‹ Le Tʾai chan; essai de monographie d'une culte chinoisChapitre 84 sur 109 · IZ · texte numérisé non relu

IZ

Kouang

Ts'i

Yen

Wei

7's'ing

fr

Chan

Hiu

Kien

Yi

Comme, on le voit, nous ne trouvons en définitive que soixante-treize cours de justice au lieu des soixante-quinze qui étaient annoncées; peut-être cette anomalie tient-elle à ce que le T'ai cJian tche et le Tai lan ont omis quelques mots, vraisemblablement effacés sur l’inscription.

Sur le sixième et dernier registre de cette stèle, on lit les mots suivants : „Celui qui, de son vivant, fut soutien supérieur du royaume {chang tchou kouo) et qui, à sa mort, est devenu le roi Yen-lo (Yama râja). — Le délégué qui dirige les années {nien tcJie che tch'o)-, — le délégué qui dirige les mois {yiie tche die tch'o) ; — le délégué qui dirige les jours {je tche che tch'o)-, — le délégué qui dirige les saisons [che tche che tch'o)”.

\ Le personnage qui, de son vivant, eut le titre de chang tchou kouo et qui, à sa mort, devint Yama, n’est autre que Han H in l’époque des Souei (589 — 618), comme

nous l’apprenons par un passage de la biographie de ce personnage (Souei chou, chap. LU, p. 2 r°). — Quant aux I préposés à l’année, aux mois, aux jours et aux saisons,

I nous les trouvons représentés dans la cour du Chen-lo tien ( du temple Hao-li, à la suite des soixante-quinze cours de

< justice

i) Cf. p. 109 — no.

Inscription de 128^/..

L’inscription de 1284 est intitulée „Stèle des soixantequinze cours de justice du Hao-li' -, elle nous fournit une

liste de personnes dévotes nistrer les soixante-q

chargées d’admi-

les soixante-quinze cours de justice ; en réalité

cependant, ce texte ne mentionne que quarante-six cours de justice; les noms de trois d’entre elles et la moitié du nom de l’une d’elles sont d’ailleurs effacés, en sorte que nous n’avons en fait que quarante-deux noms et demi.

L’inscription n° 7 nous avait conservé cinquante-neuf noms et deux moitiés de noms; l’inscription n° 8 reproduit vingtsix de ces noms et complète une des deux moitiés de noms (le n° 34) ; elle nous apporte quinze noms et demi qui sont entièrement nouveaux; il y a donc là une difficulté, car, si on ajoute aux noms de l’inscription n° 7(59+ V2 + Va)» les noms qui sont nouveaux dans l’inscription n° 8 (15 -f- Vi)» on obtient un total de soixante-quatorze noms et trois moitiés de noms, sans compter les lacunes des inscriptions; or le total des noms ne devrait être, à supposer même que les deux inscriptions n’eussent aucune lacune, que de soixantequinze. Il est probable que certains des noms de l’inscription n° 8 ne paraissent nouveaux que parce qu’ils sont écrits, fautivement ou non, d’une manière autre que dans l’inscription n° 7.

Inscription n° 8 (1284 p.C.)

Inscription n° 8 (1284 p.C.)

Voici la liste que nous tirons de l’inscription n° 8:

Noms des cours de justice.

kottan yuan (27) ')

Noms des personnes dévotes qui les administrent.

t'ien ts'ao célestes

fonctionnaires

Yen K'ing ’ préfet de Yi

tcheou , ayant le titre de /ang /lien ta fou.

Wou Ying , sous-préfet de

Wen-chang /lien •ü±-

li fou administration de | Li Kien , son collègue,

la terre

t'eou c/ieiig S ^ ceux qui sont jetés dans la vie (?)

fong y U (29)

seng tao religieux bouddhistes

et taoïstes /leou yuan (40) yi yao (42)

k'iii yi prendre l'initiative (?)

c/iouei fou (47) sseu c/ieng (21)

/l'an iiing {46J fou ti (5) c/iou pao (13)

/fiu c/ian ^ t promotion des gens de bien

Tsong Fa-tsou ^ ^ jjîi/. ayant le titre de loii-c/ie-sseu de Tong-yuan

Yang Ts'an-c/ian

PK W

Ilicn Yiian-iiouei Hl H

dame Tc/i'en

Tsao Fin 1& , originaire du

village de Kouan-tc/iang dans la sous-préfecture de Sin-tou l’arrondissement de

Ic/i'ang c/ieou (24) 1

fa iian ^ 2) résistance à la loi IVang Yiian-iigan ^ ^ ,

tseou c/icou (37j

1) Ces numéros d'ordre renvoient à l’énumération de 1 inscription précédente.

2) paraît être ici l’équivalent de •

p'ing teng (35) ch an chcn (52) tchou fou (48)

chouei

tsao siang '

^ ') faire des images

Vin Kotio

tseu s ou en (28)

tchou chcng enregistrement , Tchao Tch\

des naissances

chao hiang (43) tchao tcheng (54)

tchou lou (26)

wou tao -ff les cinq voies

houan hotien (64)

tchong hiao loyalisme et

piété filiale

tch'eng houang ^ dieux urbains hiao chouctt (66)

Po Fou-yu ^ jjfg 3g ,

dame Kou ^ femme de Tcheott

J cou ^ , originaire de cet

I arrondissement, et son fils Jouei-t'ong

I tUJ -a-

jfiîo M-

tchai ki (25) sieou tniao (61) ch an lin (59) cha cheng (62)

t'ouei iven ('34) interrogatoires

licou tao (63)

fi-

dame IVang dEfÇ

L i m- O ^ ER O

Tchang Yong-chan ^ ^

Licou Q :^J Q la deuxième soeur aînée 7's'i 1^.

Q Miao-k'icn Q jif O Miao-tchcn Q fi Tchang Fou-tchcng ^ ijî|lE dame Fia , femme de Leang

Tong ^ ^

dame Siu (È , de la famille Tchang

ij II semble que le texte soit ici fautif, car les mots ^ ne

peuvent être le nom d une seule cour de justice et sont insuffisants pour former deux noms. D autre part, le mot ^ est absent, tandis qu’il est exprimé dans tous les autres cas.

2) Peut-être faut-il lire Æ- it et identifier cette cour avec le n° 65.

chou t' ou m + modeler (des tl — *—•

statues) en terre

miao chan ') les bonnes

actions envers les temples (?)

tch'en tchouang (32)

le commandant de sous-préfecture Ma Kouo-pao 0 ^ .

dame Tchang , femme de Li

Q -tch'eng ^ O 1^’'^" lage de T'ou-tsing^ du district de Tsi?i-yang^ de la sous-préfecture de

P'ou-yang

I de l’arrondisse-

sement de K 'ai l/fj Tchang Yu-t'ong ^ ^ ^ .

i) Le texte est ici obscur et ne peut s’expliquer qu’en admettant des fautes de textes. Il n’est donc pas certain que miao chan soit réellement le nom d’une des cours de justice.

Notice sur la réfection du temple taoïste Tcli ao-yiian au Sud du Pic ').

Lieoii Wei-yi, originaire de Kou-~^ , a écrit les caractères tchouan ;

Kao Yeou-yuan, originaire de cette commanderie, a gravé la pierre.

Composé par Siu Che-long ayant les titres de savant de la „cour des Sages rassemblés” dépendant de l’Académie, grand officier qui rectifie et qui discute, rédacteur des édits impériaux, en même temps historiographe officiel ;

Que signifie le terme Tai-tsong ■'*) ? C’est que (le T'ai chan) est l’aîné de tous les pics. Que signifie le terme yo yang} C’est que, entre les quatre points cardinaux, c’est au Sud (de la montagne que se trouve le temple). Que signifie le terme

1) Cette inscription se trouvait autrefois dans le temple Tch'ao-yttan (cf. p. 93, 0° Il 3); mais, comme ce temple est aujourd’hui détruit, on l’a déposée dans la cour du tem])le San houang niiao (cf. p. 94, 11° 114); c’est là que je l'ai vue et que je l’ai fait estamper. Elle est écrite toute entière en caractères tchouan^ mais nous en avons la transcription en caractères modernes dans A, XII, 23 v°-25 r® et dans B, XVIII, 28 v'’-30 r°.

2) Ce personnage est celui qui a composé aussi une des inscriptions du temjile de la colline Hao li-^ cf. p. 354, ligne 4.

3) Dans le début de ce texte, l’auteur définit trois termes ; Tai tsong

,qui est un des noms du T’ai chan\ yo yang ^^,qui désigne l’endroit du T'ai chan où se trouve le temple; tch'ao yuan ^ TC.

qui est le nom du temple.

Fig- 54-

Inscription de 12S5

HUiSM-t-H^-HIk'

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ta ^î!^,

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^^#g^iK-K!^lKRti<li1-Hvif ~^V-fi istf

tf R:^®(f-tiï.®^as i-

Inscription n‘' 9 (1285 p.C.)

iHil ^'|«f^j;N-li-76 *:3S!/ft!A,jifci

’Ü’I a ! 'Ni I Pï -fT. I ' 'S âî’ ' ^ , jfl i

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tch'ao-yiian} Quand les deux principes (le Ciel et la Terre) fournissent la vie aux êtres, tous ceux-ci se trouvent subir leur influence réciproque ') et sont comme une foule de sujets venant féliciter leur chef; les taoïstes ont donc

i) Je prends ici le mot dans le sens que lui attrilme l’appendice

siang tcJiouan du Yi king lorsqu'il dit : „lorsque le ciel et

la terre sont en communication réciproque”. Le mot a alors la valeur de „communiqucr”.

adopté cette métaphore et nommé leur temple Tch'aoyuan *).

On ne sait pas exactement à quelle époque fut fondé ce temple Tch'ao-yuan. Lorsque l’honorable Yen ^), (gouverneur) de Tong-p'ing, eut fait son expédition militaire dans le Sud, le jour de son retour victorieux il s’empressa de se rendre au T'ai chan et y fit un sacrifice comme le veulent les rites; en effet, dans l’antiquité, les seigneurs avaient le droit de sacrifier aux montagnes et aux cours d’eau du territoire soumis à leur autorité ^). (Quand l’honorable Yen) se disposa à monter sur le plus haut sommet (du T'ai chan), il regarda de loin les vieux bâtiments (du temple Tch'ao-yuan): les pièces de bois des bords des toits et les colonnes étaient en mauvais état; les poutres faîtières et les pans des toitures étaient effondrés; il envoya des gens faire un examen; le résultat confirma ce qu’il avait aperçu. Alors il ordonna au directeur de la communauté taoïste de fixer une date pour la réfection (de ce temple). Sur ces entrefaites, l’honorable Ye7i mourut (1240); mais ses successeurs marchèrent sur ses pas et cette entreprise progressa. Le directeur de la religion, l’Homme véritable profond et éclairé '') confia cette affaire à Tchang Tche-chouen, dont le surnom est T'ien-yi tseu. Ce Tchang Tche-chouen portait à l’origine le nom personnel de Tche-wei\ mais, comme il lui arriva d’être connu et apprécié de notre saint empereur, il changea

1) Ainsi le nom de tch'ao yuan IS TC signifie que tous les êtres rendent hommage au principe suprême comme des sujets à leur souverain.

2) Yen Che\ cf. p. 357, n. l.

3) Cf. Li Ki, chap. Wang tche\ trad. Legge, SBE, vol. XXVII, p. 225. — Etant gouverneur de la région de Tong-p'ing sur le territoire de laquelle se trouvait le T'ai-chan, Yen Che occupait une position analogue à celle d un seigneur de l’antiquité; il avait donc le devoir de sacrifier au T'ai-chan.

4) '/[^ ^ fi A Nous avons appris par une inscription précédemment traduite que ce personnage n’était autre que K'i Tche-tch' eng, grand pontife du taoïsme (cf. p. 358, n. 2).

alors son nom en celui de Tche-chouen qu’il porte aujourd’hui '). T'ien-yi tseti, considérant d’abord que l’entreprise du temple du Pic était très importante, refusa; mais l’Homme véritable se prosterna à ses pieds sans vouloir se relever; T'ien-yi accepta alors l’ordre qu’il lui donnait. Aussitôt on recruta des travailleurs et on choisit des matériaux. Bien qu’on ait eu alors de mauvaises années à traverser, à force d’énergie cependant on mena l’œuvre à bien. Les frais furent couverts par les revenus que recueillit le supérieur de la communauté taoïste avec les parfums qu’on brûlait au sommet de la montagne ^), et par les sommes désintéressées que le directeur de la religion donna comme contribution. Ces ressources furent près d’être entièrement épuisées; mais, comme le dit le proverbe, quand on donne trop peu à un homme, cela l’encourage à construire une maison ^). A plus forte raison (entreprendra-t-on une construction, même avec des ressources insuffisantes) quand il s’agit d’avoir des matériaux excellents tels que poutres faîtières et solives, ou de trouver des artistes capables de peindre les décors.

Aussi bien, le 'T'ai clian est la merveille ■*) de P'ong-hiuan ; il est l’une des trente-six merveilles et l’un des soixantedouze lieux bienheureux; c’est pourquo'i la porte par laquelle on y accède est appelée la porte céleste [t'ien vien ^ )*’);

1) Ce fait a déjà été mentionné dans une stèle de 1284 (cf. p. 357, ligne 5 — 9); on voit l’importance qu’y attachait Tchang Tchc-chotien.

2) Ce texte prouve que, dès l’année 1285, c'étaient les sanctuaires du sommet de la montagne (pii faisaient les recettes les plus considérables; il en est de même aujourd’hui.

3) Ce proverbe me paraît destiné à railler l’inconséipience des actions humaines.

4) L’expression , d'” signifie littéralement „le ciel dans une grotte”,

donne à entendre cpi’il s’agit d’un raccourci de toutes les merveilles célestes.

5) Les trente-six merveilles — ^ — j— y[pj sont souvent rappelées

dans les écrits taoïstes et dans les œuvres des poites; je n’en ai pas cependant trouvé la liste complète.

6) Cf. p. 45, n° 8.

l’endroit où on y peut contempler s’appelle l’endroit où on contemple le soleil {je kouan Q le vent qu’il produit

vient jusqu’à dix mille H de distance; la pluie qu’il suscite couvre les neuf provinces; la planète qui lui correspond se nomme la planète de l’année (Jupiter); l’Empereur qui lui est approprié s’appelle l’Empereur vert. Puisqu’il est l’aîné de toutes les montagnes et l’ancêtre de tous les êtres, tout ce qui chez lui réussit ou se perd doit certainement être surveillé par quelque divinité; comment en effet ne serait-il pas protégé par un être divin ? Il était donc nécessaire que ce qui était tombé en ruines redevînt florissant.

Lorsque les anciens faisaient des mandements au nom du prince, Pi Chen rédigeait le brouillon, C/ie-chon examinait et discutait le contenu, Tseu-yic corrigeait et améliorait le style, Tseti-tcJi'an polissait la forme ^). Point par point, les moindres expressions passaient entre les mains de ces quatre sages et alors seulement elles étaient admises. Pour ce qui est de ce sanctuaire, c’est le défunt {Yeti) qui donna le branle; ses successeurs continuèrent son œuvre; l’Homme véritable y contribua; l’acheva. Comment l’entreprise

aurait-elle pu ne pas réussir?

Le savant de la „cour des sages rassemblés” dépendant de l’Académie a écrit cette notice et en outre il a rédigé une poésie ainsi conçue :

Quand l’honorable Yen eut fait son expédition dans le Sud et lors qu’il revenait avec des chants de triomphe.

Il passa auprès des ruines des anciennes salles du temple TcICao-yiian ;

La muraille et le fossé qui existaient déjà, la foule qui l’accompagnait les garda ;

1) Cf. p. 6o, n® 23.

2) Voyez Lonen yn^ XIV, 9.

3) Ce titre est, comme on l’a vu plus haut, celui de Sitt CJie-long.

Les bâtiments religieux inachevés, il choisit un maître pour les construire ;

Grâce aux couleurs, apparurent retracées les images des dieux et des immortels;

Sculptée dans la pierre de prix se produisit la beauté de celui qui est bienveillant et saint.

Rappeler les actes vertueux et chanter les œuvres méritoires, c’est la tâche de l’Académie;

La partie essentielle des compositions littéraires sur ceux qui marchent dans les airs '), c’est la poésie en phrases de sept mots.

Sous la grande dynastie Yuan, la vingt-deuxième année tche-ynan (1285), l’année étant marquée des signes jz-jw/q le dix-septième jour du troisième mois,

Kao Yuan, qui administre les affaires des temples taoïstes et qui est tou-niou de T'ai-ngan tcJieou,

Tchang Siang, qui a les titres de ts'ong che lang et de t'ouei kouayi de T'‘ai-ngan tcheou,

Siu Jou-kia, qui a le titre de tch'eng won lang et qui est adjoint au préfet de T'ai-ngan tcheou,

Nien Ho-wei, qui a les titres de général de la vertu militaire, de préfet de T'ai-ngan et. en même temps de commandant militaire [ngao-lou) des troupes,

Pa-ho-t' ou, qui a les titres de général de la vertu militaire, ta-lou-houa-tch'e (daroughatchi) de T'ai-ngan tcheou, et en même temps de commandant militaire [ngao-lou] des troupes.

1) Ainsi qu’il appert des citations faites par le P'ei wen yun l’expression

, désigne les immortels qui possèdent le privilège d’têre assez légers pour pouvoir marcher dans les airs. Le littérateur Yu Sin , mort en

581 p.C., avait fait dix poésies sur le maître taoïste qui marche dans les airs ^ ± # Jt • L’auteur de notre inscription me paraît

vouloir comparer sa composition littéraire, qui fait l’éloge du taoïsme et qui se termine par une poésie en phrases de sept mots, aux poésies de Vu Sin.

2) La transcription de la p. 378 écrit par erreur fl W au lieu de

Tchang Tche-choiien, à qui on a conféré le titre de grand maître qui s’élève dans le vide, qui est d’une vertu absolue, qui pénètre la profondeur, fi-tien directeur des travaux du Pic de l’Est, t'i-tien gouvernant la secte taoïste dans le district de Tong-p'ing, — ont fait ces réparations.

Yen Ton, petit-fils successeur du duc Won-houei du royaume de Lon, ayant les titres de fong Jiiiin ta-fou, de préfet de Yi tcheou, et en même temps de commandant militaire {ngao-lou) des troupes, a érigé cette stèle.

N° lo.

Inscription de ipjo ').

Le décret impérial est ainsi conçu;

Le grand massif rocheux, à l’Ouest de de la mer orientale et à l’Est du Royaume du Milieu ; celui qui participe de la perfection surnaturelle du firmament et qui est né en même temps que le Ciel et la Terre; celui dont la forme est majestueuse; celui sur lequel sont montés les empereurs et les rois de l’antiquité pour considérer la vaste mer et examiner la configuration des terres de manière à

SilEiÆiJ»

^iTn^i^HaijneiÆ.

iqp;

lUM

i) Cette inscription (A, VI, 3 v'' ; C, i, b, 16 v°-Î7 r°) se trouve abritée sous un pavillon du côté occidental de la seconde cour du Tai i7iiao ; l’estampage que je reproduis ici (fig. 54) mesure 3 m. 50 de haut sur i m. 20 de large. Ce texte est intéressant parce qu'il nous montre le fondateur de la dynastie J^ling^ abandonnant les errements des dynasties précédentes, renoncer à conférer aucun titre nobiliaire au dieu du T'ai chair^ ce ne fut pas

Fig. 54-

Inscription de 137°'

assurer le calme au peuple ; c’est celui qu’on invoquera ') en l’appelant : T'ai chaii. En ce qui concerne le respect, cette dénomination l’exprime; en ce qui concerne les rites, elle convient ^).

A partir du moment où les T'ang commencèrent à conférer des titres nobiliaires aux dieux ^), la coutume s’en est perpétuée jusqu’à aujourd’hui à travers les dynasties successives. Dernièrement, le souverain de la dynastie Yuan avait cessé de bien gouverner; dans le pays à l’intérieur des mers, c’était comme un bouillonnement dans un trépied ; le peuple était comme quelqu’un qui s’enlise ou qui est sur des charbons ardents Moi, qui n’étais d’abord qu’un simple particulier, je reçus le mandat du Ciel suprême et de la souveraine Terre; grâce à l’aide cachée que m’ont donnée tous les dieux, j’ai supprimé et réprimé les fauteurs de violences et de troubles. Ayant pris le pouvoir impérial, j’en remplis les devoirs: je dois servir le Ciel et la Terre et faire des offrandes aux mânes et aux dieux en me conformant aux époques; je dois maintenir sous ma règle unique la population; mes principes doivent prendre pour modèle l’antiquité.

là une mesure isolée et cet empereur supprima d’une manière générale tous les titres nobiliaires accordés à des divinités.

1) On constatera, en se reportant à l’estampage (fig. 54)i cjue le texte du Chan tch'ouan tien reproduit ci-dessus (p. 384) a commis une erreur en écrivant

üîË ÜÆ •

2) En d’autres termes, le nom de T'ai chan qui signifie „montagne sublime” suffit à exprimer le respect qu’on doit au dieu de cette montagne et est conforme aux rites ; il n’est donc pas nécessaire d’avoir recours à d’autres dénominations plus pompeuses lorsqu’on adresse une prière au T'ai chan.

3) Nous avons vu (p. 233, lignes 29 — 30) que c’es l’empereur Htuan tsong qui, le premier, conféra en 725 un titre nobiliaire au dieu du T'ai chan en le nommant „roi égal au ciel”.

4) I.’expression 1^1 éveille la même idée que ce vers de Victor Hugo :

„Comme une onde ([ui bout dans une urne trop pleine . . .”

5) Métaphore tirée du Choie hing (^Tchong-houei tche kao., § 2).

Maintenant que le monde entier est calmé, je m’occupe spécialement de réformer le cérémonial des sacrifices. Considérant que ce dieu (du T’ai chan) a reçu des titres nobiliaires des dynasties successives, moi qui suis d’une origine pauvre et humble, après y avoir longuement réfléchi à- deux et à trois reprises, je suis saisi de crainte et je n’ose pas imiter cet exemple. En effet, ce dieu a une origine aussi ancienne que le firmament ’); son prestige divin assure l’ordre dans toute une région ; il en est ainsi depuis on ne sait combien d’années et de mois; l’action surnaturelle par laquelle se manifeste ce dieu est insondable à l’homme; ses attributions lui viennent du mandat qu’il a reçu du Ciel suprême et de la souveraine Terre; celui qui règne sur les hommes, comment se permettrait-il d’intervenir dans cette affaire ? je suis effrayé et je n’ose pas conférer un titre nobiliaire à ce dieu; c’est uniquement avec le nom de „dieu du Pic de l’Est” que je le nommerai. Aux époques voulues on lui sacrifiera. Veuillez, ô dieu, prendre cela en considération.^ Vingtième jour du sixième mois de la troisième année hong-wou (1370).

l) Le texte du Chan tch'ouan tien (p. 384) ajoute, après le mot

qui ne figure pas sur l’inscription (fig. 54). A partir d’ici, le

le mot

Chan tch'ouan tien donne une lecture peu fidèle ; il faut rétablir comme suit

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