I -3 il : \l M I U K DE PIERRES
el le dimanche nous lui tiendrons bien compagnie. » Enfin, je tâchais, monsieur, de faire entrer un peu de consolation dans mon esprit.
II Faisail tour à tour jour el nuit dans mes réflexions; des fois le découragement était le plus fort, <l''~ fois l'espérance l'emportait, et, malgré toutj je remontais le -<>ir aux Huttes ui\ peu réconforté.
Mais l'état de Gratien chassait mon espoir. Il maigrissait à vue d'oeil* el tout son pauvre corps dépérissait; les soins de Denise n'y pouvaient rien. Je vis bien alors, malgré mon envie, que lil pas le corps seul qui était malade, mais que le mal était surtoul au cœur.
La fièvre empirai! toujours, elle revenait le reprendre toutes les nuits avec plus dé forceet le rejeter dans le délire. Gratien se remettait alors à appeler Denise, toujours Denise. El moi, je pleurais auprès de notre pauvre aveugle comme toute la maison, ei je me lisais fout bas bien tristement : « Il Faudra donc lui Faire le sacrifice. »
Je restai deux mois ainsi combattu par mon i lia ;i m ci par mon devoir, résigné \\n jour, dé courage le lendemain, el ne pouvanl prendre sur moi de renoncer à Denise. Ma mère avail beau me supplier chaque jour, je cédais un mo ment, attendri par ses' larmes ei le m'ai de Gra* tien, puis je résistais. J'avais beau prier le boM
Dieu, rien n'y lai-ail. Je ne travaillas plus, e!
ne sain f-poin r i - i
je demeurais •! tns la carrière les bras pend ints >■! les yeiw tristement fixés sur
qu'un ><>ir, en remontant, j'entendis sonner la
.'-Point qui mel -i bien dans le
coeur la pensée du l">n Dieu. J'étais si attendri
par mes j°"r que je
. Kentendant. J<- priai à chaudes larmes
Gratien, à mon frère malade, en
durer -.1 ma-
el mettait le chagrin à la
■ lit mal de i
son, qu'il fallait bien renoncer à
: le voulait.
J'an ; |"''T "''• s mon de-
ontrai dans la 1 our '.
qui semblait m'attendre. u E!i bienJ Claude, me dit-elle, Gratien souffre toujours; j' que Dieu nous ii!
ainsi dépérir. Il faut sauver notre frère
, vous; pable de gagner votre vie avec \"- ■ l« -1 1 x bras;
• I ins le pays : tout le monde vous estime 1 omme
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Allons, tâchez de ne plus pensera moi;
f.nii qui • m le voir,
• mère, el do sœur '-u de...
IBO 1E TAILLEUR DE PIElWtfS
Elle fondit en larmes à ce mot et se sauva <l,i ns le grenier à foin pour pleurer tout le jour. On l'entendait sangloter de la maison à travers les claies du plancher.
Alors ma mère vint à son toùrel elle nu- 'In : — « Claude, je t'avais dit qu'il fallait vous fiancer, Denise et loi. Je croyais que c'était la volonté de Dieu et le bien de la maison'. Maïs fe vois bien que ce serait une faute que le bon Dieu punit, et que ça ferait le malheur de celui qui est déjà le plus malheureux de tous, de mon pauvre Gratien ! Il aime Denise autant que toi, vois-tu ! Peut-être encore davantage, parce qu'elle n'est que ton plaisir et qu'elle est sa lumièreà lui! Que veux-tu faire? Veuxtu que ton frère n'ait plus de bâton vivant toute sa vie pour conduire ses pas, et qu'il tombe a chaque pas dans le creux des che min- ou dans le creux de son cœur? Ou bien veux-tu sentir toujours là, tout seul, au coin du foyer de la maison, un malheureux dont chaque respiration sera un reproche et une condamnation de ta dureté pour lui? Encore une fois, que veux-tu faire?
— Je veux faire ce que vous commandez, ma mère, coûte que coûte. J'aime mieux Denise que la clan.' du ciel dan- mes yeux,
c'est vrai ! mais j'aime mieux la paix dans la
maison, l'obéissanc#a votre volonté et la
de Dieu que mon bonheur même. Ainsi, com-
Ml S-A4N-1 POI-N l . I il
mandez, ma mère, el je ferai sans murmure ce que vous aurez 'lit.
— Ui bien! va-t'en, dit-elle en me |>i--mt les deux bras autour du cou el <'u sanglotant sur ma tête ! va t'en, mon pauvre Claude ! « et elle me retenait pourtant tout en me serrant sur sa poitrine. En levant les yeux vers la fenêtre du fenil, je vis Denise qui avait tout vu, tout entendu, qui s'essuyait les yeux avec le bord '!<• son tablier. J'entendis le mol : « A<ln-u, Claude ! n a • toile et à travers ->>u
sanglot. Ç.i fui 'lit, monsieur; je pris mou cœur à deux mains, je pris mon sac au clou el je •!'•-. endis la montagne sans me retourner, de peur de ne pas pouvoir en arracher iu'-- |m<-'I-, ou de revoir la famée des Huttes. Voil i, monsieur. 'I rois mois après, Denise fui m e, avec l'aveugle. Elle ne plus .1 moi, el elle fut une bonne femme de
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