‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 2)Chapitre 258 sur 277 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

différents). D'après le premier, qui déclare simplement que c'est là une sorte d'addition faite aux paroles de son maître*, tant les premières paroles que les dernières émanent indifféremment, soit de lui, soil du maître. Mais, d'après le second enseignement 2, disant « que les dernières paroles sont considérées comme additionnelles », les premiers avis seuls sont indifféremment, ou de celui qui les énonce, ou de son maître; mais les derniers seront exclusivement de lui, non du maître. R. Mena dit au contraire : Un seul et même auteur a professé les deux enseignements (qui ne se contredisent pas) ; les premières paroles émanent indifféremment, soit de lui, soit du maître, tandis que les dernières émanent de lui seul, non du maître. Il est un enseignement^ opposé à l'avis de R. Yossé (en désaccord avec les deux explications précitées), où il est dit: Le prévôt, après avoir entendu exposer le texte relatif aui exemptions du service par la bouche du prêtre, le dira au peuple en toute langue compréhensible (rien donc n'est dit qui émane, selon lui, du prévôt). La fin, au contraire, de ce même enseignement est en opposition avec Texplication de R. Mena, puisqu'il y est dit : Le prévôt y ajoutait encore des paroles (tandis que, selon R. Mena, toutes les dernières paroles sont des additions personnelles)? En effet, fut-il répondu, la parole ajoutée par le prévôt émane de lui seul (à l'exclusion de ce que « diront les prévôts « à titre de répétition). Puisqu'il en est ainsi (que l'on suppose une addition personnelle), on peut admettre que même contre R. Yossé il n'y a pas de discussion ; et, conformément à cet avis, il a enseigné que les premières paroles sont dites, soit par lui, soit par son maître, tandis que les dernières sont bien de lui seul, non du maître (elles sont personnelles).

On a enseigné: tous les individus énumérés dans la Mischnâ, comme ayant le droit de rentrer dans leurs foyers par exemption du service, devront fournir la preuve de leur assertion (prouver qu'ils ne mentent pas dans le simple but d'échapper aux dangers de la guerre), sauf celui qui a pour ainsi dire ses témoins auprès de lui (que la peur et la frayeur du danger font trembler et pâlir d'avance). C'est conforme à l'opinion de celui qui dit: par « craintifs » on entend celui qui est incapable de se tenir avec vaillance dans les rangs des combattants ayant l'épée nue à la main (son visage trahit alors son manque de courage). D'après une autre opinion, cependant, qui déclare que cette peur a pour cause les péchés dont cet homme a conscience, celui-ci devra encore fournir la preuve de son assertion (indiquer de quel péché il s'agit, pour donner la conviction que ce n'est pas un prétexte pour échapper au péril). Voilà pourquoi la Loi accorde des facilités à ces diverses sortes de personnes de pouvoir rentrer dans leurs foyers sans combattre, afin de leur éviter la honte d'avouer en public leurs péchés. C'est conforme à ce qu'a dit R. Levi au nom de R. Simon b. Lakisch*: du verset (du Lévilique, VI, 18) : ^ la même place

i. Ceci correspond à l'expression « ils (les prévôts) continueront à dire ». 2. R. Yossé suppose que, d'après ce second avis, il s'agit léellemeut d'une addition spontanée, faite par les prévôts. 3. Cité au commencement du chapitre» 4> QU ci-

où sera égorgé V holocauste, on égorgera aussi le sacrifice d'expiation devant V Eternel, on déduit que celle précaution a été prise pour ne pas faire rougir le pécheur en le divulgant.

7 (10). Toutes ces facilités sont vraies pour une guerre volontaire; mais pour la guerre commandée', tous doivent partir; même le nouveau marié devra quitter la chambre nuptiale, et la fiancée sortira du dais nuptial. R. Juda établit cette môme règle pour la guerre qui est un précepte religieux; mais pour celle qui est obligatoire (imposée par les faits), tous doivent sortir.

De ce qu'il est écrit : « Alors que les préposés auront cessé de parler au peuple, on établira des chefs de corps et de l'armée », on sail bien que des chefs étaient placés au commencement ; mais d'où sail-on qu'il y en avait aussi à l'arrière-garde? C'est qu'il est écrit : « Et l'on établira » (la conjonction et implique une extension, applicable à ces postes nouveaux). Celle explication est compréhensible d'après R. Akiba (qui interprète chaque détail superflu) ; mais comment l'expliquer d'après R. Ismaël, qui n'attache pas d'importance à ces détails de style? Selon lui, il faut admettre l'avis de R. Meir, qui appelait le bout d'une corde la tête (chaque extrémité pouvant former le commencement; de même pour les corps d'armée, il devait y avoir des chefs, en avant et en arrière). En effet, observa R. Meir, pourquoi est-il dit (Ecclésiaste, II, \A) '. le sage a des yeux dans sa tête? Est-ce à dire que le sot les a aux pieds? C'est que, selon l'explication de R. Aba Mare, lorsque le sage sait seulement le commencement d'un sujet, il devine ce qu'il y .aura à la fin (on voit donc que, parfois la fin, comme ici l'arrière-garde, peut aussi être appelée tête 2).

11 est dit de Gad (Genèse, XLIX, 19) : un corps ennemi V assaillira 3; en d'autres termes : une armée est venue pour le combattre, mais il l'a vaincue. — 11 faut lire dans la Mischnâ (selon la version adoptée dans notre texte) : « Le commencement de la défaite est la fuite » (et non à l'inverse, comme l'avaient par erreur d'autres textes). — R. Yohanan dit : c'est une simple question de dénomination qui constitue la divergence d'avis entre R. Juda et les autres sages dans notre Mischnà : R. Juda appelle une'guerre facultative (volontaire) ce que les autres sages nomment une guerre commandée par devoir (obligatoire, et il n'y a d'autre conséquence à observer en ce cas que la dispense de se livrer à d'autres préceptes religieux si une telle guerre est considérée comme un devoir à remplir) ; mais il est évident, quant au fond, que s'd s'agit d'une guerre imposée, tous s'accordent à astreindre chacun au devoir

dessus, tr. Yebamôth, "VIII, 3. 1. Qui équivaut à un précepte religieux. 2. Pour mieux comprendre cette paronomasie, il ne faut pas oublier qu'en hébreu les mots tête et commencement se disent par le même mot Rosch. Voir Ehrmann, Aus Palœstina u. Babijlon, eh. V, § 46, p. 134, et notes à ce §, p. 267. 3. Autre paronomasie curieuse. Le texte hébreu dit ; Gad guedoud (jegoudenou. Comp. Midrasch ^abba sur Gçnèss; ch. 98,

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