Le tailleur de pierres de Saint-Point
u an p on sort delà jolie petite ville de Mi' .»n en se dirigeant du côté des montagnes où le soleil che, "ii suit d'abord, pendant plu heures, une grande route bordée de \»qui m".. ! dations
du ->>1 comme la rouie d'un vaisseau sur nue mer douce à larges lam ;s. De nombreux villages, aux toits de tuiles rouges el aux murs blanchis par la chaux et tapissés de pampres au-dessus de la porte, s'élèvent au penchant de tous les coteaux, el fument au Fond de toutes
■■-. Des prés les entourent; les cours sinueux des petites rivières <jui abreuvent ces prés sonl tracés par des rangées de saules tondus tous les trois ans par la faux. Leur cheve> lure, flexible au moindre venl qui retourne les feuilles el qui semble les glacer d'argent, esl juste assez longue el assez touffue pour donner un peu d'ombre aux enfants gardiens des vaches, el pour prêter un asile, souvenl découiux nids des rossignols et des marlinspêcheurs. De lourds clochers en pierre de taille, tachés par la pluie el revêtus de la mousse gri- - -!.-. les, dominent ces villages en forme de pyramide allongée. L'œil du voyageur passe cbntinuellemenl de l'un <le ces clochers à l'autre, comme .-'il comptait, à droite el à gauche, les bornes 'l'une voie romaine sur la route de cette populeuse contrée. A l'ombre de ces pyramides a jour, d'où retentit pour chaque habitant, au branle de la cloche, la voix de la nois-
■ II de la mort, on voil verdir les mauves des i imetières. C'esl là seulement que se reposent le- laborieux vignerons >Ie ces coteaux, i ir ■ han je pendant soixante ou quatre-
DE SAINT-» î
ins leur sueur en vin, pour nourrir leurs Femmes el leu
- rayons 'lu soleil, avec les rubans
les ■ hauts des Fan ■ carillon des cloches, >nr toul ■
. : si doux, la lerre sourit, le
• lit : J'aimer lis à
. >ir pourquoi, lerriùre lui ee
\ et lumineux pays ige.
A mesure qu'on -' - le pied des
deviennent plus rares : ils finissent par se disséminer en petits hameaux dél • hés, ou en groupes de .|«-iix ou trois chaumières, de loin >-n loin, -ur les pentes ■•-■ aq - des p • 1ers ta-
ie buis. Quand ou esl parvenu au faîte
de la i itaj) lite du Beis-Clah .
soleil du matin, en se levant derrière le [ 1<- mont Bini'-. rrappail sans doute de -
les hautes br inches de son l>"i~ de cM
j>-t.T un derni< eue sur
le rideau non- ■!.• I . .
ser : le Méconnais jauni par ses pampres, la Saône glissant comme une longue couleuvre argentée entre ses prés verts, la Bresse toute veloutée de ses moissons et de ses saules, le noir Jura, les Alpes d'or; el l'on redescend à penterapide vers l'ancienne ville claustrale de Cluny, comme v\n nid de hiboux sous les flèches bronzées et muettes des clochers de sou abbaye. Mais, au pied dé la descente du Bois- Clair, la route si? bifurque : un de ses rameaux Conduit à Cluny a travers des pi et monotones comme le luxe monacal qui possédait autrefois ces pâturages et ces forêts ; l'autre rameau mène dans les montagnes du Charolais, toutes pleines de bois, d'étangs, de Lges mélancolique-, et de mugissements de troupeaux.
On suit quelque temps cette route déjà pasoù l'on ne rencontre que quelques enfants en haillons qui gardenl les chèvres ou qui touchent les bœufs le long des buissons. Puis tout .1 coup les escarpements du Bois-Clair s'adoucissent à votre gauche; ils Font jour à une petite rivière appelée la VaUou\e, qui sort d'une
gorge \ I Ile semble, i
scintillement : ilbutiemenl sur k-s
cailloux, sous les saules, vous eng trer da ..•• et à visiter la mysté
vallée tournante dont elle est la premièi i
l mi se dit : « D'où vi< ■ iux, el
it une si étroite gorge a-t-elle un si mur-
muran' jit donc? elle
ic profonde? elle a donc des flancs haut
et de rocheux es qui
l'alimentent? Qui sait ! Peut-être cache-t-elle
|ue large bassin où
les forêts pendent,
où lo> rochers
portent une église, un village, un squelette
décharné d'antique château ? Entrons. »
Et l'on tourne d'une inflexion d<; - ■
cheval vers le sablonneux au bord de la Vallouze, qui . illée de Saint-Point.
O qu'il y ■ de plus beau dans la beauté des
1 1 l"- iu té morale des ■ <
matérielle de
plus voilé. Les
mystères du corps, du cœur ou de la nature, sonl les ravissements de l'intelligence, <!<• l'àme ou <les yeux. Il semble que Dieu ait jeté une ombre sur ce qu'il a fait de plus délicat ou de pins divin, pour en provoquer le désir par le secret et pour en modérer l'éclal à nos regards, comme il a mis des cils sur nos yeux pour j tempérer l'impression de la lumière, comme il a, mis la nuit sur les étoiles pour nous provoquer à les poursuivre de l'œil dans leur océan aérien, à mesurer sa puissance el sa grandeur i ces clous de Feu que ses doigts, en touchant la voûte <!u ciel, ont laissés pour empreinte sur le firmament. Les vallées sonl les mystères des paysages. On les pénètre d'autant plus qu'elles cherchent davantage i se recourber, à s'ensevelir, à s'abriter. Telle est l'impression de li vallée de Saint-Poinl ;i chaque pas de plus que I'- voyageur Fail pour la découvrir. Plu- on I i découvre, plus elle s'enfuit.
La vall le Saint-Point n'esl qu'une large
fissure cjiic les eaux de quelque déluge, ou les affaissements de quelques fondations du sol, ou les déchirures de quelques secousses <lu globe
D f S AI N I - P O I N T 7
• entre deux montagnes, qui d
les, les pposés de > ••- deux montagnes, qui courent du sud au nord, se sonl couverts de sable amené par je ne sais quels océans taris, d
- toujours reproduites par la végétation di ■ par la chute annuelle <!<•feuilles, toujours entraînées par l<-ur i>ni<l-. par par les pluies d'hiver, au fond du ravin. Mainte -, des prés d'herbe fine comme la toison verte de la terre recoupements des deux montagnes parallèles. Mais aux angles rentrants ou sortants des mamelons ou des caps, dont les pleins d'un métriquemcnl ,m vide de l'autre côté, <>ii •■■•■<ui reconnaître sur mi 11. m.- de la vallée ce qui manque à l'autre flanc. 0~ deux montagnes, pareilles à deux longs mur- de Forteresse précédés, soutenus el - seulement de leurs bastions, ne laissent, -lu levant au couchai aucune vallée ' . \ i midi même elle est Fer-
mplètcmenl par un plate • In sol, qui ne laisse voir au-dessus de l'I que les cônes el les coupoles sombres !«•- lointaines du Forer. On commence par y marcher au 1»>:-.| de prés étroits où la rivière - les aunes cl sous les noi espire l'humide Fraîcheur
Lï TAILLEUR DE IMERRES
turcs. On n'a a sa gauche que des éboulements
sablonneux de granit rose pourri et pulvérisé par le temps, à sa droite que des branchages d'arbres aquatiques où les merles empiègent leurs ailes en se levant au bruit du pas du che. val, devant soi que les sinuosités de plus en plus rétrécies du sentier qui semble ne pas savoir où il vous mène. Comme un serpent qui cherche, en rampant entre les herbes, sa route vers le soleil, il se plie à toutes les sinuosités et à tontes les ondulations du terrain.
Bientôt cependanl on respire plus d'air, on -■■nt l'impression de plus de jour dans l'œil, on mesure un pan de <iel de plus entre les cimes des deux chaînes de collines; les prés s'étendent, les dessus s'adoucissent, la val • lée s'ouvre, ses deux flancs se creusent, comme les Dancs d'une amphore antique, pour contenir plus d'espace, de lumière et de végétation. On traverse un petit hameau caché sous les saules, appelé Bourg-Vilain, du nom de son ancienne servitude. Ce n'était dans l'origine qu'un d'étables où les bouviers et les chevriera du canton abritaient leur bétail quand la neige
DE SAINT-POINT O
couvrait les prés. Peu à peu ces étables sont devenues des chaum laumières des
naisonnnettes ; une église rustique, surmontée
• >ur carrée et bâtie de i granit irrégulièrement poses les uns sur les au- >miner. Maintenant de petits jardin^ entourés d'une haie d'osier vivant •nt autour de ces chaumières, la chaux vive crépit proprement les murs, la vitre de verre remplace le volet de bois noir ou le châssis de papier, et brille aux petites fenêtres cn- B raflées. A droite du village et à quelque distance, un mamelon de sable rouge s'élève au bord de l'eau, au milieu des L'industrie du meunier a profité de cet obstacle naturel pour opposer une digue au i et pour construire une écluse. Le moulin a pris de lui-même une forme plu- ,
que celle qui lui eût été donnée par le
pricieui d'un Sahator Rosa.
La namre est un grand artiste quand on la
on former elle-même ses moyens
but. Ce moulin en esl la preuve. Je ne passe
par ce village sans admirer cette combi-
• :'.•• nie qui fait de ird un modèle de pittoresque raisonné.
Ainsi, l'hiver, la rivière déborde el noie les . r la maison au dessus de ■
• h elle
est vue. Il a fallu que le courant de l'écluse tombal sur les palettes de la roue du moulin pour faire mouvoir la meule : la maison a «lu un de ses flancs à la rivière pour ten- • lr<' sa roue a l'eau. L'écluse à mi-côte, l'eau qui s'en échappe en faisant cascade contre les murs, les mousses verdàtres qui s'y attachent et <|ui donnent aux soubassements l'apparence du vert antique; les murmures et les ronflements de la chute «lu ruisseau impatient de jaillir de l'écluse, les scintillements de ses gouttes écumeuses à travers les branches et sur les feuilles trempées des vernes; les rideaux de peupliers et de platanes qui ont poussé d'eux-mêmes, les pieds dans le ruisseau, et qui entre-croisenl leurs rameaux de diverses teintes sur le toit de tuiles rouges comme un second toit; la cavité au flanc de la maison, d'où le moyeu tend la roue à l'écluse et qui ressemble à une grotte sombre voilée de brume; le colombier qu'il a fallu ajouter ensuite au moulin, parée que le pigeon suit le grain qui tombe; la tour carrée qu'il a fallu élever d'un éta^e au-dessus du toit de la maison, pour que les ramiers reconnussent de loin leur repaire au-dessus des arbres; le -entier tournant qu'il a fallu tracer à la pioche sur le- flancs du mamelon, dans le sable jaune, pour que les ânes et les chars des hameaux voisin<: !■■ gra\ issenl -.01- pe 1 1
Df >' Il
- ère du blé vanné q
de li Fenêtre; la Fumée bleue qui r.ini|»' du
- des peupliers ; les
qui broutent, les pieds dn s contre le mur
;in nord, aussi verl de végétation maxillaire
qu'un ; es de colombes qui s'abat-
our el <[ui disputent le grain aux
■ aux poules; l'éne <|ui monte ou qui
i par l'esealiër de roche; la meunière
(jni coud ;i sa Fenôtre, la tête noyée dans un
uté par les
i Feu de sa chambre liant»' ; les en- |ui grimpent en riant vers elle par l'échelli lu lierre dont les
. ture au-dessus •!■ ture née du hasard ou de . •• m. murs, arbres, ro< he -.
- suspendues, tour culminante, lignes harmonieuses, oml lumières distribuées comme par la combinaiton la plus étudiée, se groupanl ;i la seule indication de la \i<- rura étachant,
■inx diverses li<-ur<- du jour, en couleurs «li-
!n rond sombre ou éclairé de ; tagne < ■ m » leur sert de toile : toute i ette Fabrique, «I - l'imagination d'un |
• en rusté. Elle prend l'imagination par les elle prend l'a me |>ir la
des prés; c'est un ver.- de l'irgile murmurant en soupirs au bord des eaux courantes. C'est iile <le CLmde Lorrain inondée de paix et palpitante de vie. C'est l'art suprême de cet te i|ui ne connaît pas l'art, cet effort du beau : c'est le moulin de Saint-Point. Je vois d'ici le rejaillissement du soleil levant sur ses tuiles; j'entends d'ici le bruit cadencé de son blutoir, ce cœur de la maison, ce pouls du moulin !
Après ce moulin, la vallée devient un bassin d'environ un quarl d'heure de tra> au milieu duquel se renfle une colline basse, dominée à son sommet par un vieux château flanqué île tours compactes, el par la flèche dentelée d'un clocher roman. Au pied de la colline courent îles prairies bordées d'aunes, de cerisiers et de gros noyers. On aperçoit à travers les troncs de ces arbres les murs, les toits '-I le pont rustique d'un village bâti à l'ombre du château et composé de quinze ou vingt maisonnettes île laboureurs, de métayers ou de petits marchands de denrées rustiques, toujours groupés autour «le l'église des ha-
dï sain i -roi. s r i j
meaux. Ces vieilles tours minées .1 le par le temps qui les a fait craquer et se fendre sous le poids, décapitées à leurs sommets de nui le- élevait jadis dans le ciel, et ne servant plus aujourd'hui qu'à flanquer un lounl massif carré de pierre brute, percé d'un escalier tournant et de quelques chambres
. voilà ma demeure.
J'ai ■ tracé des allées
dans les bosquets de noisetiers qui l'entourent; j'ai enfermé dans une enceinte de mur- quelques arpents de terre et de prés qui suivent les ondulations et les caprices de la colline; j'ai préservé de la faux ou de la hache du fermier quelques grands arbres dont les rameaux m'ont remercié en s'étendanl sur mes pelouses. J'ai percé quelques portes el quelques fenêtres dans les mur- de cinq pieds
-•■ur du vieux manoir; j'ai atta<
principale une galerie massive de pierrea sculptées sur le modèle des vieilles balustrades gothiques d'Oxford. C'esl sut galerie que les hôtes de la maison se promènent le matin au soleil levant ou s'asseoient le
l'ombre immense des tours, sur le pré en pente. Ou y attache à des clous l< ■ des oiseaux; les chiens s'y couchent à nos
nr les dalles tièdes ; des paons familiers qui peuplent les jardins, a qui nous émiettions du pain dan- leur enfance el qui s'en souvien-
nent, pcrchenl nu il cl jour sur le parapel <!<• la balustrade, leur queue brillant au soleil et flottant au vent. Ils bordent d'une rangée de cariatides vivantes cette lourde galerie de . comme les cigognes forment des créneaux vivants de leur blanc plumage au bord des toii- des villages de l'Asie.
La vue s'étend de là, en descendant el en remontant, sur la plus belle partie de la vallée de Saint-Point. L'œil d'abord glisse sur des prés en pente rapide. Ils vonl mourir dans une prairie nivelée par les eaux. Cette prairie esl
ée m milieu par la rivière de louze. I>'- ^ros noyers au Feuillage de bronze, immobile comme des Feuilles de métal, des peupliers blancs aux troncs tordus par les ra Fales el au Feuillage plus chevelu el plus blanc que la tête d'un vieillard eneore vert, des peupliers, ces cyprès d'Europe, des vernes, des bouleaux, des aunes interdits depuis vin pe de l'émondeur d1 penchés des deux bords de la rivière sur l'eau qu'ils aimcnl ci qui les aime, Forment, en s'entrela .m' sui -"i cours, une voûte cl, ■mm-.
DF SAINT-POINT l<
- -, .!>■ Feuillages de les teintes, véritable mosaïque de végétation; L.i moindre haleine de venl d'été balan
m mobile el Fait sortir des ondoiements, Des, des mono- de Feuillage, des volées d' ts, qui ilt— sennuieni l<^ yeux, <|ui varient l'aspect <-i qui montent en légers bruits el en fugitives odeurs
ère '-t la prairie, le regard cornrenflés ■!•• I.i haute chaîne >l>* collines qui se-
■ l' it de l'horizon du
• la Bresse, du Jura et des Alpes.
■ d'abord de grandes terres roug< les de sol, opulentes de végétation Forte, Fie ir, les betteraves --. les pizettes touffues, -nr lesquelles flottent au lever du soleil des flaques blam I : puis quelq
de h il--- de pruniers sam sq u elles ruminent de belles
ml ou entend •■
colline en colline. Deux ou trois petits hameaux à mi côte au-dessus de ces terres el de ces vergers fument au-dessus des arbres potagers. Le regard franchit ces fumées et suit au delà, sur des pentes plus rapides, de profonds ravins creusés dans le sable rouge. De loin en loin on y aperçoit des chars chargés de fumier et tirés péniblement par des vaches blanches que le paysan conduit aux défrichements supérieurs, pour engraisser un peu ses avoines maigres ou ses orges tardives. D'autres descendent chargés de branchages de hêtres et de châtaigniers destinés à chauffer les fours où il cuil son pain. Les feuilles traînantes derrière les tombereaux balayent ces ravins comme le genétde la ménagère balaye le seuil luisaril «le sa maison.
Ce- chemins creux, pareils à l'ouverture des grottes, .-'enfoncent et se perdent à l'œil, derrière les tournants des mamelons, d chair même «le la montagne ou sous l'ombre des bois de i hâtaigniers. On ne reconnaît plus leur- traces qu'à la voix lointaine du bouvier <|iu encouragé ses bêtes à monter encore. Cevoix, grossies par le dôme des châtaigniers el répercutées de tronc d'arbre en tronc d'arbre, mêlées aux hennissements des poulain- dans . aux mugissements des bœufs couchés dans les haute- herbes, aux bêlements des mouton-, aux chevrotements des boucs, aux
gloussements des poules, .mi chants des
;sements le la charrue dans le sillon, aux clmt.-< <le l'eau des écluses auprès des moulins, aux tintements de la i loche <|ui sonne V Angélus du matin, du midi el d aux laboureurs t-t aux bergers à l'ouvrage, rempl -• itre les deux
chaînes, d'un murmure pareil à celui de ces coquillages de mer <|u>' l'on ap| oreille pour entendre l'éternel retentissemenl des n
haut enfin, les gi oupes de el '!>■ hêtres entrecoupés de champs de bruyères
supérieurs; |>ui« la
ppauvrit aux souffles trop Frissonnants
-. ou contracte la stérilité
• lu n>. -, presque nues ou seule-
•es de quelques trom - de houx el
'!>• quelques torches d'épines, se perdent dans
le bleu du < i"l <>u dans les brumes Fli <
i voilant toujours les limites in- 1<- ises de la terre el du
■ . l •■ brouilque l'illusioi sentiment : il les agrandit. C'est le mystère qui - n- tout ici-l
i-ur.
I E IAILIEUR DE PIERRES
Telle est la vue qu'on a de la galerie de Saint-Poinl du côté du malin. Du côté du soir, ■ des pentes moins inclinée?, des rentrées ei des saillies 'le la colline plus douces, des hameaux plus rapprochés el plus assis sur « 1 1 • — plateaux de pelouses vertes, des bois plus uniformes el plus sombres étendus sur de plus molles déclivités. Les grandes ombres qui s'y déplient de bonne heure au soleil couchant les rendent encore plus veloutés à l'œil. Le caractère sauvage y fait plai e au caractère bocager el pastoral des plus fraîches vallées ■ !'•- Alpes. Quand mi veut admirer, prier, rêver, on regarde les montagnes «-lu coté du matin; quand on veut espérer, envier, jouir, -e recueillir dan- le- images d'une vie champêtre, on regarde les montagnes du ■ soir. Les unes sont un tableau de félicité sur la terre, les autres une échelle d'aspiration Infinie au , iel, toutes deux une des plus belles tmle- de la décoration du drame «le la vie heureuse OÙ 5'esl joué le pinceau du Créateur.
. i poin r
C'.'-' li que j'habite depuis mon enfance,
quand le Bot de la vie qui tarit et se renouvelle
tour à tour sous moi me laisse ou me ramène
à ce premier bord démon existence laborieuse
et agiter. Je bénis les printemps,
automnes el même !>•> rares hivers que j'ai pu
depuis vingl - luvenirs
du l>vi\ Hélas! je n'y
viens plus guère, depuis ces dernières années,
ir y promener quelques heures mes pas
.:■ y mesurer
d'un re •■ des arbres
que j'avais plantés pour m'ensevelir dans leur
. dont les feuilles tombent sous les pas
. el pour y prier un moment «ur
tombeaux.