Le Talmud de Jérusalem;
Le présent volume mène le Icclcur jusqirà la moitié de la traduction du Talmud de Jérusalem, et même un |)cu au-delà. Arrivé à ce point, il est bon de s'arrêter un instant. C'est ainsi que dans le parcours d'une route longue et pénible, après avoir gravi le faîte d'une montagne, le voyageur aime à regarder en arrière, afin de puiser à cette vue le courage d'aller plus avant, de s'acheminer veis la fin.
Ce volume, le dernier de la 2' section mischnique, ou du séder moéd (des fôtesj, comprend 7 traités. Il est inutile de parler de leur ordre bizarre de succession, on pouriait dire : du manque d'ordre ; et il suffii'a de rappeler ce que dit à ce sujet la préface au t. V. Cet oi'dre, dans les éditions de la Mischnâ, est un peu ditférent de notre texte palestinien ; le voici : 1. Soucca (des Tentes) ; 2. Beça ^ ; 3. Rosch ha-schana (du nouvelan) ; A. Taanilh (des jeûnes) ; 5. Mcghilla (de la lecture du rouleau d'Estber) ; G. Moëd qalon (des petites fêtes); enfin 7. Haghiga (des sacrifices de fête).
Le contenu des traités est loin d'être suffisamment indique par ces titres : 1. La fête des Tentes, ou Tabernacles, est prescrite au Lévitique, XXII, 3o ; notre texte énumère et discute les préceptes concernant la Soucca et le Loulab, cérémonies essentielles à la dite solennité, dont l'une des plus curieuses est la libation joyeuse de l'eau, accomplie au dernier jour de fête. — 2. Les fêtes en général sont d'une sévérité presqu'égale à celle du Sabbat ; les lois rabbiniques de 1' « imprévu » sont exposées tout au long dans ce traité talmudique. — 3. Sous le second Temple, l'année religieuse commençait au l'i" Tisri ; le tr. du J\ouvel-an parle aussi d'autres sujets relatifs à cette périodicité, puis du Schofar, ou sonnerie du cor, et de maintes pratiques du culte. — 4. Le tr. Taanilh offre plusieurs récits curieux. Les jeûnes qui ont lieu en raison des calamités publiques, occupent la première place. — 5. La Mcghilla (rouleau d'Estber) est lue à la fête de Pourim ; outre les règles à ce sujet, on trouve celles relatives à d'autres lectures synagogales. — Le tr. des « petites fêtes » concerne spécialement les jours intermédiaires entre les premiers et les derniers de la fête de Pâques, ou de celle des Tentes ; le Talmud discute les us et coutumes à observer- en ces jours. — 7. Le traité Haghiga parle des fêtes dans leur ensemble, des sacrifices qui leur sont inhérents, et de la pureté qu'ils exigent.
Comme dans les précédents volumes, une grande partie est consacrée à énoncer les moindres prescriptions religieuses en leurs détails les plus minutieux; parfois l'exposé est naïf et a des crudités de langage (p. 150, 159, 189, 247). Mais à côté de ces pages peu récréatives, il y en a un grand nombre qui sont des plus intéressantes pour l'histoire; elles animent le sombre tableau de la dialectique, par une sorte de compromis fréquent entre la fable et la réalité. « Partout où il y a des hommes, dit M. Ed. Laboulaye, en tête de ses Coules bleus, il faut du merveilleux pour les consoler de la vie. » C'est plus que jamais indispensable dans le
1. On désigne ce traité, nommé aussi Yom-toh (fête), par le i^r i^^ot du texte : Deçà (littéral, œuf) ; ce mot seul suffisait pour indiquer le sujet, comme la scholastiqiie désigne p. ex. du mot NicomacheaV « Ethique » d'Aristote. 2. Quelquesuns sont difficiles à expliquer. Voir ma notice à ce sujet, dans la Gazette archéologique, an M], lh81-82, pp. 491-2.