ACTE II, SCÈNE VU
me disait : Daniel , si tu travailles bien, si tu es 4^ un bon garçon, nous te garderous, lions ne te renverrons pas... Voilà comme on est l'en faut de la maison.
CLARENDON . attendri.
Pauvre Daniel!
wilkis. avec intention.
Vous comprenez, Milord, ce qu'il a dit souffrir.
DANIEL
Oh ! supposons que , moi , je n’aie pas eu à me plaindre... (a pari.' Arrivons à l’autre. (Haut.) Mais si, au lieu d’tMre uu simple ouvrier, satisfait de son sort, j’a\uis eu des idées de grandeur, des idées au-dessus de mon... établi, par exemple ? si j’avais voulu des épaulettes , une épée... Ah]! dame ! il y en a comme ça.
CLARENDON
U y en a?
DANIEL
Un, surtout, et qui, daus ce moment, n’est pas loin de vous , Milord.
CLARENDON
Docteur, il savait tout !
WILKIS.
Le diable m’emporte si je sais comment!..
(Bas a Daniel.) Bravo! Daniel! va! va!
Allons, vlà qu’il me dit d’aller, à préseul!
WILKIS.
C’est un cœur de gentilhomme!
CLARENDON
Wilkis , nous n'avions pas deviné ces nobles pensées d’ambition ; mais tout peut se réparer: par des bienfaits.
DANIEL
Bien parlé. Milord!
WILKIS.
Par l’adoption !
DANIEL
Mieux parlé. Docteur !
CLARENDON
Mais serait-il vraiment capable d’accomplir la lâche qu’il s'impose ?
WILKIS.
Vous en doutez encore!
DANIEL
J’en réponds !
CLARENDON
Eh bien donc, Daniel, tu l’emportes?
DANIEL , * part.
Je l’emporte?.. C'est-à-dire, sir Richard...
WILKIS.
Allons , embrasse ton père !
DANIEL, Stupéfait.
Mon père? Comment? où ça? plaît-il?
CLARENDON
Oui, tu es mon fils !
(Dauiel, ébahi, lire sou mouchoir et se mouche.)
Ai* do Tumuuo.
Reviens à toi, dans les bras de ton pèref
Noble artisan, donne- moi le pardon.
De mon oubli, de ta longue misère t
Si tu gémis, aux Jours de l'abandon,
Ré]ouis-toi, mon fils, mon Clarendon!
Sors , a ia fin , de la classe commune,
D’uu noble nom pare ton noble cœur- ,
Celui qui sut honorer son malheur.
Peut, seul, honorer sa fortune.
DANIEL, à lui même.
Je n’y suis plus, je rêve...
UN DOMESTIQIE, annonçant
Le notaire de Milord !
CLARENDON
Ah ! W ilkis ! vous étiez donc bien sûr de réussir?..
WILKIS.
C'est que je vous connais mieux que vous ne pensez.
CLARENDON , regardant Daniel.
Pauvre garçon ! Il est encore tout troublé.
(Aux domestiques, qui sont entrés.) Que, désormais, on regarde ici ce gentleman comme un autre moi-méme.
DANIEL, a part
Je rêve... je rêve toujours!
(Ici, un domestique range le fauteuil sur lequel s’était assis Daniel ; celui-ci, voyant que son chapeau est resté à terre . s’empresse de devancer le domestique qui allait le ramasser. Il salue le valet , qui s’incline, puis il se laisse tomber sur le canapé.) CLARENDON, à XVilkis.
Docteur, voyez à le remettre de son émotion ; puis, il nous faut deux témoins... honorables... Je vous charge de les trouver... moi, je vais préparer l’acte d’adoption... Au revoir, Daniel, au revoir...
(Lord Clarendon tend la main à Dauiel, qui essaie de se lever, mais qui retombe assis sur le canapé.)
DANIEL, troublé.
Au revoir. Milord , au plaisir...
(Clarendon rentre, les domestiques scretlrent.)