W IM TAU8MA1L
rime plut fière et plus courageuse d'Edith Plantagenet , qui n^Tait pas aiseE de eonfiance dans la bonne Ibi d'un munilnian pour être par&itement à $oa me en se trouvant ainsi en son poof oir. Sa «nrw prise eût donc été moins grande que sa terreur , si elle eût eirteadu toulrà^^MMip retentir dans le désert le cri à^ Allah hu!ét ^l'una troupe de cayalerie arabe eût Ibndu sur eux comme des Ttutours sur leur proie... Ces soupqons ne diminuèrent pas lorsqu'à I-approehe du soir on aperçut «n seul cavalier, roBoarquaUe par son twr^ ban et sa loDgue lance , qui voltigeait sur le bord 4'ub0 petite éeuhiHBce, comme un 6ucon suqMndu dans Fair i dès que l'Ardie eUh trevit Teacorte royale , fl partit avec la rapidité du même oiseau lorsqu'il fend les airs et disparaît de rbcdzim.
t 11 dut que nous soyons près du lieu désigné, dit le rot Ridiard, et ce cavalier est sans doute une des vedettes de Saladin... D me semble que j'entends le bruit des trompettes et des cymbales maures... Bmigez^vous en (M^re, mes en&nts, et fonnez-<vou8 autour des dames dans une attitude ferme et militdre. » .
A ces mots , chaque chevalier, éeuyer ou areher , se hâta de prendre son rang. Ôs se mirait en man^ dans TcNrdre le phis serré , ce qui feisait paraître leur nombre enoM*e plus petit. A dira la vérité , quoique ce ne fût peut-être pas de la crainte» il y avait du moins une espèce d'inquiétude mêlée de curiosité dans l'atten** tion que la troupe prêtait aux éclats sauvae^ de la musique maure qui se iSûsait entendre par mom<«s avec forceducôtéoùîeeavalier arabe avait disparu.
De Vaux dit k l'oreille du roi : « Ne conviendrait^il pas» moneî' gneur, d'envoyer un page là-hattt sur ce banc de saUe , ou votre bon plaisir est-il que je piipe moi-4ttftme en avant? Q me semble , d'après tout cet appareil , que s'ils ne sont pas plus de cinq eenis hommes de Tautre côté de ces montagnes de saUe , la moitié de la suite du sultan doit être compoaée de tamboon et de cymbaliers... Partfa^i-je ? »
Le baron avait serré le mors k $ùa dieval, et il alltô lui donner de réperon, lorsque le roi s'écria : f Non, pour rien an monde! cette précaution indiquerait de la méfiance, et ne nous servirait pas à grand'chose en cas de surprise , ce que je ne miins pas. i
Ils continuèrent donc à s'avancer en bon ordre et les rangs aer«« rés , jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus en haut des collines do taUe et en vue du lieu déngné pur le Soudan. Là unspeetade mafnifi^ie, mua isaposant , se déroula sous ton» iettx«
GHAHTftB XXYII.
Le DIattiant ds d&ert » eette fontaine solitdire qui ne se dtstingoait ordinairement que par un groupe de palmiers , était devenu le eentre d'un eamp dont les bannières brillantes et les ornements dorés étincelaient de mille teintes riebes et variées aux rayons du soleil eouehant. Les étoffes qui formaient les vastes tentes étaient des plus éclatantes couleurs. On y voyait briller Téearlate , le jaune d'or, le bleu d'azur.. . Le haut pilier central qui soutenait ehaque pavillon était décoré de grenades d'or et de petites flammes de soie. Mais outre ces pavillons remarquables , il j avait un nombre de tentes noires , comme le sont ordinairement celles des Arabes , qui paint formidable ft Thomas de Yauz , et qu'il Jugea capables de lo^ ger une armée orientale de cinq mUle hommes. Une multttudd d* Arabes et de Kourdes se bâtaient de s'assembler, chacun condiiisant son cheval à la laisse , et leur rassemblement était accompan gné du bruit assourdissant de leurs bruyants instruments militaires: car les Arabes ont été de tout temps animés à la guerre par les sons de cette musique belliqueuse.
Ils formèrent bientôt une masse confose devant leur camp, et , à un sifflement aigu qui se fit entendre par dessus les fimfiires des tns» trumentSf ehaque cavalier fot en selle.
Un nuage de poussière , qui s'éleva au moment de cette manœu^^ vre , cMroba aux yeux de Bichard et de sa suite le camp , les palmiers et le sommet éloigné des montagnes ; cessa même d'apercevobr les troupes dont le mouvement soudain avait soulevé ces nuées ) qui prenaient la forme fentastique de colonnes torses, de ddmes et de minarets. Un autre cri aigu se fit entendre du sein de ce tourbillon de poussière : c'était le signal du départ. La cavalerie partit au grand galop , et en manœuvrant dé manière k envelopper la petite troupe de Bichard ; celle-ci se trouva bientôt entoui^ et presque étouCKe par le sable qui s'élevait de tous les efttés. Au travers de ce rideau de poussière on apercevait de temps à autre les figures sautages des Sarrasins brandissant et agitant Imsn luees dans toutes les directions avec des cris et des clameurs eifrayaidiesi ils poussaient souvent leurs chevaux Jusqu'à une portée de l«ee des chrétiens , tandis que ceux qui étaient derrière lançaient d'épaisses volées de flèches. Une de ces flèches tbit flrap^ per contre la litière de la reine , qui poussa un cri aigu , et le frottt de Bichard se rembrunit au même instant.
• l^ar saint George î s'écria-t-!l , il est temps de remettre à l'ordi« ee ifl ramas d'infldidies. »
30O LE TALISMAN
Mais Edith, dont la litière était proche, avança la tète aa dehors, et, tenant à la main une de ces flèches, elle dit : < Roi Richard, prends garde à ce que tu vas foire... Vois , ces flèches n'ont pomtdefer!
— Fille noble et sensée! reprit Richard, par le ciel, tu nous fois honte à tous par la promptitude de ton coup d'œil et de ta pensée. Ne vous .troiÂlez pas, mes braves Anglais, s'écria-t-il à ses guerriers, leurs flèches n'ont pas de dards, et ils ne portent que des lances inoflbnsives. Ce n'est qu'une manière sauvage de nous foire accueU, quoique probablement nous lés réjouissions en nous montrant inquiets ou troublés... Avancez lentement et m bon ordre. >
La petite phalange s'avança donc environnée par les Arabes, qui poussaient les cris les plus perçants et les plus aigus : leurs a^ die^ s'exerçaient à montrer leur adresse en foisant siffler leurs flèches aussi près que possible du casque des chrétiens sans cependant les atteindre, et les lanciers se déchargeaient les uns les autres de si rudes coups de leurs armes émoussées , que plus d'un vida les arçons et pensa perdre la vie à ce jeu dangereux.
Gomme Us étaient à peu près à moitié chemin du camp, le roi Richard et sa suite formant le noyau autour duquel ce corps tumultueux de cavaliers criait, hurlait, escarmouchait, galopait et formait une scène de confusion indescriptible, un autre cri aigu se fit entendre, et tous ces guerriers qui entouraient irrégulièrement le front et les flancs des Européens se rassemblèrent tout d'un coup, et formant une colonne longue et profonde, marchèrent, avec ordre et silence, à la suite de l'escorte de Richard. La poussière commençait à s'abaisser devant ceux qui formaient l'avant-garde, lorsqu'ils virent s'aiq[)rocher à leur rencontre , à travers cette épaisse atmosphère, un «corps de cavalerie d'un genre différent et plus régulier, pourvu d'armes ofiensives et défensives, et digne de servir de gardes-du-corps au plus superbe monarque de l'Orient. Chaque cheval de cette troupe, composée d'environ cinq cents hoomies, valait la rançon d'un comte. C'étaient des esclaves géorgiens et eircassieos dans la fleur de l'âge. Leurs casques et leurs hauberts étaient formés de mailles d'acier si polies qu'elles étincelaient eomme de l'argent; leurs vêtements étaient des plus éclatantes couleurs , et quelques uns même de drap d'or oii d'argent ; leurs ceintures étaient tissues d'or et de soie ; sur leurs riches turbans flottaient des plumes et étincelaient des pierreries , et la poignée