‹ LE TALISMAN, PAR WALTER SCOTTChapitre 33 sur 99 · LE TALI81IAN · texte numérisé non relu

LE TALI81IAN

•lie fiMemble dam son désordre à une mer dfitée ) apfiarteE<^moi ae miroir d*Mler... paiseï le peigne dans mes cheteux et deos ma l)ârbe... elle ressemble plus à la crinière d'un lion qu'k la obevelure d'unehrétieni..^ apportei de l'eau.

— Milord, » dit le chambellan tout tremblant » « lei méd^cina disent que Teau froide peut être dangereusCé

— Au diable les médeeins , reprit le monarque » s'ils ne peuvent me guérir : croyez-vous que je leur permettrai de me tourmenter?. . • Xiàl à présent, » dit^il, après avoir fait ses ablutions , « admettez les respectables députés ; ils ne diront pas, j'espère, que la maladie a produit sur Richard l'eflfet de lui fiiire négliger sa personne^ »

L'illustre grand-maltre des templiers était un bomo^^ de baute taille, mince et usé par la guerre ; il avait un coup d'œil lent, mais pénétrant, et un front sur lequel mille intrigues ténébreuses avaient imprimé leur sombre cachet. Il était le chef de ce corps singulier pour qui l'ordre était tout et chaque individualité rien ; chercbaat l'agrandissement de son pouvoir aux dépens même de cette religion que le but de son association primitive avait été jadis de défendre. Les chevaliers du Temple étaient accusés d'hérésie et de magie ^ malgré leur caractère de prêtres chrétiens , pi soupçonnés d'une ligue secrète avec le Soudan , quoique engagés par serment a protéger et à délivrer le Saint-Sépulcre. L'institution tout entière, aussi bien que le caractère personnel du supérieur ou grand-mattfe^ était une énigmeque Fon tremblait généralement de pénétrer* Ge grand-maitre était revêtu de la longue robe blanche qu'il fov^ i4\t dans les grandes solennités , et tenait à la main Yabacus , ou baguette mystique , emblème de sa dignité , dont la forme bizarre avait donné lieu à des conjectures et à des commentaires étranges, faisant soupçonner que ces chevaliers chrétiens s'étaient ralliés M^us les symboles les plus impurs du paganisme.

Conrad de Montferrat avait un extérieur beaucoup plus agréable que le sombre et mystérieux soldat-prêtre qui l'accompagnait. C'était un bel homme, de moyen âge , peut-être un peu au delà , intrépide dans les combats , sage au conseil , brillant et galant au milieu d'une fête; mais, d'un autre côté, on lui imputait une grande versatilité , une. ambition étroite et égoïste qui lui faisait chercher à étendre sa principauté, sans égard pour les intérêts du royaume latin de la Palestine : on Taccusait de ne songer qu'à ses avantages personnels , en négociant secrètement avec Saladin au détriment de la ligue chrétienne*

Page 1