‹ LE TALISMAN, PAR WALTER SCOTTChapitre 89 sur 99 · CHAPITRE XX.V1L · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX.V1L

son tour une chanson à boire tirée du persan , et avala sans se foire prier un bon Terre de Tin de Chypre pour prouTer que sa pratique ne démentait pas sa théorie. Le lendemain , aussi grave et aussi austère que le buTeur d'eau Mirglip , il inclina son front jusqu'à terre dcTant le marchepied de Saladin , et rendit compte au Soudan de son ambassade.

La Teille du jour marqué pour le combat , Conrad et ses amis partirent au point du jour pour le lieu indiqué , et Richard quitta le camp à la même heure et dans le même but ; mais , c<Mnme il aTait été couTcnu , il Toyagea par une route diflSirente , précaution qui aTait été jugée nécessaire pour éTiter toute possibilité d'une coUw sion entre leurs hommes d'armes.

Quant au bon roi lui-même , il n'était pas d'humeur à se quérd- 1er avec personne. Rien n'aurait pu ajouter au piaisfa* qu'il se pro* mettait d'un combat à outrance en champ clos , si ce n'est d'être lui-même un des combattants , et il se sentait réconcilié avec tout le monde , voire même avec Conrad de Montfierrat ! Armé à la légère, richement vêtu, et aussi rayonnant qu'un jeune époux le jour de ses noces , Richard caracolait à côté de la litière de la reine Bérengère , lui feisant remarquer les différents lieux qu'ils traversaient , et égayant , par des récits et des chants , la route mcmotone du désert inhospitalier.

Lorsque la reine avait accompli son pèlerinage à Engaddi , elle avait pris le chemin qui était de l'autre côté de la chaîne de mon^tagnes , de sorte que le spectacle du désert était nouveau pour elle et pour ses dames. Quoique Bérengtee comiût trop bien le caractère de Richard pour ne pas témoigner un grand intérêt pour ce qu'il lui plaisait de dire ou de chanter , elle ne put s'empêcher de se livrer à quelques craintes féminines quand elle se vit dans i'eifrayant désert avec une si petite escorte » qui semblait n'être qu'un point mouvant sur la surface de la plaine immense : elle savait aussi qu'ils n'étaient pas éloignés du camp de Saladin, et qu'ils pouvaiiyit.être smrpris et exterminés d'un moment à l'autre par un détachement nombreux de sa redoutable cavalerie , si le païen était assez déloyal pour profiter d'une si fovorable occasion. Mais quand elle communiqua ces soupirons à Richard , il les repoussa avec mécon^ tei^ment et dédain. « Ce serait plus que de l'ingratitude , dit-il ; que de douter de la bdtme foi du généreux soudan. t

. Cependant les mêmes doutes et les mêmes craintes se représMtèkrœt souvent , non seulement à l'esprit timide de la reine 9 mais h

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