‹ Le tailleur de pierres de Saint-PointChapitre 25 sur 38 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

i.— Et vous Claude, que devlnes-vous après ce déchirement de ros deux cœurs?

LUI. — Moi, monsieur, je commençai ce jour-là mon tour de Fram e.

moi. — Racontez-teihôi' si cela ne vous fail pas de peine, el si le soleil qui baisse nous en laisse le temps.

lui. — Ol» ! ça sera bientôt dit. J«' n'étais plus avpc moi-même, je n'étais plus I

- tout entier où je n'étais j »lu~.

Mon corps allait el venait dans ces pays, mais

mon cœur el mon es - sur la

. D nise, ma mère, Gratien et Annette

lu monde m'était tout un.

immen-

enser davantage el qu is toujours au bon

Dieu. Ce sacrifice que j'avais été contraint île

• mon bonheur en ce bas monde

omme retourné le

r me récompensait

en m>' f i i - ■ m t comprendre à moi, ignorant,

que -un amour pouvait encore remplir un cœur

puis j'- me 'li- : « Puisque ta m< commandé '!<• f.iir>- le plus grand des sacrifices .1 ton frère l'aveugle, tous les ai ijik- tu poui il bien

b en, fais-les l tant que tu en trouveras ;i faire sur ta route. : . --: , pas d

e qu'il n'a plus rien à t'y donner ut qu'il t'a repris Denise, mais dans .

monsieur, j<- m'en allai pendant - de ville en ville, de chantier en < liau-

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lier, avec ma boucharde el ma têtue, demandanl de l'ouvrage là où il y en avait, et me perfectionnant dan-, mon étal autan) que ça se peul à un pauvre garçon trop âgé déjà pour apprendre à lire, à écrire el à tracer des profils au crayon sur le papier. Mais la pierre, par exemple, je la pliais el la dépliais ainsi qu'un papier. Les maîtres m'aimaient el les camarades aussi, parce que j'étais fidèle avec les uns, et, lanl que je pouvais, serviable avec les autres.

II l

G' fui de Ce moment, monsieur, que je pris la résolution de ne gagner que juste ce qui m'étail nécessaire pour mon pain, pour mes habits, polir l'usure dé mes outils el pour ma place sous une tuile dans les villages, dans les chantiers ou dans les maisons pour lesquelles je travaillais. Seulement, je ne le disais | as, de peur qu'on me prîl pour un homme <|ui voulait se rendre singulier. Je prenais des maîtres le prix de ma journée comme un autre. Mais ensuite, quand je voyais un camarade vieilli, i assé, chargé de famille ; ou bien quand ,m des jeunes ouvriers avail pérê, mère el soeurs ù nourrir de son marteau; ou bien, enfin,

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quand un d'entre eux avail un accidc

•. une absence Forcée, alors !•• travaillais pour eux in chantier, j<- Faisais leur ouvrage, ••I il- touchaient leur solde comme à l'ordinaire. On m'avait donné le sobriquet du remplaçant us les chantiers, él ~i quelqu'un avail un jour i se reposer, il venait naturellement à moi el il me disail : « Allons, Claude, il Faut un bon garçon à ma place demain. ■ 1 : . monsieur.

me direz : ■ Pourquoi a\ iez vous ainsi - même, el usiez vous \<'- outils, temps et votre jeunesse sans songer un peu .1 l'avenir? » Voici, monsieur : c'esl qu'eu I 'espérance d'épouser Denise, je m'étais

bien résofu de ne jamais me marier, parce qu'une autre comme Denise pour moi, j'aurais bien f.iii dix f"i- Fe lour de France el dé plus

loin encore, sans jamais la ren itrer. Que

voulez-vousl quand même il y <'ii aurait d'aussi le plus b'élle, ça n'étail toujours • de la même paille, 1 "u> les autres grains de la gerbe peuvent bien il n'y .1 que pourtant qui se ren< ontrent, <[m t'ajus-

tenl '■! qui se connnaissenl sur l'épi. Denise 'le moins puni' moi dans le momie, il n'y avait plus de- femme Toutes celles que je voyais passer les dimanches, âllanl aux danses nu aux églises, je disais: « Ce n'est pas là Denise. » Elle m'étail restée dans le- yeux comme un grain qui vous fait voir mille étoiles, mais qui •aussi \ous fait pleurer. Puisque tu as fail • e sacrifice au pauvre ayeugle el a la paix 'le la maison, que je me disais, tu peux bien en faire d'autres toute t,i vie! Et en vérité, ce peu que je Faisais maintenant pour le pauvre monde ne me coûtait lien. Qimii.I on a donné le coeur qu'on a sous les côtes, qu'est-ce que c'est donc que de donner son bras ou sa main?

It encore que j'avais l'amitié 'le tout le monde, dans les chantiers) pour ma récompense.

C'est comme cela que j'ai mis sept ^u- a Faire mon tour de France, p rehaut toujours un chemin qui me menait plus loin toutes les foi» que j'étais tenté, par le mal du pays, île revoir Ih montagne et la vallée de Saint-Point.

. •■— Mais qu'est-ce qui Vous consolait dans voire éloigqement, dans votre isolement et dans

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z donc • • mère el de '.

s aviez donc un ami . \'<u> pariiez des Huttes, de votre en- . de votre amour, de votre malheur?

— Non, monsieur, personne i

et je n'écrivais a personne, parce que nous ne - ni lire ni écrire dans la Famille. J>- ne • imais ni d'elle ni 'lu moi; on ne seulement pas de quelle montagne je venais.

..-•ut particulier avec aucun,

«qu'il ne fût tombé de l'échelle ou qu'il

■ -■• un merhj i h intier.

tt pourtant j'avais un ami qui me consolait et

qui iix- soutenait contré' tout! >litil en levant

imperceptiblement pour tout autre qi

soleil <jui lu -

— Vous n dimanche, lui

i me levant pour redescendre, pas, C pour m' .

— Oh! monsieur, il ne faut jamais être triste,

avec un sourire de contentement <jui - 1 solitude el

autour '!<• lui. Il ne

puis la

Tout finit bien, allez, monsieur, soyezren sûr.

II ne s'agij que d'attendre son heure, ici-bas. ou dans l'autre temps.

— Qu'appelez-vous l'autre temps? luj dis-je.

— Celui <|ui ne finit pas, répondit-il. Non- npus séparâmes cpmme deux amjs.qui

se soni donné rendez-vous de l'geil en - ■ - < I i - .• » 1 1 r adieu.

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