DE SA
1 ■ ment, monsieur, c esl un raisonnement
t. Un monsieur comme vous m-; l'a bien <lit un jour. • C'esl l'homme qui pense, me disait-il, mais c'esl la nature qui sent. ; rois f--rme en
la nature en sail plus que loi >'t moi. Elle ■> entendu Dieu avant non- ci de plus près que nous, vois m ! «
moi. — Ce monsieur avait lisavez-
en de la peine, Claude, à faii autant que vous pouvez In volonté '!>• Dieu? lui. — Au contraire, monsieur, c'est le paradis sur la terre pour moi.
moi. — tt en quoi consiste pourvoi
lui. — A tout aimer de ce qu'il a Fait, mon- . ifin de l'aimer ainsi lui-même dans ses oeuvres, et à tout servir, afin de le servir ainsi lui-même dans tout le monde.
moi. — Mais tout aimer et tout servir «mi mer et de servir l'auteur de tout, c'esl pénible quelquefois; car enfin il y .1 bien des personnes et des 1 lioses qu'il esl difficile d'aimer, <■! on <•-( bien tenté souvent de se servir soi-même au lieu de servir les .juin--.
lui. — Mi bien ! monsieur, nu m'a souvent
■ lit ça : ■ et ici dans les vil
; f.int que ci el pourtant ce
• ••[! sûr, mais
-8 LE TAILLEUR Dï PIERRES
moi. — Comment, Claude, il ne vous a jamais été pénible d'aimer tout le monde et de vous sacrifier comme un autre Christ à tout le monde? Vous êtes donc un abîme d'amour ci d'abnégation ?
lui. — Moi, monsieur! Ah! je ne suis bien que le dernier des derniers parmi les autres. Je le sens bien, allez, et je me cache bien autant que je peux ici avec mes pauvres bêtes, pour ne pas faire trop honte par ma misère d'esprit à mes pareils dans le pays ; mai quant à avoir de la peine a aimer, je mentirais -i \f le «lisais. Il paraît que le bon Dieu, qui m'a refusé l'espril et bien d'autres i ajouta-t-il avec un soupir mal étouffé, m'a fail ice de me rendre de ce côté ce qu'il m'a ôté de tous les autres. Mai- je n'ai jam i
<l<- liai: n moi contre mon prochain de toute
espèce.
moi. — Qu'entendez-vous par votre prochain de toute espèi e !
lui. — Je m'entends, monsieur : je veun dire les hommes, les choses, les bêtes, el même les arbres et les plantes, tout ce qui est notre parent de corps <>u d'âme enfin, monsieur, ici» bas, tout ce qui est proche 'le non-, toUI ce qui habite ou tout ce qui compose ce monde où Dieu nous a mis comme j'ai mi> ces animaux dans cet enclos pour vivre en paix el en imitié autour de moi.
Dt SAIN I-POINT
moi. — Vous aimez loul
lui. — Ali ! j'en aimerais bien d'aul j'en co intage. Je ne sais pas » • > m-
ment le bon Dieu m'a fait le cœur, monsieur, >ujours plein el cependant tou-
|our> vide.
moi. — Vous voulu/ tlin- qu'il est infini. lui. — Peut-être bien, monsieur, q
ippelez comme ça.
Quoi qu'il en soit, rien ne |>>-ut tout à fait le remplir. Le bon Dieu y jetterai! des mondes pour me les f- 1 i r< • aimer, que je crois qu'il y aurait encore de la place pour en tenir et pour eu .muer d'autres. Ali ! de tout'
bon Dieu ■ 1 < ■ - rtout .1 nous
nmes tout seuls, la plus
grande est cette inclination mer. C'est
une 1 source 1 haude qui coule toujours
". monsieur, et qui, après avoir arrosé
qui ne s'arrête jamais de
. ouler. C'est cette qualité 'lu bon Dieu que les
ippellcnl miséricorde, monsieur!
es, pour les
Lie-, pour les -, pour
llardS, p • le- Veuve-, pour le- en-
mes, pour I'
■ même et pour les
el, - élément- eux-méi ont
de on intelligente, et -, FTre 1 - > manière
BO LE TAIIIEUI! DF PIFRRES
comme nous. Hélas! monsieur, je crois bien que c'est là ce que le bon Dieu commande et Inspire le plus à nous autres hommes. Car sans cette miséricorde des uns pour les autres, que deviendrions-nous tous sur une terre si pétrie d'afflictions ?
moi. — Dieu me préserve de vous contredire, Claude! vous voyez que, dans toutes les religions, les plus saintes et les plus divines victimes sonl celles qui eut éprouvé le plus de cette miséricorde, qui n'est que l'attendrissemènl 'le cet amour pour nos semblables, el qui se sont sacrifiées elles-mêmes pour racheter i vérité ou une vertu au genre humain.
Ce <|u'il y a 'li' plus généreux dans le cœur de l'homme, c'est la pitié, Claude ! Pleurer mmles souffrances d'autrui, c'esl se Turc- le cœur sur des maux dont on pourrait <létourner ses yeux ! Après ce que1
l'homme peut donnerde plus de lui, c'esl un.' larme ! N'esl ce pas une goutte de son propre cœur qu'il l'ail tomber pour le guérir sur le cœur d'autrui ? La miséricorde dont vous parlez est la plus belle Forme de l'Smour; car il y a un amour qui vous recherche pour vivre avec vous, c'esl l'amour des sens-, mai- il y a un amour qui vous poursuit pour souffrir avec vous <-t pour partager vos peines : c'esl une belle inclination que cel amour, mais il fait bien souffrir ceux qui en oui en- i|<me-.
DE SAIN r-POIN r bl
mais il Fail
l>i.-n jouir aussi. Quanl à moi, cette amitié que
je m-- suis toujours sentit pour ceux qui onl
.!••- peines m'a bien souvenl fait coucher tard
lé avant le jour. Je me >\i~ : Tu es
i chaud dans ta maison •
chien el ux. 11 v a du pain pour toi
-ur la planche, il y a de l'herbe dans la mon-
• ; dans le râtelier pour eux; i'>u toit,
(|lH>i,|ll'll soi
b pluie et la neige. Tu n'as pas de soi
la rem me ou pour tes enfants ! mais voilà \u\
tel qui - son plancher
- i lii et les berceaux de ses petits
pauvre
veuve donl la maison a brûlé la semaine passée,
et <|ui n'a pas un pauvre liard pour payer le
tireur de pierres, le maçon cl le couvreur pour
ilir un abri ; •■ llard qui n'a
i fils pour lui pin, Ikt son morceau de
terre ; ■ - orphelins «pii n'onl ni
mère pour leur moissonner leu on pour leur battre leur • voilà lu
cheminée d'un tel qui est tombée; voilà la voilà l'escalier, voilà la fade celle-là >|iii - • irir vainemen
■ l'année
\oiit-il- f.j i r. • dans la m »n qui