CHAPITRE V
1. La musique instrumentale i était exécutée tantôt 5 jours, tantôt 6, car celte musique qui accompagnait la cérémonie du puisage de Teau ne pouvait l'emporter ni sur le i-epos sabbatique, ni morne sur celui des simples jours de l'ète (et si, sur les () jours de demi-i'ète, il y avait un samedi, il ne restait que 5 fois à exécuter cette cérémonie). On raconte que c'était une fête dont on ne pouvait se faire aucune idée si on ne Tavait pas vue et dont rien n'approchait en fait de réunion joyeuse \
Il résulte de la Mischnâ que la musique accompagnant le sacrifice supplémentaire l'emportera sur le repos sabbatique (et a lieu même le samedi). Cette Mischnâ donc doit être conforme à R. Yossé b. Juda, puisqu'il est dit ^ : la musique instrumentale qui accompagne le sacrifice devra être exécutée même le samedi, selon R. Yossé b. R. Juda ; mais selon les autres sages, elle ne l'emporte ni sur le sabbat, ni même sur les autres jours de fête. On a enseigné ailleurs'' : pendant 12 jours de Tannée, on entend résonner la flûte devant l'autel : au moment de regorgement de 1" sacrifice pascal, à celui de la seconde Pàque (en lyar), au i'"' jour de la fête de Pâques, au jour de la Pentecôte, et pendant les 8 jours de la fête des tabernacles. Or, il ne peut pas y avoir de huitaine sans samedi (c'est donc aussi contraire aux autres sages, d'après qui le repos sabbatique ne sera pas interrompu pour cela). R. Yossé a rapporté cette dernière observation, de confrontation avec l'avis de R. Yossé b. R. Juda, d'une façon anonyme; R. Yossé b. R. Aboun le dit au nom de R. Yohanan. D'après ces sages qui sont en discussion avec R. Yossé b. R." Juda, pourquoi l'instrument musical ne l'emporte-t-il pas sur le repos sabbatique? Parce qu'il n'y a pas d'allusion biblique indiquant le devoir de jouer de ces instruments. Mais n'est-il pas dit (1 Rois, 1, iO) : Et le peuple jouait, des flûtes etc.? Il s'agit seulement là d'une manifestation de joie en l'honneur de Salomon (qu^ venait d'être nommé roi). R. Yona au nom de R. Aba b. Mamal interprête le verset (Isaïe, XXX, 29) : voies cuirez tuie allégresse de cœur comme celle qua celui qui marche avec la flûte ; c'est-à-dire aussi longtemps que l'instrument est employé, on procède aussi à la récitation complète du chant du Hallel. R. Yossé b. R. Aboun au nom de R. Aba b. Mamal explique autrement pourquoi l'on procède â la lecture complète du Hallel les 7 jours : c'est conforme au renouvellement du précepte du loulab pour chacun des 7 jours. Pourquoi recourir à ces motifs, et ne pas se contenter de l'analogie avec l'exécution de la musique qui a lieu aux mêmes jours? C'est que cette dernière n'a lieu qu'à certains jours (ni le samedi, ni aux jours de fête), et la prise du loulab a lieu à jours fixes ;
i. Littéral. : ta flûte, et le commentaire de Maïmonide a de même '■ j^j^- 2. Cf. Clément Mullet, Les feux de S. Jean ou du soleil o^i^ks-. Dans Revue orientale, X, 1865, p. 95-107. 3. Tossefta à ce tr., ch. 4. 4. Mischnâ, tr. Erakhin, II, 3.
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Tun préfère tel objet, et l'autre tel autre objet ; voilà pourquoi on fait dépendre telle préférence de telle autre. De même, à Pentecôte pour la répartition des pains exposés ', on offre aux cohanim le pain azyme et le pain levé. L'un est d'avis de présenter l'azyme en premier lieu, parce que c'est le mode le plus fréquent dans l'office ; l'autre est d'avis de faire passer le pain levé avant l'azyme, parce qu'il est plus agréable et préféré.
R. Josué b. Levi dit que l'on nomme cet emplacement celui du puisage, parce que l'on y puise le souffle de l'esprit-saint, comme il est dit (ib. XII, ?>): vous puiserez de Veau avec joie aux sources du salut. — Un jour, comme R. Levi et R. Juda b. Nahman prenaient 2 selà pour faire assister le public à l'expose exégétique du samedi devant R. Yohanan 2, R. Levi monta à la tribune et démontra que Jonas, fils d'Amitaï, devait faire partie de la tribu d'Asscr, car il est dit (Juges I, 'di) : Asser n'a pas dépossédé (chassé) les habitants d'Acco, ni ceux de Sidon ; et il est dit (I, Rois, XVII, 9) : Va à Saropta qui est près de Sidon (cette dernière ville fait donc partie du territoire d'Asser, et il est de tradition que l'enfant ressuscité là par Elle était Jonas). A son tour R. Yohanan monta en chaire, pour expliquer que Jonas devait être de la tribu de Zabulon, comme il est dit (Josué, XIX, 10) : La Z" part échut par le sort aux enfants de Zabulon, selon leur famille ; et il est dit (de la frontière de ce dernier, ibid.) ; De là, elle passait à l'orient, vers le soleil levant à Guitta-Hephcr et à Itta-Qacin. Un autre samedi, R. Levi dit à son compagnon Juda bar Nahman do prendre pour lui les 2 selà et de se charger de faire entrer le public en présence de R. Yohanan; puis il monta et dit devant les assistants : R. Yohanan a bien expliqué ce qu'il a dit de Jonas, dont la mère en effet est Issue d'Asser ; mais le père est de la tribu de Zabulon. Sa jjlage atteindra Sidon, est-il dit de lui (Genèse, XLIX, 13); c'est-à-dire la côte qui en est issue sera de Sidon (allusion à l'extraction de Jonas). D'autre part, il est écrit (Jonas, I, 3): il descendit à Joppé; or, il eût suffi de dire (en raison de sa naissance dans la tribu d'Asser) qu'il descendit au port d'Acco, le plus proche (donc, la mention de Joppé fait allusion à l'origine paternelle, ou tribu de Zabulon). R. Yona dit que le prophète Jonas b. Amitaï a dû faire partie de ceux qui se rendaient au Temple de Jérusalem lors des 3 grandes fêtes ; il a assisté à la fête joyeuse du puisage de l'eau au moment des Tabernacles, et ainsi l'esprit saint est venu l'inspirer. Ceci prouve que l'esprit saint vient seulement résider auprès de celui qui a le cœur joyeux 3, puisqu'il est dit (II Rois, III, 15): et il arriva que lorsque le chanteur se mit à chanter, l'esprit divin reposa sur lui ; or, il n'est pas dit « lorsqu'il chantait ^ar ce qui chante » (par un instrument), mais « lorsque chantait ce qui fait chanter » (spontanément, ou la joie).
1. Cf ci-après, § 8. 2. Lequel invitait d'autres personnes à se charger de cet exposé. V. Rabba sur Genèse, ch. 98. 3. Cf B., tr. Sabbat, 30b; Pesalnm, 117. V. aussi J., Ir. Berakhôth, 1, 1 (t. I, p. 9).
42 TRAITÉ SOUCCA
On a enseigné que R. Juda dit : qui n'a pas vu la double galerie (Btx).-^ c-zoi) d'Alexandrie n'a rien vu de la splendeur d'Israël. C'était un palais très élevé (basilica), composé de galeries se trouvant l'une à l'intérieur de l'autre, contenant parfois un nombre de gens s'élevant au double des Israélites qui sortirent d'Egypte. 11 y avait 70 sièges (cathedra) d'or, garnis de perles et de pierres précieuses, à l'usage des 70 vieillards (membres du tribunal supérieur) ; et chacun d'eux était placé sur une base valant i'j myriades de dinars d'or (inestimable). Au milieu se trouvait une estrade de bois, sur laquelle se tenait l'officiant de la synagogue. Lorsque quelqu'un se levait pour faire la lecture publique de la Loi, le préposé au service (le président) agitait une étoffe (pour en donner avis aux plus éloignés), de façon que tous pussent répondre Amoi à la fois ; et pour chaque bénédiction récitée par l'officiant, le préposé agissait de même. Malgré cette foule de personnes, on n'était pas assis en désordre. Chaque groupe était formé à part des corporations distinctes d'ouvriers. Aussi, s'il arrivait des étrangers (^ev:-!), ils pouvaient s'adresser à des compagnons et trouver auprès d'eux du travail pour se subvenir i. Elle a été détruite par Trajan l'impie 2. On a enseigné que R. Simon b. Yohai dit 3; A 3 reprises, Israël a été averti de ne pas retourner en Egypte, puisqu'il a été dit (Exode, XIV, 13) : Comme vous avez vu l'Egypte aujourd'hui, vous ne la reverrez plus jamais ; puis (Deutéron. XVII, 16) : UEternel vous a dit que vous ne reviendrez plus jamais par ce chemin ; puis (ib. XXVIII, 68) : Dieu te ramènera en Egypte sur des vaisseaux. Trois fois, ils sont revenus; et chaque fois, c'était à leur détriment. Une l""" fois au temps de Sennacherib, roi d'Assyrie, comme il est dit (Isaïe, XXI, 1) : Malheur à ceux qui descendent en Egypte pour avoir dto secours ; et il est dit aussitôt après (ib. 3): U Egyptien nest qu'un homme, non vn Dieu, cl ses chevaux sont de chair, etc. Une autre fois, au temps de Johanan, fils de Qareah (Jérémic, XLII, 16) : et il arrivera que Vépée dont vous avez peur vous atteindra là, en Egypte. Enfin, (une 3" fois), au temps de Trajan * : 11 arriva qu'un fils lui naquit le 9 Ab, et à ce moment les Israélites jeûnaient ; sa fille mourut pendant la fête des Macchabées, et les Israélites allumaient précisément les lumières de la réjouissance. La femme du souverain romain (trompée par ces apparences fâcheuses) envoya à son mar.i et lui fit dire : au lieu de vaincre les barbares, viens soumettre les Juifs qui se révoltent contre toi. Il avait cru mettre dix jours de traversée maritime pour parvenir à Alexandrie; mais (poussés par un vent favorable), les vaisseaux arrivèrent en 5 jours. A son entrée en ville, il trouva les Israélites occupés à expliquer un verset biblique disant : Dieu élèvera contre toi un peuple de loin, des con-
l.Les Juifs d'Alexandrie s'occupaient de travaux manuels etd'art, dit M, Neubauer, Géographie, p. 407. 2. M. Derenbourg, Essai, etc., p. 410-12 et notes, démontre qu'il y a là une confusion de noms. V. Graetz, IV, 448. 3. V. Mekhilla sur l'Exode, XIV, 13 ; Rabba sur Esther, 1. 4. Rabba à Lament. I, 16, et IV, 19. Préface d'Abravanel au livre des Rois.
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fins de la ^crre (Deutér. XXVIII, 49). A quoi étiez-vous occupés, leurdemanda-t-il ? A ce verset (qu'ils lui récitèrent). C'est moi, dit Trajan, qui comptais venir au bout de dix jours et n'en ai mis que cinq (ce qui est une preuve d'intervention divine). Aussitôt, il les fit entourer de ses légions et tuer. Puis il livra les femmes à ses soldats, en les menaçant de la mort si elles ne voulaient pas prêter l'oreille. Ce que tu as fait à ceux qui sont déjà abattus, dirent-elles, fais-le à nous qui sommes encore debout. Et il mêla leur sang à celui de leurs maris ; et le sang traversant la mer coula jusqu'à Chypre ^ En ce moment, la corne (gloire) d'Israël se trouva coupée, et elle ne sera plus remise à sa place jusqu'au retour du Messie fils de David.
2. A l'issue (au soir) du 1" jour de la fête des tentes, on descendait au parvis des femmes, où l'on avait disposé un grand appareil de fête 2. Il y avait là des lustres d'or, et en tète de chacun d'eux des vases d'or; près de chaque lustre, 4 échelles étaient disposées, donnant accès à 4 enfants parmi les adolescents des cohanim, ayant en mains des cruches d'huile de 120 long, qu'ils répartissaient entre les vases '.
R. Josué b. Hanania dit : pendant tous les jours de la fête des eaux, les officiants ne goûtaient pas un instant de sommeil. D'abord, on allait servir le sacrifice quotidien du malin ; de !à, on se rendait aux occupations que nécessitait le sacrifice supplémentaire ; puis on s'occupait des offrandes et des vœux, puis on allait manger et boire. Ensuite, on allait étudier la Loi, puis on s'occupait du sacrifice quotidien du soir; enfin, on se rendait à la célébration de la fête des eaux. — Quant à la privation de sommeil, n'est-il pas dit que celui qui prêterait serment de ne pas dormir pendant 3 jours subira la peine des coups de lanière pour faux serment, vu l'impossibilité de rester aussi longtemps éveillé? En effet, ils s'assoupissaient, mais ne se couchaient pas. — En quoi consistait la « disposition d'un grand appareil de fête? » En une séparation entre l'emplasement des hommes et la galerie réservée aux femmes. C'est ainsi qu'il a été enseigné ailleurs* : En principe, le mur avait été uni, puis on l'a entouré d'un balcon (i^cocjxrjp) ; les femmes voyaient la cérémonie d'en haut, et les hommes se tenaient au bas, de façon qu'il n'y avait pas de mélange des sexes. Cette bonne mesure a été apprise des termes de la Loi, disant (Zakharie, XII, 12) : Le pai/s sera en deuil, chaque famille sépament, etc., les femmes à part. Il y a 2 manières différentes d'expliquer ce verset : d'après un avis, le prophète déplore la mort future du Messie ; d'après l'autre, il s'agit de la ruine du mauvais penchant (désormais vaincu). Le premier le justifie ainsi : si pendant le deuil la Loi prescrit de placer séparément les hommes, et les femmes à part; à plus forte raison devra-t-il en être ainsi au moment d'une réjouissance. Celui qui professe l'autre avis le justifie comme
i. Il y a là une corrélation de souvenirs de deux faits contemporains; idid., p. 411. 2. l^robablenieut une balustrade. 3. Pour ce § et les suiv., voir le rituel de l'of-
fice du 8« soir de Soukkotk. 4. Tr. Middotli, II, 5.
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suit : Si, lorsqu'il n'y a plus de mauvais penchant, les hommes doivent être séparés des femmes ; à plus forte raison la séparation est-elle exigible lorsque le mauvais penchant n'est pas encore vaincu.
« Il y avait des lustres d'or », dit la Mischnâ. Selon Bar Kappara, ils avaient une hauteur de cent coudées. Mais n'a-t-on pas enseigné que tout meuble ayant une hauteur de cent coudées devra avoir un soubassement (basis) de 33 coudées 1/3 (ou le tiers du total) pour lui servir d'appui ; or, les échelles dont il est question là, devaient occuper un tel espace de chaque côté (soit ensemble 66 coudées 2/3 carrées) ; comment donc s'expliquer l'avis de la Mischnâ disant ' : « Toute la longueur du parvis ne dépassait pas 187 coudées, et la largeur n'avait que 135 coudées »? (comment accorder cet avis avec celui d'ici?) En effet, ful-il répondu, on trouve un enseignement disant que ces lustres étaient placés par un miracle inexplicable. — Est-ce que « \es iîiO lougs » dont parle la Mischnâ forment le total de ce que les jeunes prêtres avaient en main, ou chacun d'eux avait-il autant ? (Question non résolue).
3. On roulait en forme do mèche des chiffons provenant des caleçons et des ceintures des sacerdoles^ , et l'on s'en sei'vait poui' allumer les lumières. Il ne restait pas une cour à Jérusalem qui n'ait sa clarté provenant des lumières de la fête des eaux.
On a enseigné : on utilisait les morceaux d'étoffe des caleçons du grandprêtre pour allumer les lustres à l'intérieur (en raison de la finesse de l'étoffe), et ceux provenant des prêtres ordinaires, pour allumer au dehors. R. Samuel b. R. Isaac dit : de l'expression afin d'alimenter (élever) les lampes en permanence (Exode, XXVII, 20), on déduit qu'il faut choisir de préférence un combustible dont la flamme s'élève droit 3, à savoir le lin (non le coton). Pour la préparation (dont parle la Mischnâ), on effilait les dites étoffes. — La clarté de la fête des eaux, est-il dit, se répandait dans toutes les cours de Jérusalem. De même on a enseigné que les femmes peuvent trier le froment à la lumière des bûches qui brûlent sur l'autel. Mais n'est-ce pas une prévarication de profiter ainsi du sanctuaire ? Non, fut-il répondu, car, selon R. Josué b. Levy, le profit tiré de l'odeur, ou de la vue, ou du son, ne constitue pas une prévarication. Jusqu'à Jéricho, on percevait six sons divers * : 1° on y percevait le bruit de l'ouverture de la grande porte ; 2" on y entendait le son de l'instrument musical'' Magréfa (? orgue); 3" on y entendait battre le bois érigé par Ben Qatin comme piédestal du bassin; 4° on entendait la voix du [chef appelant les officiants au service du culte ^; 5" le son de la flûte du Temple. 6" celui des cymbales. Selon d'autres, on y entendait même la voix du grandprêtre, lorsqu'au jour du grand pardon il prononçait le tétragramme divin, et
1. Ibid., V, 1. 2. V. tr. Yôma, VII, 3 (t. V, p. 24i). 3. Cf. B., tr. Sabbat, 2Ia. 4. B., tr. Pesahim, 26»; cf. Neubauer, Gcogr., p. 1G2. 5. Mischnâ, tr. Tamid. III, 8; cf. VIII, G. 6. Tr. Schcqallm, V, 2 (t. V, p. 294).
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enfin on pouvait y sentir l'odeur de l'encens brûlé au temple en ce jour, n. Eléazar b. Dalgo raconte que son père avait des boucs sur les monts Akhwar qui élernuaient par l'odeur de l'encens (l'odeur se répandait si loin).
4. Les gens pieux et pratiquants dansaient devant eux avec des torches à la main et récitaient devant eux des cantiques et louanges au Seigneur. Les lévites munis de harpes, de lyres, de cymbales, et de toutes sortes d'instruments de musique sans nombre, étaient placés sur les 15 dcgi'és qui mènent du parvis des simples Israélites à celui des femmes. C'est conforme aux 15 psaumes des degrés^ C'est là que les lévites se tenaient toujours pour le chant (tandis que pour le sacrifice ils chantaient auprès de l'autel).
« Les gens pieux et de pratique », est-il dit. Des uns 2, on disait : heureuse sa jeunesse qui ne fait pas honte à sa vieillesse ; ce sont les gens pratiquant le bien. D'autres on dit : heureuse leur vieillesse, qui rachète leur jeunesse ; ce sont les gens de repentir. Les uns et les autres disaient ; heureux celui qui n'a pas péché, et qu'à celui qui a péché il soit pardonné. — Lorsque Ilillel l'anciea voyait passer les gens pieux se livrant aux danses religieuses avec fougue, il leur disait : « Que nous soyons ici, qu'importe; Dieu a-t-il besoin de louanges? » N'est-il pas écrit (Daniel, VII, 10) : des milliers le servent, et des myriades d'anges se tiennent devant lui. Lorsqu'il les voyait danser avec mesure, il leur disait : « Si nous n'y étions ,pas, qui y serait? Car certes bien des louanges montent vers lui ; mais les louanges d'Israël lui sont plus chères que toutes les autres^, comme il est dit (11 Sam. XXIII, i, et Ps. XXII, 4) : Les chants d'Israël sont agréables. Tu résides au milieu des louanges d'Israël.» Ben-Yoçadaq se vantait des sauts merveilleux qu'il faisait à ce moment de fête. On raconte de R. Simon b. Lakisch qu'il dansait en remuant 8 torchères d'or à la fois, sans que l'une touche à l'autre (en jonglant). Il pliait les genoux, se renversait soutenu sur ses pouces, et rebondissait aussitôt en se redressant. H y a une distinction entre la génuflexion et le prosternement ^ : Fi. Ijiya le grand, en montrant à Rabbi la première manière de se courber, est devenu boiteux, puis il a été guéri; tandis que Levi b. Sissi, en montrant le second procédé, est resté boiteux incurable. Il est écrit (II Sam. VI, "iO) : David s'en retourna pour bénir sa maison, et Mikhal, fille de Saiil, sortit à sa rencontre, etc. Par gens vils, dit Aba b. Cahana"', on entend un op/rjcrr^.; (danseur). Aujourd'hui, dit-elle, l'honneur (la honte) de la maison de mon père a été découverte. Dès lors, fut-il dit de la maison de Saiil, on ne vit plus à découvert ni un talon, ni un orteil. C'est ainsi qu'il est dit (1 Sam., XXIV, 4) .• // arriva aux parcs de bre-
1. Ps. -150 à 134. 2. Tossefta à ce Ir., cli. 4. 3. Cf. Derenbourg, E.-isai, etc. p. 189. 4. Reproduit de J., tr. Berakluilh, I, y (t. I, p, 21) ; Cf. Rabba à Genèse, ch. 39. b. h, U\ ^iijnhcdrin, II, 4; Bamidbar Rabba, ch. 4; Agoudath Samuel) ch. 23.
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his, situés sur la route, où se trouvait une f/rotlc. Ce pluriel, dit R. Aboun au nom de R. Eliézer, indique qu'il s'agit d'une haie placée derrière une autre *. Saill s'i/ rendit pour remplir un besoin (ib.), David voyait Saûl relever un peu ses vêtements et aussitôt les baisser successivement ; il dit : comment oserai-je toucher (frapper) le corps d'un tel juste? Aussi, il s'écria (ib. H) : Voici qu'en ee jour tes yeux ont vu qu'en ce moment tu étais livré entre mes mains dans la grotte, pouvant te tuer. Elle fa épargné, est-il dit, et non je t'épargnai: c'est ta tenue modeste qui t'a sauvé. Puis (II R. VI, 21-22) : David répondit à Mikhal : c'est devant l'Eternel, qui m'a, préféré à ton père que j'ai dansé ; je veux paraître encore plus vil que cela et m'abaisser à mes yeux; néanmoins je serai en honneur auprès des servantes dont tu parles, terme qu'il faut entendre dans le sens, non de servantes, mais de mères (en relations décentes). Quant à elle, elle fut punie (ib. 23) : et Mikal, fille de Saûl, n'eut point d'enfant jusqu'au jour de sa mort. Mais n'est-il pas dit (I Chron., Ill, 3) : le 6" (fils de David) était Ithréa'm, d'Egla sa femme ; elle en eut donc ? C'est pour avoir vêlé comme une génisse (Egla) et être morte en mettant un enfant au monde-, qu'elle a reçu le nom d'Egla (il est donc vrai que son enfant vint au monde le jour de sa mort).
5. Deux prêtres se tenaient à la porte supérieure^ qui mène (en descendant) du parvis des simples Israélites, à celui des femmes, ayant 2 trompettes en mains, k. l'appel du crieur, ils sonnaient un coup rapide, un autre plus long, puis un 3'^ coup rapide. En arrivant au 40" degré, ils recommençaient autant de sonneries. Arrivés au parvis, ils les renouvelaient, et ils continuaient ainsi jusqu'au moment de parvenir à la porte donnant accès par TEst. Parvenus à ce dernier point, ils se tournaient vers l'Ouest et disaient : « nos ancêtres ont du se tenir à cette place, selon ces mots (Ezéchiel, Vlll, IG) : Ils tournaient le dos au sanctuaire divin, ayant la face vers l'Est, et ils se prosternaient à l'Orient, devant le Soleil, tandis que nous adorons Dieu, et nos yeux sont tournés vers lui. » R. Juda dit que cette dernière formule devait être récitée deux fois.
Rab dit (au sujet du crieur) devant l'école de R. Schila qu'il faut traduire l'expression mischnique « l'appel de l'homme 3» par les cris officiels (appelant au service). On entend aussi par là, lui dit-on, le cri du coq. C'est Den-Gaber qu'il est dit, répliqua-t-il ; or, on ne peut pas confondre ce nom avec celui de Ben-Tarnegol ; il s'agit donc de la voix de l'homme (gueber). R. Jérémie demanda : le lO*' degré dont parle la Mischnâ est-il compté du haut, ou du bas (soit la 5" en partant d'en haut, sur 15)? (question non résolue). R. Hiya b. Aba dit : de l'expression irrégulière ils se prosternaient (où la lettre n est
1. Ou : place très retirée. Cf. B., tr. Berakhôth, Q& (t. T, p. 497). 2. B., tr. Synhédrin, 21»; Rabba sur Genèse, eh. 82. 3, Cf. Misclina, tr. Yôma, I, 8; J.^ tr. Scheqalim, V, 1 (t. V, p. 294).
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superflue), on déduit qu'une double génuflexion avait lieu à tort au Temple, l'une vers le soleil, l'autre vers le sanctuaire. R. Aba b. Cahana explique ainsi le verset (Jérémie, II, 13): car il a commis deux méfaits envers moi etc. ; en réalité, ils ont commis plus de 2 méfaits, et plus de mille, mais le prophète leur reproche deux mauvaises actions commises du même coup, savoir de s'être prosternés devant le soleil, en tournant le dos au sanctuaire.
G (5). Au temple, on sonnait au minimum 21 coups et au maximum 48. Ainsi, aux jours ordinaires, il en fallait 21, savoir 3 sonneries pour ouvrir les portes, 0 pour le sacrifice quotidien du matin, et autant pour celui du soir. Pour les sacrifices supplémentaires, on en ajoutait 9; et le vendredi il y avait encore 0 sonneries de plus, dont 3 pour avertir le peuple de cesser les travaux, et 3 autres coups pour établir la distinction entre les jours profanes et le sabbat. Donc, en un vendredi qui coïncidait avec la fête des tentes, il y avait 48 sonneries, savoir 3 pour ouvrir les portes, 3 pour la porte supérieure, 3 pour la porte inférieure, 3 pour puiser de l'eau, 3 pour la verser sur l'autel, 9 pour le sacrifice quotidien du matin, autant pour celui du soir, 9 pour les sacrifices supplémentaires, 3 pour aviser le peuple de cesser les travaux, et 3 pour distinguer entre la semaine et le sabbat.
On a enseigné : le nombre des sonneries n'est pas inférieur à 7, ni supérieur à IG. C'est que, d'après cet avis, les 3 sonneries successives (un coup long entre 2 courts) n'en forment qu'une ; tandis que l'interlocuteur de la Mischnù les compte chacune séparément. Ainsi, l'on trouve exprimée l'opinion disant qu'il fallait 3 sonneries pour chaque prostcrnement^; et selon R. Juda'*, ilen fallait autant pour chaque chapitre du chant (équivalent aux prosternements). En disant qu'il y aura 9 sonneries pour le 10^ degré, ne tient-on pas compte du reste? C'est que celui qui tient compte de l'opération sur l'autel ne prescrit pas celle du 10® degré, ou à l'inverse. Ceci prouve, dit R. Zeira, que les sonneries avaient seulement lieu au moment des libations d'eau ; car, si c'était même pour puiser l'eau, on dirait qu'il en faut 3 pour puiser l'eau du jour, et autant pour puiser celle du lendemain. Si l'on compte 9 sonneries pour les suppléments, pourquoi ne pas tenir compte d'autres semblables, telles que 9 pour les suppléments du sabbat, ou pour ceux de la néoraénie, ou pour ceux du jour du nouvel an? Ce n'est pas à dire, fut-il expliqué, que le terme explétif ils sonneront (^ombres, X, 8) implique la sonnerie pour chaque sacrifice supplémentaire; car les rabbins de Césarée disent au nom de R. Jacob b. Aha que, tout en admettant la déduction de ce terme, elle est seulement applicable à la solennité, celle-ci exigeant un supplément de sonnerie, non à chaque sacrifice.
"1. Aux intervalles entre un chap, et l'autre, ou se prosternait. 2. Son opinion quant au fond, était la même.
48 TRAITE SOUCCA
R. Hiya b. Aba dit que la harpe cl la lyre se ressemblent; seulement, l'une a plus de cordes quel'autrc^. Selon lui aussi, le premier se nomme nebel, parce qu'il fait pâlir (laban) par sa supériorité bien d'autres instruments de musique. Selon Houna au nom de R. Joseph, sa supériorité consiste en ce que cet instrument se compose d'une peau non tannée, sur laquelle on tend beaucoup de cordes. R. Simon b. Lakisch dit : l'instrument nommé ougab (dans les psaumes) est l'oopauXtç ^. Ce docteur a enseigné que ce dernier instrument n'était pas présent à Jérusalem, parce qu'il pouvait troubler le bon ton. La flûte du Temple provenait de Moïse; c'était un jonc percé. Lorsqu'elle fut brisée et qu'il fallut la réparer, le son avait perdu de sa l" intonation agréable ; mais, au bout d'un certain temps, lorsqu'on la reprit, elle avait de nouveau le son primitif. Les cymbales au Temple provenaient aussi de Moïse; elles étaient en cuivre. Lorsqu'elles furent brisées, puis réparées, elles commencèrent par perdre leur beau son primitif, puis elles le reconquirent. De même, le mortier du Temple, servant à la confection de l'encens, provenait de Moïse, et était en cuivre ; lorsqu'il fut brisé, puis réparé, il ne parfumait plus avec la môme intensité ; mais il reconquit cette qualité au bout d'un espace de temps. Voilà les 2 ustensiles qui ont été brisés pendant l'existence du 1" Temple et n'ont pas été soumis à une réparation. C'est de tels objets en cuivre qu'il a été dit (II Chron. IV, 1(J, I Rois, VII, 16): d'airain poli; puis (Ezra, VIII, 27) : deux vases d'un bel airain poli, aussi précieux que Vor. Il y a 2 explications différentes à ce sujet : d'après l'une, un seul de ces vases pesait autant que son poids équivalent en or; d'après l'autre, les deux avaient une valeur équivalente à leur poids en or. R. Simon b. Gamaliel dit : à sa source, le Siloé donnait un débit d'eau de la grandeur d'un assarion (toute petite pièce de monnaie). Nous allons l'élargir, dit-on ; mais, une fois l'opération faite, le débit d'eau diminua. On en reboucha l'accès, et l'eau revint à son cours primitif. — Rab et Samuel diffèrent au sujet de la Magréja (? orgue) qui était au Temple 3 : d'après l'un, elle était pourvue de dix trous, et par chacun d'eux on obtenait cent sons différents. D'après l'autre, il y avait cent trous, dont chacun donnait dix sons. L'un comme l'autre donne le total de mille. — ''*■.
7 (6). Au !"■ jour de la fête des Tabernacles, les ofTrandes des 13 taureaux, 2 béliers et un bouc, étaient servies par 16 escouades de sacerdotes^; restaient 14 boucs offerts par les 8 escouades de reste. Au l^'jour 6 escouades servaient chacune 2 (=i2), plus un bouc par chacune des
1. Sauf des nuances, cette analogie est fondée. V. Graetz, dans Monatschrift fur ges. u. IFiss. d. Judent., an 1881, n" G. 2. Ou orgue. Les commentaires le traduisent par le mot vieux-français Eskelette (cliquettes) ; ce qui diffère de Torgue du tout au tout. 3. Le Talmud Babli, tr. Erakhin, lOi» et 11» (que Fétis, Histoire de la musique, I, 400, cite assez mal), diffère un peu. 4. Suit un passage reproduit dn tr. Sclieqaiim, V, 6 (t. "V, p. 322) 5. Ils arrivaient fous pour les offices de la
tête, formant 24 escouades.
tRAITÉ SOUGCA 49
^ dernières escouades; au 2" jour (où commençait la diminution du nombre des taureaux), 5 escouades ofïraient chacune 2 boucs (=10), et il restait 4- boucs pour les 4' dcrn.; au S" jour, 4 offraient 2 boucs (=8), et il restait 0 boucs pour les G dernières : au A" jour, 3 offraient 2 boucs (=6), et il restait 8 boucs pour les 8 dernières; au Séjour, 2 offraient 2 boucs (=4), et il restait 10 boucs pour les 10 dernières; au 6" jour, l'une offrait 2 boucs, et les autres chacune un bouc. Enfin, au 7® jour, toutes les \A escouades offraient le même nombre d'un seul bouc (en ce jour, on n'avait plus à offrir que 7 taureaux etc., soit pour 10 escouades). Au 8° jour (où il n'y avait plus à. offrir qu'un taureau, un béher et 7 boucs), on recommençait à tirer au sort pour les autres fêtes*, en disant que ceux qui auront des taureaux à offrir en ce jour n'auront pas ce service le lendemain, et l'on fait le tour (on alternera).
On a enseigné : à toutes les escouades sacerdotales qui étaient de service au Temple, il arrivait 2 et 3 fois d'offrir des taureaux, sauf qu'aux deux dernières cela arrivait seulement 2 fois, non 3 fois. R. Eliézer demanda : est-ce qu'à la fête suivante (à Pâques), le service recommençait par ces dernières (sans tirer au sort) ? On peut y répondre, dit R. Yossa par notre Mischnâ, qui dit : « au 8^ jour, on recommençait le tirage au sort comme pour les autres fêles. » On voit donc qu'à chacune d'elles on recommençait. En effet, celle question a seulement été posée si l'on adopte l'avis conlraire de R. Nathan, qui dit : au Séjour on ne tirait pas le sort pour les services. R. Yohanan ajoute à ce propos : ce 8° jour de la fête des Tabernacles constitue une fête à part; on y lire au sort à part ; on la bénit spécialement, et elle a ses sacrifices parliculiers. Pour la particularité de la fête, on le sait de ce que R. Abin observe au nom de R. Aha qu'à l'égiird de tous les autres jours de cette fête, le texte biblique dit: « et au jour » (Nombres, XXIX, 17-32), tandis que pour le 8" seul, il est dit : nu jour (ib. 35), pour le spécialiser. Pour le sort, on le sait, comme R. Yossa vient de le déduire de notre Mischnâ; pour la bénédiction, on a l'avis de R. lia, qui la prescrit. Enfin les sacrifices étaient réduits ce jour à un seul taureau et un bélier.
8 (7). A 3 époques de l'année, aux grandes fêtes, toutes les 24 escouades étaient traitées en égales pour la réception des parts d'offrandes de fêtes qui leur revenaient, et pour la distribution des pains de proposition. Si la Pentecôte survenait un samedi, au moment de répartir les 2 pains exposés, avec levain, et les 6 pains azymes, le distributeur dit à chacun : Voici de l'azyme, et voici du pain levé. La section hebdomadaire, qui est en son temps de service à l'arrivée d'une fête, offre les sacrifices quotidiens, les vœux et les présents, ainsi que les sacrifices publics avec