‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 13 sur 277 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

1-2. A quatre époques diverses de l'année, celle-ci est supposée commencer, savoir : au i"' Nissan, c'est le nouvel-an pour les règnes^ et les fêtes ^j au l*"" Eloul, commence l'année pour la dime des animaux^; selon R. Eliézer et R. Simon, cette dernière a lieu au 1" Tisri. A cette môme date, c'est le nouvel-an pour l'année civile, les années de repos agraire (la 7" de la période septennale), les jubilés, les nouveaux plants, les légumes verts. Enfin, le 1" Shebat est le nouvel-an des arbres, selon l'école de Schammaï ; mais, selon l'école de Hillel, c'est seulement le 15 Shebat.

Il est dit du mois de Nissan (Exode, XII, 2)': ce mois est pour vous le premier des mois, c'esl-à-dire il le sera, pour vous, non pour le reste de l'annuité, ni pour le repos agraire, ni pour le jubilé, ni pour les nouveaux plants, ni pour les légumes verts. Mais pourquoi l'exclusion comprise dans l'expression pour vous n'est-elle pas applicable aussi aux règnes et aux fêtes? On le sait, répond R. Jacob b. Aha ou R. Yossa au nom de R. Yohanan, de ce qu'il est écrit (II Chron., Ill, 2) : // commença à édifier au second mois, le deuxième. Van IV de son règne ; la répétition superflue du nombre second vise la corrélation entre Van IV de son règne et le second mois; comme ce dernier est compté d'ordinaire après le mois de Nissan, de même le second de « l'an IV de son règne » sera aussi compté à partir dudit Nissan (ce qui constitue la règle de la fixation habituelle de l'an royal). L'expression le deuxième ne saurait se rapporter au quantième du mois ; car, en ce cas, il est toujours d'usage d'y joindre le terme mois, et il n'est pas question là du second jour de la semaine, car l'on ne trouve pas d'exemple de ce genre dans la Bible. Cependant, n'est-il pas dit (Genèse, I, 8) : // fut soir, il fut matin, le second jour ? On ne peut rien inférer du récit de la Création. Des deux termes seconds employés au verset précédent, lequel est applicable au mois, et lequel l'est à l'année du règne ? R. Hanania et R. Mena donnent deux réponses diverses à ce sujet : d'après l'un, la première expression second dudit verset est relative au mois, la seconde l'est à l'année ; d'après l'autre, sans souci de l'ordre relatif, il importe peu que les termes soient renversés. R. Simon b. Carsena au nom de R. Aha déduit la fixation en Nissan du nouvel an pour les règnes et

1. Le roi ne fût-il monté sur le trône qu'un ou 2 mois auparavant, au l»"" Nissan commencera la 2« année de ce règne. 2. La fête qui survient en ce mois sera la Ire de la périodicité des fêles pour les obligations religieuses qu'elles comportent. 3. Pour la supputation des comptes à ce sujet, V. tr. Scheqalim, III, i (t. V, p. 276).

TRAITÉ ROSGH HA-SGIIANA 53

les fêtes, de ce qu'il est dit (Exode, XII, 2) : Ce mois est pour vous le premier etc. ; la première partie du verset est une exclusion, et de mênic la seconde. Or, lorsque deux exclusions se suivent, elles équivalent à une extension ', applicable ici aux règnes et aux fêtes. Pourquoi ne pas appliquer aussi cette extension à ce que le même nouvel an implique le commencement de l'année pour le repos agraire, les jubilés, les nouveaux plants, les légumes verts? Parce qu'en cela il adopte ce que déduit R. Jacob b. Aha ou R. Yassa au nom de R. Yohanan, de ce qu'il est dit : // commença à édifier au second mois, le deuxième, l'an IV de son règne; il y a corrélation entre l'an IV de son règne et le second mois ; et comme ce dernier se trouve toujours suivre Nissan, il en sera de même du second de l'an IV de son règne. R. Yôna ou R. Isaac b. Nahman dit aussi au nom de R. Hiya b. Joseph : le premier des deux termes second (de ce verset) est applicable au mois habituel, et l'autre terme à l'annuité ; de plus, l'expression l'an IV de son règne vise la corrélation entre cette dernière date et celle du second mois ; or, comme ce dernier suit Nissan, il en sera de même pour le second de l'an IV de son règne.

On a enseigné que Samuel professe un autre avis. Il le déduit de ce qu'il est dit (ib XIX, 1) : Au 3^ mois depuis le départ des enfants d'Israël du pays d'Egypte. Par la première expression, on voit l'usage de compter les mois depuis la sortie d'Egypte '^ ; outre les mois, on le sait pour les années, de ce qu'il est dit (Nombres, IX, 1) : L'Éternel parla à Moïse au désert du Sinaï, la seconde année. Ceci eut lieu non-seulement à cette époque, mais encore plus tard, comme il est dit (ib. XXXllI, 38) : la iO*" année du départ des eufants d'Israël de l'Egypte. Cet usage enfin fut transmis aux autres générations, comme il est dit (l Rois, VI, 1) : Van 480 du départ d'Israël de l'Egypte etc. Une fois le temple édifié, ce fait servit de point de départ à un nouveau comput, selon ce verset (ib. IX, 10) : Au bout de 20 ans depuis l'édification des deux Temples par Salomon, etc. Lorsqu'enfinon ne pouvait plus compter de l'édification du Temple, parce qu'il était détruit, on prit comme point de départ sa destruction, selon ces mots (Ezéchiel, XL, 1) : l'an 25 de notre exil, au commencement de l'année, le dix du mois. Lorsque les Israélites ne purent plus compter d'après des faits de leur propre histoire, ils adoptèrent ceux de règnes étrangers, comme il est dit(Haggée, I, 1) ; l'an H de Darius,ou (Daniel, X, 1): l'an III de Cyrus, roi de la Perse. Malgré ces divers computs, on a maintenu la déduction faite du verset précité: il commença à édifier au second mois, le deuxième, l'an IV de son régné, visant la corrélation entre l'an IV de son règne et le second mois; comme ce dernier suit Nissan, il en sera de même du deuxième de l'an IV de son règne. Selon R. Éliézer au nom de R. Ilanina, on adopte aussi à titre de commencement de l'année pour les règnes des rois pa'iens, le mois de Nissan, puisqu'il est dit (Haggée,

\. Gomme 2 négations valent une affirmation. 2. Cf. Mekhilta, section Ithro,

Page 1