‹ Le tailleur de pierres de Saint-PointChapitre 2 sur 38 · XI · texte numérisé non relu

XI

Un'- matinée '!<■ itii<>, au retour d'un long Alpes, j'y vins seul, au

mois de mai, pour voir en passant si le temps n'avait rien dégradé dans ce nid de Famille, et pour ordonner quelques réparations. C'est ainsi que le marin oisif pendant quelques semaines dans son port va de temps en temps à bord '!'■ son navire échoué, visite sa coque el sa quille1, commande une planche ici, une cheville la, une cloison ailleurs, afin de retrouver sa demeure flottante en bon état, le jour où l'armateur lui fera signe de reprendre la mer.

En faisant le tour <lu jardin après déjeuner, avec le vieux Fermier qui m'a vu naître, el que je conserve oisif maintenant dans un coin de sa Ferme, comme un ancêtre du domaine el de I i maison, je vis que les branches des cèdres, des mélèzes el des sapins, en grandissant, il étendues comme des bras au delà d'un mur <le clôture qui me sépare d'un chemin de bergers. Le vent, en les agitant sur la crête du mur, avait fini par écorner les pierres, par disjoindre les ciments et par Faire des brèches a l'enceinte, par où le- petit- enfants pouvaient grimper pour voler le- nids. J'ai des

DE SAINT- POU 2 1

• ml que pour moi.

: les champs, l'hymne

de l'air. Si ><n les tu--, qui donc chantera dans

- rien de pi - » 1 1 1 «- de rencontrer sous la tour de I1 >•}<!> le rebord du toit de la ou sur le

sous l'arbre, le nid • l'uni' hirondelle, d'un pinson ou d'u i es de -••- petits œul té du duvet <|ii<- l<- père el li mère avaient tissé toul un printemps pour les pel

J.- •: 'est le nom >l>- ce

■llanl à la figure homérique el

aux chei me l'écume d'une vie

nés -. je

i pour lui l'esp le

• filiale que l'en fa ni de la maisi

plus anciens que lui sur le foyer de sa famille; je lui <\i-.

relever ces p épir iJ>- cime

. pour empêcher que les lient par le froissement de

leurs branches, il faul remplacer ce râteau et ce cordon de tuiles, qui défendent mal la croie de la clôture, par une rangée de dallc> île pierres «le taille qui couronneront le mur ■ omme le parapet 'l'un puni. Les a appuieront leurs coudes sans »e gêner, <•! les branches, en jouant en liberté sur ces pierres plate?, ne feront que les polir comme l'eau qui '•nui! polit le rocher. Mai- il faul !<• faire vite, car les vents d'équinoxe, qui arriveront avec septembre, donneront de fortes longs rameaux ci emporteront le reste des tuiles et le reste du ciment. Faites venir le tailleur de pierres 'In village, que j'ai vu l'autre jour travailler au fond d'une carrière en traversant a cheval le hameau reculé et perdu de la Fée. Je prendrai le- dimensions, je ferai le prix, je le mettrai a l'ouvrage dans la carrière

an lia- du jardin, et le, oiseaux, l'ami |ui

vient, nicheront en paix dans ces lilas.

— Oui, monsieur, •> me répondit en hésitant, avec un certain accent d'incrédulité et de doute, le père Litaud ; mais je voyais dans sa physionomie, dans son regard qui parcourait

tAINl -POIS r 2)

d m~ l'attitude nme pour cl quelque l'herbe, que le vieillard

n'affirm >ui qu'il

■ '!ii de premier mouvement.

• Est-ce qu'il n'y a pas un tailleur de | dans les hameaux, repris-je, pour bien ma rép;n

— Oui, monsieur, il y en a un, répond il le

I, et un bien bon

encore, ajouta-t-il ; mai* je ne mu- |i<ibien >ùr qu'il travailler pour la maison.

— Et pourq • do '.' répliquai-je a\

. Es

relui des au'. le je ne lui |

même prix el plus cher, vu l'urgence, que les p • !<• la contrée? Pourquoi ne viendrait-il •

••• tout à l'heure en mon nom ?

— C'< lilleur '!■• p

— Eh bien, je lui donnerai du grain, du blé, des pommes

- ou de prunes, ce qu'il

— M n plus

— I • ; , '-il?

— Pour le don Dieu, monsieur, h pour les pauvres gens du bon Dieu. Rien que pour lui, rien que pour eux; el comme monsieur esl riche, qu'il esl maître des bois, 'les prés et du château, j'ai peur que ce! homme, qui est doux, mais qui esl résistanl comme sa pierre dans son idée, ne se dise : « Le monsieur est assez à l'aise pour faire Faire son ouvrage par cl ■- ouvriers ;i la journée ou à l'entreprise à bon salaire; si j'accepte de travailler pour lui, je manquerai au pauvre monde qui auronl une porte ou une fenêtre ■> tailler, el puis monsieur voudra me donner un prix supérieur à celui que je prends pour mes journées el qui représente juste mon pain ; je ne saurai pas cornmenl le refuser, son argent, el je manquerai, si je l'a i epte, à ma règle de vie. • En un mot, monsieur, je vous le redis, j'ai peur que cel homme ne vienne pas.

— Non, non, dis-je, il ne pourra pas refuser de venir. Il fera son prix lui-même, puisqu'il • M si juste, h -i mon argent, qu'il aura bien gagné, lui pèse sur ~-i conscience d'homme

charitable, il le 'I lera à de plus malheureux

que lui, voila tout. Envoyez-le prier de descen dre par un de vos bergers ce soir. Demain je l'attendrai à midi i'i. Lors même que y ne m'entendrais pas avec lui, je serai bien aise d'avoir vu un homme qui refuse l'or dans un

omme ces montagnes, où l'amour du

Df S\l\ I POIN I

i de ■ 111% re semble la dernière fin de l'homm - chrétiens. <

pour mou une source d'eau sortant 'I : au milieu de ce sable qui boirai) les ni •

— Eh bien, monsieur, ibéir el

M • moi-même,

car il pas mon berger. Je le rai

ii mieux que ne ferail un enfant. »

père Litaud reprit d'un lier de aller quitter ses sabots, boutonendre ~'>n bâton <i i »< > i 1 1 1 . * >!<• fer qui se cramponne au sable de la montrai pour p liiens el mon • pour monter au bois ~nv la m liant.

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