la ronde tous les esprits. Nous proposons maintenant que cet autel soit un carré de 81 pieds de côté, et qu’il soit haut de 3 pieds; les escaliers là aussi formeront quatre issues *). Pour ce qui est du sacrifice chan, nous proposons que l’autel carré et tout le reste du cérémonial ‘‘) soient conformes au rite que nous venons de décrire ; nous proposons aussi qu’on célèbre simultanément le sacrifice sur un bûcher, comme le veut la règle, et les sacrifices faits de loin (aux montagnes et aux cours d’eau) suivant l’ordre prescrit.”
La proposition relative à l’abandon des piliers de pierre ^)
1) Cf. p. 162, lignes 7 — 14.
2) Il y a donc en tout 3 stèles, chacune étant placée auprès de l’un des trois autels précités.
3 ) Cet autel pour annoncer l’arrivée , qui est au pied de
la montagne, paraît ne faire qu’un avec l’autel du sacrifice /o/ig au pied de la montagne (cf. p. 1 72, n. 2).
4) Au lieu de |
. , l’édition du Tch'ôkiangchoti X'/k( 1872) donne la leçon
„et tout le reste des cérémonies prévues par la règle.”
5) Dans le récit de Ma Ti-po qui accomj>agna l’empereur Kouang-wou
;t des pierres d’entourage grandes et petites ') était ainsi :onçue: „Quand on plaçait des contreforts en pierre, on Lvait en vue d’assurer la solidité; à l’origine cela offrait me utilité réelle: comment pourrait-on dire que c’était un ûmple ornement? Quand ensuite on a entassé de la terre ît qu’on a fait un gros tumulus, cela suffit à assurer (à la :onstruction) une durée éternelle comme celle du ciel et le la terre. Quand aux petites pierres d’entourage qui mcerclent l’autel et quand aux piliers de pierre qui sont Iressés tout autour, c’est là une chose dont les livres Massiques ne parlent point et qui n’est d’aucune utilité pour les rites et pour la justice; c’est une superfétation qui l’est point nécessaire. Nous proposons qu’on les retranche.”
T'ai tsong approuva ces propositions et ordonna qu’elles Fussent annexées aux rituels.
La quinzième année (641), il rendit un décret pour annoncer qu’il se proposait d’aller accomplir les cérémonies sur le T'ai chan. Il ordonna derechef aux ducs du palais, aux hauts dignitaires et à tous les lettrés de fixer minutieusement le cérémonial. Le t'ai tch'ang k'ing (chef du bureau des cérémonies religieuses) Wei T'ing et le che-lang du ministère des rites Ling-hou Tà-fen furent nommés préposés aux sacrifices fong et chan et chargés d’examiner en commun les propositions qui seraient faites; cette fois encore, ceux
lorsque celui-ci célébra le sacrifice fong en 56 p.C., on trouve une description de l’autel élevé au sommet du T'ai chan (^Heoti Han chou^ chap. XVII, p. 4 r°): des quatre côtés, dit Ma Ti-po se trouvaient des piliers. Il faut se représenter sans doute ces piliers comme analogues à ceux de la sépulture de la famille Wou^ à Kia-siang hien du Chan tong^ ou à ceux du T'ai che^ du Chao che et de la mère de K'i à Teng fong hien du Ho-nan\ placés par paire, ces piliers formaient une sorte d’entrée monumentale; il y avait quatre paires de ces piliers disposés aux quatre points cardinaux autour de l’autel sur lequel on faisait la cérémonie fong au sommet de la montagne.
l) Dans le cérémonial des Han (cf. p. 163, lignes 2 — 12), les pierres d’entourage étaient de deux sortes: les unes étaient les gros contreforts qui appuyaient leurs têtes sur les angles du coffre de pierre; les autres étaient les petites
qui prirent alors part à la discussion défendirent des opinions divergentes. Yen Che-kou adressa un rapport à l’empereur pour développer et éclaircir ses propositions précédentes; T'ai tsong examina sa requête et prit en général ses décisions conformément à ce qu’avait exposé [Yeri) Che-kou. Cependant lorsque l’équipage impérial arriva au palais de Lo-yang, il y eut le prodige d’une comète; alors un décret fut rendu pour annoncer que cette entreprise était abandonnée.
Quand Kao-tsong (650 — 683) eut pris le pouvoir, les ducs du palais et les hauts dignitaires lui proposèrent à diverses reprises de faire les sacrifices fong et chan\ lorsque Tsof ien ’) eut été nommée impératrice, elle l’y poussa aussi secrètement. Le deuxième mois de la deuxième année lin-tô (665), l’équipage impérial quitta la capitale pour aller dans l’Est faire une inspection des fiefs. Un décret ordonna aux fonctionnaires des rites et aux lettrés au vaste savoir de fixer par sélection le cérémonial des sacrifices fong et chayi. On fit le sacrifice au jour wou-tch' en, premier du premier mois de la première année k'ien-fong (666). Préalablement, les fonctionnaires de service s’étaient purifiés pendant les sept jours précédant le sacrifice. Au point du jour ^), le t'ai-wei harangua les fonctionnaires de tout rang sur l’esplanade centrale du cortège impérial en disant: Le premier jour du prochain mois on fera le sacrifice fong^)-, le deuxième jour, on montera faire le sacrifice fong sur le T'ai chan\ le troisième jour, on fera le sacrifice chan sur
pierres levées qui faisaient comme une ceinture autour de l’autel. Les T'afig conservèrent les premières et renoncèrent aux secondes; ils supprimèrent aussi les piliers.
i) La fameuse impératrice JVou qui exerça plus tard la régence pend.int de longues années.
2) Il me semble
3) Au moment où commençait la période de jeûne, c’est-à-dire sept jours avant le premier du premier mois de la première année k'ien-fong.
4) Le sacrifice fong au pied de la montagne.
le Cho-cheou *). Que chacun de vous s’acquitte avec zèle de ses fonctions; pour ceux qui ne rempliraient pas leurs obligations, le gouvernement a des châtiments réguliers.”
L’empereur se purifia dans le palais de voyage pendant quatre jours ; quand fut arrivé le troisième jour de purification, les fonctionnaires attachés à la personne de l’empereur et qui devaient faire l’ascension à sa suite, ainsi que tous les fonctionnaires qui prenaient part à la cérémonie et les envoyés étrangers des diverses régions se purifièrent tous pendant une nuit dans les bâtiments officiels de leurs administrations respectives.
Un jour avant le sacrifice, les gardes du corps ordonnèrent à leurs subordonnés de disposer, un quart-d’heure après l’heure wei (i — 3 heures de l’après midi), la moitié des armes appartenant à l’étendard jaune en dehors du talus extérieur pour se purifier là pendant une nuit avec les musiciens.
Les fonctionnaires que cela concernait firent un autel rond à quatre li au Sud du Pic majestueux ; il eut trois étages et douze escaliers et fut conforme aux règles qu’on observe pour le tertre rond % Le sommet de l’autel fut peint en vert, et les quatre côtés de la couleur appropriée au côté auquel ils correspondaient respectivement. En même temps on fit un autel pour l’offrande qui devrait être brûlée, et trois rangs de talus. On fabriqua en outre trois liasses de fiches de jade qui étaient toutes formées de fiches de jade reliées entre elles par un lien d’or; chaque fiche était longue de I pied et 2 pouces, large de i pouce et 2 fen, épaisse de 3 fen^)\ des caractères d’écriture y furent gravés sur le
1) Cf. le chapitre ^Description du T'ai chan"^ n° 173.
2) Il s’agit de l’autel sur lequel on célèbre le sacrifice fong au pied de la montagne {fong sseu t'an).
3) L’expression désigne le T'ai chan.
4) C’est-à-dire l’autel sur lequel on sacrifie au Ciel dans la banlieue méridionale de la capitale.
jade et remplis d’or. En outre, on fit une boîte de jade è pour y placer la liasse de jade destinée à la divinité e principale; cette boîte était longue de i pied et 3 pouces; ( avec les lattes de jade (qui l’entouraient), elle formait (en i( hauteur et en épaisseur) un carré de 5 pouces de côté; à ( l’endroit où devait passer le lien, on incisa cinq rainures; I à l’endroit où devait être apposé le sceau, on incisa une cavité de 2 /en de profondeur et de i pouce et 2 fen en long et en large. En outre, on fit deux boîtes en or pour y i placer les liasses de fiches de jade destinées aux (personnages jouant le rôle d’)assistants ') ; les dimensions de ces boîtes étaient identiques à celles de la boîte de jade. En outre, : on prépara des liens d’or jaune pour ficeler la boîte de jade; chacun de ces liens faisait cinq fois le tour. On fit du ciment d’or pour la boîte de jade et les boîtes d’or. On fit un sceau de jade ayant la forme d’un carré de i pouce et 2 fen de côté et portant la même suscription que le sceau du pouvoir impérial conféré par le Ciel; il était destiné à sceller la boîte de jade et les boîtes d’or. En outre, on fit un coffre de pierre (afin de recevoir) la boîte de jade; on employa pour cela (trois) pierres carrées qu’on superposa; chacune d’elles avait cinq pieds de côté et était épaisse de I pied ; on pratiqua une cavité à l’intérieur des pierres carrées de manière à ce qu’elle pût contenir la boîte de jade. Sur les côtés du coffre de pierre, dans tous les endroits où devaient s’appliquer les lattes (de pierre), on fit des incisions profondes de 3 pouces et 3 fen et larges de I pied. Dans tous les endroits où devait passer le lien, on fit des incisions profondes de 3 fen et larges de i pouce et 5 fen. On fit 10 lattes de pierre pour encadrer le coffre de pierre; chacune d’elles était longue de 3 pieds, large
i) Les empereurs défunts Kao tsoti et T'-ai tsong auxquels on sacrifiait comme aux assistants de la divinité.
de I pied, épaisse de 7 pouces. Sur toutes on fit des entailles de 4 pouces de profondeur formant une encoche pour le sceau et 3 rainures (pour les liens); aux endroits où devait être apposé le sceau, ces entailles formaient un carré de 5 pouces de côté; aux endroits où devaient passer les liens, elles étaient larges de i pouce et 5 fen ; pour toutes il y avait de petits couvercles de pierre façonnés à la mesure des entailles pratiquées sur les lattes; on enfonça les lattes dans du ciment qui les scellait ; ces lattes se trouvèrent ainsi dressées sur les côtés du coffre de pierre; il y en avait 3 au Sud et 3 au Nord, 2 à l’Est et 2 à l’Ouest; elles étaient toutes à 7 pouces de distance des angles du coffre. En outre on fit des liens d’or *) pour ficeler le coffre de pierre; chacun de ces liens faisait cinq fois le tour et avait 3 fen de diamètre. On fit du ciment de pierre pour luter le coffre de pierre; ce ciment était formé de poudre de pierre mêlée à des terres des couleurs correspondant aux directions. On fit 12 contreforts de pierre qu’on distribua en les superposant (3 par 3) pour renforcer les angles du coffre de pierre; chacun de ces contreforts était large de . 2 pieds et long de i tchang (= 10 pieds); sa tête était taillée en double biseau pour s’adapter exactement à l’angle du coffre.
Au sommet du T'ai chan on établit l’autel de la cérémonie fong qu’accomplirait l’empereur quand il monterait sur la montagne ; cet autel avait au sommet un diamètre de 5 tchang (= 50 pieds) ; il était haut de 9 pieds et avait 4 escaliers servant d’issues; le sommet de l’autel était peint en vert et les quatres faces étaient de la couleur appropriée à la région correspondante. Un talus unique se conforma à la disposition du terrain. Quant aux tablettes de jade, à la boîte de jade, au coffre de pierre, aux lattes de pierre.
i) Il y en avait 3.
aux contreforts de pierre, tout cela fut semblable aux modèles adoptés pour le sacrifice fong ’).
En outre, on fit sur la montagne Ch'ô-cheon l’autel (du sacrifice) cha7i (que devait célébrer l’Empereur quand il serait) descendu (du T'ai chan)\ c’était un autel octogonal; il avait un étage et huit escaliers et il était conforme aux règles qu’on observe pour le tertre carré; le sommet de l’autel était peint en jaune et chacun de ses quatre côtés était de la couleur appropriée à la région à laquelle il correspondait; un triple talus suivait la configuration du terrain. Quant aux tablettes de jade, à la boîte de jade, au coffre de pierre, aux lattes de pierre, aux contreforts de pierre, cela aussi fut conforme aux règles adoptées pour le sacrifice fong.
Le douzième mois de cette même année (665) l’équipage impérial arriva au pied du T'ai chan. Un fonctionnaire présenta à l’empereur une explication du cérémonial où il disait: „Pour le sacrifice fong, Kao tsoji (618 — 626) et T'ai tsong (627 — 649) y seront associés ensemble ; pour le sacrifice chan sur le Clio-cheou, l’impératrice T'ai-mou ^) et l’impératrice Wen-to y seront associées ensemble, et ceux qui s’acquitteront des rites de l’offrande secondaire et de la dernière offrande seront tous des ducs du palais et des hauts dignitaires.”
L’impératrice ®) fit alors une requête contradictoire où elle disait: „En examinant avec respect les rites prévus pour le sacrifice fong- (qu’on célébrera au sommet (du T'aichan), (je constate qu’)ils dépassent de fort loin ceux qui étaient pratiqués dans l’antiquité; mais, pour ce qui est du cérémonial prévu pour le sacrifice chan qu’on célébrera
1) Le sacrifice fong au bas de la montagne.
2) L’auteur reprend maintenant son récit au moment où le cortège impérial arrive au pied du T'ai chan.
3) î'emme de Kao tsou.
4) Femme de T'ai tsong.
5) L’impératrice IV^ ou Tso-t'ien,
en bas (du T'ai chan) j’estime qu’il est insuffisant; en ce jour où on sacrifiera à la divinité de la Terre, on associe glorieusement à la divinité des impératrices défuntes; mais, lorsqu’il s’agit de célébrer le sacrifice, on y emploie uniquement des ducs du palais et des hauts dignitaires. Je crains, dans ma modeste sincérité, que cela ne soit pas parfaitement convenable; en effet, pour le Ciel et la Terre il y a des places bien déterminées et le dur et le mou ont des valeurs différentes; d’après ce qu’expose la doctrine des livres classiques, le cérémonial féminin et le cérémonial masculin sont donc distincts; lorqu’il s’est agi de constituer des associés pour l’autel féminin, on s’est conformé au sexe de la divinité de la Terre; (d’autre part), présenter les offrandes parfumées dans des vases de jade, cela relève proprement des attributions de la femme ; d’ailleurs, puisqu’on invite les augustes impératrices défuntes à venir en personne participer au précieux festin, pourquoi ordonne-t-on à de hauts fonctionnaires de sexe masculin de s’immiscer à des sacrifices parfaits offerts à des femmes? Si on raisonne en bonne logique, il y a là quelque chose qui jette le désordre dans une excellente ordonnance. Bien que l’origine des prescriptions rituelles ait pris naissance dans les statuts de l’antiquité, les règles relatives à l’ascension et à la descente (du T ai chan) étaient encore trop défectueuses pour être des combinaisons de longue durée; en effet, quand les souverains des anciennes dynasties allèrent faire le sacrifice fong sur le pic, quoiqu’ils prétendissent mettre ainsi en lumière le nom de leur dynastie, les uns, tout en prétextant d’inspecter au temps voulu les moeurs de leur peuple, avaient pour désir d’obtenir l’immortalité des génies, les autres, espérant acquérir de la renommée par de (prétendus) sentiments (désintéressés), ne s’occupaient profondément que de leur propre personne. Comment ces souverains seraientils comparables à vous qui, après avoir étendu votre action
transformatrice jusqu’aux quatre extrémités du monde, en reportez la gloire à vos divins aïeux, et qui, après avoir dépassé par votre sagesse le Ciel et la Terre, en faites revenir le mérite à la vertu de vos ancêtres? Pourquoi devriezvous vous conformer à des règles surannées et renoncer à instituer une réglementation parfaite ? Moi, votre servante, je réside par erreur dans le gynécée odorant, je demeure par usurpation dans le harem parfumé ; mais, comme mes attributions sont de servir à manger dans l’intérieur de la maison et comme mes occupations sont de faire cuire et de goûter les mets, j’ai le devoir de m’acquitter de cette tâche envers les défuntes, j’ai le droit de donner de l’éclat à l’offrande des plantes aquatiques p'in et tsao '). Cette pensée infinie se noue au plus profond de mon coeur; mes sentiments de respect en vérité sont intenses lorsqu’il s’agit de donner de l’éclat à ces sacrifices. De bonne heure le privilège m’a été ôté de préparer le lit de mes parents et de les saluer^); j’ai été privée de la possibilité de les servir le matin et le soir; maintenant qu’il est question de faire une auguste offrande, comment pourrais-je rester tranquille au milieu des tentures et des baldaquins? C’est pourquoi, harcelée de préoccupations quand je suis couchée pendant la nuit, je songe au quartier des femmes et je dresse vers lui mon âme; accablée de soucis quand je suis levée pendant le jour, je pense à la banlieue de Leang et je laisse aller vers elle mon coeur. J’espère humblement que, le jour où on accomplira la cérémonie, je pourrai me mettre à la tête des six départements du harem et de toutes les femmes qui ont des charges officielles soit dans le palais,
1) Ces plantes étaient offertes aux sacrifices adressés à des femmes.
2) Le devoir d’un enfant est de disposer la literie de ses parents le soir et de venir les saluer le matin. Cf. Li ki^ chap. K'iti li^ I, 2, trad. Couvreur, t. I, p. II.
3) La montagne Ch'o chcou sur laquelle devait se faire la cérémonie chan pouvait être considérée comme se rattachant au Lcang-fou\ cf. p. 168, n. i.
soit au-dehors, pour aller présenter en personne les offrandes. Dans l’espérance de manifester mon respect (aux âmes défuntes) comme si elles étaient en vie, et dans mon intention d’accomplir un cérémonial de respect, j’ai accumulé cette faible sincérité et j’ai retenu ma respiration. Puisque nous sommes au moment où le cortège impérial va recevoir l’ordre de se tenir sur ses gardes, et comme l’offrande de l’anneau de jade ne va plus tarder, je fais connaître promptement mes sentiments intimes dans l’espérance d’ajouter quelque chose à l’auguste cérémonie. Je souhaite que votre sainte Majesté promulgue une règle qui se répandra éternellement dans les statuts parfumés, et je souhaite que le faible éclat du ver luisant et de la chandelle ajoute sa clarté à celle du soleil et de la lune”.
A la suite de cette requête, dans le sacrifice offert à la divinité de la Terre sur le Leang-fou, ce fut l’impératrice qui fut chargée de l’offrande secondaire et ce furent les principales épouses des rois qui furent chargées de la dernière offrande.
Le jour ping-tch'en ‘), l’ex lo cho fou kouo yi Li King-tcheng fit une dissertation au sujet de l’eau pure dont il fallait remplir les coupes dans les sacrifices fong et chan ; (cette dissertation était ainsi conçue:) ^Houai-nan tseu dit: „Quand
1) Douze jours avant le premier jour du premier mois de l’année 666.
2) La discussion qu’on va lire est assez curieuse. Elle suppose tout d’abord
une idée qui existait depuis fort longtemps dans l’esprit Chinois, à savoir
que le soleil est le principe du feu tandis que la lune est le principe de
l’eau. La première proposition se comprend d’elle-même et déjà Prométhée avait ravi le feu au soleil ; quant à la seconde proposition, il est assez
facile d’en apercevoir l’origine; en effet, comme c’est par les nuits claires que la rosée tombe le plus abondamment, on est porté à penser que c’est
la lune qui produit la rosée. Aussi n’est-il point surprenant de retrouver cette même croyance dans l'antiquité classique; Lucien {Icaroménippc, 13), racontant les merveilleux voyages de Ménippe au plus haut des airs, nous le montre en conversation avec Empédocle qu’il rencontre dans la lune ; Empédocle, projeté dans la lune par l’Etna, habile cet astre et s’y nourrit de rosée. Pline l’ancien (Hist, Nat., XX, i) dit que le soleil dévore les eaux et que
le fang-tchou fait face à la lune, il devient humide et cela
la lune les produit „aquas sole dévorante, luna parieçte”. Dans la Pharsale de Lucain (VI, 506), la lune maîtrisée par les enchantements d’une magicienne de Thessalie s’approche pour cracher sa salive sur les herbes préparées pour la recevoir.
Donec suppositas propior despumet in herbas. Voyez, pour plus de détails, Roscher, Über Selene tind Verivandtes^ p. 49 et p. 86.
Ce feu du soleil et cette eau de la lune sont d’une pureté absolues ; aussi les Chinois estimaient-ils qu’il importait d’en recueillir pour les usages rituels des sacrifices.
Les instruments au moyen desquels on obtenait du feu étaient le yang souei
ce dernier, destiné aux usages domes-
tsouan sotiei 3
tiques, produisait le feu par la friction d’une cheville de bois à l’intérieur d’une pièce de bois percée d’un trou; c’est de cet instrument que Houai-nan tsen dit (chap. XVII, p. 16 v°); „Quand on se sert du souei pour prendre le feu, si on opère avec trop de lenteur, on n’obtient rien ; si on opère trop vite, on ne réussit pas” ; comme cet appareil tirait le feu du bois on l’appelait parfois le mou souei (commentaire de Kia Koug-yen au Tcheou li^
chap. XXXVI, à la fin). Quant au yang sotiei^ qui était réservé aux usages religieux et qui est le seul dont nous ayons à nous occuper ici, il tirait le feu du soleil et c’est ce qu’exprime son nom qui signifie le souei du principe yang\ c’était un miroir métallique. Pour produire de l’eau pure, on n’avait recours qu’à un seul instrument qui était disposé de manière à recueillir la rosée, c’est à dire l’humidité produite par la lune ; c’était aussi un miroir métallique qu’on appelait tantôt kien (= miroir), tantôt fang tchou^ tantôt kien Ichou (miroir tchoti) ; c’est sans doute un objet de ce genre que portait le génie de bronze placé en 115 av. J.-C. par l’empereur Wou au sommet du belvédère Po leang (cf. Sseu-ma Ts'ien^ trad. fr., t. III, p. 471, n. 2). Ces deux sortes de miroirs sont souvent cités dans la littérature chinoise ; Hottai-nan tseu (chap. VI, p. 2 v°) écrit cette phrase, reproduite plus tard par IVang Tc/i'ong: „Le yang-souei prend le feu au soleil; le fang-tchou prend la rosée à la lune;” le Tcheou H (article du sseu hiuan^ trad. Biot., t. II, p. 381) dit: „Le préposé à la lumière se sert Am foti-souei pour prendre le feu pur au soleil ; il se sert du miroir (kien) pour prendre l’eau pure à la lune”. Il semble donc bien établi que les instruments dont on se servait pour recueillir le feu du soleil et l’eau de la lune étaient deux sortes de miroirs métalliques. En l’année 666, cependant, le texte que nous traduisons en ce moment prouve qu’on proposa une autre explication des anciens usages ; comme on le lira plus loin, on avait éprouvé quelques insuccès en cherchant à recueillir de la rosée au moyen du miroir métallique; Ping Tcheng prétendit que la cause en était qu’on n'avait pas bien compris ce que disaient les textes antiques; un passage de Houai non iseu^ que je n’ai pas pu retrouver dans les oeuvres assez volumineuses de cet écrivain, semble en effet établir que le fang Ichou n’était pas un miroir; d'après le commentateur Kao l'tw, c’était une huître
produit de l’eau*)”. Kao Yeou dit dans son commentaire: „Le fang-tchou ou yin-sotiei^) est une grande huître; après l’avoir frottée pendant longtemps de manière à la rendre chaude, si on la tourne vers la lune, de l’eau se produit; on recueille celle-ci dans un bassin de cuivre; il en tombe plusieurs che Wang Tch'ong dit dans son Louen hefig: „Le yang-souei prend du feu au soleil; le fang-tchou prend de l’eau à la lune. Ces deux astres sont extrêmement éloignés de nous; si cependant le feu arrive et si l’eau vient, c’est la preuve qu’il y a eu une influence exercée sur les émanations.” Le cérémonial du livre des Hayi dit : „Au huitième mois, lorsqu’on boit le vin tcheou, l’empereur accomplit la cérémonie de l’examen (de la victime) le soir; avec le kien-tchou on prend l’eau de la lune; avec le yang-souei on prend le feu du soleil.” Le chapitre k'ao kong ki du Tcheou H dit: „I1 y a six sortes d’alliages métalliques; celui qui est composé d’or et d’étain par parties égales est celui qu’on appelle l’alliage du kien et du souei ^).” Le commentaire de Tcheng Hiuan dit: „Le kien et le souei sont des instruments qui servent à prendre l’eau et le feu au soleil et à la lune.” D’après ce commentaire de Tcheng, les instruments pour l’eau et le feu sont faits tous deux
de très grandes dimensions; en se fondant sur cette explication, King Tcheng déclarait qu'il fallait renoncer au miroir métallique et avoir recours à une huître, ou plus vraisemblablement à une écaille d’huître, de plus d’un pied de diamètre.
1) Ce texte est obscur. On va lire l’explication qu’en donne Kao Yeotf, mais elle lui est personnelle et ne saurait prouver que Houai-nan tseu luimême considérât le fang tchou comme une huître.
2) Le terme y in souei est formé par analogie avec yang souei] celui-ci étant le souei du principe yang, c’est à dire du feu, le yin souei sera le sottei du principe yin, c’est à dire de l’eau.
3) Le che est une mesure de dix boisseaux (Jeoti).
4) Cf. Ts'-ien Han chou, chap. XIV, p. 2 r°.
5) C’est à dire l’alliage avec lequel on fabriquait le miroir kien destiné à recevoir l’eau pure et le miroir yang souei destiné à prendre le feu du soleil. Cf. Tcheou U, trad. Biot. t. II, p. 492.
d’or et d’étain. Maintenant, le (fonctionnaire appelé) sseu-tsai possède le souei du principe yang\ sa forme est celle d’un miroir rond ; il sert à prendre le feu pur ; le kien du principe yin a la forme d’un miroir carré; il sert à prendre l’eau pure. Cependant, lors des sacrifices de ces dernières années, si on s’est chaque fois servi du soiiei du principe yang pour prendre le feu et si on a obtenu celui-ci au moment voulu, (en revanche), quand on a voulu se servir du kien du principe yin pour prendre l’eau, on n’a pas réussi à obtenir celle-ci et c’est pourquoi on s’est servi d’eau de puits pour remplacer l’eau pure.”
Un édit fut alors rendu pour ordonner aux fonctionnaires des rites de faire une enquête au sujet de la discussion que King Tcheng avait faite ') sur le bien ou le mal fondé des opinions des anciens lettrés ainsi que sur l’eau pure; ce décret était ainsi conçu :
„ Quand le Tcheou H parle de l’alliage formé de parties égales d’or et d’étain, il expose la méthode pour fabriquer le souei du principe yang-., c’est par erreur que Tcheng Hiuan a expliqué ce passage comme une règle s’appliquant au kien du principe yin. D’après la méthode employée dans l’antiquité pour prendre l’eau pure, il faut se servir du fayig tchouT Après avoir cité les textes de Houai-nan tseu et autres relatifs à l’usage de la grande huître, le décret impérial disait encore: T,King Tcheng"^) a pris pendant le huitième ou le neuvième mois une huître large d’un pied et deux pouces et il l’a mise à l’essai conformément à la méthode. Entre l’heure où les hommes cessent de travailler et le milieu de la nuit, il a obtenu quatre à cinq boisseaux d’eau. Ce qu’a exposé King Tcheng, nous avons trouvé après
1) Au lieu de HiS: , il semble qu’il faille lire ^ ^ .
2) Au lieu de ^ , leçon de l’édition de Chang-hai, il faut lire , leçon de l’édition du Tch'à kiang chou kiu.
igi
examen que ce n’était dénué ni de fondement ni de réalité.” Le décret impérial disait encore: „Qu’on commence par faire une expérience et qu’on constate l’exactitude de ce qu’il propose; je délègue donc King Tcheng pour que, se munissant lui-même d’une huître, il se rende sur le T'ai chan et fasse une épreuve contradictaire en présence des fonctionnaires que cela concerne.”
Ce même jour, l’empereur fit un édit en ces termes: „Les réglements de l’antiquité et ceux des temps modernes diffèrent entre eux sous le rapport du luxe ou de la simplicité ; les dimensions prescrites ont été modifiées constamment à travers les dynasties successives; c’est seulement pour les sacrifices au Ciel et à la Terre qu’on n’a point changé les dispositions. C’est là faire trop de cas de soi-même et traiter avec trop de légèreté le Ciel. En outre, maintenant quand on fait les sacrifices fong et chan, on se sert de tablettes de jade et de liens en or et cependant parmi les objets dont on fait usage il y a encore des coupes en argile et des nattes en paille ; on emploie tout cela simultanément dans l’accomplissement de la cérémonie et il y a ainsi un mélange contradictoire de luxe et de simplicité; cela est disparate et irrégulier; cela est extrêmement peu satisfaisant. Dans les endroits où on célèbre le sacrifice fong et le sacrifice chan qu’on fait en descendant (du T'ai chan), quant on a arrangé les places pour l’Empereur d’en haut et la souveraine Terre, on commence par disposer (les nattes en) chaume et en paille, les jarres en terre et les écuelles en calebasse; tous ces objets devront être remplacés par des tapis et des coussins et par des vases lei et tsio. Que chaque chose soit luxueuse. Dans les divers sacrifices de la banlieue, on se conformera aussi à cette règle.”
A la suite de cet édit, le siège du Ciel majestueux Empereur d’en haut fut couvert d’un coussin azuré; celui de la divinité de la souveraine Terre fut couvert d’un coussin
jaune; ceux des empereurs et des impératrices qui étaient respectivement associés à ces divinités furent couverts de coussins violets; les nattes des Empereurs d’en haut des cinq directions de l’espace et celles du grand astre (soleil) et de l’astre de la nuit (lune) eurent des couleurs appropriées à leurs régions respectives ; les sièges des officiers du palais et des personnages de grade inférieur furent faits en nattes de jonc.
Le premier mois de la troisième année (666) *), l’empereur alla en personne présenter des offrandes au Ciel majestueux Empereur d’en haut au pied de la montagne; l’autel du sacrifice fong fut conforme aux prescriptions rituelles relatives au tertre rond. Quand le sacrifice fut achevé, l’empereur scella lui-même les liasses (de tablettes) de jade, les plaça dans le coffre de pierre et prit des terres des cinq couleurs pour sceller ce dernier. Le diamètre du (tumulus) rond fut de I tchang et 2 pieds (= i2 pieds); sa hauteur fut de 9 pieds.
Ce même jour, l’empereur accompagné des ministres attachés à sa personne et des officiers subalternes, monta sur le T'ai chan ; le lendemain, il atteignit le sommet de la montagne. Sur l’autel consacré au sacrifice fong qu’on célèbre quand on est monté (sur la montagne), il scella les fiches de jade; après quoi il revint dans le palais de purification au bas de la montagne. Le jour suivant, il sacrifia en personne à la divinité de la souveraine Terre sur le sommet du mont Cho-cheou. L’autel du sacrifice chan qu’on célèbre quant on est descendu (de la montagne) fut conforme aux prescriptions rituelles relatives au tertre carré ^). L’impératrice fit la seconde offrande ; la t'ai fei du royaume
1) Il s’agit de la troisième année li/i-t'ô qui, à partir du cinquième jour du premier mois, prit le nom de première année k'ien-fong. Comme le sacrifice fong au pied de la montagne fut célébré le premier jour du premier mois, l’année s’appelait encore la troisième année lin-td.
2) Le tertre sur lequel on célèbre la sacrifice à la terre dans la banlieue septentrionale de la capitale.
de Yue, dame Yen, fit la dernière ofifrande '). Le lendemain, l’empereur se rendit sur l’autel des audiences pour donner audience à tous les officiers; il se conforma aux prescriptions rituelles concernant le jour de l’an. Quand ce fut fini, il offrit un banquet à tous les fonctionnaires civils et militaires; il accorda une amnistie générale et changea le nom de la période d’années ^).
Avant cela, lorsque l’empereur avait en personne fait les offrandes sur l’autel du sacrifice chan qu’on célèbre quand on est descendu (de la montagne), après que le rite de la première offrande fut terminé les fonctionnaires préposés aux cérémonies se retirèrent tous et descendirent (de l’autel); les eunuques tinrent des rideaux et l’impératrice, accompagnée des femmes des six harems, monta alors sur l’autel et accomplit les rites ; les rideaux et les baldaquins étaient tous faits de soies bigarrées et de broderies. Les fonctionnaires de toutes catégories contemplaient de loin ce spectacle en se tenant à leurs places et quelques uns d’entre eux critiquaient secrètement (ce qui se passait).
Puis l’empereur ordonna par décret qu’on érigeât des stèles pour le sacrifice fojig qu’on célèbre quand on est monté (sur la montagne), pour le sacrifice chan qu’on célèbre quand on en est descendu et pour l’audience plénière ; chacune de ces stèles fut placée sur son autel respectif. L’empereur ordonna encore par décret que l’autel du sacrifice fong ^) serait appelé la terrasse des grues qui dansent { Wou ho t'ai), que l’autel du grand tertre ■*) serait appelé
1) Ainsi l’impératrice avait obtenu gain de cause (cf. p. 184 — 187); mais, comme on va le lire plus bas, plusieurs fonctionnaires furent choqués de voir des femmes officier dans une cérémonie solennelle.
2) Cf. p. 192, n. I.
3) L’autel du sacrifice fong au bas de la montagne.
4) L’autel du sacrifice fong au sommet de la montagne; cf. p. 176, n. 3. Cet autel est celui qu’on appelle habituellement le fcng fong /'an', cf. p. 20, lignes 28 — 32.
la terrasse des souhaits de longue vie ( Wan souei t'ai), que j l’autel du sacrifice chan qu’on célèbre quand on est des- p cendu (de la montagne) serait appelé la terrasse de la ^ nuée brillante {Khig ytin t'ai) ; ces noms étaient destinés à rappeler les prodiges de bon augure qui s’étaient accomplis ^ au moment (des sacrifices accomplis en ces divers lieux).
Après que Kao tsong eut fait le sacrifice fong sur le j T'ai chan, il désira encore aller faire le sacrifice fong tour [ à tour sur les cinq pics ‘). C’est à cette occasion, que, la i première année yong-chouen (682), il établit la sous-préfecture \ de Song-yang ^) au Sud de la montagne Song dans l’arron- j dissement de Lo. Cette même année, le septième mois, il ordonna aux autorités de cette localité de construire le , Palais pour sacrifier au Ciel {fong t'ien kong). Le premier ; mois de la seconde année (683), l’empereur favorisa de sa ! venue le Palais pour sacrifier au Ciel; puis, dans le courant' du septième mois, il rendit un édit pour annoncer son j. intention de célébrer les sacrifices fong et chan sur la mon-|| tagne Song le onzième mois de cette même année (683). Un autre édit chargea les fonctionnaires suivants de fixer 1,
minutieusement le cérémonial; le sseu-ye du kouo tseu {kien)]^ Li Hing-wei, le k'ao kong yuan-wai-lang Kia Ta-yin, les^j t'ai tch'ang po-che (lettrés au vaste savoir de la cour des ^ sacrifices) Wei Chou-hia, P'ei Cheou-tcheng et Fou Pao-sou. ^
Voici quelles furent leurs propositions: on éléverait un j autel pour le sacrifice fong^) conformément au cérémonial prescrit pour le tertre rond *) ; on en peindrait le sommet
1) Comme on va le voir, il n’eut par le temps de mener à bien ce projet :j il put seulement prendre des dispositions ])our célébrer le sacrifice /o/ig suij le So/!g chan ou Pic du centre ; mais il mourut avant la date fixée pour cette cérémonie et ce fut sa femme, l'impératrice Wou, qui l'accomplit en 697.
2) Kn 697, l’impératrice Lu, après avoir fait le sacrifice fong sur le Pic du j Centre, changea le nom de Song-yang en celui de Teng-fong\ c’est encore aujourd’hui le nom ([ue porte cette sous-préfecture de la province de Ho-nan
3) 11 s’agit de l'autel pour le sacrifice fong au i)ied de la montagne.
4) Cf. p. i8i, n. 4.
ie couleur sombre et les quatre faces de couleurs approi^riées à leurs orientations respectives; on ferait un autel l'ond qui serait surélevé sur trois étages et qui aurait ainsi une hauteur totale de vingt-quatre pieds, chaque étage il'tant haut de six pieds'); au sommet, l’autel aurait un diamètre de i6 pas; les trois étages auraient chacun 4 pas de large; on établirait douze escaliers qui auraient chacun une largeur de 8 pieds au sommet et de i tcJiang et 4 pieds '= 14 pieds) à la base; on ferait un triple talus; le talus le plus extérieur^) formerait un pourtour de 30 pas (de large); le talus le plus intérieur formerait un pourtour de 50 pas (de large); l’autel pour le bûcher*) serait au Sud-Est de l’autel (rond) et serait à l’intérieur du talus le plus extérieur; il serait haut de 3 pieds et aurait i tchang et 5 pieds (== 1 5 pieds) sur chacun de ses quatre côtés; au sud (de l’autel rond) il y aurait l’escalier de sortie; — l’autel pour le sacrifice fong lau sommet de la montagne^) formerait un cercle d’un I diamètre de 5 tchang (= 50 pieds) et d’une hauteur de 9 Ipieds; il aurait quatre escaliers de sortie; on y ferait un 'talus; on le peindrait des cinq couleurs de même que '(l’autel du) sacrifice fong-, — l’autel pour le sacrifice chan iserait doré au sommet et chacun de ses quatre côtés serait ide la couleur appropriée à son orientation; on ferait un lautel octogonal qui serait surélevé sur deux étages et aurait ainsi une hauteur totale de i tchang et 2 pieds (= 1 2 pieds), chaque étage étant haut de 4 pieds*); l’autel aurait seize
1) 11 faut donc admettre que l’autel lui-même avait six pieds de haut.
2) Au lieu de ïh # 11 , je propose de lire
3) Ce bûcher ne jouait qu'un rôle accessoire dans la cérémonie, comme on le verra plus loin par la longue discussion à laquelle il donna lieu.
4) Le te?ig fong t'an.
5) L’autel lui-même a donc 4 pieds de haut. En ajoutant la hauteur de l’autel (4 pieds) à celle des deux étages (2 4 pieds) sur lesquels il est surélevé, on obtient la hauteur totale de 12 pieds.
ig6
pas de côté à son sommet; chaque étage serait large de 4 pas; on disposerait huit escaliers; ces escaliers auraient tous 8 pieds de large à l’autel supérieur *); ils auraient i tchang (= 10 pieds) de large à l’étage du milieu et i tchang et 2 pieds (=12 pieds) à l’étage inférieur; on ferait un triple talus ■^) dont les dimensions seraient identiques à celles qui étaient ' prescrites pour (l’autel du) sacrifice fong^)-, une fosse pour enterrer les victimes serait placée dans la position wci ^) par rapport à l’autel et à l’intérieur du talus le plus extérieur; elle aurait une largeur et une profondeur calculées de manière i à ce qu’elle pût contenir les objets (qu’on offrait en sacri- 1 fice); il y aurait au Sud (de l’autel octogonal) un escalier de sortie; — l’autel pour l’audience plénière’) serait en avant du palais de voyage; O O 7 aurait trois®) talus, deux au Sud [et un au Nord]; cet autel aurait 24 tchang (=240 pieds) de côté et serait haut de 9 pieds; du côté Sud il y aurait deux escaliers et un seul sur chacun des trois autres côtés; — sur l’autel du sacrifice fong (au bas de la montagne) et sur celui du sacrifice fong au sommet de la montagne, des terres des cinq couleurs recouvriraient le coffre de pierre et on en ferait un tumulus rond qui! aurait i tchang et 2 pieds (= 12 pieds) de diamètre au sommet, 3 tchang (=30 pieds) de diamètre à la base et
1) Cette expression prouve bien que l’autel est compté comme un étage.
2) Le mot devrait être répété dans le texte chinois.
3) L’autel du sacrifice fong au pied de la montagne, ou fong sscn fan.
4) Sud-Sud-Ouest.
5j Le texte devient ici fort obscur et ne peut être en partie compris que si on le compare à la description du même autel dans le Song che (chap. CIV. p. 2 r°); voici les résultats auxquels m’amène cette comparaison en ce qui concerne le texte du Kicou T'ang chou-.^ les mots ‘U~)î doivent être sup j
primés comme inintelligibles; en outre, après les mots , il fauti
ajouter ‘ ^ :f(^ •
6) Le mot joue le rôle de numérale. |
qui serait haut de 9 pieds; — dans le sacrifice cJian, le tumulus en terres des cinq couleurs serait un tumulus octogonal dont les dimensions seraient les mêmes que celles qui sont prescrites pour l’autel du sacrifice fong ; — les pieds et les pouces dont on se servirait seraient conformes à ceux qu’on employait pour les sacrifices fong accomplis à diverses époques successives dans l’Est, c’est-à-dire que pour tous ces sacrifices on se servirait de l’ancien pied ; — les divers autels seraient tous construits en terre, car les rites ne comportent pas le luxe de l’usage de la pierre; pour tous on déterminerait leur emplacement exact en mesurant l’ombre du gnomon ; — pour le sacrifice fong au sommet de la montagne et pour le sacrifice chan au bas de la montagne, les quatre escaliers de sortie se trouveraient chacun au centre d’un des quatre points cardinaux ; ces escaliers auraient chacun une largeur de 7 pieds au sommet et de I tchang et 2 pieds 12 pieds) à la base; — en ce qui concerne les objets en jade et les pièces de soie qu’on employait lors du sacrifice fong, il y aurait la tablette annulaire verdâtre et les quatre tablettes kouei, et il y aurait les tablettes ti, kotiei et pi^ ; pour le sacrifice chan, il y aurait la tablette octogonale jaune et les deux tablettes kouei et il y aurait la tablette ti, mais non les tablettes kouei et pi-, — en outre, pour ce qui est de déterminer les jours où il faut faire le sacrifice fong au sommet de la montagne, faire le sacrifice chan au bas de la montagne et tenir l’audience plénière, puisque, d’après les rites, on doit sacrifier au Ciel sur l’autel rond au moment du solstice d’hiver on proposa que, pour le sacrifice fong (au bas de la montagne), on se servît du douzième ') jour; conformément
i) La tablette verdâtre ronde {ts'ang pi) et les quatre tablettes à centre commun étaient affectées au Ciel; la tablette octogonale jaune {Jiouang tsong) et les deux tablettes à centre commun étaient affectées à la Terre. Voyez Tcheou H, trad. Biot, t. I, p. 487 — 488. La tablette ti paraît être celle qui
aux précédents établis pour le sacrifice fong à l’Est, c’était le douzième jour qu’on faisait le sacrifice fong au sommet de la montagne, le treizième jour qu’on faisait le sacrifice chan, et le quatorzième jour qu’on tenait l’audience plénière ; si besoin était, il fallait, puisque cela ne pouvait porter atteinte aux rites, changer les jours fixés pour le sacrifice fong au sommet de la montagne et pour les cérémonies subséquentes ’); — en outre, en ce qui concerne l’équipage impérial, on proposa que, lors du sacrifice fong (au bas de la montagne) et lors du sacrifice fong au sommet de la montagne, l’empereur partît sur le char de jade et revînt sur le char d’or, que le prince héritier allât et revînt sur le char d’or; pour le sacrifice on proposa que l’empereur
et l’héritier présomptif eussent les mêmes équipages que pour le sacrifice fong-, — en outre, en ce qui concerne les sortes de vêtements, on dit ceci: „Dans le sacrifice fong à l’Est, le jour du sacrifice, l’empereur divin revêt la robe konoi^) et le chapeau mien-, mais récemment nous avons reçu des instructions pour que, conformément au rituel de la période tcheng-kouan (627 — 649), l’empereur porte la tunique fourrée k'ieou-f — on dit encore à ce propos: „L’hablllement qui comprend la robe kouen et le chapeau mien, que l’empereur le porte au moment où il se purifie; l’habillement qui comprend le chapeau fong-t'ien, que l’empereur le porte quand il revient; l’habillement qui comprend le chapeau yi-chan, que l’empereur le porte quand il monte à cheval; que le prince héritier porte l’habillement qui comprend la robe hoiien et le chapeau mien ; quand il se purifie, qu’il
servait de centre soit aux quatre tablettes du Ciel, soit aux deux tablettes de la Terre. Quant aux tablettes kouei et pi, elles sont les tablettes rectangulaires et circulaires qui sont en usage dans beaucoup d’autres occasions.
1) Puisqu’on proposait de choisir le douzième jour pour célébrer le sacrifice fong au bas de la montagne, il devenait nécessaire de reporter à une date ultérieure le sacrifice fong au sommet de la montagne.
2) Voyez le dessin du dictionnaire de Couvreur, au mot kouen.
^ porte le chapeau yuan-yeou-, quand il est reçu en audience, Iqu’il porte l’habillement qui comprend le vêtement officiel |et le chapeau yttan-ycou ; quand il monte à cheval, qu’il porte l’habillement qui comprend le chapeau tsin-tà."
En ce temps, l’empereur ordonna aussi qu’on recherchât minutieusement les rites relatifs à la cérémonie d’abattre un boeuf à coups de flèches. [Li) Hing-wei, {P'ei) Cheoutcheng et leurs collègues discutèrent la question en ces termes: „D’après le Tcheou li et le Kotio yu, lorsqu’on fait les sacrifices au Ciel et à la Terre dans la banlieue, le Fils du Ciel abat lui-même à coups de flèches la victime. Mais, quand l’empereur Wou, de la dynastie Han, fit le sacrifice fong sur le T'ai chan, il chargea des fonctionnaires ayant les titres de che-tchong et de ye-tcho d’abattre le boeuf à coups de flèches et d’accomplir la cérémonie '). En ce qui concerne les autres sacrifices, il n’y a aucun texte qui parle de victime abattue à coups de flèches. Bien que le rite qui veut que l’empereur pile en personne le grain et abatte la victime à coups de flèches soit un ancien rite, on l’a depuis longtemps abandonné et supprimé. Dans les règles relatives aux sacrifices fong et chan, il est dit: „Quinze quarts d’heure avant le jour, le sacrificateur dépèce la victime avec le couteau à sonnettes; le jour venu, il accomplit le sacrifice.” Au moment où l’équipage impérial arrive, le sacrifice de la victime est entièrement achevé; le souverain divin n’a donc plus qu’à offrir les objets de jade et le vin tcheou. Maintenant donc, si on abat la victime à coups de flèches la veille du sacrifice, on nuira à la cérémonie en agissant prématurément; si c’est le jour même du sacrifice qu’on se met à abattre la victime à coups de flèches, on nuira à la cérémonie en agissant tardivement. Si on s’appuie sur le précédent établi par l’empereur Wou de la dynastie
i) Cf. Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. III, p. $00.
Han, il n’y a plus dès lors le cérémonial d’après lequel l’empereur doit abattre lui-même à coups de flèches (la victime), et le sacrifice ne peut plus être accompli.” Un décret impérial approuva ce rapport.
Sur ces entrefaites, Kao tsong tomba malade (683) et on renonça aux cérémonies fong et chan.
La quatrième année tcIC ouei-kong (688), (l’impératrice IVau) 'l'so-t'ien se proposa de célébrer ces cérémonies sur la , montagne Song-, elle envoya par avance un délégué offrir 1 un sacrifice pour demander le bonheur et secourir le peuple ; par décret, elle conféra à la montagne Song le titre de „Pic divin” [chen yo)-, elle honora le dieu de la montagne Song du nom de „Roi du centre du Ciel” {t'ien tchong ivang), et la femme du dieu du nom de „princesse surnaturelle” [ling fei). Auprès de la montagne Song, il y avait depuis longtemps le temple funéraire consacré à K'i, (de la dynastie) Hia, et à sa mère, et le temple funéraire consacré à la déesse A-yi du Chao-che '); dans ces endroits l’impératrice ordonna qu’on fît des prières et des sacrifices.
Quand arriva le jour kia-cheri du dernier mois de la première année t'ien-ts'ô wan-souei (695), l’impératrice accomplit en personne le rite du sacrifice fo7ig qu’on célèbre quand on est monté (sur la montagne); lorsque ce rite fut terminé, elle promulgua aussitôt une amnistie générale et changea le nom de la période d’années en celui de wansouei teng-fong-, elle changea le nom de la sous-préfecture
i) K'i est le fils de Yu le grand, fondateur de la dynastie Hia\ sa mère est donc la femme de Yti. A-yi ou Chao-yi était aussi une déesse
féminine qu’on vénérait au pied de la montagne Chao-che, à l’ouest du Song kao ou Pic du centre. De ces deux sanctuaires, il ne reste plus maintenant que deux paires de piliers de piefre datant de l’année 123 de notre ère; ces piliers auxquels il faut joindre les deux piliers dits du 7” ai che, constituent dans les environs de Teng-fong hien un groupe fort important de monuments de l’époque des Han\ ils attestent l'antiquité des cultes dont le récit du Kieou T'ang chou nous montre d’autre part la vitalité en l’an 688 de notre ère.
de Song-yang en celui de sous-préfecture de Teng-fong et le nom de la sous-préfecture de Yayig-tck' eng en celui de sous-préfecture de Kao-tch' eng '). Trois jours plus tard, le jour ting-hai, l’impératrice fit le sacrifice chan sur la montage Chao-che-, deux jours plus tard, le jour yi-tch'ao, elle se rendit sur l’autel des audiences et y donna audience à tous les fonctionnaires. Elle se conforma pour tout cela au cérémonial de la période k’ien-fong (666 — 667). L’impératrice Tso-t'ien, estimant que, le jour où elle avait fait les sacrifices fong et chan, les divinités célestes et terrestres du pic Song l’avaient secourue, honora donc le „Pic divin Roi du milieu du Ciel” en le nommant „Pic divin Empereur du milieu du Ciel”: elle donna à la „ Princesse surnaturelle” le titre de „Impératrice du milieu du Ciel”^); K'i, prince de la dynastie Hia, fut nommé „ Empereur égal au saint”; la déesse mère de K'i fut investie du titre dfe „ Impératrice douairière de la capitale de jade;” la déesse du Chao-che fut nommée „foii-jen de la porte d’or” ; le prince royal Tsin *) fut nommé „ Prince héritier qui s’est élevé jusqu’aux immortels”; on lui éleva un temple distinct. Au Sud de l’autel où on fit le sacrifice fong qu’on célèbre quand on est monté (sur la montagne), il y avait un chêne de l’espèce hou-, le jour de l’amnistie générale, on plaça à son faîte un écriteau surmonté d’un coq d’or ^). L’impératrice Tso-t'ien
1) Teng-fong, qui est resté le nom de la ville sous-préfectorale située, au pied du Song kao, signifie „le sacrifice fong au sommet de la montagne”. Kaotch'eng, nom qui s’appliquait à une localité située à 35 H au SE de Tengfong hien, signifie ^annoncer la réussite”. Ces deux noms rappellent donc la célébration du sacrifice fong qu’on accomplissait au sommet de la montagne pour annoncer la réussite de la dynastie.
2) Il s’agit de la déese qui est la femme du dieu du Pic du centre.
3) Cf. p. 200, n. I.
4) Ce personnage passait pour être le fils du roi Ling av. J.-C.),
de la dynastie Tcheott. Voyez la grande inscription de 699 p.C. érigée en son honneur par l’impératrice Won Tso-t'ien.
5) Ou „un coq d’or formant signal”; c’était une manière de proclamer à
composa elle-même le texte d’une inscription qui était un récit de son ascension pour annoncer sa réussite '); elle dressa cette stèle à l’endroit qui occupait la position ping par rapport à l’autel.
Sous l’empereur Hiuan tsong, la douzième année k'ai-ynan (724), les fonctionnaires de tous rangs, civils et militaires, les envoyés étrangers rassemblés à la cour, les membres de la famille impériale et les érudits des quatre régions de l’empire, considérant tous qu’il y avait alors une sage transformation et une sublime paix, et que les céréales en leur saison avaient plusieurs fois de suite donné des moissons, présentèrent des requêtes au trône pour demander qu’on accomplît les cérémonies fong et chan\ en même temps, il y eut plus de mille compositions littéraires à ce sujet qui furent présentées l’une après l’autre à l’empereur. Hiuan tsotig ne donna pas son consentement en alléguant sa modestie et son manque d’expérience. Cependant, le tchong chou ling Tchang Vue lui ayant adressé des prières instantes pendant plusieurs jours de suite, il rendit un décret en ces termes:
„ Depuis l’antiquité ceux qui ont régné parce qu’ils avaient reçu le mandat céleste ont-ils jamais manqué à faire le sacrifice fong sur le T'ai chan et le sacrifice chan sur le Leang-fou afin de répondre à la grande bonté (du Ciel
,tous l’amnistie accordée par l'impératrice. A la leçon ^ ü © je crois qu'il faut substituer la leçon que je relève dans une citation de ce
passage faite par le Teng fong hien tche (chap. VIII, p. 5 v°).
1) L’expression ff- 4 ou U 4 provient du Li ki (chap. Li k'i^ trad. Couvreur, t. I, p. 563); elle désigne l’acte de monter fl- sur un lieu élevé pour annoncer au Ciel la réussite |-|4 de la dynastie 5 c’était là en effet ce qu'on faisait quand on célébrait le sacrifice fong.
2) Le Sud.
3) Sur Tchang Vue., qui vécut de 667 à 730, voyez Kieou T'ang chou.^ (chap. XCVII, p. 8 r°).
à leur égard) et afin d’annoncer les exploits qu’ils avaient accomplis? Avant les trois dynasties il n’y eut personne qui n’agît en vertu de ce principe. Mais, plus tard, depuis les Wei et les Tsin jusqu’aux Tcheoii et aux Soiiei, les règles impériales subirent des atteintes et la grande raison s’obscurcit; le gouvernement royal se relâcha et les anciennes institutions eurent des lacunes. Pendant mille années on garda le silence ; pour l’auguste cérémonie fong, il ne se trouva personne qui en prît la succession. Mais, quand les choses sont arrivées au terme de leur cycle, elles recommencent; le Ciel a béni notre dynastie T'ang\ le second souverain Wen-wou *) fut d’accord avec le diagramme et reçut l’écrit ^). Arrivons à Kao tsong (650 — 683) ; il redoubla l’éclat et accumula les perfections ; il hérita de la raison suprême et monta sur le grand tertre^); il chérit les cent dieux et fit trembler sous son prestige les six directions de l’espace; il renoua la tradition des Yin et des Tcheou et continua l’influence de Ytc [Chouen] et des Hia-, Tchong tsong (684) agrandit l’excellence de la vertu et de la gloire; Joiiei tsong (684 — 712) prit soin de la conduite pure et parfaite. Tout cela fut si haut et si vaste qu’on ne pourrait l’exprimer. Pour moi, j’ai autrefois triomphé de beaucoup de difficultés; suivant la politique qui m’a été léguée par les souverains mes prédécesseurs et recevant avec respect leurs bienveillantes
1 ) W en-viou 1 sont deux épithètes qui font partie du nom de temple
de T'ai tsong (627 — 649; cf. T'ang choti^ chap. II, p. i r®). C’est donc ce
souverain qui me paraît ici seul désigné; à vrai dire, les mots
fient plutôt „deux souverains” que „le second souverain”; mais, si on traduit „les deux souverains Wen et Wou"^ il faudrait admettre que ces deux princes sont les empereurs Kao tsou et T'ai tsong et on ne trouve alors aucun texte qui justifie leur désignation par les termes Wen et Wote.
2) Les termes
et
désignent le Ho t'ou et le Lo chou (cf. p. 160
n. 3), qui ont toujours joué un si grand rôle dans les prédictions relatives aux cérémonies fong et chan.
3) Le sommet du T'ai chan\ cf. p. 60, n. 1.
volontés, je leur ai succédé dans leur grande charge. C’est pourquoi donc j’ai construit neuf temples funéraires pour manifester ma piété filiale et ma vénération; j’ai accompli les cérémonies dans les deux banlieues pour témoigner
ma crainte et mon respect. J’ai estimé les pois et les
céréales comme aussi précieuses que l’eau et que le feu ; j’ai jeté les perles et les jades dans les ravins des montagnes ’). Très attentif et très appliqué, je n’oserais pas cependant rapprocher mon mérite de celui des rois mes prédécesseurs; si, de jour en jour, je suis plus vigilant, c’est afin de me
conformer aux instructions qu’ils m’ont laissées. Four ce
qui est de l’inspection des fiefs qui est une grande règle et pour ce qui est des sacrifices fong et chan qui ont une immense réputation, considérant ma faiblesse et mon peu de mérite, je n’ai pas encore eu la possibilité de m’en occuper au temps voulu, depuis quatorze ans que je règne. Or maintenant les céréales de toutes sortes donnent leurs moissons annuelles; les cinq produits du sol ne font pas défaut; les châtiments ne sont pas appliqués; les rites et les convenances sont en honneur. Une influence harmonieuse souffle son haleine; un vent tiède se répand partout. Les barbares Man et Yi, Joug et Ti, les races étrangères des pays lointains, venant jusqu’ici à l’aide de plusieurs interprètes successifs, restent pendant des jours et des mois à ma cour. Les animaux extraordinaires et les oiseaux surnaturels, l’ambroisie et la merveilleuse boisson douce, présentant au plus haut point les caractères des prodiges de bon augure, apparai-ssent matin et soir dans mes bois et dans mes parcs. Les rois, les ducs, les hauts dignitaires et les officiers me manifestent toute leur sincérité dans le palais les grands
1) Pour montrer son mépris d’un vain luxe.
2) I,a leçon de l’édition de Chang-hai est fautive ; il faut lire
, comme dans l’édition du Tch'o-kiang chou kiu.
maîtres et les lettrés éminents m’offrent leurs suppliques du dehors. Il n’est rien de tout cela qui ne soit une marque de l’accord avec les dieux, de l’unanimité avec le peuple; c’est là un effet de la prospérité et de l’abondance qui m’ont été laissées par mon illustre aïeul et par mon vénéré père défunt. C’est pourquoi, me fiant sur le grand bonheur que m’assurent les temples de mes ancêtres, j’oserai, malgré mon indignité, m’appliquer à vaincre mon désir de décliner un tel honneur; ainsi donc, je me conformerai avec respect aux propositions de l’assemblée; j’accomplirai avec magnificence cette grande cérémonie afin de couvrir d’éclat les plans sublimes de mon ancêtre Kao tsou et afin de prolonger la vaste gloire de mon ancêtre Kao tsou *) ; disant éternellement qu’il a passé (au Ciel) pour être associé (à l’Empereur d’en haut), j’en conçois une émotion rétrospective et profonde. Il faudra, le dixième jour du onzième mois de la troisième année k'ai-yuan (725), célébrer la cérémonie sur le T'ai chan, en prenant pour modèle les précédents établis. Que les fonctionnaires que cela concerne fassent un choix attentif des règles et des rites, d’accord avec les ducs du palais, les hauts dignitaires et les lettrés, et qu’ils fassent par avance des préparatifs complets ; qu’ils ne causent pas trop de dérangement au peuple et qu’ils aient soin d’observer l’économie et la simplicité pour se conformer à mes intentions”.
Alors un décret impérial ordonna au tchoug chou ling Tchang Yue, au yeou san Ici tchang che Siu Kien, au t' aitch'ang chao-k'ing Wei T'ao, au pi-chou chao-kien K'ang Tseu-yuan, au kouo-tseu po-che Heou Hing-kouo et à d’autres de se joindre aux fonctionnaires des rites dans la „bibliothèque des sages réunis” {tsi hicn chou yuayi) pour discuter et rédiger le cérémonial.
i) 11 est assez surprenant que Kao tsou soit ici nommé deux fois ; peut-être, dans le second cas, faut-il lire T' ai tsong au lieu de A ao tsou.
Hiuan tsong, au début, estimant que la montagne sacrée aimait le calme et ne désirait pas le tumulte et la multitude, tint avec ses conseillers et les savants qui l'aidaient dans l’explication (des livres), un débat contradictoire au sujet du cérémonial à observer dans le sacrifice fo7ig au pied de la montagne. A cette occasion, Tchmig Vue s’adressa à Siti Kien et à Wei T'ao en ces termes; „D’après l’ancien cérémonial de la période k'ien-fong (666 — 667), quand on célébra le sacrifice chan sur le (mont) Cho-cheou, on fit des offrandes à la divinité de la souveraine Terre et on associa à ce repas sacré des impératrices défuntes '). Cependant, le souverain a pour père le Ciel et pour mère la Terre; (d’autre part), celle qui a la dignité de mère du souverain actuel doit être aussi la mère des empereurs précédents^); qu’aurait-on donc à rependre si un fils était associé aux offrandes présentées à sa mère? Au contraire, associer une impératrice à la divinité de la Terre, cela est contraire aux réglements de l’antiquité. Le Ciel exerce son contrôle avec une grande clairvoyance; il fait répondre le bonheur aux bonnes actions comme l’écho répond au son^); or, lorsqu’on célébra les cérémonies de la période k'ie7i-fo7ig (666 — 667), l’impératrice Wen-t'o ^) fut associée à la divinité
1) On a vu plus haut (p. 184 — 187) comment, en l’année 666, l’impératrice femme de Kao tsong obtint d'être chargée de célébrer, avec d’autres concubines impériales, le sacrifice à la souveraine Terre. Antérieurement même à sa requête, on avait décidé d’associer aux offrandes faites à la souveraine Terre deux impératrices défuntes (cf. p. 184, n. 3 et n. 4). C’est contre cette immixtion des femmes dans les sacrifices d’état que s’élève Tchang Vue.
2) En d’autres termes, puisque la Terre est la mère du souverain actuel, elle peut être considérée aussi comme la mère des empereurs défunts; on peut donc lui associer d’anciens empereurs, comme on associerait des fils à leur mère; il n’y a rien là de répréhensible et il n’est pas nécessaire de choisir des impératrices pour les associer à la Terre.
3) I.e Ciel est juste et c’est pourquoi il a manifesté sa colère par des châtiments lorsqu’on a violé les anciennes règles qui excluaient les femmes de la religion ofticielle.
4) Cf. p. 184, n. 4.
de la souveraine Terre; l’impératrice {Tso-)t'ien fit la seconde offrande; la t'ai-fei du royaume de Yue fit la dernière offrande ') ; que les habitantes du harem soient chargées d’accueillir les dieux, c’est ce qui est en opposition avec les anciens statuts; aussi le Ciel ne se montra-t-il point favorable et c’est pourquoi il y eut le changement de nom de famille pendant la période t'ien-cheoii (690 — 691)^); le temple des ancêtres et l’autel du dieu du sol furent renversés au milieu de leur destinée; les membres de la famille impériale furent exterminés; tous ces malheurs vinrent de là. A la fin de la période king-long (707 — 709), on célébra le sacrifice sur le tertre rond ^); l’impératrice Wei fit la seconde offrande et ce furent, pour toutes les cérémonies, des femmes qui montèrent sur l’autel. Elles tinrent les vases de bambou et les vases de bois ; elles souillèrent la voûte azurée; les offrandes et les sacrifices furent impurs. Aussi, moins d’un an après, y eut-il des difficultés dans l’empire; ceux qui avaient fait la dernière offrande subirent tous alors leur châtiment; de même, les tchai lang qui avaient disposé les sièges, ainsi que les femmes qui avaient touché au sacrifice, moururent pour la plupart prématurément. Maintenant, notre souverain honore le Ciel et respecte les dieux; il est opportun qu’il change et rectifie ces rites; que Joiiei-tsong (710 — 717), l’empereur grandement saint et pur.
1) Cf. p. 193, ligne I.
2) Allusion à l’usurpation de l’impératrice Wou Tso-t'un qui substitua son
nom de famille Tcheoii « à celui de Li qui était le nom de famille des
empereurs de la dynastie T'ang.
3) . C’est l’antique dualisme des divinités anthropomorphiques (l’ancêtre) et des divinités naturistes (le dieu du sol) dont la réunion symbolise la dynastie régnante.
4) Cette cérémonie eut lieu dans la banlieue du Sud (tian kiao\ le jour yi-tch'eou du onzième mois de l’année 709 {Kieou T'ang chou, chap. VII, p. 6 r°) ; l’impératrice monta sur l’autel pour faire la seconde offrande.
soit associé à la divinité de la souveraine Terre pour assister les dieux en qualité de maître de maison”.
Alors on approuva en conseil cette proposition qui fut soumise à l’empereur; celui-ci s’y conforma.
D’après les anciens rites, quand le sacrifice dans la banlieue était terminé, on recueillait les jades, les pièces de soie et les membres des victimes et on les plaçait sur un bûcher qu’on allumait ensuite sur l’autel destiné à faire flamber; cet autel était à gauche de l’autel du dieu. Pendant la période hien-k'ing {6^6 — 660), le président du ministère des rites, Hm King-tsong, et ses collègues, à l’occasion de la révision et de la refonte de l’ancien cérémonial, avaient présenté une requête en ces termes:
„Nous considérons que, dans les rites des sacrifices, les hommes de l’époque des Tcheoii attachaient de l’importance à l’odeur. Quand ils sacrifiaient au Ciel, ils allumaient un bûcher; quand ils sacrifiaient à la Terre, ils enfouissaient du sang; dans le temple ancestral, ils brûlaient des tiges d’armoise et faisaient des aspersions avec de la liqueur aromatique ; tous ces actes révèlent l’importance qu’on attribuait aux vapeurs et aux odeurs qui dans tous ces cas servaient à faire descendre les dieux; le livre des rites est parfaitement clair à ce sujet et ses explications sont très minutieuses. Qu’on eût recours au bûcher dès le début du sacrifice aux dieux, c’est un point qui ne laisse place à aucun doute. C’est pourquoi les livres tels que „le Principe des sens des trois rituels” [san H yi tsong) ') disent tous : „Quand on sacrifie au Ciel, on commence par allumer le „bûcher et ce n’est qu’ensuite qu’on célèbre le sacrifice ^principal; quand on sacrifie à la Terre, on commence par „enfouir le sang et ce n’est qu’ensuite qu’on célèbre le
i) Cet ouvrage en 30 chapitres est mentionné dans le A7//«' /si tche du Kieou T'aftg chou (chap. XLVI, p. 6 r'') comme ayant été composé par Ts'ouei Liug-ugeu.
„sacrifice principal”. En outre les „Discussions sur les rites” {Li louen) ') disent: „Le directeur de la cour des sacrifices ai-tch' ang) Ho Siun"^) dit à l’empereur: „Le bûcher ^entassé était autrefois au Sud de l’autel; quand on brûlait „la victime qui avait été sacrifiée au Ciel, on se servait de „la moitié gauche d’un veau; dans le cérémonial des Han, „on se servait de la tête; maintenant, au sacrifice kiao, on „se sert de neuf côtes. Le sacrificateur en chef offre les „côtes de la victime; l’invocateur en chef offre les pièces „de jade droites et rondes; tout cela est posé sur le bois ^enflammé.” Ce texte montre ce qui se passait au temps des Tsin ; on voit d’ailleurs qu’il n’y est pas parlé du sacrifice au Ciel. Quant à ce qui y est dit que, d’après le cérémonial des Han, on se servait de la tête de la victime, il est à remarquer que la tête n’est point un objet susceptible d’être mis sur les étals sacrés. En outre, à la fin du sacrifice, mettre sur les étals les côtes de la moitié de droite (de la victime), c’est seulement le „(Principe des sens des) trois rituels” (qui le dit); Ho Siun dit au contraire qu’on se sert de la moitié de gauche de la victime qui a été sacrifiée au Ciel; il ajoute que, d’après le cérémonial actuel, on se sert de neuf côtes. Tout cela montre que ce dont on se sert lorsqu’on allume le bûcher n’est pas identique à ce qu’on met sur les étals. On voit par là que c’était dès le commencement du sacrifice qu’on brûlait séparément certains membres de la victime; ce n’était point l’acte de brûler les restes du repas divin à la fin du sacrifice. Ainsi, les Tsin et les temps antérieurs continuaient à observer les rites de l’antiquité. Ce fut seulement à partir des Tcheoic
1) Ouvrage en 307 chapitres composé par Ho Tch'eng-t'ien (ibid., p. 5 v°).
2) Cet auteur est mentionné par le King (si tche du Kieoii T'ang chou (chap. XLVI, p. 5 r°) qui lui attribue différents ouvrages rituels relatifs aux vêtements de deuil.
3) Ho Siun a donc dû vivre au temps de la dynastie Tsin.
et des Wei (septentrionaux) qu’on fit à tort des modifications; comme on recueillait alors les pièces de soie offertes lors de l’annoncement au temple ancestral et comme, à la fin de la cérémonie, on les enfouissait, par analogie on changea de place la combustion du bûcher et on en fit la dernière phase du sacrifice; mais cette pratique n’est pas d’accord avec le vrai sens des statuts, car alors dans les rites il manque celui qui a pour but de faire descendre les dieux. — En outre, dans la cérémonie du bûcher allumé et dans celle du sacrifice principal, ni les victimes ni les jades ne sont les mêmes; le disque de jade verdâtre, la victime verdâtre, etc., sont ce dont on se sert sur le bûcher; les quatre tablettes kouei *), la victime rousse, etc., sont ce qui est requis pour le sacrifice. C’est pourquoi, dans le sacrifice kiao fait au Ciel, il y a les quatre tablettes kouei, de même que, dans le sacrifice au temple ancestral, il y a la cuiller à manche en forme de tablette ^). Aussi, dans l’article tien-jouei du Tcheou koiian ®), l’ornementation et la configuration (des quatre tablettes kotiei et celles de la cuiller à manche en forme de tablette) sont-elles concordantes entre elles. D’une manière générale, l’acte de recueillir ce qui reste quand la cérémonie est terminée ne rentre point dans les règles relatives au bûcher qu’on allume. Si cependant les rites actuels, invoquant l’usage qu’on faisait du disque verdâtre et ne tenant pas compte de la cuiller à manche en forme de tablette, font tout brûler indistinctement, il y a là une violation de ce qui devrait être et il est difficile de s’y conformer. — En outre, le bûcher qu’on allume et la musique qu’on exécute sont tous deux destinés à faire
1) Ce sont les quatre tablettes kouei qui s’emboîtaient sur une partie centrale commune appelée ti\ cf. p. 197, n. i.
2) Voyez un dessin de cette cuiller dans le dictionnaire Chinois-français de Couvreur, au mot tsan^ i' édition, p. 922.
3) Cf. Tcheou li^ trad. Biot, t. I, p. 483 — 493.
descendre les dieux; il faut donc que les endroits qu’on leur assigne soient appropriés. Or le bûcher qu’on allume est placé à gauche; la musique qu’on exécute se fait au Sud; si on cherche là le véritable esprit des rites, on constatera qu’il ne s’y trouve point. D’ailleurs, les „Discussions sur les rites” {Li louen) disent que l’endroit où on entasse le bûcher est au Sud de l’autel des dieux, tandis que les nouveaux rites le placent à gauche de l’autel. Ces textes ne sont pas d’accord avec la règle. Je propose de changer la combustion du bûcher en en faisant le début du sacrifice; l’endroit qui lui sera assigné sera au Sud des supports des instruments de musique, à l’intérieur des talus extérieurs. Je demande aussi qu’on approuve cela en ce qui concerne, dans le sacrifice à la Terre ‘), la cérémonie de l’enfouissement
Un décret impérial approuva ces propositions. A partir de ce moment ®), dans les sacrifices de la banlieue et dans ceux du tertre (rond) on mit toujours en premier lieu la combustion (du bûcher) et ensuite le sacrifice. Mais quand Hitian tsong se disposa à accomplir les rites des cérémonies fong et chan^ et quand Tchang Yue et d’autres fixèrent en commun le cérémonial, Siu Kien, K'ang Tseu-yuen et d’autres apportèrent une proposition en ces termes *) :
„Nous considérons avec respect que, lors de la période hien-k'ing {6^6- — 660), les fonctionnaires chargés de la révision des rites, Tchang-souen Wou-ki et d’autres, dirent ceci
1) Le terme jjfjJ désigne les sacrifices qui se font à la divinité féminine de la Terre.
2) En d’autres termes, dans le sacrifice à la Terre, l’enfouissement de certaines offrandes, et, dans le sacrifice au Ciel, le brûlement de certaines autres offrandes seront des cérémonies préliminaires destinées à attirer l’attention des divinités et à les faire descendre. Ce ne seront pas les aboutissements de la cérémonie principale.
3) On se rappelle que ces propositions avaient été faites pendant la période hien-k'ing (656 — 660).
4) Il s’agit maintenant d’une proposition de l’année 725.
dans la requête où ils proposaient d’introduire une modification en plaçant la combustion du bûcher avant le sacrifice: „Dans les rites des sacrifices, il importe de commencer par „faire descendre les dieux; les hommes de l’époque des T,Tcheou attachaient de l’importance aux odeurs; quand ils „voulaient sacrifier au Ciel, ils allumaient donc un bûcher.” Or, nous considérons que, dans les rites, le procédé pour faire venir les dieux est le suivant: au sixième air de musique, les dieux du Ciel descendent; au huitième air de musique, les divinités de la terre sortent; au neuvième air de musique, les mânes et les génies peuvent être atteints et on accomplit les rites qui leur sont destinés. Ainsi, c’est par le moyen de la musique qu’on fait descendre les dieux. Le vrai texte du Rituel des Tcheou [Tcheou H) ne dit point que ce soit en allumant le bûcher qu’on fait descendre les dieux. — Le principe de l’importance attachée aux odeurs ne prouve rien quand à l’antériorité ou à la postériorité de la combustion (du bûcher). A supposer en effet que les gens de l’époque des Tcheou aient attribué aux odeurs une importance capitale, il serait peut-être admissible de soutenir que, lorsqu’ils allumaient le bûcher dans le sacrifice au Ciel, ils brûlaient une odeur d’abord afin de faire venir le dieu ; cependant les gens de l’époque des Yin attribuaient aux sons une importance capitale ; or, dans le sacrifice au Ciel, eux aussi allumaient un bûcher; quel est donc le son qu’ils pouvaient brûler d’abord pour faire venir les dieux? — En outre, pendant la période hien-k’ing (656 — 660), {Tchangsouen) IVou-ki et ses collègues ont fait une requête où ils disaient: „ Avant l’époque des l'sin, on se bornait à observer „les anciens rites; à partir des Tcheou et des Wei (septen- „trionaux) on fit à tort des modifications.” Or, il est de fait que Kouo P'o (276 — 324), dans sa composition littéraire sur le sacrifice dans la banlieue du Sud à l’époque des Tsin et dans son commentaire du Eul ya, dit que c’est
après le sacrifice qu’on allume le bûcher; de même encore, d’après la dissertation écrite par Song Tchong, c’est après le sacrifice qu’on allume (le bûcher) ; de même encore, si on examine les sacrifices dans la banlieue tels qu’ils se pratiquaient sous les Ts'i du Sud, les Ts'i du Nord et les Leang, on constate que c’est après avoir bu le vin de prospérité qu’on allume (le bûcher); de même encore, si on examine les sacrifices dans la banlieue tels qu’ils se pratiquaient sous les Tcheou postérieurs et sous les Souci, on voit que le sacrifice venait en premier et que la combustion (du bûcher) venait ensuite. De ces faits il résulte que les Tcheoti pratiquaient le brûlement (des offrandes) en dernier lieu et que les Tsin ne plaçaient point en premier lieu la combustion (du bûcher); il y a donc là une contradiction avec l’opinion exprimée par [Tchang-souen) Wou-ki. — En outre, dans le Rituel des Tcheou {Tcheou lï) à l’article des fonctions du ta tsong po, il est dit: „I1 fait en jade les „six objets pour rendre hommage au Ciel, à la Terre et „aux quatre régions*)”. Le commentaire ajoute: Ce rite ^consiste, au moment où on commence l’annoncement au „dieu, à placer (ces objets) sur le siège du dieu”. Le texte (du Tcheou lï) dit plus loin: „Avec la tablette ronde de ^couleur verdâtre il rend hommage au Ciel, avec la tablette ^octogonale de couleur jaune il rend hommage à la Terre ... ; „dans tous ces cas, les victimes et les pièces de soie ont „une couleur respectivement appropriée à celle de la „tablette ^)”. En outre, le (chapitre du Li kï) intibulé Li k'i dit; „I1 y a des cas où c’est la petite quantité qui est une „marque d’honneur . . . c’est ainsi que, dans le sacrifice au „Ciel, il y a une seule victime ^)”. Par là on voit que le disque de jade verdâtre et la victime de couleur verdâtre
1) Cf. Tcheoîi li, trad. Biot, t. I, p. 434.
2) Tbid., p. 434—435-
3) Cf. Li ki, trad. Couvreur, t. I, p. 544-
étaient tous deux et chacun de son côté placés sur le siège du dieu. La raison et la règle ne sont ici point douteuses. — (Le Tcheou U) dit encore: „La tablette annu- „laire ti ayant les quatre tablettes koiiei *) est ce dont on „se sert pour le sacrifice ordinaire au Ciel et pour le „sacrifice lu aux empereurs d’en haut^)”. Cela montre que, lorsqu’on faisait le sacrifice ordinaire au Ciel souverain Empereur d’en haut, on en profitait pour faire le sacrifice lu aux divinités des empereurs célestes des cinq directions. Ainsi, le kouei vert, le tchang rouge, le hou blanc et le houang noir étaient employés, chacun pour la région qui lui correspondait respectivement, à faire venir les influences divines et cela avait lieu naturellement aux jours du commencement du printemps, du commencement de l’été, du commencement de l’automne et du commencement de l’hiver; il y avait donc des distinctions établies entre chacun d’eux ®). Or maintenant, d’après les nouveaux rites élaborés pendant la période hien-k’mg (656 — 660), on se sert du disque de jade verdâtre ainsi que de la victime
1) Cf. p. 197, n. I et p. 210, n. i.
2) Cf. Tcheou //, trad. Biot, t. I, p. 486.
3) Toute cette discussion est fort obscure et la principale raison en est que nous ne savons pas exactement quelle interprétation les auteurs de cette requête donnaient de certains passages du Tcheou li. Actuellement, dans le texte du Tcheou U où il est question de la tablette annulaire ayant les quatre kouei
, les commentateurs modernes déclarent ignorer absolument
comment étaient faits les quatre kouei. D’après les auteurs de la requête que nous traduisons en ce moment, il semble que les quatre kouei étaient le kouei vert, le tchang rouge, le hou blanc et le houang noir. Or ces quatre tablettes étaient assignées chacune à une des directions de l’espace; par conséquent, lorsque le Tcheoxi li dit qu’on se sert de la tablette annulaire ayant les quatre kouei pour faire le sacrifice ordinaire au Ciel et le sacrifice lu aux Empereurs d’en haut, cela signifie, d’une part que, lorsqu’on faisait le sacrifice lu à l’un des cinq Empereurs d’en haut, c’était toujours à l’occasion du sacrifice ordinaire fait au Ciel souverain Empereur d’en haut, d’autre part que les sacrifices qui se célébraient au commencement de chacune des quatre saisons étaient distingués entre eux par celui des quatre kouei qu’on employait et celui des Empereurs d’en haut auquel on s’adressait plus spécialement.
verdâtre et des soies vertes pour les brûler en premier lieu; comme le disque de jade verdâtre se trouve ainsi avoir été brûlé, on est obligé de recourir en outre à la tablette annulaire ti ayant les quatre tablettes kouei et on la place sur le siège du dieu ') ; comme la victime verdâtre a été brûlée, on doit donc ajouter encore la victime rousse pour remplir l’étal de la véritable (offrande). Ainsi on confond ce qui concerne le Ciel souverain et ce qui concerne les cinq Empereurs en se servant indifféremment des quatre kouei-, on méconnaît le texte parfaitement clair relatif à la victime unique en ajoutant les deux veaux ^). Tout cela est fort contraire à l’esprit des rites et ce sont des cérémonies qui ne méritent aucune confiance.”
Le k' ao kong yuan wai lang Tchao Tong-hi et le t'ai hio po che Heou Hing-kouo dirent: „Lorsqu’on faisait d’abord brûler le bûcher, c’était primitivement afin de faire descendre les dieux et cette pratique est déjà ancienne; mais si on se conforme au (chapitre du Li ki intitulé) Tsi yi, la règle certaine est qu’on doit faire brûler le bûcher en dernier lieu”.
Le tchong-chou ling Tchang Yue, prenant en main ces requêtes (pour les présenter à l’empereur), dit: „Dans les discussions qu’ont faites Siu Kien et les autres au sujet de l’antériorité ou de la postériorité de la combustion du bûcher, ils ont jugé qu’il y avait des inexactitudes en se fondant sur le (chapitre) Tsi yi (du Li ki) et sur (le cérémonial de la période) tcheng-kouan (627 — 649); cependant.
1) Le disque de jade verdâtre était la seule tablette qui fût destinée spécialement au Ciel; on ne devait donc pas commencer par la brûler pour faire descendre le dieu puisqu’alors on n’avait plus rien à offrir à celui-ci quand il était venu. En offrant au Ciel la tablette annulaire ti ayant les quatre kouei, on confondait le Ciel avec les cinq Empereurs d’en haut à chacun desquels correspond respectivement l'une des cinq pièces composant cet ensemble de tablettes.
2) Puisqu’on emploie d’abord une victime verdâtre et ensuite une victime rousse, on viole le précepte formel du Li ki suivant lequel le sacrifice au Ciel ne comporte qu’une victime unique.
à partir de (la période) hien-k'ing (656 — 660), on a placé en premier lieu la combustion. Si (Votre Majesté) désire rectifier des rites altérés et recourir au (chapitre) Tsi yi, je lui propose de suivre les rites de la période tchengkouan-, mais si Elle veut se conformer à la tradition et ne rien changer, je propose au contraire de suivre les rites de la période hien-k'ing. Dans tout sacrifice, c’est le coeur qui est l’essentiel ; si le coeur est parfait, alors il communique avec le Ciel et la Terre et il pénètre jusqu’aux dieux célestes et terrestres. Que la combustion du bûcher doive donc se faire en premier lieu ou qu’elle doive se faire en dernier lieu, c’est ce que peut décider votre sainte volonté; où qu’elle se porte, elle sera en communication avec les essences divines. Quant à nous, vos sujets, nous ne saurions nous prononcer sur l’antériorité ou la postériorité de la combustion”.
Hiîian isong ordonna qu’on se servît du cérémonial d’après lequel la combustion se fait en dernier lieu et la présentation des offrandes en premier lieu. Après cela, le directeur de la cour des sacrifices, Hien, roi de Ning, fit une requête pour proposer que, lors des sacrifices de saison sur l’autel de la banlieue, on se conformât toujours à cette règle, présentant d’abord les disques de jade et ensuite allumant le bûcher ou enterrant les offrandes. Un décret approuva cette proposition.
Sur ces entrefaites, le sseu-men tchou-kiao Che Kmg-pen présenta une requête en huit articles pour critiquer l’ancien rituel des sacrifices fong et chan\ il disait en résumé ceci:
„ D’après l’ancien rituel, le che-tchong agenouillé tient l’aiguière pour que (l’empereur) se lave les mains; cela est contraire aux rites. En effet, par l’acte de se laver les mains et de rincer la coupe tsio, le souverain des hommes se propose d’atteindre à une parfaite propreté pour honorer le dieu; on peut donc charger un petit fonctionnaire du
soin (de tenir l’aiguière). Maintenant, le che-tchong, qui est un haut fonctionnaire, donne de quoi se laver au souverain des hommes, tandisque le premier invocateur {t'ai tchoii), qui est un petit fonctionnaire, adresse la prière au dieu du Ciel. Ainsi on met en rapport le dieu du Ciel avec un petit fonctionnaire et on fait servir le souverain des hommes par un haut fonctionnaire; c’est là une chose contraire aux rites. Le Tcheou H, à l’article du ta tsong po, dit: „Les ^préposés au vin aromatique qui sont deux officiers de „rang inférieur aident dans la cérémonie des libations ')”. Ainsi, c’étaient ces officiers qui avaient la charge de (tenir l’aiguière pour) le lavage des mains. Les Han héritèrent des statuts des Ts'in qui ne comportaient pas la fonction des préposés au vin aromatique ; c’est pourquoi ils chargèrent de ce soin un officier attaché à la personne de l’empereur; depuis les Wei et les Tsin jusqu’à maintenant, on a suivi cet usage sans le modifier. A vrai dire cependant, il est admissible que, dans les rites des Han, le che-tchong eût cette fonction, tandisqu’il n’est plus convenable que le chetchong l’exerce actuellement. En effet, le che-tchong de l’époque des Han était à l’origine un fonctionnaire de peu d’importance; au temps de l’empereur Kao (206 — 195 av. J.-C.), des lettrés enregistrés eurent ce titre; au temps de l’empereur Houei (194 — 188 av. J.-C.), des lettrés distingués eurent ce titre; Pi-k'iang, fils du marquis de Lieou, à l’âge de quinze ans, eut ce titre; sous les Hati postérieurs, O Kien ®), en qualité de yi-laîtg fut nommé che-tchong-.
1) Je ne retrouve pas textuellement ce passage dans le Tcheou H. Les deux oflSciers auxquels il est fait allusion ici sont vraisemblablement le yu jen et le tch'aftg jen ; cf. Tcheott //, trad. Biot, t. I, p. 465 — 470.
2) Cf. Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. IT, p. 412.
3) Le nom de famille de ce personnage est indiqué comme manquant, ce qui est une preuve du mauvais état dans lequel se trouvait le texte de ce chapitre. Nous ne devons donc par être surpris si les fautes y sont assez nombreuses.
Chao Ho fut promu du poste de che-tchong à celui de hiao-wei dans l’infanterie. (Le che-tchong) avait rang de ts'ien che^) et était le subordonné du directeur du chao-fou-, le directeur du chao-fou avait rang de tchong eut ts'ien che et le sous-directeur avait rang de ts'ien-che\ le che-tchong'*-) avait donc un rang égal à celui de ce sous-directeur. Sous les Wei, Sou Tai eut ce titre ; autrefois, le che-tchong veillait en personne sur l’empereur dans toutes ses démarches; c’est pourquoi on l’appelait le tche cheou tseu^); Ki Mao, ayant eu une entrevue (avec Sou Tai), lui dit : „La carrière d’un fonctionnaire ne s’arrête pas au grade de tche cheou tseu". Cela donnait à entendre que {Sou Tai) n’était qu’un fonctionnaire subalterne. Maintenant cependant, bien qu’on ait conservé au che-tchong le nom de cette ancienne fonction, le titulaire n’a plus les mêmes attributions qu’autrefois ; il s’occupe de la direction générale des affaires ; on lui confie le soin de conseiller l’empereur®); il n’est plus du tout au rang où était le tche cheou tseu de l’époque des Han et des Wei; il est tout autre que celui qui avait la fonction de préposé à la liqueur aromatique au temps
1) Cf. Sscu-ma Ts'ieti, trad. fr., t. II, p. 527, note.
2) Les che-tchong ne sont cependant pas mentionnés au nombre des subordonnés du chao-fou dans les chapitres du Heou Han chou consacrés à l’administration; cf. Sseu-ma Ts'ien^ trad. fr., t. II, p. 519 — 520.
3) Je rétablis le nom de Sou Tai, dont les caractères sont intervertis dans le texte; sur Sou Tai, voyez Giles, Biog. Dict., n° 1787.
4) Ce nom signifie proprement : celui qui tient le quadrupède ;
peut-être faut-il le rapprocher du nom d’un autre fonctionnaire, le tche kin-wou
tient (l’oiseau) hin-wou" ; on sait que ce dernier
portait la représentation d’un oiseau devant l’empereur pour écarter toute mauvaise influence; il était en quelque sorte, un chef de police; le tche cheou tseu avait peut-être un rôle analogue. ,
5) L'expression est tirée du Chou king, chap. Yue ming (Legge,
C. C., vol. III, p. 260); „Un bon conseiller est à son prince ce que le sel et les prunes sont au potage”.
du Tcheou H. Quand la barque en marche ne s’arrête pas, l’épée qui est tombée (dans l’eau) se trouve déjà loin; si on veut la rechercher en prenant pour point de repère l’entaille qu’elle a faite (sur le bord de la barque en tombant), n’est-ce pas folie? D’autre part, l’invocateur ') est celui qui sert à transmettre les ordres; il fait pénétrer, en les présentant aux essences divines, les intentions du souverain des hommes; ce ne sont pas là des fonctions méprisables. Quand deux princes ont une entrevue, c’est un haut dignitaire qui sert de premier introducteur; à plus forte raison, lorsqu’il s’agit des ralations entre le Ciel et l’homme, si on les compare à celles qui existent entre deux princes, les rites témoignant le respect ne doivent-ils pas aussi être considérables? Or maintenant le premier invocateur est un fonctionnaire subalterne; ce n’est point là le moyen de rendre importants les ordres et d’honorer les dieux. Si cependant, à l’époque des Tcheou et des Han, le grand invocateur était d’accord avec les rites, comment cela se peut-il faire ? Le Tcheou H, à l’article du ta tsong po, dit: „Le service du grand invocateur comprend deux grands officiers de troisième ordre et quatre officiers de première classe ^) ; ils s’occupent des textes des six sortes d’invocation *)”. Le ta tsong po était un haut dignitaire de premier rang; il est assimilable à notre président du ministère des rites ou à notre directeur de la cour des sacrifices; le siao tsong po est un grand officier de second rang; il est assimilable à nos che-lang et à nos chao-k'ing-, les grands officiers de troisième ordre qui étaient les grands invocateurs sont assimilables à nos lang-tchong et à nos sous-directeurs de la cour des sacrifices; les quatre officiers de première classe
1) Pour l’invocateur m , le cas est exactement l’inverse de celui du c/ieichong\ c’est une fonction autrefois honorée qui est devenue subalterne.
2) Cf. Tcheou li, trad. Biot, t. I, p. 41 1.
3) Ibid., t. II, p. 85,
(du service du grand invocateur) sont assimilables à nos yuan-wai-lang et à nos po-che de la cour des sacrifices. On pouvait donc placer de tels hommes comme intermédiaires entre le Ciel et l’homme pour qu’ils fissent parvenir les formules d’un extrême respect. En outre, le grand invocateur en chef à l’époque des Han avait rang de leou po che ’) ; il était l’égal de nos po-che de la cour des sacrifices (t'aitch'ang) ; le grand invocateur en chef à l’époque des Leang était l’égal de nos nan-t' ai yu-che-, maintenant, au contraire, le grand invocateur est un petit officier subalterne qui se trouve placé au-dessous du grade de grand officier du troisième degré; ici encore, comme précédemment, on peut appliquer la métaphore de l’entaille sur le bateau ^)”.
{Che Kitig-pen) disait encore: „D’après l’ancien rituel, le ye-tchô introduit le t'ai-wei et le fait monter sur l’autel pour qu’il présente la seconde offrande. Cela est contraire aux rites. En effet, les fonctions de ye-tchô sont basses, tandis que monter sur l’autel est un acte important. Dans ce cas aussi, un officier qui est devenu peu considérable est employé comme dans l’antiquité, alors que, actuellement, sa situation réelle a été profondément modifiée D’après le Han konan yp), „parmi les subordonnés àu yu-che-t'ai du chang-chou „il y a le ye-tchô p'ou-ye-, cette charge a un titulaire qui a „rang de leou po che et qui a un sceau de cuivre avec un „cordon vert; il y a en outre trente-cinq ye-tchô ; ce sont des y^lang-tchong ayant accompli leur temps de service ou des ^ki-che n’ayant pas encore accompli leur temps de service „qui exercent provisoirement ces fonctions de ye-tchô.” En outre, d’après le ^Tableau des cent fonctionnaires, des ducs du palais et des hauts dignitaires”, qui est un chapitre du
1) Cf. Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. II, p. 527, note.
2) Cf. p. 219, lignes i — 5.
3) Le Hait kouan yi a été composé par Ying Chao dans la seconde moitié du deuxième siècle de notre ère.
Han chou '), parmi les subordonnés du kouang-lou-hiun, il y a les lang-tchong yuan-wai qui ont rang de pi eut ts'ien che; il y a aussi les ye-tch’o qui sont chargés d’entretenir les hôtes et de recevoir les affaires; ils sont au nombre de soixante-dix et ont rang de pi leou po che. Ainsi, dans l’antiquité, le rang des ye-tch'o était tout autre que ce qu’il est devenu maintenant où il est fort abaissé; continuer à se servir de ces fonctionnaires pour accomplir les cérémonies, c’est ce qu’on peut appeler de la négligence”.
[Che King-pen) disait encore: „ D’après l’ancien rituel, le chang-chou ling présente les tablettes de jade. Or maintenant ce fonctionnaire n’existe plus; je propose qu’on fasse accomplir cet acte par le tchong-chou ling. En effet, au temps de l’empereur Wou (140 — 87 av. J.-C.), de la dynastie Han, Tchang Ngan-che eut le titre de chang-chou ling-, quand il assistait aux promenades et aux banquets dans le palais des femmes, il était constamment accompagné par un eunuque; l’empereur ordonna que le titre (de cet eunuque) fût changé en celui de tchong-chou ye-tcho ling ; sous le règne de l’empereur Tch'eng (32 — 7 av. J.-C.), on supprima cet eunuque et on le remplaça par un officier. Sous les Wei, au début de la période houang-tch' ou (220 — 226), on transforma le pi-chou auquel on substitua le tchong-chou kien et on invita l’ancien chang-chou à exercer en même temps les fonctions de tche-kao-, quand donc on eut établi le fonctionnaire appelé tchong-chou, on fit en même temps rentrer dans ses attributions celles de tche-kao et de kiumi. Ainsi, à partir de l’époque des Wei, le tchong-chou se
1) Ts'ien Han chou, chap. XIX.
2) Au lieu de -b + A. le Ts'ien Han chou (chap. XIX, a, p. 3»)
présente la leçon -t + A = soixante huit.
3) Ce titre signifie ^introducteur du tchong-chou" , et, comme il s’appliquait à 1 eunuque chargé d’accompagner le chang-chou ling, il prouve l’identité des termes tchong-chou et chang-chou.
trouva avoir les attributions qu’avait le chang-chou sous la dynastie des Han. Maintenant, quand on parle des tablettes de jade que présente le chang-chou, on parle d’après le rituel des Han ; mais, puisque cette fonction fait maintenant défaut, c’est donc le tchong-chou Img qui doit être chargé d'accomplir cet acte.”
Ces propositions ayant été soumises à l’empereur, Hiuantsong ordonna à Tchang Yue et à Siu Kien de mander {Che) King-pen et de tenir une délibération avec lui pour arriver à une décision bien mûrie.
Tchang Yue et son collègue firent un rapport en ces termes: „Parmi les propositions présentées par {Che) Kingpen, il y en a quatre qui ont déjà été adoptées à titre de modifications. Quand aux points sur lesquels il signale des désaccords, nous proposons qu’on admette des modifications au moment où on célébrera le sacrifice et en tenant compte des circonstances.”
Un décret impérial approuva ces conclusions.
La treizième année *) (725), le onzième mois, le jour ping-siu, (l’empereur) arriva au T'ai chan, à cinq H du pied de la montagne et à trois li à l’est de la montagne Chô-cheou. Le jour ting-hai, Hiuan-tsong revêtit la robe ytian et le chapeau mien et alla se purifier dans la salle antérieure préparée avec des tentures dans le palais de voyage. Le jour ki-tch'eou eut lieu le solstice d’hiver. Avec tout l’appareil du grand cortège de cérémonie, l’empereur arriva au pied de la montagne; puis Hiuan-tsong monta à cheval et commença l’ascension, suivi par les fonctionnaires attachés à sa personne.
Auparavant, Hiuan-tsong, considérant la pureté de la montagne divine, ne voulait pas que beaucoup de personnes la gravissent; il désirait que, en ce qui concerne la première
1) Le texte écrit par erreur „la douzième année”.
offrande, la cérémonie fût accomplie sur l’autel au haut de la montagne, et que, en ce qui concerne la seconde offrande et la dernière offrande, les cérémonies fussent accomplies sur l’autel au bas de la montagne. C’est pourquoi il invita le hio che fonctionnaire des rites Ho Tchetchang et d’autres à venir en sa présence expliquer le cérémonial ; aux questions qu’il leur posa, {Ho) Tche-tchang et ses collègues répondirent par une requête ainsi conçue :
„Le Ciel souverain Empereur d’en haut a rang de souverain ; les Empereurs des cinq directions de l’espace correspondant aux saisons ont rang de sujets; bien que le titre d’Empereur soit commun au premier et aux seconds, ils différent par leurs rangs qui sont, pour l’un, celui de souverain et, pour les autres, celui de sujets. Que Votre Majesté sacrifie sur le sommet de la montagne à celui qui a rang de souverain, et que vos sujets sacrifient au bas de la montagne à ceux qui ont rang de sujets; cela suffira vraiment à transmettre une règle aux générations à venir et ce sera ce qu’il y a de plus important dans la modification des rites. Les rites ont leur accomplissement entier par le nombre trois; il faut donc rassembler au même endroit la première offrande, la seconde et la dernière.”
Hiuan tsong répondit: „Je désirais précisément agir ainsi et c’est pourquoi je vous ai interrogé”.
Il décréta alors que, en ce qui concerne les trois offrandes, la cérémonie serait faite au sommet de la montagne, et que, en ce qui concerne les Empereurs des cinq directions de l’espace et les sièges des divers dieux, la cérémonie serait faite sur l’autel au pied de la montagne.
Hiuan tsong demanda, à cette occasion, pourquoi les empereurs et les rois des dynasties précédentes avaient tenu secret le texte écrit sur les tablettes de jade. {Ho) Tchetchang lui répondit: „Les tablettes de jade étaient primitivement destinées à établir la communication avec les
essences divines. Ce que demandaient les empereurs et les rois des dynasties précédentes différait pour chacun d’eux, les uns priant pour avoir un grand nombre d’années, les autres songeant à devenir des immortels. C’étaient là des choses mystérieuses et c’est pourquoi personne n’en était informé”. Hiiian tsong répliqua; „Si maintenant j’accomplis ces cérémonies, c’est entièrement dans le but d’implorer le bonheur pour la multitude du peuple et il n’y a de ma part aucune autre prière secrète; il faut donc prendre les tablettes de jade et les montrer à tous mes officiers pour qu’ils connaissent quelles sont mes intentions’”
La teneur des tablettes de jade fut la suivante:
„Moi, votre sujet un tel. Fils du Ciel par hérédité de la dynastie T'ang, j’ose faire cette déclaration au Ciel souverain Empereur d’en haut:
Le Ciel a ouvert la voie à la famille Li-, — l’évolution a fait triompher la vertu de l’élément terre.
Kao tsou et T'ai tsong — ont reçu le mandat et établi le faîte.
Kao tsong monta (sur la montagne pour annoncer) sa réussite ; — les six directions de l’espace furent en pleine prospérité.
Quand Tchong tsotig prit sa succession, — la continuité et la réalité (de la dynastie) furent grandement ') fixées.
L’Empereur d’en haut, me secourant avec bonté, — m’a donné le loyalisme et la martialité;
Je suis parvenu à apaiser les difficultés à l’intérieur; — j’en fais honneur à mon vénéré père;
Avec respect j’ai reçu le grand joyau — et, depuis treize ans, je me conforme soigneusement aux volontés célestes;
Les quatre mers jouissent du repos; — je fais donc
i) Le texte donne par erreur la leçon 'î®
le sacrifice fong au pic Tai — pour remercier le Ciel de ma réussite.
Que mes descendants aient toutes les prospérités; — que le peuple reçoive le bonheur”.
Le jour keng-yin, (l’empereur) fit au sommet de la montagne le sacrifice au Ciel souverain Empereur d’en haut sur l’autel qui était devant la terrasse de la cérémonie fong. Kao tson, empereur Chen- Yao '), fut associé aux offrandes. Cheou-li, roi de Pin ^), fit la seconde offrande ; Hien, roi de Ning^), fit la dernière offrande. L’empereur but le vin consacré.
Le jour kouei-sseu, le tchong-chou ling Tchang s’avança et déclara que le Ciel avait donné à l’empereur un écrit
1) Le premier empereur de la dynastie T'ang avait reçu après sa mort
(626) le nom de temple de Kao tsou et le nom posthume de Ta won houang ii ; en 674, ce second nom fut changé en celui de
Chen Yao houang f f jjjÿ ^ , et, en 754, en celui de Chen Yao ta
cheng ta houang hiao houang ti jjjÿ
(cf. Kieou T'ang choti.^ chap. I, p. 7 v°) Au moment du sacrifice sur le T'ai chan.^ en 725, Kao tsou portait donc le nom posthume de Che?i Yao houang ti sous lequel il est ici désigné.
2) En 710, le titre de roi de Pin avait été conféré à Cheou-li.^ second fils de Hien , héritier présomptif Tchang-houai (cf. T'ang chou.^ chap. LXXXI, p. 3 v°); ce dernier, à qui nous devons le commentaire de Heou Han chou publié en 676, était le sixième fils de Kao tsong.
3) Hien était le fils aîné de Jouei tsong., par conséquent le frère aîné de
Hiuan tsong. Il se nommait primitivement Tch'eng-k'i changer de nom pour éviter l’emploi du caractère
r , mais dut qui faisait partie du
nom posthume de l’impératrice Tchao-tch'eng , femme de Jouei tsong
et mère de Hiuan tsong. En 710, Hien fut nommé roi de Song * ;en 719, il fut nommé roi de Ning. Il mourut en 741, la même année et le même mois que Cheou-li., roi de Pin (cf. T'ang choit, chap. LXXXI, p. 5 r°-6 v®; chap. V, p. 5 r" et p. 9 r").
divin ') de T’ai-yi"^) (disant) que le cycle était terminé et recommençait et qu’il y aurait une paix éternelle pour la multitude des hommes. L’empereur salua et se prosterna.
Au sommet de la montagne, on fit une terrasse ronde avec quatre escaliers; c’est ce qu’on appela l’autel de la cérémonie fong\ sur cette terrasse, il y eut les pierres rectangulaires superposées; c’est ce qu’on appela le coffre de pierre. Pour ce qui est des tablettes de jade et des fiches de jade, on grava les caractères sur le jade et on les remplit d’or, puis on mit les tablettes et les fiches dans deux boîtes en jade distinctes qu’on lia avec un lien d’or et qu’on scella avec une pâte d’or sur laquelle l’empereur apposa le sceau du mandat conféré. On plaça les deux boîtes de jade dans le coffre de pierre; on luta avec de la pâte d’or les Interstices du coffre de pierre et on scella celui-ci avec le sceau portant la formule: „Dans tout l’empire il a rendu uniformes les caractères de l’écriture”. Au Sud-Est de l’autel, on fit l’autel de la combustion sur lequel on éleva un bûcher. L’empereur s’étant rendu à la place d’où il devait voir de loin la combustion, le feu fut mis au bûcher; tous ses officiers poussèrent des vivats et les cris se propagèrent jusqu’au bas de la montagne; ces clameurs ébranlaient le ciel et la terre. Pour ce qui est du sacrifice sur l’autel au bas de la montagne, ce furent des officiers qui accomplirent les cérémonies.
Quand ce fut terminé, l’empereur, avant de quitter sa place, donna cet ordre aux tchong-chou men-hia-.
1) Nous voyons ainsi apparaître dès l’époque de Hiuan tsong ces prétendus écrits divins qui devaient jouer un si grand rôle en l’année 1008, sous les
2) C’est sous l’empereur Wou de la dynastie Han que nous trouvons mentionné pour la première fois le culte de T'ai-yi (cf. Sseu-ma Ts'ien^ trad. fr., t. 111, p. 467 et p. 485). Ce culte reprit une vie nouvelle à l’époque de la dynastie mongole (cf. T'oung fao^ 1908, p. 393, n. i). Le texte que nous traduisons en ce moment prouve qu’il n’était point oublié au temps des T'ang.
„ Malgré mon peu de vertu, j’ai reçu la grande charge précieuse; maintenant, lorsque la cérémonie fong et le sacrifice ont été pour la première fois célébrés, les nuages et les êtres de la nature m’ont été propices et favorables; tout cela est dû à l’appui que vous m’avez prêté, ô mes grands dignitaires. Que moi le prince et vous mes sujets, nous nous aidions mutuellement; que nous nous efforcions de collaborer aux intentions du Ciel; qu’il en soit toujours comme aujourd’hui et que nous ne nous permettions aucune négligence !”
Le tchong-chou ling Tchang Yue s’agenouilla et répondit : „Votre auguste coeur a été sincère et dévoué et vous avez passé la nuit à vous purifier au sommet de la montagne. Pendant la nuit d’hier, cela a arrêté le vent et fait cesser la pluie'); aujourd’hui le ciel est pur et le soleil luit; en outre il y a une brise fortunée qui aide à la musique et des nuées favorables qui attirent la fumée du bûcher ^). Ces manifestations divines et ces cérémonies sans défaut sont telles que jamais on n’ouït parler de semblables. Votre Majesté s’est encore préoccupée d’être aussi attentive à la fin qu’au début pour assurer un bonheur éternel aux dix mille familles. C’est là une grande bonne fortune pour l’empire.”
Auparavant, lorsque le cortège impérial était arrivé à Lai-sou, à l’ouest du pic, un vent violent était soudain venu du Nord-Est et avait soufflé depuis midi jusqu’au soir, déchirant les tentes et brisant les pieux; la multitude était saisie d’effroi. Tchang Yue prit l’initiative de dire: „C’est là sans doute le dieu de la mer qui vient à notre rencontre Y’- Puis, quand on arriva au pied du pic, le ciel
1) Voyez dans le paragraphe suivant l’incident auquel fait allusion Tchang Yue.
2) Ainsi l’harmonie et les parfums sont portés vers les dieux.
3) Les divinités de la mer signalaient toujours leur passage par un vent violent. Voyez plus loin, dans le chapitre consacré aux Croyances poptdaires, le texte relatif à T'ai kong et à la fille du dieu de la mer orientale.
et la terre se trouvèrent purs et calmes. Quand Hiuan tsong fit l’ascension de la montagne, le soleil et l’air étaient doux et caressants. Quand on fut parvenu à l’endroit où l’empereur devait se purifier, après le coucher du soleil il y eut un vent impétueux qui renversait les hommes et une température froide qui pénétrait les os; à cause de cela, Hhian tsong ne prit aucune nourriture; il se tint debout en plein air devant le lieu de halte jusqu’au milieu de la nuit; alors, levant la tête vers le ciel, il fit cette déclaration: „Si la personne de moi, un tel'), est coupable, je vous prie de faire descendre aussitôt sur moi le châtiment; si c’est la foule du peuple qui ne s’est pas attiré de bonheur, je vous demande encore que ce soit moi, un tel, qui assume l’offense ^). Mes soldats et mes cavaliers sont accablés de fatigue; je vous supplie d’arrêter le vent et le froid.” En ce moment même, le vent s’arrêta et la température de la montagne s’attiédit. Alors on répartit des soldats depuis le haut de la montagne jusqu’à l’autel (du pied) de la montagne; ils se criaient de l’un à l’autre les divisions des heures et en un instant les ordres qu’ils transmettaient parvenaient à destination. Au milieu de la nuit les feux allumés formaient une chaîne continue et semblaient, quand on les regardait du bas de la montagne, comme une file d’étoiles qui allait depuis la terre jusqu’au ciel. Lorsque le jour commença à poindre, le sommet de la montagne était pur et dégagé tandis que, lorsqu’on regardait vers le bas de la montagne, la vue était arrêtée de toutes parts par des vapeurs dormantes; les chants qui s’élevaient et la musique jouée étaient comme une brise fortunée qui venait
1) L’empereur mentionnait ici son nom personnel que l’historien n’ose reproduire parce qu’il est frappé de tabou.
2) L’empereur est prêt à expier non-seulement ses propres fautes, mais encore toutes celles de son peuple. Nous avons ici un spécimen de ce raisonnement dont le plus ancien type se trouve dans la prière attribuée à T'ang le vainqueur (JLoucn yu^ ch. XX, § i).
du Sud; rharmonie des instruments à cordes et des flûtes flottait comme si elle arrivait d’au-delà du ciel ’). Puis, le jour où on célébra les cérémonies, quand on fit s’élever l’éclat de la flamme (du bûcher), une nuée favorable, de forme élégante et compliquée ^), remplit tout le firmament. La foule des officiers, rassemblée sur la montagne Ch'o-cheou à l’endroit où avait été établi le palais fait de tentes, observait de là le cortège impérial; ils virent de loin une fumée violette qui s’élevait en oscillant et pénétrait en haut. A l’intérieur et à l’extérieur (du campement), on se réjouit et on poussa des cris.
Hiiian tsong partit du sommet de la montagne et se rendit à la demeure de purification sur le Ch'ô-cheou ; il y arriva entre les heures tch'en et sseu *). La couleur du soleil était fort brillante ; la nuée favorable ne s’était pas dissipée. Les officiers de tous grades ainsi que les chefs étrangers s’avancèrent à l’envi à la rencontre (de l’empereur) pour le féliciter.
Le jour sin-mao, on fit des offrandes à la divinité de la souveraine Terre sur l’autel T'ai-tche^) de la montagne Ch'ô-cheou. Jouei tsong ^), l’empereur grandement saint et pur, fut associé au sacrifice. Une nuée de cinq couleurs apparut; le soleil présenta un double disque. On enferma les liasses (de fiches) de jade dans le coffre de pierre en observant le même cérémonial que pour l’autel de la cérémonie fojig.
1) Ce texte décrit bien l’impression qu’on éprouve sur une haute montagne baignée de lumière quand les bruits qui viennent de la plaine cachée par une mer de vapeurs semblent émaner d’une origine mystérieuse.
2) Ces épithètes sont celles mêmes qu’emploie Sscti-ma Ts'ien (trad. fr.,
t. III, p. 396) pour définir la nuée dite „nuée favorable”
3) Vers neuf heures du matin.
4) Ce nom qui signifie ^majestueux et rectangulaire” désigne d’une manière général l’autel consacré à la terre; cf. le chap. Tsi fa du Li ki (trad. Couvreur, t. II, p. 259 et note).
5) youei tsong est le père de l’empereur Hiuan tsong.
Le jour jen-tch'en, Hiuan tsong se rendit dans la salle ] faite avec des tentures (sur l’autel) destiné à l’audience plénière. Il y eut un grand déploiement de monde: (on voyait là) les officiers de tous grades civils et militaires, les descendants des deux dynasties ^), le descendant de K'ong tseii, les ambassadeurs de pays divers qui étaient réunis à la cour, les sages et les hommes vertueux recommandés par les chefs de province, ainsi que les lettrés et les littérateurs qui avaient présenté au trône des compositions et des éloges, les représentants des royaumes (des barbares) Jo7ig et Ti, Yi et Man, K'iang et Hou venus pour rendre hommage et faire des offrandes, (à savoir:) le hie-li-fa des ] T'ou-kiue (Turcs) ^), les rois des K'i-tan, des Hi et autres, ' les princes otages ou les ambassadeurs des Ta-che (Arabes), du Sie-yu (Zâboulistân), des cinq Indes, des Dix tribus occidentaux), des Kouen-louen (Malais d’Indo-Chine), du Je-pen {Japon), du Sin-lo (Sinra en Corée), des Mo-ho (Mandchourie orientale), — puis les barbares ayant fait leur soumission à l’empire, (à savoir:) les rois de Kao-li et de Tch'ao-sien, le roi Tai-fang du Po-tsi, le nio (beg?) des {T'ou-kiue des) Dix tribus, A-che-nar ^agan qui fait revivre ce qui autrefois (était perdu) ^), les rois sages de gauche et
1) Les deux dynasties Vi» et Tcheotf, nous avons vu qu’elles avaient déjà été représentées lors du sacrifice fong de l’année 58 p.C. ;cf. p. 166, n. 4.
2) Nous lisons dans le T'ang choit que le kagan des T'ou-kiue, Me-ki-lien, envoya à la cour de Chine le hie-li-fa A-che-t'o pour apporter des présents; cet ambassadeur turc accompagna l’empereur lorsqu’on célébra en 725 les sacrifices fong et chan. Hirth a tenté de montrer que le hie-li-fa A-che-t'o n’était autre que le Tonjukuk dont M™' Klementz a retrouvé l’inscription funéraire rédigée en turc. Cf. Hirth, Nachworte zur Inschrift des Tonjukuk, p. 8 — 14.
3) En 657, le kagan des Dix tribus des T'ou-kiue occidentaux, A-che-na Mi-che, qui était venu se réfugier à la cour de Chine, reçut le titre de „kagan qui fait prospérer ce qui était autrefois perdu” [liing si u'ang k'o han). Quand il eut été mis à mort en 662, son fils, A-che-na Yuan-k'ing, hérita de son titre. En 692 celui-ci à son tour fut mis à mort ; mais, en 703, on donna au fils de Yuan-k'ing, A-che-na Hien, le titre qu’avaient porté son aïeul et son père (cf. mes Documents sur les Tou-kiue occidentaux, p. 39 et 41). C’est sans doute A-che-na Ilien qui assista en 725 aux cérémonies et chan.
de droite des Trente tribus ’), les chefs des deux (peuples) qui sont à l’Ouest du Je-nan {Tonkin), à savoir les Dents enlevées'-^) et les Fronts tatoués^), les chefs des peuples Tsang-ko et Woii-hou (région du haut Oxus) ; tous occupaient leurs places respectives.
Un décret impérial leur fut adressé en ces termes:
„J’ai entendu dire que celui sur qui s’exerce la surveillance du Ciel, c’est le prince et que le prince est qualifié pour servir le Ciel; quand il a réuni sa vertu (à celle du Ciel) et que, par là, il a été investi du mandat, à son tour il fait remonter tout son mérite (au Ciel) ®) et recommence à nouveau. Ceux qui agirent les premiers ainsi, ce furent les soixante-douze princes; comme leur sagesse avait été conforme et que leurs actions avaient été glorieuses, l’époque favorable arriva et les gages de bon augure se produisirent : tous donc accomplirent les cérémonies sur le tertre majestueux *') et montèrent sur la montagne pour annoncer leur réussite ’) à l’Empereur d’en haut. Les espérances des hommes et des dieux trouvèrent ainsi le moyen d’être satisfaites; cette succession de souverains et de rois, on peut la connaître et en parler. Pour moi, j’ai reçu un héritage impérial datant de mille années; j’ai recueilli la gloire de cinq générations ®). C’est uniquement la vertu de mon ancêtre (^sûu) et de mon
1) L’inscription de Kul tegin mentionne à deux reprises ces Trente (tribus des) Tatars; cf. Thomsen, Inscriptions de l'Orkhon déchiffrées^ -ç. 98 et 102.
2) On pourrait traduire aussi „les dents percées”; mais je crois plutôt qu’il est fait allusion à la coutume d’eulever les incisives.
3) Cf. Li ki^ chap. Wang tche (trad. Couvreur, t. I. p. 295) : „Les habitants du Sud. appelés Alan^ se tatouent le front.”
4) Le Tsang-ko^ qui est proprement le nom d’une rivière, correspond au Kotiei tcheou actuel.
5) C’est alors qu’il accomplit les cérémonies fong et chan pour annoncer au Ciel la réussite de son gouvernement.
6) Le sommet du T'ai chan\ cf. p. 60, n. i.
7) Cf. p. 202, n. I.
8) Les cinq empereurs de la dynastie T'ang qui ont précédé Hiuan tsong.
aïeul {tsong) qui est en ma personne ; c’est uniquement l’influence surnaturelle du Ciel et de la Terre qui me rend souverain. Auparavant, il y eut des difficultés à l’intérieur (de l’empire); grâce à l’aide cachée que j’ai reçue, j’ai pu accumuler les actions d’éclat. Comme cependant il n’y avait pas alors lieu de se prémunir contre des attaques du dehors, je conservai l’oeuvre déjà constituée et continuai à posséder l’ancien territoire de l’empire. Je n’ai jamais cessé d’être très diligent pendant tout le jour, de songer avec mes ducs du palais, mes hauts dignitaires et mes grands officiers à établir l’harmonie des sentiments entre les gouvernants et les gouvernés. Ainsi, j’ai cherché la raison parfaite afin de magnifier les illustres saints qui furent mes (ancêtres) ; j’espère qu’ils agréeront les parfums que je leur offre. Maintenant les neuf régions sont très calmes et la multitude du peuple se livre avec joie à ses occupations régulières. Pour ce qui est des saisons, je les distribue avec soin et il ne se produit aucune usurpation de l’une sur l’autre; pour ce qui est des êtres, je favorise leur développement et ils ne meurent pas prématurément '). D’une manière florissante j’ai établi mon pouvoir suprême; j’ai eu le bonheur de réaliser l’harmonie universelle. Même les choses les plus cachées et les plus lointaines ont toutes été sensibles à mon influence; même les barbares jfong et Ti qui n’étaient point encore venus sont accourus à ma cour dès que je les en avertis par écrit. Le lin et le fong sont arrivés ^); sans doute ils s’apercevront de mes sentiments et resteront dans mes parcs. A cause (de ces heureux événements), mes officiers de tous grades se mirent à parler avec instances de la grande cérémonie fong-, pour moi, tenant compte
1) L’édition da Chang-hai écrit par erreur au lieu de'^^.
2) Cette express’on lin et fong désigne, d’une manière générale, les quadrupèdes et les oiseaux extraordinaires dont l’apparition était considérée comme un heureux présage.
de mon manque de vertu, j’aurais vivement désiré qu’on ne mît point ce sujet en discussion; cependant, j’ai considéré humblement que mes saints ancêtres m’assistent et me bénissent et qu’ils ont un mérite égal à celui du Ciel ; grâce à eux, les gages de bon augure se sont transmis jusqu’à maintenant. Oserais-je avoir l’appui des dieux et ne pas le reconnaître ? puisque le grand écrit se trouvait là '), comment aurais-je pu refuser (de faire ces cérémonies)? C’est pourquoi donc, me conformant aux anciens réglements de Kao tsong et aux statuts concernant la cérémonie fong célébrée pendant la période k'ien-fong (666 — 667), je me suis rendu au temps voulu dans le territoire oriental; j’ai allumé le bûcher et j’ai fait l’annonce au pic Tai. Mes intentions parfaites ont pénétré jusqu’en haut; d’abondants témoignages sont venus me répondre. Pendant deux nuits de suite, j’ai célébré les cérémonies; les nuages et les êtres de la nature ont manifesté d’heureux présages. Les rites au sommet et au bas de la montagne sont maintenant achevés; la solennelle association (des empereurs défunts au sacrifice offert au dieu) a pu être accomplie en toute sincérité; j’ai fait de loin le sacrifice wang à tous les dieux et il n’est aucun d’eux qui n’ait été traité avec bonté; les vassaux des quatre directions de l’espace sont tous venus apporter leurs félicitations. C’est là un grand bonheur pour l’empire et un brillant éclat pour ma dynastie. Cette prospérité infinie, comment se limiterait-elle à moi seul? ces faveurs extraordinaires doivent aussi s’étendre jusqu’en bas; il faut donc qu’il y ait une amnistie générale dans l’empire.”
(L’Empereur) conféra au dieu du T'ai chan le titre nobiliaire de „Roi égal au Ciel” [T'ien ts'i wang) et lui
1) Il y a vraisemblablement ici une allusion à l’écrit céleste qui avait été présenté par Tchang Yue\ cf. p. 226, n. 1.
2) La nuée favorable (p. 229, n, 2) et autres phénomènes merveilleux.
assigna un rang^ rituel supérieur d’un degré à celui des trois j ducs du palais'); il ordonna en outre aux fonctionnaires que cela concernait d’agrandir et d’embellir le temple (consacré au T'ai chan) ; sur un espace de dix li à la ronde tout autour de la montagne, il interdit de recueillir du bois de chauffage; il accorda l’exemption des taxes à vingt familles voisines de la montagne, à charge par elles de s’acquitter des sacrifices au dieu.
Hiuan tsong composa l’inscription commémorant le T'ai chan ; il l’écrivit lui-même et la fit graver sur une paroi de rocher au sommet de la montagne. Le texte en était ainsi conçu :
Puis, afin de commémorer la vertu (de l’Empereur), le tchong-choii ling Tchang Yue composa Péloge de l’autel du sacrifice fong (au pied de la montagne); le che-tchong Ytian K'ien-yao composa l’éloge de l’autel du Chô-cheou ®); le président du ministère des rites. Son T'ing, composa l’éloge de l’autel de l’audience.
Comme Hiuan tsong était né en l’année yi-yeou (685), il estimait que c’était le pic Hoiia qui présidait à sa destinée ^); étant monté sur le trône dans le septième mois de la deuxième année sien-t'ien (713), dès le jour kouei-tch' eou du huitième mois il conféra au pic Houa le titre nobiliaire de „roi céleste du métal {kin t'ien wang) ®). La dixième année
1) C’est alors que, pour la première fois, le dieu du T'ai chan fut élevé au rang de roi. Cf. p. 6, lignes 16 — 19.
2) Le texte du A7 t'ai chan tning est ici reproduit intégralement, mais avec d’assez nombreuses inexactitudes; on trouvera dans le chapitre V, consacré à l’épigraphie, la traduction de cette inscription.
3) C’est à dire l’autel du sacrifice chan.
4) Parce que, dans la théorie des cinq éléments, le caractère c)’clique yeou correspond à l’ouest et que la montagne Houa (au Sud de Houa-yin hien.^ prov. de Chàn-st) est le Pic de l’Ouest.
5) On voit par là que c’est le Houa chan qui fut le premier des cinq pics à recevoir le titre de roi. Le métal est celui des cinq éléments qui correspond à l’ouest.
k'ai-yuan (722), à l’occasion de son voyage pour aller à la capitale orientale, il fit encore dresser une inscription sur pierre haute de plus de cinquante pieds devant le sanctuaire du pic Hoiia-, en outre, au sommet de cette montagne, il établit un monastère taoïste pour l’accomplissement d’actes méritoires. Enfin, la neuvième année t'ien-pao (750), il se proposa encore de faire les cérémonies fong et chan sur le pic Hoiia et il ordonna au yu-che ta fou Wang Hong de pratiquer un chemin dans la montagne afin d’établir l’autel et l’aire ; mais, sur ces entrefaites, la salle du sanctuaire fut incendiée et on en resta là.
Song che, chap. CIV, p. i r°-4 r°.
Pour ce qui est des cérémonies fong et chan, T'ai tsong était sur le trône depuis huit années (983 p.C.) lorsque plus de mille vieillards du T'ai chan vinrent au palais pour demander qu’on célébrât la cérémonie fong dans l’Est. L’empereur déclina cette proposition avec modestie en prétextant qu’il était trop occupé ; il leur fit des présents considérables et les renvoya.
L’année suivante (984 p.C.), le conseiller Song K'i ’), à la tête de fonctionnaires civils et militaires, de religieux bouddhistes et taoïstes et de vieillards, adressa par trois fois à l’empereur une requête pour le prier (de faire cette cérémonie). Alors l’empereur annonça par un décret que, le vingt et unième jour du onzième mois, il célébrerait la cérémonie sur le T'ai chan ; il ordonna au han-lin hio-che Hou Hong et à d’autres de fixer minutieusement le cérémonial. Sur ces entrefaites, les deux salles k'ien-yuan et zven-ming
i) Song K'i vécut de 918 à 996; voyez la notice qui le concerne dans le Biographical Dictionary de Giles.
furent incendiées; un décret ordonna alors de surseoir aux cérémonies fo7ig et chan et annonça que, au jour (où elles auraient dû avoir lieu), on offrirait un sacrifice dans la banlieue méridionale.
Sous le règne de Tchen tsong, la première année ta-tcJiong siang-foiL (1008 p.C.), douze cent quatre-vingt sept vieillards de l’arrondissement de Yen ’), parmi lesquels il y avait Lu Leaug et d’autres et huit cent quarante-six lettrés, docteurs des diverses provinces, vinrent au palais présenter une pétition ; d’autre part, le conseiller Wang Tan, et d’autres, à la tête des fonctionnaires de tous rangs, des généraux et des capitaines de toutes les armées, des magistrats des arrondissements et des sous-préfectures, des (représentants) étrangers, des religieux bouddhistes et taoïstes et des vieillards formant une multitude de vingt-quatre mille trois cent soixante-dix personnes, adressèrent une requête au trône pour faire la même demande. Alors l’empereur rendit pour la première fois un décret pour annoncer que, dans le dixième mois de la présente année, il accomplirait la cérémonie sur le T'ai chan ; il envoya des fonctionnaires annoncer cela au Ciel et à la Terre, au temple des ancêtres, aux dieux du sol et des moissons, au temple de T'ai-yi ^), ainsi qu’aux temples funéraires de la capitale, aux montagnes et aux cours d’eau.
Par ordre impérial, la cour des sacrifices [t' ai-tch' ajig), l’académie {han-lin) et l’administration des rites (// yuan) furent chargées de fixer minutieusement le cérémonial; le directeur du kiu-mi yuan, Wang K'in-jo ^), et le ts'an tche
1) Aujourd’hui, Yen-tchcou fou, dans la province de Chan-tong.
2) Cf. p. 226, n. 2.
3) C’est sous le nom de Wang K'in-jo qu’est inscrite la monumentale encyclopédie Ts'd fou yuan kouei {Song che, chap. CC^^I, p. 7 v°), quoiqu’il n’ait sans doute été que le haut fonctionnaire présidant la commission de lettrés qui rédigea cet ouvrage. Son rôle dans l’affaire des sacrifices fong et chan n’est guère à son honneur et il paraît avoir abusé de la crédulité de Tchen tsong pour lui faire accepter les miracles les plus invraisemblables.
tcheng che Tchao Ngan-jen furent nommés commissaires ordonnateurs et organisateurs des cérémonies fong et cJian ; en même temps, le commissaire des trois administrations ') pour l’arrondissement de Yen, Ting Wei, fut nommé pourvoyeur des grains et des fourrages ; le ymg tsin che Ts'ao Li-yong et le siuan tcheng che Li Chen-foii eurent à mettre en état les palais de voyage et les routes ; le houang tch'eng che Lieou Tch'eng-konei et d’autres furent nommés pourvoyeurs des moyens de transport.
Par décret impérial, il fut interdit de rien réquisitionner le long du chemin ; il fut aussi interdit aux chars et aux cavaliers de fouler les moissons; les demeures officielles et les temples bouddhiques qui étaient dans le voisinage des palais de voyage devaient servir de lieu de halte pour les fonctionnaires; on devait déplacer les soldats de Yen^) et de Yîin *) pour leur faire remplir les fonctions de gardes au pied de la montagne; en ce qui concerne les palais de voyage, .à l’exception de la salle antérieure et de la salle postérieure, toutes les autres chambres devaient être faites avec des tentures et recouvertes de toiles huilées ; en outre, on devait augmenter le nombre des chevaux dans les relais postaux depuis la capitale jusqu’au T'ai chan.
On ordonna aux trois administrations ®), de transporter les gardes prévus par le cérémonial et les objets divers en les faisant naviguer le long 'du canal impérial de Pien et de Tsai pour entrer dans le Koiiang tsi ho et parvenir
1) Les trois administrations — • ^ étaient, à l’époque des Song, un département fort important qui avait le contrôle général des finances dans tout l’empire; cf. Song che, chap. CLXII, p. 5 r°-6 v°.
2) Pour le cortège impérial.
3) Cf. p. 236, n. I.
4) L’arrondissement de Yun avait son siège administratif à 15 li au NO de la préfecture secondaire acteulle de Tong-p'ing, laquelle dépend de la préfecture de T'ai-ngan, dans la province de Chan-tong.
5) Cf. plus haut, n. !..
6) Le Kotiang tsi ho me paraît être le grand canal impérial.
ainsi jusqu’à l’arrondissement de Yen. On fit sortir les poutres de bois à l’usage de l’empereur et on les fit flotter en radeaux sur le Houang ho jusqu’à l’arrondissement de Yun. On donna (aux personnes chargées de ces transports) l’argent nécessaire pour les arrêts. Ainsi on évita les corvées des convois de chars.
Wang Tan fut nommé grand commissaire des rites; Wang K'in-jo fut commissaire du cérémonial; le ts'an tche tcheng che Ma Tcheng fut commissaire des accessoires des rites; le tche kiu mi yuan Tch'en Yao-seoii fut commissaire de l’escorte ; Tchao Ngan-jen fut commissaire des ponts, des routes et des gîtes d’étape. En outre on fondit des sceaux pour ces cinq commissaires, ainsi que des sceaux pour les (deux) commissaires ordonnateurs et organisateurs ’), et on les leur donna.
On envoya un délégué dans l’arrondissement de Yo"^) pour y recueillir trente paquets d’herbe à trois côtes; il y avait (dans cet arrondissement) un vieillard nommé Hoiiang Hao qui connaissait bien (ces plantes); on le nomma aide-instituteur du département et on lui fit des présents en grain et en pièces de soie.
Auparavant, pendant la période fai-p'ing hing-kouo {979 — 9^3)> avait retrouvé les liasses (de fiches) de jade
et le disque verdâtre dont Hinan-tsong, de la dynastie T'ang s’était servi sur le Ch'ô-cheou-, à la présente époque, l’Empereur enjoignit de les enfouir à leur ancienne place. Les débris en ruines des autels élevés par les anciennes dynasties pour les cérémonies fong et chan, il ordonna de les restaurer.
(D’après les ordres de l’empereur), au sommet de la montagne, on devait disposer une terrasse circulaire qui aurait 5 tchang (50 pieds) de diamètre et qui serait haute de 9 pieds; (on y accéderait par) 4 escaliers; la partie
1) Cf. p. 237, lignes i — 2.
2) Aujourd'hui, préfecture de Yo-tcheoii, dans la province de Ifou-natt.
supérieure serait peinte en vert; les quatre faces seraient chacune de la couleur appropriée au côté auquel elle correspondait. Il y aurait un talus large de i tchang (lo pieds) et entouré d’une corde verte qui ferait trois fois le tour.
L’autel pour le bûcher serait placé au Sud-Est de (cette terrasse). Il serait haut de i tchang et 2 pieds (12 pieds) et aurait i tchang (10 pieds) de côté; il serait découvert à son sommet; la porte débouchant vers le Sud serait un carré de 6 pieds de côté.
L’autel pour le sacrifice fong au pied de la montagne aurait 4 assises et 12 escaliers; il serait fait sur le modèle du tertre rond. Le sommet serait peint en noir; les quatre faces seraient chacune de la couleur appropriée au côté auquel elle correspondait. Au dehors il y aurait 3 talus.
L’autel du bûcher (au pied de la montagne), serait fait sur le modèle de l’autel (du bûcher) au sommet de la montagne.
L’autel sur (la colline) CJio-cheou serait octogonal et aurait trois assises, chaque étage étant haut de 4 pieds. L’assise supérieure serait large de 16 pas. Il y aurait 8 escaliers qui mesureraient 8 pieds de large à l’étage supérieur, l tchang (10 pieds) à l’étage du milieu, i tchang et 2 pieds (12 pieds) à l’étage inférieur. Il aurait 3 talus et 4 portes, sur le modèle du tertre carré.
En outre, on ferait une fosse pour l’enfouissement (des offrandes) à l’emplacement jen (par rapport à l’autel) et à l’intérieur du talus le plus extérieur.
On ferait en jade 5 tablettes. Chacune d’elles serait longue de I pied et 2 pouces, large de 5 pouces, épaisse de i pouce. On y graverait des caractères d’écriture qu’on remplirait d’or. On les lierait avec un lien d’or, puis on les enfermerait dans une boîte de jade qu’on placerait dans un coffre de pierre.
Pour (les divinités du) siège principal et du siège associé,
on se servirait de six liasses (de fiches) de jade. Chaque fiche serait longue de i pied et 2 pouces, large de i pouce et 2 dixièmes, épaisse de 3 dixièmes de pouce. Le nombre des fiches serait déterminé par la longueur du texte (qu’il fallait y inscrire). La boîte (où on devait enfermer ces liasses de fiches) serait longue de i pied et 3 pouces. Les lattes (recouvrant les liasses de fiches) seraient de la même longueur que la boîte; elles seraient épaisses de 2 pouces et larges de 5 pouces; elles seraient ficelées avec un lien d’or qui ferait 5 fois le tour; à l’endroit où serait ficelé le lien, on creuserait (sur les lattes) 5 rainures. Puis on scellerait (les liasses) avec de la pâte d’or sur laquelle on apposerait le sceau du pouvoir impérial conféré par le Ciel. On scellerait (aussi) la boîte; à l’endroit où devait être apposé les sceau, on pratiquerait une encoche profonde de 2 dixièmes de pouce.
On se servirait d’un coffre de pierre pour y cacher (les tablettes). Pour constituer ce coffre, on emploierait des pierres superposées; chaque pierre serait quadrangulaire, mesurerait 5 pieds de côté et aurait une épaisseur de i pied. On pratiquerait à l’intérieur une cavité assez large et assez profonde pour recevoir la boîte de jade. Sur les côtés du coffre, dans tous les endroits* où on devait appliquer les lattes (de pierre), on pratiquerait des encoches profondes de 7 pouces et larges de i pied ') ; au Nord et au Sud, il y en aurait respectivement 3 ; à l’Est et à l’Ouest, il y en aurait respectivement 2. Elles seraient toutes à 7 pouces de distance des angles. Dans tous les endroits où devait passer le lien, on pratiquerait 3 rainures larges de l pouce et 5 dixièmes, profondes de 3 dixièmes de pouce.
On ferait dix lattes de pierre pour consolider le coffre ; elles seraient toutes longues de 3 pieds, larges de i pied
i) Ces encoches étaient destinées à recevoir les lattes de pierre dont il sera question au paragraphe suivant.
et épaisses de 7 pouces. On y creuserait 3 rainures larges et profondes comme le voulait le lien servant à ficeler. Aux endroits où elles devaient être scellées, on pratiquerait des encoches profondes de 2 pouces de manière à pouvoir recevoir le sceau. Toutes ces encoches auraient de petits couvercles de pierre s’adaptant aux encoches pratiquées pour recevoir le sceau. Ces lattes seraient dressées sur les côtés du coffre aux endroits où celui-ci présentait des encoches ').
On ferait en outre 3 liens d’or pour ficeler le coffre; chacun d’eux ferait cinq fois le tour; ils auraient un diamètre de 3 dixièmes de pouce.
On se servirait de pâte de pierre (ciment) pour sceller le coffre.
On prendrait un sceau fondu en or portant la suscription „Dans l’empire il a rendu uniformes les caractères de l’écriture”, et semblable au sceau employé en présence de l’empereur et on s’en servirait pour sceller les jointures du coffre de pierre.
Il y aurait 12 pierres servant de contreforts qu’on accoterait aux quatre angles; toutes seraient larges de 2 pieds, épaisses de I pied et longues de i tchang (10 pieds) ; leur extrémité serait coupée en double biseau pour s’adapter aux angles du coffre. Elles seraient superposées (trois par trois).
On se servirait de terres de cinq couleurs pour élever un tertre rond au-dessus du coffre. Ce tertre aurait, au sommet, un diamètre de l tchang et 2 pieds (12 pieds), et, à la base, un diamètre de 3 tchang et 9 pieds (39 pieds).
Par ordre impérial, le tche-che-kouan Lieou K'ie et le net-che Tchang Tch'eng-sou furent chargés de diriger les ouvriers qui devaient édifier la terrasse circulaire et le coffre de pierre; le tche tsi-hien~yuan Song Kao et le nei-che Ho
1) Cf. p. 240, n. I.
2) Il faut sans doute lire au lieu de %.■
Tchao-sin furent chargés d’édifier le coffre de pierre sur (la colline) Ch'ô-cheou. Tous devaient aller par avance prendre leurs mesures et on arrêterait des décisions minutieuses suivant ce qu’ils diraient.
L’autel pour l’audience plénière serait au Sud du palais de voyage; il formerait un carré de 9 tchang et 6 pieds (96 pieds) de côté; il serait haut de 9 pieds;... il aurait deux escaliers sur sa face Sud et un escalier sur chacune de ses trois autres faces. Il aurait trois (?) talus, dont deux au Sud et un au Nord ’).
En outre puisque, lors des cérémonies fong et chan à l’époque des T'ang, on avait disposé le cortège d’apparat, il faudrait se conformer à ce précédent, et, quand l’équipage impérial sortirait de la capitale, ce serait avec le cortège d’apparat au grand complet. Les arrondissements et les sous-préfectures qu’on devait traverser n’auraient pas à fournir les accessoires du cérémonial.
Sur la terrasse ronde, on devait disposer un choeur^), un
l) Nous avons déjà signalé, à propos du texte parallèle dans le Kieou T'ang choîi (cf. p. 196, n. 5), les difficultés que présentent les indications relatives à l’autel de l’audience plénière. Tout d’abord, les deux textes diffèrent quant aux dimensions de l’autel auquel le Kieou T'ang chou attribue 240 pieds de côté, tandis que le Song che lui en attribue seulement 96 ; si on tient compte de la multitude de personnes qui devaient trouver place sur cet autel, le nombre indiqué par \e Kieou paraîtra préférable. —
En second lieu, dans le texte du Song che^ les trois mots
01$ Il
sont inintelligibles; il faut, ou les supprimer, comme dans le Kieou T'ang
chou^ ou dire qu’il y avait cinq escaliers . — Enfin les deux mots
doivent être remplacés par les mots — ^ ou — ^
le mot étant ici une numérale.
Cette expression désigne des chanteurs qui montaient dans la salle où se célébrait une cérémonie (cf. Li ki^ chap. Wen wang che tseu^ trad. Couvreur, t. I, p. 491; Legge, SBE, vol. XXVII, p. 360; Tcheou li^ article ta-che^ trad. Biot, t. II, p. 50). Ici, elle désigne le choeur qui devait chanter sur l’autel.
jeu de cloches et un jeu de pierres sonores '). Sur l’autel du sacrifice fong, on disposerait vingt supports de cloches et pierres sonores répartis sur les quatre côtés ; aux quatre angles, on dresserait des tambours à pied ; il y aurait deux bandes j3e danseurs. Sur l’âutel de (la colline) Ch'à-cheou, on disposerait un choeur comme sur la terrasse ronde; au bas de l’autel, on disposerait des supports (de cloches et de pierres sonores) répartis sur les quatre côtés et deux bandes de danseurs, comme pour l’autel du sacrifice fong. Sur l’autel de l’audience plénière, on disposerait vingt supports (de cloches et de pierres sonores) répartis sur les quatre côtés, mais on n’emploierait pas les douze tambours hiong et pH ^).
l) Sur les châssis, les pierres sonores et les cloches sont disposées en deux
rangées de huit; un jeu complet comprend donc seize cloches ou seize
pierres sonores.
• Le mot ou désigne proprement les
montants verticaux du châssis de bois auquel sont suspendus des cloches ou des pierres sonores ou des tambours (Cf. Li ki.^ chap. Ming t'ang ■wei., § 26, trad. Couvreur, t. I, p. 739; Legge, SBE, vol. XXVIII, p. 37; Kieou T'ang chou., chap. XXIX, p. 9 r", col. 7); ici, ce mot joue le rôle d’une numérale. — L’expression est l’équivalent de 1^ . On désignait sous
le nom de 1^
les pierres sonores suspendues à leurs supports étaient répartis sur les
quatre côtés de manière à former comme les quatre murs d’un palais ; pour les seigneurs, ces châssis étaient répartis sur trois côtés seulement, le côté
Sud restant libre ; pour les grands officiers, ils étaient répartis sur deux
côtés, et enfin, pour un simple patricien, il n’y avait de châssis que sur un seul côté. Cf. Tcheou li., chap. XXII, à la fin; trad. Biot, t. II, p. 48, n. I.
3) . Ces tambours étaient portés sur un pied en bois ; ils se
distinguaient par là des qui étaient suspendus à un châssis. On
trouvera un dessin de tambour à pied dans la section Yo lu tien du Kou kin t'ou chou tsi tch'eng., chap. CXXX, p. 2 v®.
4) Les mots et qui désignent deux espèces d’ours sont ici les
noms de deux sortes de tambours; cf. Yo lu tien du Kou kin t'ou chon tsi tch'eng, chap. CXXX, p. II v°, et Kieou T'ang chou, chap. XXIX, p. 9 r®
ou de
PI
l’orchestre du roi dont les cloches et
En outre, d’après (le règlement intitulé) „les six règles”, lors du sacrifice célébré conjointement au Ciel et à la Terre dans la banlieue du Sud, (l’empereur) porte la robe koiien et le chapeau mien^)-, du chapeau pendent douze rangs de perles blanches^); sur sa tunique et sa jupe il y a les douze emblèmes *). L’empereur désira que, le jour où on célébrerait les cérémonies fong et chan, on se conformât à ce règlement du sacrifice dans la banlieue du Sud.
Quand les rites seraient accomplis et que l’empereur se serait rendu sur l’autel de l’audience plénière, les productions locales offertes en tribut par les divers arrondissements seraient disposées et arrangées suivant le même cérémonial qu’au premier de l’an.
(L’empereur) ordonna aux (fonctionnaires du) chang-chou et du ministère du cens de faire des proclamations et d’aller par avance se rassembler au pied du T'ai chan. En outre un décret impérial stipula que, le jour où l’empereur sortirait de la capitale, ce serait avec les gardes prévus pour le cérémonial du petit cortège^), à savoir: 325 hommes de la cour des sacrifices [i' ai-tch'ang sseu), 566 hommes du ministère de la guerre [ping pou), 91 hommes de l’administration du palais [tien tchong cheng), 299 hommes des écuries impériales [t'ai p'ou sseii), 468 hommes des divers corps des six armées.
où, au lieu de
il semble qu’il faille lire, comme ici.
— j-* , le mot étant une numérale.
1) Voyez une figure représentant ce costume dans le dictionnaire chinoisfrançais du p. Couvreur, au mot .
2) Il y a douze pendeloques par devant et douze par derrière.
3) Dans cette phrase, le mot qui signifie „brun clair” ne me paraît
présenter aucun sens. Sur les douze emblèmes du vêtement impérial, voyez Sseu-ma Ts'ien, trad. fr., t. III, p. 203, n. 2 et les figures des pages 204 et 205.
4) Plus haut (p. 242, lignes II — 1$), on avait prévu que l’empereur sortirait avec le cortège d’apparat; maintenant cette décision est modifiée et l’empereur sortira avec le petit cortège.
176 hommes pris parmi les gardes de la police de gauche [t^o km wou) et 176 hommes pris parmi les gardes de la police de droite {yeou kin wou), 37 hommes du bureau de l’astronomie [sseu t'ien kien).
Un fonctionnaire dit ceci: „Dans le sacrifice de la banlieue méridionale {nan kiao), on sacrifie au Ciel majestueux, à la divinité de la souveraine Terre, aux empereurs qui leur sont associés *), au soleil, à la lune, aux (Empereurs des) cinq directions de l’espace ^), à la Chine ; pour chacune de ces divinités on emploie des pièces de soie ; pour les officiers de l’intérieur et pour toutes les divinités inférieures ^), on met à part 66 pièces de soie qu’on répartit entre eux pour les satisfaire. (D’autre part), d’après le Rituel général de la période k'ai-pao (968 — 975), dans les sacrifices faits aux pics et aux montagnes, aux lacs et aux cours d’eau, les pièces de soie sont de la couleur appropriée à la direction de l’espace (où se trouvent ces divinités). C’est là la preuve que, pour tous ces cas, on prescrivait l’emploi de pièces
l) Il y avait un empereur associé au sacrifice au Ciel et un empereur associé au sacrifice à la Terre. C’est ainsi qu’on lit dans le Kieoti ang
chou (chap. XXI, p. 3 r°) la formule ^ |^ ^
Ciel majestueux Empereur d’en haut et l’empereur qui lui est associé.”
2) 5. est ici pour
3) îi| 41 ■ Cette expression qui signifie proprement „le pays divin” désigne la Chine divinisée. Cf. Kieoti T'ang chou, chap. XXI, p. i v® :
ï# 41 # B t „Le pays divin est la divinité sur laquelle
se repose le pays.”
4) Au-dessous des divinités principales qui étaient réparties en trois catégories
(A /kB’ 4* ;iiE , )i y avait toute une série de divinités
secondaires classées en officiers de l’intérieur , officiers de rang moyen
et officiers de l’extérieur . D’après le Kieoti T'ang chou.
chap. XXI, p. 3 r®, les officiers de l’intérieur étaient au nombre de 55, les premiers d’entre eux étant les cinq planètes; les officiers de rang moyen étaient au nombre de 135, les premiers d’entre eux étant les vingt-huit mansions; les officiers de l’extérieur étaient au nombre de II2.
de soie. Maintenant, sur l’autel (au pied de la montagne), pour les 318 divinités qui y ont place, depuis les officiers de l’intérieur jusqu’aux officiers de l’extérieur '), et sur l’autel de (la colline) CJiô-cheou, pour les 18 divinités qui y ont place depuis les pics et les montagnes jusqu’aux divinités inférieures, je propose qu’on se serve, pour les offrir à toutes ces divinités, de pièces de soie ayant des couleurs appropriées aux directions de l’espace. — En outre, dans le sacrifice de la banlieue méridionale, en ce qui concerne les victimes, on se sert de veaux pour les sièges des divinités principales et pour les sièges des associés; pour les Empereurs des cinq directions de l’espace, pour le soleil et la lune et pour la Chine, on se sert en tout de 22
moutons et porcs; quant aux 737 divinités qui participent
à ce sacrifice, les victimes qu’on répartit entre elles pour les satisfaire sont du même nombre que ci-dessus^). Maintenant je propose que, pour les 12 divinités qui sont la Chine
et les divinités supérieures à celle-ci ®), on se serve de veaux
(comme victimes). Quant aux moutons et aux porcs qu’on présentait autrefois, ils tiendront lieu de victimes pour les divinités qui participent au sacrifice. — En outre, lorsque, pendant la période kmg-t'ô ^), l’empereur fit la cérémonie de monter
1) D’après la note précédente, si on additionne les nombres donnés par le Kieoti T'ang chou pour les officiers de l’intérieur, les officiers de rang moyen et les officiers de l’extérieur, on trouve un total de 292 divinités secondaires; il est probable que le panthéon s’était quelque peu accru à l’époque des Song puisque le So7ig che compte ici 318 divinités secondaires.
2) L’expression ne laisse pas que d’être obscure; il faut entendre, semble-t-il, qu’il y avait aussi 22 moutons et porcs pour les 737 divinités secondaires.
3) Ces 12 divinités sont; 1° le Ciel, 2® l’empereur qui lui est associé, 3° la Terre, 4° l’empereur qui lui est associé, 5° — 9° les cinq Empereurs des directions de l’espace, 10® le soleil, 11° la lune, 12® la Chine.
4) La période king-t'à embrasse les années 1004 — 1007; elle ne peut donc
être celle où on avait accompli précédemment les sacrifices fong et chan ; au lieu de kitig-t'ô je propose de lire lin-t'o 664 — 666); le
précédent auquel il est fait ici allusion serait donc le sacrifie fong célébré en 666 par l’empereur Kao tsong^ de la dynastie T'ang.
sur le T'ai chan pour annoncer sa réussite, l’étoile polaire souveraine céleste était mise dans la première catégorie des divinités. Maintenant, je propose que, pour elle aussi, comme pour les divinités qui participent au sacrifice, on lui offre des membres des victimes, — D’après l’ancien réglement, dans le sacrifice de la banlieue, pour le siège de la divinité principale et pour le siège de l’associé, les coussins étaient jaunes; le coussin sur lequel se prosternait l’empereur était rouge. Actuellement, je propose *) que le siège de l’associé ait un coussin rouge et que le coussin sur lequel se prosterne l’empereur soit violet. — En outre, tenant compte de la pureté de la montagne divine, il faut restreindre le nombre des fonctionnaires qui seront chargés d’accomplir le sacrifice ^); ou bien on ordonnera à un même fonctionnaire de s’acquitter en même temps de plusieurs fonctions. Ceux qui n’auront pas encore accompli la période de deuil ou qui n’auront pas encore terminé les lamentations du deuil supplémentaire n’auront pas le droit d’être présents au sacrifice. Parmi les nei che et les officiers des diverses administrations, il n’y aura, en dehors des préposés à la cérémonie et des gardes du corps, que 24 personnes qui pourront monter (sur la montagne); ceux des diverses administrations qui seront préposés (à la cérémonie) seront au nombre de 93 personnes. Les fonctionnaires civils et militaires qui monteront sur la montagne auront tous le costume officiel.” Après examen, on adopta ces propositions.
Pour ce qui est des huit dieux ^), et des empereurs des diverses dynasties qui firent les sacrifices fong et
1) Au lieu de ^ il faut sans doute lire .
2) Cf. 222, lignes 22 — 24.
3) Les huit dieux sont le Maître du Ciel, le Maître de la Terre, le Maître
de la Guerre, le Maître du principe yin, le Maître du principe le
Maître de la Lune et le Maître du Soleil : cf. Sseti-ma Ts'ien^ trad. fr., t. 111, p. 432-435-
chan '), et pour ce qui est des montagnes sur lesquelles ont fit le sacrifice chan, ainsi que le mentionne le Han chou ^), on devait envoyer, sept jours avant le sacrifice principal, des officiers présenter des offrandes à toutes ces divinités.
On devait sacrifier avec les trois grandes victimes au T'ai chan et avec une victime au Ch'ô-cheou.
Le neuvième mois, un décret impérial ordonna à la cour de justice et au préfet de K'ai-fong^) de ne plus soumettre au trône des causes entraînant le châtiment capital.
L’empereur s’exerça au cérémonial dans la salle Tch'ong-fô ; auparavant, les fonctionnaires des rites avaient dit qu’il n’y avait pas de texte stipulant que les empereurs ou les rois dussent (officier) en personne, mais l’empereur avait répondu : „ Puisque mon intention est de témoigner mon respect, comment reculerais-je devant la peine?”
Quand cela fut achevé, l’empereur s’aperçut qu’il y avait encore, dans le texte des rites, des prescriptions qui ne convenaient pas; il invita alors ses conseillers à faire une nouvelle délibération à ce sujet avec les fonctionnaires des rites, puis il ratifia après examen minutieux leurs propositions (qui étaient les suivantes :)
D’après le rituel de la période k'ai-pao (968 — 975), c’est quand on a fait brûler (le bûcher) qu’on scelle les liasses (de fiches de jade); mais, d’après les précédents établis lors de la période k'ai-yuan (713 — 740» c’est après qu’on a scellé le coffre de pierre qu’on fait brûler (le bûcher). Si maintenant on ne scelle pas les liasses (de fiches de jade) en présence des dieux, cela sera peu en conformité avec les sentiments de respect (qu’on prétend exprimer); si c’est après avoir
1) Les soixante-douze souverains mythiques qui passent pour avoir accompli les cérémonies fong et chan dans la haute antiquité.
2) Sur ce point, le Ts'ien Han choti ne fait que reproduire le texte du Traité sur les sacrifices fong et chan de Sseu-ma Ts'ien.
3) K'ai-fong était alors la capitale de l’empire.
scellé le coffre de pierre qu’on reconduit les dieux, cela, de même que l’autre façon de procéder, sera inconvenant. Nous désirons donc qu’on attende que la dernière offrande ait été terminée; l'empereur alors montera sur l’autel pour sceller la boîte de jade et pour la placer dans le coffre de pierre; quand (la boîte aura été fermée avec de la) pâte (d’or) et (qu’on aura apposé) le sceau, l’empereur reviendra à sa place, boira le vin consacré et reconduira le dieu. La musique cessera et on mettra alors le feu au bûcher; ensuite les écrits célestes descendront; ensuite la boîte d’or descendra '). Les fonctionnaires préposés au cérémonial annonceront que les rites sont terminés ; l’empereur retournera à son principal lieu de résidence; il y attendra qu’on ait fini de sceller le coffre de pierre, puis il montera de nouveau sur l’autel pour inspecter (si la chose a été bien faite). Comme les rites du sacrifice sont alors terminés, on ne fera pas encore une fois de la musique. L’inspection terminée, (l’empereur) descendra de l’autel. Il donnera derechef l’ordre de faire au sommet de la montagne la seconde offrande et la dernière offrande. Les choeurs chanteront et on fera de la musique.
Le dixième mois (1008), le jour wou-tseu, qui était le premier du mois, l’Empereur interdit de mettre à mort aucun animal durant un mois dans tout l’empire. L’empereur, dès le moment où il avait fait l’annonce dans le temple ancestral s’abstint de tout aliment de haut goût et ne mangea que des légumes grossiers. Depuis le moment où il s’apprêta à
i) On descendra du sommet de la montagne les écrits célestes et la boîte d’or contenant les fiches de jade; on sait que cette dernière devait être déposée à la capitale dans le temple ancestral (cf. p. 169, n. 1). J’ai cru devoir traduire „les écrits célestes”, et non „récrit céleste”, parce qu’il y eut deux de ces écrits prétendus surnaturels qui firent leur apparition au commencement de l’année 1008 en deux occasions différentes. Voyez le chapitre ^Description du T'ai chan"^ p. 114.
partir, il interdit de faire aucune musique jusqu’au moment précédant l’accomplissement de la cérémonie.
Un fonctionnaire proposa que, le jour où l’empereur monterait pour faire le sacrifice fong, on dressât sur l’autel rond des hampes avec des oriflammes jaunes et que, depuis cet autel jusqu’à l’autel du bas de la montagne, on disposât des torches; au moment où l’empereur serait sur le point d’accomplir le rite, on allumerait ces torches qui formeraient une file continue. (Il proposait) en outre qu’on fabriquât une tablette vernie inscrite en rouge; on la remettrait aux gardes (échelonnés sur tout le parcours) qui se la transmettraient de l’un à l’autre de manière à la faire parvenir au pied de la montagne; quand cette tablette serait arrivée, les ducs du palais et les hauts dignitaires se rendraient à leurs places pendant que l’empereur se rendrait à la place d’où on voit de loin la combustion. Du haut de la montagne on transmettrait le cri de „Vivat”, et aussitôt les gens d’en bas allumeraient le bûcher. L’empereur retournerait alors au lieu de sa résidence principale et cesserait d’être en posture officielle. En outre, lorsque les vivats transmis seraient arrivés au bas de la montagne, les fonctionnaires préposés au sacrifice pourraient se retirer. — Pour ce qui est de la fosse destinée à enfouir les offrandes sur la colline Ch'ô-cheou, on disposerait aussi des torches; trois seraient suffisantes. — On enverrait les fonctionnaires du bureau de l’astronomie établir des clepsydres au sommet et au bas de la montagne; on ordonnerait à des fonctionnaires du palais d’examiner l’ombre du soleil et en outre de battre les planchettes à côté des autels pour se mettre d’accord entre eux. Dans les endroits appelés le sommet t' ai-p' ing-ting *), la porte céleste {t'ien ineii) ^), la montagne du plateau jaune
1) Le sommet de la montagne.
2) 11 s’agit de Nan t'ien men\ cf. p. 45, n°. 8.
[houang hien ling) ') le temple du pic Tai {Tai yo kouan) ^), on devrait dresser de longues perches qui porteraient des lanternes et qui éclaireraient en bas pour établir l’accord réciproque entre (ceux qui officiaient au sommet et ceux qui officiaient au bas de la montagne).
Le jour sin-inao, l’empereur quitta la capitale; les écrits célestes furent placés dans une voiture à ornements de jade qui marchait en avant; les jours suivants, il en fut de même. Lorsqu’on arriva à Yun tcheou ®), l’Empereur ordonna que les fonctionnaires de sa suite et ses gardes prissent pour aliments des légumes grossiers. Le jour ting-xvei, on fit halte dans le palais de Fong-kao’^)\ le jour wou-chen, (l’empereur) se purifia dans la salle Mou-ls'mg-, on distribua des vêtements à tous les fonctionnaires qui devaient monter sur la montagne et on leur ordonna de les revêtir le jour du sacrifice après s’être lavé les cheveux et le corps. Le jour keng-siu, l’empereur se coiffa du chapeau de la communication avec le Ciel {t'ong t'ien kouan), revêtit une tunique de gaze rouge et monta sur le char à ornements d’or; il avait avec lui tout le cortège d’apparat. Arrivé à la porte de la montagne ®), il fit halte dans une tente et changea de vêtements, de chaussures et de tunique; puis il gravit la montagne tantôt à pied, tantôt en chaise à porteurs. Les gens de l’escorte et les gardes réglementaires se rangèrent au pied de la montagne. — Le cortège des écrits célestes ne monta pas sur la montagne, mais resta avec le cortège d’apparat. Le tche tche kao T chou Souen, tenant en main les liasses et les tablettes de jade, ainsi que les fonctionnaires qui devaient officier sur le tertre rond montèrent en avant.
1) Cf. p. 78, n”. 64.
2) Cf. p. 87, n°. 97. Le Lao kiun t'ang est le seul bâtiment qui ait subsisté de ce temple.
3) Cf. p. 237, n. 4.
4) Cf. p. 165, n. I.
5) Cf. p. 86, n°. 94.
Comme, depuis la montagne où on fait retourner les chevaux [hoiiei ma ling) ‘) et jusqu’à la porte céleste {t'ien men) ^), le chemin était fort escarpé, on donna à chaque personne deux planches transversales d’un peu plus de trois pieds de long et munies de deux morceaux de soie; ces personnes se les adaptèrent l’une sur le dos, l’autre sur la poitrine, et, des soldats de choix les poussant par derrière et les tirant par devant, elles purent monter. A tous les soldats on donna des souliers munis de crampons de fer. Les chevaux de service s’arrêtèrent à mi-chemin. Depuis la base de la montagne, le long du chemin sinueux qui va jusqu’au sommet fai-p'ing, tous les deux pas un homme était posté et ces hommes étaient reliés entre eux par des pièces de soie. Les arbres qui étaient sur le chemin ne furent pas abattus; on se borna à les entourer de soie. Dans tous les passages dangereux, l’empereur descendit de sa chaise et marcha à pied.
Yiian-yo, roi de Ning, chargé de faire la seconde offrande, Yîian-tch'eng, roi de Chou, chargé de faire la dernière offrande, le commissaire de l’escorte Tch'en Yao-seou, et les fonctionnaires qui devaient prendre part au sacrifice, rangèrent les offrandes de nourriture et s’exercèrent au cérémonial sur l’autel rond.
Ce soir-là, au bas de la montagne on cessa le service d’alarme ^).
Le jour sm-hai, on établit la place du Ciel majestueux Empereur d’en haut sur la terrase ronde et on présenta les écrits célestes à gauche du siège (de la divinité); T'ai tsou (960 — 975) et T'ai tsong (976 — 997) lui furent tous deux associés, tournés de côté vers le Nord-Ouest.
1) Cf. p. 80, n°. 71.
2) Cf. p. 45, n°. 8.
3) L’empereur n’étant plus là, il n’était plus nécessaire de maintenir le service de garde pendant la nuit.
L’empereur, revêtu de la robe yuan et coiffé du chapeau viien, monta sur la terrasse pour faire les offrandes. On écarta tous les gardes et on les repoussa jusqu’à la porte du talus; les porteurs de lanternes et de torches qui avaient marché en avant pour servir de guides, on les éloigna aussi.
Le texte écrit sur les fiches de jade était ainsi conçu:
„Moi, votre sujet, un tel. Fils du Ciel par hérédité, j’ose faire cette déclaration au Ciel majestueux Empereur d’en haut: Par hérédité, moi, votre sujet, j’ai été investi du glorieux mandat, et, d’une manière brillante, je sers le firmament élevé. Autrefois, T'ai tsou fonda notre dynastie à la suite d’une abdication amiable. T'ai tsong, par son soin et son zèle, réalisa le bon gouvernement; il purifia le monde ; il unifia les essieux des chars et les caractères de l’écriture; il se refusa fermement à monter sur la montagne annoncer sa réussite, car il voulait continuer à accumuler des causes de prospérité. (Maintenant), un gage suprême m’a donné le bonheur; toutes sortes de joyaux ont fait connaître d’heureux présages; les pays lointains ont tous de l’amour pour nous; des moissons abondantes à plusieurs reprises ont répondu à notre attente. J’accomplis avec respect le sacrifice fong et j’implore le bonheur pour le peuple. En me servant avec soin de jades, de soies, de victimes, de vases pleins de millet, de tous ces divers objets, j’ai préparé cette offrande destinée à être brûlée pour vous présenter ainsi mon absolue sincérité. Mon aïeul impérial défunt l’empereur T'ai tsou et mon père impérial défunt l’empereur T'ai tsong sont associés à votre divinité pour jouer auprès de vous le rôle de maîtres de maison. Veuillez agréer ces offrandes.”
Le texte écrit sur les tablettes de jade était ainsi conçu'):
i) Le texte de cette prière est reproduit dans la section Ckan tch'ouan tien (chap. XV, -p. n r°) du T'ou chou isi tçh'eng^ mais avec omission de plusieurs phrases et- avec des variantes que je signalerai en note.
„Moi, votre sujet un tel, Fils du Ciel par hérédité, de la dynastie Song, j’ose faire cette déclaration au Ciel majestueux Empereur d’en haut: L’évolution universelle ') a fait apparaître une grande conformité et la dynastie Song a reçu le pouvoir. T'ai tsoîi (960 — 975) fut le fondateur^); ses exploits furent couronnés de succès et son gouvernement bien assuré. T'ai tsong {976 — 997) reçut le plan ; il redoubla la gloire et multiplia la prospérité. Puis, c’est moi qui, encore jeune, ai grandement hérité de ces deux hommes saints; avec respect je sers le Ciel; avec soin et zèle je m’occupe du gouvernement; une période de douze ans s’est écoulée jusqu’à maintenant; les quatre régions du monde sont venues (se soumettre). Un don sublime ®) est apparu merveilleusement; un gage suprême^) s’est brillamment manifesté. Les prospérités accumulées ont émis d’heureux présages; la parfaite pureté a pu être réalisée. Les saisons sont en bonne harmonie et la moisson est abondante; tous les êtres vivants accomplisesnt normalement leurs destinées. Etant reconnaissant avec admiration d’une telle sollicitude, oserais-je oublier à quelle continuité de résolution (je la dois)? Unanimement, on a décidé de célébrer le grand sacrifice fong et c’est pourquoi j’accomplis la brillante cérémonie; en personne je suis donc monté sur le Pic élevé et je me suis tourné vers le Ciel suprême ®). J’ai observé tous les rites et j’ai été plein de respect ; j’ai préparé tous les objets d’offrande, j’ai pris les auspices et je me suis purifié. Avec bonté j’exerce les devoirs de ma charge; avec piété filiale je sers mes ancêtres. Je prie pour que le
1) Au lieu de , le Chan tch'ouan tien écrit
2) Au lieu de , le Cha?i icA’ouan tien écrit
3) Au lieu de , le Chan tch'ouan tien écrit
4) Au lieu de , le Chan tch'ouan tien écrit
5) Au lieu de ± , le Chan tch'ouan tien écrit
il®.
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bonheur atteigne le peuple; j’invite les dieux à manger pour montrer que je reconnais leurs bienfaits '). Par ma sollicitude, j’assure la paix à la multitude; avec application j’établis la suprématie impériale. Le bonheur envoyé par le Ciel sera sans limites; la prospérité surnaturelle arrivera en totalité. Dix mille générations jouiront de cet état florissant; éternellement elles garderont ce don excellent.”
L’empereur ordonna à ses officiers de faire les offiandes aux Empereurs des cinq directions et à tous les dieux au pied de la montagne sur l’autel du sacrifice fong.
L’empereur ayant bu le vin consacré, le tchong-chou ling intérimaire Wang Tan s’agenouilla devant lui et lui dit: „Le Ciel a donné à Votre Majesté les écrits divins de T'ai-yi *) ; le cycle est achevé et va recommencer. Il y aura une paix éternelle pour la multitude des hommes.”
Quand les trois offrandes furent terminées, (l’empereur) scella la boîte de jade et la boîte d’or. Wang Tan reçut la boîte de jade et la plaça dans le coffre de pierre; le t'ai-wei intérimaire Fong Tcheng reçut la boîte d’or et redescendit avec elle *).
Le surintendant des travaux publics ordonna à des ouvriers de sceller le coffre de pierre. L’Empereur monta sur la terrasse ronde et inspecta (si la chose avait été bien faite) ; après quoi, il revint dans la tente. Les conseillers d’état, à la tête de tous les officiers de la suite, vinrent lui exprimer leurs félicitations. Du bas de la montagne se transmirent les cris de vivat, et le fracas ébranla les montagnes et les ravins.
Ce même jour, l’escorte impériale revint au palais de Fong-
i") Au lieu de liS^. , le Chan tck'oiian tien écrit
2) Au lieu de ■> le C/tan tch'ouan tien écrit
3) Cf. p. 226, n. 2.
4) Cf. p. 168 — 169 et p. 175.
kao\ les fonctionnaires de tous rangs vinrent à sa rencontre jusqu’à l’entrée de la gorge (de la montagne). L’empereur se purifia derechef dans la salle Mou-ts'ing.
Le jour jen-tseu, on fit le sacrifice chan à la divinité de la souveraine Terre sur la colline Ch'o-cheou-, (l’empereur), tenant en main les écrits célestes, monta sur l’autel; il associa aux offrandes [T'ai) tsou et [T'ai) tsong. Le texte des fiches de jade était ainsi conçu :
„Moi, un tel, votre sujet. Fils du Ciel par hérédité, j’ose faire cette déclaration à la divinité de la Souveraine Terre. Le (Ciel) impartial ayant fait descendre sa bénédiction, la dynastie Song a établi son pouvoir ; son mandat, c’est le Ciel qui en est le promoteur; sa prospérité, elle la doit à la Terre qui lui en a fait présent. T'ai tsou eut une martialité divine ; son prestige fit trembler les dix mille territoires. T'ai tsong eut une sainte perfection pacifique ; sa vertu calma les neuf régions. Moi, votre sujet, j’ai reçu avec respect le précieux mandat; je suis le successeur de cette grande continuité. Le Ciel profond et majestueux a fait descendre d’heureux présages; un gage surnaturel m’est parvenu ici-bas ; le glorieux bonheur se prolonge et s’agrandit; l’écrit mystérieux s’est manifesté d’une manière brillante. Les huit extrémités du monde sont calmes et les cinq sortes d’armes de guerre n’ont pas à être employées ; les neuf sortes de céréales donnent d’abondantes récoltes et les cent familles sont rapprochées par l’affection. Eu égard à tout ce que nous fournit le sol de l’empire, ma faible vertu est pour moi un sujet de honte; mais, comme généralement tous tenaient le même langage et que les officiers étaient du même avis, je me suis donc décidé à faire l’inspection des fiefs aux temps voulus. Cependant, après avoir accompli le sacrifice lei (en l’honneur du Ciel), je mets à exécution en personne tous les rites statutaires et je sacrifie avec respect à (la Terre) qui est épaisse et qui porte (tous les
êtres). Je témoigne ma piété filiale à {T'ai) tsou et à {T'ai) tsong\ avec pureté et sincérité, je les associe solennellement (à ces offrandes). Afin de manifester ma grande reconnaissance, j’accomplis ce brillant sacrifice. Puisse ma lignée avoir cent générations; puisse le peuple recevoir des bénédictions. En me servant avec soin de jades, de soies, de victimes, de vases pleins de millet, de tous ces divers objets, j’ai préparé cette offrande destinée à être enfouie pour vous présenter ainsi mon absolue sincérité. Mon aïeul impérial défunt, l’empereur T'ai tsou, et mon père impérial défunt, l’empereur T'ai tsong, sont associés à votre divinité pour jouer auprès de vous le rôle de maîtres de maison. Veuillez agréer ces offrandes.”
Pour se rendre au bas de la montagne, l’empereur avait mis des bottes et une tunique ; il était sorti à pied de la résidence principale.
Le jour kouei-tch' eou, les fonctionnaires des rites disposèrent au bas de l’autel (de l’audience) des gardes et un orchestre à quatre côtés '). L’Empereur, revêtu de la robe kouen et coiffé du chapeau mien, se rendit dans la salle cheou-tch' ang sur l’autel des sacrifices fong et chan"^)-, il y reçut les félicitations de toute la cour. Il promulgua une amnistie générale dans l’empire. Les fonctionnaires civils et militaires exposèrent à tour de rôle quels services officiels ils avaient rendus, et chacun d’eux, suivant son rang, reçut des diminutions ou des exemptions de taxes et de corvées. Le nom de K'ien-fong hien fut changé en celui de Fong-fou hieyt ^). L’Empereur offrit un banquet dans la salle Mou-ts'ing
1) Cf. p. 243, n. 2.
2) L’expression JS est en général l’équivalent de ünîEJB
et désigne l’autel du sacrifice fong au pied de la montagne; mais il est évident qu’il est ici question de l’autel de l’audience plénière.
3) C’est la ville qui correspond à Factuel T'ai-ngan tcheou. Le nom de K'ien-fong rappelait le sacrifice /£'«^ offert au Ciel (Ji'ieti)', le nom de Fong-fou commémora l’écrit merveilleux {foti) qui avait été reçu {fong') sur le T'ai chan\ voyez le chapitre „ Description du T'ai chan", p. 114, n°. 177.
à tous ceux de ses officiers qui avaient le grade de haut dignitaire ou celui d’inspecteur ou des grades supérieurs. Les vieillards du T'ai-chan (banquetèrent) à la porte de la salle.
Le jour kia-yin, l’empereur partit de Fong-foïi et recommença à prendre sa nourriture habituelle. Cette tournée de l’empereur, faite pour sacrifier, avait duré, tant à l’aller qu’au retour, quarante-sept jours sans que survînt aucune pluie ni aucune neige. Quoique l’époque fût celle du gros de l’hiver, la température fut douce et agréable. Des signes de bon augure se manifestèrent en grand nombre ; le soir avant le sacrifice, il y avait un brouillard sombre et un vent violent, en sorte qu’on ne pouvait avoir des torches allumées ; mais, quand on célébra la cérémonie, le vent cessa et le firmament devint limpide; les flammes des torches restèrent absolument fixes; — quand on eut achevé de sceller le coffre de pierre, une nuée violette recouvrit l’autel, et une clarté jaune semblable à une pièce d’étoffe entoura l’étui où étaient les écrits célestes; — on remit en liberté au pied de la montagne tous les oiseaux rares et les bêtes étranges qu’on avait offerts en présent des quatre régions de l’empire; — quand l’équipage d’apparat revint au palais de Fong-kao, le soleil eut un double disque et une nuée de cinq couleurs apparut. Les tambours et les instruments à vent résonnaient; les spectateurs obstruaient le chemin; les cris de joie ébranlaient le ciel et la terre. On changea le nom de npalais de Foiig-kao” en celui de „palais Hoiiei-tchen" . (La divinité qui avait les titres de) „haut dignitaire des neuf cieux présidant aux destinées” [kieoii t'iett sseu viing charig k'ing) reçut en plus le titre de „Vénérable divin qui protège la vie” [pao cheng t'ien tsouen) ‘). (La divinité qui avait le
i) (^ui est cette divinité qui portait le titre de „haut dignitaire des neuf cieux, ])résidant aux destinées” %% Ô] ^ ± et qui reçut en
titre d’)Empereur vert [Ts'ing tï) reçut en plus le titre de ^Empereur qui développe la vie” {kouang cheng ti kiun) '). La divinité qui avait le titre de) „Roi égal au Ciel” {t'im ts'i Wang) reçut en plus le titre de „Bon et saint” [jeu cheng)’^). Pour chacune de ces divinités on envoya un délégué lui offrir un sacrifice et lui présenter une déclaration.
L’empereur ordonna par décret à Wang Tan de composer l’éloge de l’autel du sacrifice fong, à Wang K'in-jo de composer l’éloge de l’autel du Ch'ô-cheou, à Tch'en Yao-seou de composer l’éloge de l’autel de l’audience plénière.
Tous les fonctionnaires qui avaient pris part au sacrifice sur la terrasse ronde eurent leurs noms inscrits sur pierre au sommet de la montagne. Les officiers qui avaient célébré le sacrifice de l’autel de kieou-kong *) sur la colline Cho-cheou
1008 l’épithète de „vénérable divin qui protège la vie
L’auteur du Tai lan (A, VI, 8 r®) l’identifie avec Mao Ying^ divinité secondaire dont nous avons eu l’occasion de parler (voyez p. 143, n. i). Mais je crois qu’il a tort; en effet, nous lisons plus loin dans le Song che (chap. CIV, p. 7 v°) que, en 1013, l’empereur conféra au ^vénérable divin des neuf cieux qui protège la vie et qui préside aux destinées” ^ ^ ^
^ le titre de „Grand empereur, vénérable divin des neuf cieux qui protège la vie et qui préside aux destinées, à la sagesse élevée et à l’influence supérieure, saint aïeul”
, Or ce personnage n’est autre que l’Empereur de jade
(^yu houang ta ti ) dont le culte prit alors naissance.
1) On trouvera plus loin, dans le chapitre consacré à l’Epigraphie, la traduction du décret conférant ce titre à l’Empereur vert. Cf. aussi p. 119 — 121.
2) Ce troisième dieu, qui est ici associé à l’Empereur de jade et à l’Empereur vert, n’est autre que le dieu du T'ai chan\ cf. p. 6 — 7.
3) C’est à dire sur l’autel du sacrifice fong au sommet de la montagne.
4) L’expression % „le neuvième palais” désigne la Terre, en vertu
d’une théorie que nous trouvons exposée dans le commentaire du Heou Han chou (chap. LXXXVIII, p. 5 r°-v®); T' ai-yi , qui n’est autre que
le dieu de l’étoile polaire, parcourt successivement les palais des huit koua A# ; chaque fois qu’il a passé par quatre de ces palais, il revient au neuvième palais ou palais du centre qui est celui où réside la divinité de la terre
lors du sacrifice fong ') eurent leurs noms inscrits au revers de la stèle portant l’éloge du Ch'ô-cheou. Les officiers de la suite de l’empereur qui étaient montés sur l’autel de l’audience, ainsi que les officiers militaires de haut grade de la salle intérieure, tous les fonctionnaires au-dessus du rang de ling ts'e che et les chefs de peuples étrangers eurent leurs noms inscrits au revers de la stèle portant l’éloge de (l’autel) de l’audience plénière.
L’année suivante (1009), le deuxième mois, un décret impérial ordonna à Li Ti, préfet de Yen tcheou et à Ma Yuan-fang, commissaire des transports pour la capitale orientale, de réparer en commun la (terrasse) ronde et (le tertre) fong. Lu Leang, qui avait eu l’initiative de cette proposition, fut, à cause de cela, nommé aux fonctions de professeur adjoint de Yen tcheou.
La troisième année tcheng-ho (1113), les vieillards et les religieux taoïstes et bouddhistes des arrondissements de Yeyi et de Yun, ainsi que Tchang Wei, préfet de K'ai-t'o fou ^) et d’autres, en tout cinquante -deux personnes, adressèrent une requête pour qu’on fit la cérémonie fong dans l’Est. Un édit impérial rédigé en termes aimables n’y consentit pas.
La sixième année (1116), Song K'ang-nien, préfet de Yen tcheou, demanda qu’ordre fût donné au bureau des archives secrètes de rechercher les règles observées pendant
itfe (l’édition de Chang-hai écrit par erreur ït)
Telle est la raison pour laquelle l’autel du sacrifice chan qu’on célébrait en l’honneur de la Terre sur le mont Ch'o-cheou porte le nom de kieou kong ^neuvième palais”.
1) Si les mots ü* /lïE ne sont pas une superfétation, il ne peuvent signifier qu’une chose, c’est que le sacrifice chan sur le Ch'o-cheou fut accompli à l’occasion du sacrifice fong qu’on avait célébré sur le T''ai chan.
2) Aujourd'hui, préfecture secondaire de K''ai , dépendant de la préfecture de Ta-ming., dans le Sud de la province de Tchc-li.
la période siang-foii pour le sacrifice fong dans l’Est et de les lui remettre pour qu’il établît un projet (en vue d’une nouvelle célébration de ce sacrifice). En ce temps, Ts'ai King dirigeait le gouvernement ; il se proposait de disserter sur les cérémonies fong et chan afin qu’il y eût la belle apparence d’une paix universelle ; il fit donc préparer par avance au grand complet les liens d’or, les lattes de jade et tous les autres objets requis (pour le sacrifice); il fit construire quatre mille barques et des protège-pluie par milliers et par myriades. Mais, en définitive, il ne put mettre son projet à exécution.