‹ Le Tʾai chan; essai de monographie d'une culte chinoisChapitre 72 sur 109 · VL’ÎL · texte numérisé non relu

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Prière écrite sur fiches de jade par r empereur Kao-tsong de la dynastie T'ang (666 p.C.) ').

Moi, un tel. Fils du Ciel par droit d’hérédité, de la dynastie T'ang, j’ose faire cette déclaration au Ciel majestueux Empereur d’en haut : Les destinées de la dynastie Souei se trouvaient abattues et mises en péril; les nombres (présidant à son sort) aboutissaient à la ruine et à l’interruption ; — les êtres doués de vie et d’âme étaient en détresse ^) ; la prospérité des trépieds (im-

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Fiches de jade de 666 p.C.

1) Le C/tan tch'ouan tien (ch. XV, p. 6 r°) et le T'ai cJian tche (B, XII, 22 v°) citent ce texte comme étant celui de la prière que l’empereur Kao tsong grava sur des fiches de jade lors du sacrifice fongm 666. On a lu plus haut (p. 224 — 225 et p. 252 — 253) les prières inscrites sur des tablettes de jade en 725 et en 1008 lorsque fut célébré de nouveau le sacrifice fong. Je ne m’explique pas pourquoi le texte (jue nous avons ici ne figure j>as dans les histoires canoniques puisque les deux autres textes similaires y ont été insérés.

2) La dynastie qui a précédé celle des Tan g.

3) Littéralement pétaient comme un homme qui s'enlize ou qui est sur des

charbons ardents.” Métaphore tirée du

Chou king, chap. Tchong houei tche kao.

périaux) périssait submergée ^). — Kao tsou brandit alors la hache jaune'-) et secourut le peuple; il reçut en don l’insigne de jade noir et sauva ceux qui se noyaient. — T'ai tsong accomplit des exploits plus grands que celui de fondre des pierres '*) ; il rendit le calme au pays dès le second signal du drapeau ; — ses actes furent plus beaux que celui de couper (les pieds de) la tortue ’) ; il désaltéra la vaste étendue et tout fut mis en repos. — Moi, votre sujet, j’ai reçu, quoiqu’indigne, leur succession*"); avec respect j’hérite de la prospérité qu’ils ont accumulée; — j’ai pu faire alors que, sur la montagne Koiien les incendies prissent fin, que, sur la mer ardente les flots fussent apaisés ’). — Quoique celui qui rendit mes actions prospères, ce soit le temple ancestral, en vérité cependant celui qui a fait descendre son influence surnaturelle, c’est le vaste Ciel. — Maintenant avec respect j’annonce ma réussite au Pic de l’Est et j’en rapporte tout le mérite au Principe suprême. — Puisse le grand joyau monter toujours plus haut et la grande fondation rester éternellement ferme ; — qu’il y ait perfectionnement et amélioration pour le peuple ; qu’il y ait transformation du monde jusqu’aux huit extrémités.

1) Allusion à la tradition d’après laquelle les trépieds, palladium des Tcheou^ s’enfoncèrent dans la rivière Sseti quand la ruine de cette dynastie fut imminente.

2) Cf. Chou king^ harangue à Mou^ et Sseu-ina Ts'ien^ chap. IV (trad. fr., t. I. p. 229); „Le roi, tenant de la main gauche la hache jaune...”

3) Cf. Chou king^ chap. Yti kong^ et Sseu-ma Ts'ien^ chap. Il (trad. fr., t. I, p. 149, n. 5): „Alors l’empereur conféra à Yu un insigne en jade noir .. .”

4) Allusion à un exploit du mythique souverain Niu-koua ; voyez le San houang pen ki de Sseu-ma Tcheng {^Mém. hisi.^ trad. fr., t. I. p. 12).

5) Ici encore il est fait allusion à un haut fait de Niu-koua {Mém. hist.^ trad. fr., t. I. p. 12).

6) I.a succession de Kao tsou et de T'ai tsong.

7) Il me semble que la montagne Kouen.^ c’est-à-dire le Koucn-louen.i désigne l’Occident et que la mer ardente, c’est-à-dire correspondant à l’élément feu, désigne le Sud.

8) Le grand joyau et la grande fondation sont des métaphores désignant la dynastie.

Prière à l'occasion du sacrifice fait an T'ai chan en la dixième année hong-wou pour annoncer

la fondation de la dynastie *).

La dixième année hong-wou (1377), le rang de l’année étant ting-sseu, le premier jour, jour ting-iuei, du huitième mois, l’Empereur a délégué avec respect le duc du royame de Ts'aOy Li Wen-tcliong, et les religieux taoïstes Wou Yong-yu et Teng Tseu-fang pour qu’ils présentent un sacrifice au dieu du T'ai chan Pic de l’Est, en lui disant:

J’ai reçu du Ciel supérieur et de la Terre souveraine le mandat bienveillant, j’ai bénéficié de l’influence efficace des dieux, et c’est ainsi que je suis parvenu à triompher d’une foule de braves et à mettre fin aux troubles néfastes; je suis devenu le chef suprême du peuple aux cheveux noirs dans le beau pays de Hia “) et je gouverne les tribus barbares. Voici déjà dix ans qu’il en est ainsi et le royaume du milieu jouit du calme.

Cependant, en ce qui concerne les sacrifices aux dieux, si on en parle d’après ce que nous savons des princes de la haute antiquité, nous constatons que les souverains adressaient des prières au nom de leur peuple ; chaque année, ils faisaient au printemps et à l’automne les cérémonies de demander la récolte et de remercier pour la récolte; dans des circonstances comme celles d’aujourd’hui, les uns

1) Cette inscription est gravée sur une grande stèle (fig. 46) de 3,50 mètres de hauteur et de 1,10 mètre de largeur, qui se dresse du côté occidental de la seconde cour du Tai miao (cf. p. 138, n. 6); elle reproduit le texte d’une prière solennelle par laquelle l'empereur dont le nom de règne est Hong-wou annonce au dieu du T'ai chan le triomphe définitif de la dynastie Ming. Cette prière se retrouve dans A, V’II, 8 r°-v° ; C, I, c, 17 r°-v'’; Chan (ch'ouan tien., XVI, i r”.

2) Le caractère qui, sous sa forme primitive, représente un homme, a

été employé dès la plus haute antiquité pour désigner fa Chine qui était ainsi le pays des hommes, par opposition aux peuples barbares qui ne méritent pas ce nom.

accomplissaient le sacrifice en l’adressant de loin aux dieux ; les autres, faisant des tournées dans les fiefs, allumaient des bûchers ou enterraient des victimes dans l’endroit même où se trouvait (la divinité).

Or, depuis que j’ai fondé ma dynastie, il ne s’est écoulé jusqu’à maintenant que dix années ; mon empire est tout nouvellement constitué et mon peuple commence seulement à vivre dans la tranquillité ; c’est pourquoi il ne m’est pas possible de me rendre en personne à l’endroit où se trouve votre divinité pour lui sacrifier; je délègue spécialement le k' ai koiio tchong tch'en (ministre fidèle fondateur du royaume) Li Wen-tchong et les maîtres taoïstes Wou Yong-yu et Teng Tseu-fang pour qu’ils fassent ce voyage à ma place; ils vous offriront des victimes, des prières et des pièces de soie au bas de votre sanctuaire

Fig. 46.

Stèle (le 1377 p.C.

afin de témoigner de la reconnaissance pour votre influence efiicace. Dorénavant, chaque année, au second mois de l’automme, on se rendra à votre sanctuaire pour y présenter un sacrifice ; veuillez, ô dieu, prendre cela en considération et goûter à ces offrandes.

Prière adressée au T'ai chan a l'occasion du sacrifice qui lui fut offert en la onziènie

année hong-wou [ij'jS) pour remercier de la récolte ').

O dieu, votre montagne divine est le pic qui domine une région et vous concentrez en vous tout ce qui doit s’épanouir; en tant que divinité terrestre, vous présidez au soin de faire vivre le peuple ^). Vos mérites sont abondants et grands. C’est maintenant le second mois de l’automme; conformément aux rites, il faut vous offrir un sacrifice de remercîment; je délègue donc spécialement un fonctionnaire pour que, prenant avec lui des victimes, des prières et des pièces de soie, il se rende à votre sanctuaire et vous présente un sacrifice. Avec respect je désire que vous preniez cela en considération.

1) Chan tch'ouan tien^ XVI, i v’.

2) I.e T'ai chan est une divinité à double aspect;

en tant que pic élevé, c’est en lui que se trouvent renfermées toutes les énergies latentes d’une région ; en tant que divinité terrestre (dans le texte

reproduit ci-dessus, ce caractère est écrit par erreur, Mi ), il préside aux moissons qui assurent la vie du peuple.

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Prière de 1378 p.C.

Prière adressée au T'ai chan lors de V expédition militaire envoyée contre les chefs barbares du Kouang-si en la vingt-huitième année hong-%vou {ijçf) ').

Autrefois, lorsque la dynastie des Yua7t était près de sa fin, des hommes braves et hardis entrèrent tous en campagne; le peuple souffrit des maux de la guerre. En ce temps, moi aussi je m’élançai au galop avec tous ces braves; comme je maintenais la discipline parmi mes soldats et que je protégeais le peuple, l’Empereur d’en haut m’aida secrètement ; les montagnes et les cours d’eau, ayant reçu ses ordres, me prêtèrent leur influence surnaturelle. Partout où j’allais, j’étais sûrement vainqueur. Après plus de cinq années de combats consécutifs, les armes de guerre purent être déposées et le peuple retrouva le repos; la multitude fut heureuse d’une politique qui maintenait en vie les êtres vivants. L’empire jouit d’une paix universelle pendant vingt-huit ans.

Or maintenant, en l’année yi-hai (1395) de la période hong-wou, pendant le quatrième mois, le pou-tcheng-sseu (gouverneur provincial) du Kouang-si annonça que les chefs barbares Tchao Tsong-cheou de Long tcheou, et Houatig Che-t'ie de l’arrondissement de Fong-yi ^), ne se soumettant pas à l’action transformatrice de notre gouvernement, s’étaient révoltés contre l’empire et nuisaient au peuple.

1) Chan tch'ouan tien^ XVI, i v'^-2 r° ; C, I, c, 17 v°.

2) La dynastie Mongole qui précéda celle de Ming.

3) Fong-yi est aujourd’hui la sous-préfecture de ce nom qui dépend

de la préfecture de Tchen-ngan et qui se trouve dans le NO de la province de Kouang-si. — Long tch'ouan Jj| doit être lu Long tcheou

et est aujourd’hui le district if ing) de ce nom, dans la province de À

D’après le Ming che (chap. III, p. 6 r®), l’expédition fut dirigée par le général

Yang IVen j elle commença le huitième mois et la pacification fut

achevée le onzième mois de la même année.

Les expéditions guerrières sont une chose grave par essence;

quand on les

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entreprend, on ne peut se dispenser de les annoncer (aux dieux). Voici pourquoi je fais cette annonce:

mes soldats vont partir au nombre de cent mille; chacun d’eux quitte son père et sa mère, sa femme et ses enfants; sur leur

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Prière de 1359 p.C.

les difficultés de la marche de l’armée. Lorsque ensuite mes

fatigues et de repos; quand se produiront les brumes malsaines des montagnes et les vapeurs pestilentielles, il y en aura parmi eux qui en souffriront. Telles sont

soldats auront pénétré dans le territoire qui leur est désigné, les braves gens du peuple en recevront du dommage, car, là où a passé une grande armée, même les ronces et les buissons épineux ne poussent plus; le peuple est terrorisé et ne sait d’ailleurs quelle conduite tenir; il n’est personne qui n’en souffre. Voici maintenant pourquoi je fais cette annonce : je désire que, dans les régions pestilentielles, les buées et les brouillards soient changés en un air pur et frais; que nous mettions à mort les chefs (des rebelles), que le bon peuple puisse vaquer paisiblement à ses occupations, que les soldats de mon armée reviennent promptement et que chacun d’eux retrouve les siens au complet de manière à pouvoir subvenir à l’entretien de son père et de sa mère; telle est la prière que je formule. Cependant, comme je n’ose pas m’adresser inconsidérément à l’Empereur d’en haut, c’est vous, ô dieu, qui voudrez bien prendre cette requête en considération pour la lui transmettre de ma part. Voilà ce que je déclare avec respect.

Prière adressée au T'ai chan lors de l'expédition militaire envoyée contre les popidations Miao du Sud-Ouest, la trentième année hotig-zvou (/ jp7) ').

Autrefois, à la fin de la dynastie des Yuan, il y eut des luttes guerrières et les êtres vivants qui en souffrirent furent nombreux. Pour moi, je bénéficiai du mandat bienveillant que m’accorda le Ciel souverain ; les pics qui président (aux diverses contrées), les mers et les fleuves, les montagnes et les cours d’eau me donnèrent leur appui surnaturel; mes généraux ayant suivi mes ordres, je pus déposer les armes et tranquilliser le peuple. Il y a de cela maintenant trente années.

i) Chan tch'ouan üe?i^ XVI, 2 r”; C, I, c, 18 r®.

Echappé aux ravages des guerres, le peuple commençait à

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