‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 243 sur 277 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

1er dans une langue quelconque qu'elle comprend ; tel est l'avis deR. Yoschia*. R. Jonathan lui fil observer que cela va sans dire, car si la femme ne comprend pas le prêtre, elle ne saurait répondre amen à ses paroles 2; ce texte biblique a donc un autre but, celui d'indiquer que le prêlrc ne devra pas lui parler par l'intermédiaire d'un interprète, mais directement R. Yohanan au nom de R. Eléazar b. R. Simon dit ^ ; On ne trouve pas dans la Bible que la Providence ait parlé à une femme, sauf à Sara (Genèse, XVIII, 15). Mais n'estil pas déjà dit auparavant (ibid.. Ill, 16) : A la femme Dieu dit : J'augmenterai tes souffrances! Il lui parla, répondit R. Jacob du village de Hanin, par l'intermédiaire d'un ange. N'est-il pas dit aussi (de Rebecca, ibid., XXV, 23): L'éternel lui dif.llya deux nations dans tes entrailles'? Cette parole divine, répondit R. Aba b. Cahana, tomba pour ainsi dire vers elle (lui arriva aussi indirectement). R. Bivi dit*: à combien de détours Dieu dut recourir avant de parler avec Sara! C'est une preuve qu'il se plaît à suivre la conversation des femmes justes ("comme celle qu'elle avait avec Abraham), et finalement (ibid., XVIII, 15) : IL dit : au contraire, tu as ri.

C'est permis aussi pour « la confession à réciter en offrant la troisième dîme », puisqu'il est écrit (Deutéron., XXVI, 1 i) : tu répondras et tu diras, quelle que soit la langue employée pour répondre. « Pour la récitation de la lecture liturgique du Schema », où se trouvent ces mots (ibid. VI, 7) : tu en parleras (n'importe comment). Selon moi, dit Rabbi, cette lecture liturgique du schema devra être faite dans la langue sainte seulement (en hébreu), en raison de ce qu'il est écrit (ibid. 6) : ces paroles seront (elles devront rester, sans changement). R. Levi bar Heitha étant allé à Césarée entendit, d'après les voix, que l'on récitait le schema en grec ^, kWr^r.G-i. I! avait voulu les en détourner (selon l'avis de Rabbi). Mais R. Yossé l'ayant appris, se montra fort irrité de ce projet et s'écria : Ai~je dit que si l'on ne sait pas lire l'hébreu, il vaudrait mieux ne pas faire du tout celte lecture? En réalité, ce devoir liturgique pourra être rempli à l'aide de toute langue que l'on comprend. Mais, objecta R. Berakhia, n'esl-il pas admis pour la lecture du livre d'Esther (à la fêle de Pourim) que si l'on sait également faire celte lecture, soit en hébreu, soit en une langue étrangère, le devoir ne sera accompli qu'en ayant fait la lecture dans le texte hébreu? Là c'est différent, répond R. Mena, comme on suppose quelqu'un sachant lire le livre d'Esther, aussi bien dans le texte hébreu qu'en une langue étrangère", il faut absolument recourir à la lecture officielle en hébreu ; mais celui qui comprend seulement la langue étrangère remplira son devoir en se servant de cette dernière. De même, il est admis en

1. Cf. Siffri, section Nasso, § 12. 2. V. ci-dessus, II, 5. 3. Rabba à Genèse, ch. 20 ; sur Pacuanes, ch. 9. 4. Même Midrasch, chap. 45 et 48. 5. Cf. Al. Harkavy, Die Juden u. die slawisc/ien Spracken, pp. 11-12. Selon le témoignage du Dr Czacki, les Juifs de l'ologno ont d'abord prié en polonais. Cf. Claczko, Erekk Tephilla (Wilna, 1869, iR-12), p. 37. G. Cf. J., tr. Mcghilla, II, 1 (t. VI, p. 229).

général que l'on peut employer lilurgiqucment toute langue que l'on comprend, soit pour réciter la prière 'Amlda, de façon à se rendre compte de l'expression de ses besoins, soit pour dire Vaction de grâces après le repas, pour que l'on sache à qui s'adresse la bénédiction.

« Le serment de témoignage et le serment de dépôt » devront être prêtés dans la langue que comprend celui qui l'émet. Si on leur a fait un tel serment dans une langue qu'ils ne comprennent pas et sur lequel ils répondent Amen, cette affirmation est non avenue (nulle). Mais n'a-t-il pas été enseigné * : Le serment imposé par voie juridique sera énoncé d'après la pensée de celui qui le défère, non d'après celui qui le prête 2 ; qu'importe alors que ce dernier comprenne, ou non ? Non, répond R. Juda, on présume que la pensée de celui qui défère le serment est connue par celui qui le prête ; pourtant, on lui spécifie la condition qu'il le prête d'après la pensée de celui qui défère le serment, pour que les ignorants, iS-.wxai, ne puissent pas arguer qu'il y avait des conditions cachées ^, ou sous-entendues (en fait, il faut savoir sur quoi l'on jure). Mais, observa R, Hanania devant R. Mena, n'est-il pas écrit (Deutéron. XXIX, 14) : Elles s' adressent aussi à ceux qui sont là avec nous, aujourd'hui et à ceux qui n'y sont pas, et comment. déduire de ce verset qu'il faut expliquer dans quelle pensée le sermon est déféré ? C'est que Moïse semble s'exprimer ainsi envers Israël : « Les générations avenir après nous (non présentes) n'ont pas de condition dans leur cœur » (n'ont pas de pensée spéciale, contraire ; de même, je vous adjure d'écarter vos pensées, de n'adopter que celles de Dieu).

2. Les passages suivants devront être récités en langue sainte seulement : les versets dits en offrant les prémices au Temple (Deutéron. XXVI,5) ou à la céi'émonie du déchaussement, la série de bénédictions et malédictions (aux monts Ebal et Garizim, Deutéron. XI, :29), la bénédiction sacerdotale (Nombres, VI,2o-27), les bénédictions dites par le grand-prêtre à l'office du ^/;)/30Mr(ci-après, § 7), le passage que doit lire le roi en public (§ 8), ce qu'il y a à dire en rompant le cou de la génisse pour homicide dont le meurtrier est inconnu (Deut. XXI, 1), enfin l'admonestation du grand-prêtre oint pour la guerre, lorsqu'il s'adresse au peuple (ibid. XX, 2).

(3). C'est prouvé pour le passage relatif à l'offrande des prémices, comme il est dit (Deutéron. XXVI, 5) : tu répondras et tu diras devant l'Eternel ton Dieu ; et plus loin il est dit (ib. XXVII, 14) : les lévites répondront et diront à tout Israël à haute voix ; or, comme cette réponse et cette diction se font nécessairement en hébreu, il en sera de même du précédent passage.

1. Cf. tr. Schebouoth, VI, 1. 2. Cf. J., Ir. Nedarim, III, 1 (f. 37^). 3. Cf. tr. Nazir, VIII, 1 ; tr. Schebouoth, III, 1.

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