SOU
Ou la plupart des rabbins, c'est-àdire la majorité de l'assemblée.
^ Selon le conmientaire de Maïmonide.
l'aurore précède d'une heure et demie le lever du soleil. Il attribue le phénomène optique aux vapeurs qui s'élèvent sans cesse de la terre et rapprochent ainsi par réfraction la lumière du disque solaii-e. 11 fjxe la hauteur des nuages, qu'il donne pour celle de l'atmosphère, à f)! milles, environ -yJ) lieues.
TMMTK DKS IIKII \KII()T1I.
(a]i:MAHA.
r A partir (Ic (jucl iiislanl lit-oii Ic schenid dii soir. o{v.'!t
Nous avons ciisoigné que c'esl depuis I'inslaul aucjueJ les prêtres rentrent pour nian^fer de la Iromna. lî. Iliva a ensei^rné (pie c'est Tlieure à laquelle les jjens rentrent d'ordinaire 1(; vendredi soir pour se nietlj'e à table. On a ajouta' (pie ces deux opinions se ressend)lent pi'es(jue. Mais voyons (nous avons une ol)jection à l'aire) : à l'instant auquel les prêtres rentrent pour nian^ror de la Iroumâ, il fait encore jour et les (étoiles vont apparaître, tandis (pi'au moment où Ton manoe, le vendredi soir, il fait nuit depuis une heure ou deux? Comment donc admettre (jue les deux opinions se ressemblent? ]\. Yossé n^pond qu'il s'agit de certains villages dont les habitants quittent les champs avant la fin du jour pour (éviter les b(Hes féroces. On a enseigner : celui qui lit la prière du soir avant cet instant n'a pas accompli son devoir. S'il en est ainsi, pourquoi cela se fait-il à la synagogue? l\. Yo.ss(3 répond: rOn ne la lit pas dans la synagogue pour remplir un devoir, mais pour rester à prier après l'étude de la Loi. ?7
R. Zeira, au nom de R. Jérémie, dit: rrSi l'on doute d'avoir récité la bénédiction du repas, il faut la redire, car c'est une loi écrite dans fa Tora , NîT^lIN" : Lorsque tu auras mangé et que tu seras rassasié, tn béniras Dieu (Deutéronome, VIII, lo). Si l'on doute d'avoir dit la prière^, on ne la récitera plus, car elle est seulement prescrite par fes rabbins, -n O'est contraire à l'avis de R. Yochanan , qui dit : rrPlût à Dieu que l'homme priât toute la journée, caria prière (même répétée) n'est pas perdue. Quant au doute relatif à la lecture du schema, c'est une question à résoudre par la règle suivante : si on le lit trop tôt, le devoir n'est pas accompli; or là, il n'y a pas eu d'incertitude, et il faut pourtant une lecture nouveffe; donc, en cas de doute if faut certainement fe refire.
Quef est fe signe matérieî de f'instant auquef fes prêtres vont manger (fa troumây^ L'apparition des étoifes. fiien ne fe prouve d'une manière irrécusabfe, mais if y a, à ce sujet, une affusion dans fa Ribfe (Néhémie, iv, i5) : Nous étions occupés aux travaux , et la moitié cV entre nous surveillaient, la lance à lamani. depuis le lever de V aurore jus qu à la sortie des étoiles; et if y est dit à fa suite: la nuit nous devions veiller, et le jour travailler (ifjid. 16); ainsi fa durée du jour et celle de la nuit sont déterminées. Cond)ien d'étoiles doivent être visilifes pour
' Par prière il faut entendre ici celle par fa Torn, mais par des rabbins. Dans des dix-huit bénédictions, dite schemoné- la suite nous ornpioierons le mot 'ainirla essré ou 'amida , qui n'a pas été prescrite soul, qui est le plus bref.
CIIAIMTME PHIvMlKll. 3
(ju'il i'asso nuit? I». Piiielias, an nom de i{. Al)l)a hai-Papa, dil : " l^orscju on no voit (prune seule éloilc, c'esl (|n'il Tail encoi'e joui'; lorscju'on en voit deux, c'est douteux, mais (juand on en voit trois, la iniit est airivée avec certitude ^ Comment peut-on prétendre qu'à la vue de deux étoiles ce soit douteux? ]\'est-il pavsdit: f' A la sortie des éloiles,^? ce (pii veut dire au moins deux? Cef^t vrai, mais la ])remière ne compte pas. Si le vendredi soir, à la vue d'une étoile^ on travaille encore, on n'a pas trans[[ressé le sabbat; s'il y en a ^, on doitofïrir au temple rex|)iation du doute (Léviticpie, v, 17); s'il yen a 3, on doit offrir le sacrifice de péclié. De même, si le samedi soir, en voyant une étoile, on travaille, il faut olïrii" le sacrifice de péclié; s'il y en a deux il faut expier le doute; s'il y en a trois ce n'est plus une transj^ression. H. Yossé bar-Boun cite un fait à l'appui (du cas douteux) : rrSi l'on admet, dit-il, (ju'à la vue de deux étoiles il y a doute, il arrivera ceci : si l'on en voit deux le soir du vendredi, et (ju'après avoir été averti on se permette de travailler, ainsi que le samedi soii-, il se présentera un dilemme inévitable : si au premier cas il fait encore jour, il faut aussi l'admettre pour le second cas, auquel cas on aurait commis un péché; si au second cas il fait déjà nuit, il faut aussi l'admettre pour la première hypothèse, auquel cas on aurait péché. De même, si l'on voit deux étoiles le vendredi soir, et que l'on coupe la moitié d'une figue '^, puis que le matin l'on coupe l'autre moitié, et qu'enfin à la vue de deux étoiles, le samedi soir, on coupe encore une autre moitié, il faut raisonner ainsi : si au premier cas il fait jour, il faut aussi l'admettre pour le dernier cas, joindre cette moitié de travail du matin à celle du samedi soir, et il en résulterait qu'une transgression a été commise en dernier lieu. Si au second cas il fait nuit, il en sera de même au premier cas, et si l'on joint la part du travail du matin à celle du vendredi soir, il y aurait eu transgression au premier cas. v
Ce qu'on a dit de la vue des étoiles s'applique à celles qu'on n'a pas l'habitude de voir au jour, tandis que de celles qu'on a l'habitude de voir le jour, on ne tient pas compte. Aussi R. Yossé bar-R. Bonn dit: rr II s'agit seulement de voir trois étoiles en dehors de cette xnSDlD^. 7^ R. .Jacob Dromna, au nom de R. ,luda ben-Pazi, dit: ffUne seule étoile indique un jour certain; à deux, c'est la nuit sans aucun doute. ^ N'y a-t-il pas de doute pour lui? Non, il n'y a d'hésitation possible qu'entre les étoiles (visibles le jour) et les autres.
On a enseigné à ce propos'^ : aussi longtemps qu'à l'orient le ciel est rouge, il
' Comp. Talinud Rnbli, trailé Scliah- ^ (les ('toiles doivent être disposées en
hath, fol. 35''. A.
' Pour qu'il y ait transgression du re- ' Comparez Î3al)li, traité Schahhnlh ,
pos sabbatique, il faut avoir fait un Ira- loi. \Mx^\ traité Ahnda znra , fol. /i 1 ^ et
vail rnllrr, ou deux inoilios le nionie jour. même Irnité, cli. ni. .^ 1 .
/, TliAITK DKS hKI{ AKIIOTII.
fail join'; s'il s'assonihi'il ("csl J"ruire-</6'M.r ((•)"('j)usciil(*) ' ; sil l'ail obscur, au |)()iiil <jii(' rnlm()s|)lirr(' supéi'iciire ross(Mnl)l(; à rinroriciirc, c'csL la jiiiil. |{al)l)i dil : rLors(|ii(% (Ml ])l('inolun(>, Ic soleil roininoncoà se coiichor cl la Iiiiksi aj)j)aiaili('. c'est le ri'opiisculc.ii U. Maiiina dil : ''Il faiil la lin du roiiclicr du soleil cl le comincnceincnt du lever de la luiie;7? il. Samuel a dil eu ellel : -La luue ne peut pas l)i'illor pendant (|ue le soleil éclaire encoje, de jjiènie (pTelh; ne hiille plus dès que le soleil lance ses rayons (du matin). ^ H. Samuel hai-Hiya bar- Juda, au nom de \\. Hanina, dit : rSi, lorscpie le soleil commence à baisser, un homme partant du sonniiet du Carmel descend se baigner dans la mer, puis remonte et va manger des oblations, il est certain qu'il s'est encore baigné au jour'^. Toutefois ce n'est certain ([ue de celui qui prend des chemins de traverse (pour abréger), mais non de celui ([ui suivrait la grande route. ^ Ouappelle-t-on entre les deux jours? R. Tanliouma dit : ff Cela ressemble au temj)s d'arrêt d'une goutte de sang placée sur le tranchant d'une épée, le temps nécessaire pour que cette goutte se divise et s'écoule représente la transition, n Selon R, Néhémie, on appelle ainsi le temps qui s'écoule depuis le coucher du soleil jusqu'à ce qu'un homme ait parcouru un demi-mille; R. Yossé dit : rrCe crépuscule ne dure ([u'un clin d'œil, que des savants même ne. sauraient mesurer, -n
Lorsque R. Yossé et R. Aha se trouvèrent ensemble, le premier dit à l'autre : ffNe vous semble-t-il pas que la fin de ce parcours d'un demi-mille (qui est l'entre-deux), selon R. Néhémie, ne dure qu'une seconde ^?r) rr Certes, dil Aha, c'est aussi mon avis. i? En effet R. Hiya ne dit pas cela, mais chaque clin d'œil de cet espace de temps, mesuré par le parcours d'un demi -mille, selon R. Néhémie, est douteux. R. Mena dit : ft J'ai fait une objection en présence de R. Aha: N'a-t-on pas appris ailleurs que si l'on voit une fois (une impureté) le jour et une autre fois entre les deux jours, ou une fois au crépuscule et une autre le lendemain^, lorsqu'on est certain ([ue la vue de cette impureté date en partie de ce jour et en partie du lendejnain, il y a certitude pour l'état de l'im-pureté et le sacrifice est obligatoire? Mais s'il y a doute qu'une partie de la vue date de ce jour et une partie du lendemain, il y a certitude pour l'impureté, mais doute pour le sacrifice. ?i C'est sur ces cas que R. Hiya bar Joseph a répliqué en présence de R. Yochanan : tr Quel est celui qui a enseigné qu'une de ces vues peut se diviser en deux?^^ — cr C'est R. Yossé. •>! — Il lui répondit : ffTu réfutes alors ta propre opinion, car tu dis (jue chacjue clin d'œil du temps
' L'esprit de minutie règne sans cesse ^ Comme le prescrit le Lévitique,xxii, 6.
dans ces discussions, au point de s'occu- ' L'instant douteux serait donc égal à
per du passage du jour à la nuit appelé celui que donne R. Yossé.
m u !2tl/*n ""D , entre les deux jour.s. " Voir plus loin , ch. m , § G et les notes.
(;ilAl>ITI{K PKIvMIKH. 5
pai'coiini (Ml III! (Iciiii-iiiille, scion It. i\(»luMuie, csldouleux (ct iioii la liii s(;iil('),'n li n'y a pas à y voir une contiadiclion; lorsque Elic; viendra el (ju'il dira ce (jue cesl (jU(; le crépuscule, j)ers()nne ne \o contestera. n H. IJanina discuta contre les condisciples des rabbins: ffPuis([ne, dit-il, dès (pie le soir on voit trois (itoiles, le soleil lut-il placeman milieu du firinanient, il lait nuil, il doit en être de iiK^ine (avant le jour) le matin. ^^ H. Abba dit: rrli est écrit dans la Gen('se (xix, 23) : Lorsque le soleil fut levé sur la terre , Lot arriva à Tsoar, et il est écrit au Léviti(pie (wii, -y) : Lorsque le soleil sera couché, le cohen sera pur. -n On compare le lever au coucher; de nuhiie (pie le coucher correspond à sa disparition de la vue des hommes, de même son lever s(; manileste par son apparition aux hommes. U. Ba dit : ff 11 est écrit : au matin, à la lumière (Genèse, xliv, 3); la Tora aj)pelle donc la lumière : matin. ->-> K. Ismaël apprit: rr S'il est dit chaque matin (Exode, \i\, 21), c'est afin de donner une limite à celui (jui veut savoir cpiand le matin commence. i) R. Yossé bar-U. Boun dit: ff Si l'on pense qu'il faut encore appeler nuit le temps ([ue le soleil met à traverser l'épaisseur du ciel (depuis l'aurore jusqu'au rayonnement) , cela équivaudrait à dire que le jour et la nuit ne se ressemblent pas (la nuit s'allongerait au matin par cette addition p^ or on a enseigné qu'au premier jour de l'équinoxe de Nissan et au ])remier j(Kir de l'érjuinoxe de Tissri, le jour et la nuit sont égaux). B. Houna dit : ffOn peut prendre pour terme de comparaison l'usage habituel; ainsi lorsque le roi commence à sortir, quoiqu'il ne soit pas encore au dehors, on dit (pi'il est sorti; mais s'il commence à rentrer, on ne dit qu'il est entré que lorsque c'est un fait accompli (il en est de même pour le soleil). ?t
Lors(|u'on se tient debout pour dire la prière i^amida), il faut joindre les pieds. 11 y a à ce sujet deux opinions, celle de B. Levi et celle de B. Simoun; l'un dit: ff C'est pour imiter les anges ;?? selon l'autre, c'est pour ressemhler aux sacerdotes. Ce dernier avis se fonde sur ce verset (Exode, xx, 26) : Tm îze monteras pas, par des degrés, sur mon antel, car les sacerdotes devaient s'y rendre en plaçant le talon à côté du pouce et le pouce à côté du talon (c'est-à-dire à tout petits pas); celui qui [)rétend que (î'est pour imiter les anges s'appuie sur ce verset (Ezéchiel, 1,7): Leurs pieds étaient droits; or B. Hanina bar- Andira, au nom de B. Samuel bar-Soular, dit : r^Les anges n'ont pas de jointure (genou), selon ce verset (Daniel, vu, i()) : Je m'approchai de Fun des assistants, de ceux (jui étaient (toujours) debout. ^7 B. Houna dit: fSi Ton voit les sacerdotes à la synagogue pendant leur première bénédiction (au peuple), on doit dire : Bénissez Dieu, vous ses anges (Psaume cm, 20); à la seconde bénédiction : Bénissez Dieu, vous toutes ses armées [Ibid.) ; à la troisième : Que toutes les œuvres de Dieu le bénissent (Ibid. v, 22). Pour la prière de nioussaph (additionnelle), à la première béiukliction, on dit: Chant des degrés, allez, bénissez Diru , tous srs serviteurs qui vous tenez dans la niaisou de Dieu pen-
6 TliAITK UKS BKKAkllOTII.
(laiil les Hiiils ' ; à la seconde : hlevcz vos mains vers le siincluaivc; à la Iroisièuio : (Jue ll'Jn'ncl le bénisse de Sinn. Si Ton Ix'iiil le peuple (|iialre lois (coiiiine au jour (l(î Kippour), on rt'pèle à la Iroisièmo lois ce (|U()ii dil poiii- la première, el à la (pialrièine ce (|u"()ii dit pour la seconde"
\\. Halzna dil: f Depuis le ievei* de Tauiore juscju^an moment oi'i l'orienl s'éclaire, l'honnne peut laire un chemin de <piali-e milles-; de|)nis ce moment jusqu'à ce que ie soleil lance ses rayons, il v a aulant de temps. 75 Comment sait-on que cette dernière mesure est exacte? Parce ([u'il est dit (Genèse, xix, 'i3) : Et comme V aurore était levée, etc. lorsque le soleil se leva sur la terre, Lot était arrivé à Tsoar^. Mais n'y avait-il ])as plus de (juatre milles de Sodome à ïsoar'^'? [\. Zeira répondit : rr L'ange qui l'accompagna abrégea le chemin (en l'aplanissant).?? Cojnment sait-on que depuis le lever de l'aurore jus(ju'au moment où l'orient s'éclaire il y a un intervalle de quatre milles? La répétition des mots et comme l'indicpie par corrélation^. R. Yosé har-R. Roun dit: r Celui qui conqjare le lever de l'aurore à la présence d'une étoile peut se tromper; parfois c'est un peu plus tôt, parfois plus tard. 7? Comment se représenter le lever? Il ressemble à deux étincelles de lumière partant de l'orient pour répandre la clarté. Une fois R. Hiya-Rab])a et R. Simon ben-Halaphtâ se promenaient dans la vallée d'Arbel le matin, et ils remar([uaient que l'aurore lançait ses rayons; R. Hiya dit à son compagnon: rr Maître, cette vue me représente le salut d'Israël: le commencement en est peu sensible, mais à mesure qu'il marche il s'agrandit. On en voit maints exemples (dans la Rible) : Lorsque je suis assis dans F obscurité. Dieu est ma lumière (Michée, vn, 8). De même, dans l'histoire d'Esther, Mardochée était d'abord simplement assis à la porte du roi ; puis Haman prit le vêtement royal et le cheval, etc. ensuite Mardochée s'en revint à la porte du roi, puis il sortit du palais couvert des vêtements royaux, et enfin la lumière fut pour tous les .luifs. 1?
L'avis (précité) de R. Hiya est conforme à celui de R. Juda; car on a enseigné, au nom de ce dernier, que, pour traverser l'épaisseur du firmament, il faudrait faire un chemin de 5o ans^. Or un homme doué de vitesse moyenne peut faire un chemin de quarante milles par jour; donc, pendant que le so-
^ Psaume cxxxiv; les versets 1 à 3 de Rabba, on dit cpi'il y avait une distance
ce psaume paraissant se répéter, on les de 5 milles. (Voir Bereschiik-rabba sur ce
suppose gradués. passage.)
~ Même série, traité Yôma, eh. in , S 9. * Voir la. note 3.
11 résulte de ce verset qu'après son ** 11 ne faut pas oublier que fastronomie
arrivée à Tsoar, lorsque Lot eut parcouru nétait pas encore avancée à cette époque .
A milles, le soleil était levé : c'est donc la et que Ton s'imaginait qu'au matin le so-
luesure de temps. leil sort du iiriiiament. ( Voir traité Pesa-
" Car, dans \\\\ passage du Midrascli him, fol. ()5''.)
CIlAPlir.i: IMiKAIIEH. 7
leil se place en haul du liniiaiiieiil, c'esL-à-dire qu'il parcouiL un ciicuiin pouilequel ou nieltrail cijujuauLe ans, riioninie peut faire (|uali'e milles. Cela revienl à dire (}ue l'épaisseui' du linnanienl à traverser j-eprésente (par rapport à la marche du soleil) un dixième de la journée. De même que l'épaisseur du firmament est un chemin de cincjuante ans, de même celle de la terre, avec toute la profondeur de Fahime, est un cliemiji (hî ciinjuante ans. Pourquoi? (les versets suivants semblent le coniirmer ) : Celui qui est assis sur le globe de la terre ^ etc. (Isaïe, XL, 22); puis: Il parcourt le contour du ciel (Joh, xxii, 1^); et enfin : En étendant le compas sur l'espace de r abîme (Proverbes, viii, 27); or fidentité des termes (^in) démontre le déféré de comparaison (entre ces trois objets).
On a ensei{>né : l'arbre de la vie avait une longueur telle qu'il eût fallu cinq cents ans pour le parcourir; R. Juda, au nom de R. Ila'i, dit: ffCe n'est pas en y ajoutant l'étendue de la branche, mais le tronc seul était aussi long; el tous les cours d'eau de la création partaient de ses pieds, n Ce verset des psaumes (1, 3) y fait allusion : Il est comme un arbre planté sur les bords de Veau. On a encore enseigné : l'arbre de la vie représente la soixantième partie du jardin, el celui-ci la soixantième partie de i'Eden ; aussi est-il dit (Genèse , 11 , 10): Unjleuve
sortait de I'Eden pour arroser le jardin (celui-ci n'est donc qu'une partie de I'Eden). Le fonds ou excédant d'une cour (mesure) peut entrer dans une autre dite tiVA:aZ>', comme le résidu de l'Ethiopie est recueilli par l'Egyple; cela revient à dire : Si l'Egypte ofï're un parcours de quarante jours, l'Elhiopie a une marche; de six ans et plus^. Les rabbins disent: rrLo. durée de la vie des patriarches donne la somme de la distance du ciel à la terre ^.7? De même qu'il y a entre le ciel et la terre un intervalle de cinq cents ans de marche, de même il y en a autant entre un ciel et l'autre^, et son épaisseur en est l'équivalent. Et qui estce qui nous indique que l'épaisseur du ciel est telle ? R. Roun dit : ff C'est qu'il est
^ Celle-ci contient 3 kab : or le cour contient 3o sâây contenant chacun 6 hab, donc iirhab épale -V de cour.
^ L'exemple précité, des mesures nommées cour et tirkab , forme la proportion 1 à 60, (pion a[)plique au rapport entre l'Egypte et l'Ethiopie. Or, si pour parcourir l'Egypte il faut Ao jours, le parcours de lEthiopie exigera Ao X 60 jours , soit 9, A 00 jours, ou en années lunaires de 354 jours : 6 ans et 276 jours, ou en années solaires de 305 jours: 6 ans et 9 10 jours, ce que le Talmud appelle, (!n chiffres ronds . 6 ans el plus. f,es ('dilinns
du Talmud qui portent sept ans sont donc fautives.
^ Allusion au verset du Deutéronojne , XI, 21 : AJin que vos années se multiplient sur la terre que Dieu a promise par serment à vos ancêtres, n aussi longtemps -n que le ciel sera au-dessus de la terre. Il y a dans le terme ^t2"'D , aussi longtemps, un jeu de mots intraduisible. Ladite somme est ainsi composée : Abraham a vécu 173 ans , Isaac 180, Jacob 1A7, total 5oo. Conf Bereschitli rabba, section i5 (fol. i3, col. 9); Haghigd, fol. i3''.
' On suppose qu'il y a 7 ciels supérieurs.
g ÏHAITK DfvS RKI^AKIIOTII.
(''d'il ((iciirsc I , <)) : (Juily ail un firmament au milieu des eaux, (ju'il soil jusic ,111 inilicii (Telles.^ Ual) dil : rr Les ciciix (Uaient liiniiidcs 1(; jireinier jour, cl le second ils onl séché. *" liai) dil aussi : rLes mots Que le ciel soit sifjnifiont: (|U(î lo ciel soil solide, |)uis ([n'il se con^jèle, qu'il ait des croules et qu'il s'étende. w |{. Juda l)eu-Pazi explicjue le moti*p") : (fue le ciel soit comme un vêtement lendu (au-dessus de la terre); cela ressemble à ce qui est dil (Exode, \xxix, '.\) : Ils étendirent les plaques d'or (où le même mot a le sens d'étendre).
On a enseijjué au nom de 11. Josué : l'épaisseur du ciel est de deux doigts. C'est alors l'avis de U. Hanina (ju'on discute; or I{. Aclia explique ainsi, au nom de R. Hanina, ce verset (Job, xxwn, 18) : As-tu étendu avec lui les deux solides comme un miroir de fonte? Le terme étendu indicjue qu'ils sont faits comme un ])lat. On eût pu croire qu'ils n'ont pas été lormés (mais qu'ils sont primilil's); c'est pourquoi il est dit : consolidés. Pour montrer qu'ils sont inaltérables, il est dit : comme un miroir de fonte, c'est-à-dire à tout moment ils semblent Tondus à nouveau. U. Yocbanan et l\. Simon ben-Lakisch s'entretinrent à ce sujet. L'un dit: fcDans l'usage habituel, l'homme étend sa tente sur des pieux ([ui finissent par se disloquer; tandis que des cieux il est dit (Lsaïe, xl, 92) : // les étendit comme une tente stable, et on les nomme consolidés ^.-n l\. Simon ben- Lakisch dit: rr D'ordinaire, si l'on fabrique des objets en fonte il s'y attache plus tard de la rouille, tandis qu'ici il n'en est rien : à toute heure la fonte paraît fraîche. ^^ A propos de cette dernière explication, R. Azaria interprète ce verset (Genèse, 11, 1) : Lorsque les cieux , la terre et tout ce qu ils renferment furent achevés. Dieu s'arrêta au septième jour, Dieu bénit le septième jour. Qu'est-il dit après? Voici la naissance du ciel (ibid. Ix). Quel ra])port y a-t-il entre ces deux points? Gela veut dire que les jours, les semaines, les mois et les années se passent (sans rien altérer); aussi est-il dit ensuite : Voici la naissance des cieux et delà terre au jour de leur création et au jour où Dieu fit le ciel et la terre (c'est-à-dire que rien n'était altéré).
Rabbi dit : Il y a quatre veillées le jour et quatre la nuit-; le temps nommé àné est — de l'heure; le moment -V de Yoné; l'instant -^ de ce dernier. Sa durée, selon R. Berahia au nom de R. Helbo, est le temps qu'on met à le prononcer; selon les sages, c'est un clin d'œil. Selon Samuel, c'est la 56,848^ partie de l'heure^. R. Nathan dit: ffH y a trois veillées; il est dit (Juges, vu, 19) : la principale veillée est la médiale (et il n'y a de medial que par rapport à trois). ^^ R. Zerikan et R. Amé, au nom de R. Simon ben-Lakisch, disent que Rabbi a
' Voir Bereschilh rabba , section \\i ^ Comme l'heure contient 60 minutes.
(fol. 10, col. ?)). ou 3,0oo secondes, ou 916,000 tierces.
" Même traité dans la série du Babli. In fraction ^'";'„W sera égale à moins dn
loi. .')'' et 7*, et \()ir noto sur la Misdma. h tierces oii presque -^ de seconde.
CHAPITKE l>nb:MIKi;. 9
pour appui co verset (Psaume cxix, Ga) : Au milieu de la nuit je me lève pour le rendre grâce, à cause des sentences de ta juridiction , et il est dit [ibid. 1^8) : Mes yeux précèdeiît les veilles (cela montre ([iih minuit deux veillées au moins doivent s'écouler encore, soit quatre en tout). \\. Iliskia, ou U. Zerikan, et U. Bâ étant réunis, l'un exposa le motif de l'avis de liabhi, et l'autre 1(; molif deli. Nathan. Selon le premier on s'appuie sur le moi minuit (heure à la([uelle les veillées, au moins deux, étaient encore à passer); l'autre s'appuie sur le verset qui parle de la veillée médiale (ce qui ne comporte (|ue trois). Comment \\. Nathan explique-t-il le i*"" verset d'après l'avis de Jlahbi? rr Parfois, répond-il, David était debout à minuit; parfois aussi ses yeux précédaient les veillées de la façon suivante : Lorsque David soupait royalement (longuement), il n'était levé qu'à minuit; mais lorsqu'il prenait son repas seul (sans cérémonie), ses yeux précédaient les veillées, c'est-à-dire il se levait avant la seconde des trois veillées (soit à dix heures); et cependant le matin n'arrivait jamais trouvant David couché. C'est aussi ce qu'il dit hii-même (Psaume, lvii, 9) : Eveille-toi ma gloire , éveille-toi harpe et psaltérion,je m'éveille à Vauhe du jour. En d'autres termes : que ma gloire s'éveille pour chanter celle du Très-Haut; la mienne est nulle devant sa majesté; j'éveille l'aurore et ce n'est pas elle qui m'éveille. Son mauvais penchant l'en détournait en lui disant : Les rois ont l'usage de se laisser éveiller par l'aurore, et tu te lèves avant elle, ou de dormir jusqu'à la troisième heure (neuf heures), et toi tu te lèves à minuit? C'est, disait-il, pour célébrer les décisions de sa justice. Que faisait David? R. Pinehas, au nom de R. Eliézer har-R. Menahem, dit: rrll prenait la harpe et le psaltérion (fu'il se plaçait sous la tête; à minuit il se levait et jouait de ces instruments, afin que les étudiants l'entendissent ^'j. Qu'en disaient-ils? Ceci: Si le roi s'occupe, à cette heure, des lois et de la religion, nous devons à plus forte raison faire de même. R. Levi dit : tfPour l'éveiller, une harpe était suspendue aux fenêtres de David; la nuit, le vent du nord soufflait sur elle ^ et la faisait résonner d'elle-même. Aussi est-il écrit: Comme chante le chanteur (IP livre des Rois, ni, i5), non pas comme on chante avec lui, mais comme il chante spontanément (c'est-à-dire l'instrument). ^7 Comment Rabhi- répond-il à R. Nathan , qui se fonde sur le moimédial?^. Houna dit: rr Selon Rahbi la fin de la deuxième et le conmiencement de la troisième forment ensemble le milieu de la nuit. 7? Mais, dit R. Manu, est-ce là une réponse? Est-il écrit les heures médiales ou la médiale? La première veillée, fut-il répondu, ne compte pas, car, pendant ce temps, on est encore éveillé ^ en général.
N'est-ce pas analogue à la harpe '' C'est donc juste au milieu de la
(fEole? deuxième Aeillée, entre dix heures el
Lui (pii su|)[)osn ([ualre veilles à la deux. (pTcsl m///?///, uuit au lieu (k dois.
10 TI{ AITK DKS HKHA K HOT II.
rrlA'ssaijes disent jusqii à minuit, n
R. Vossa ail nom (l(! \\. \ochaiian dit : (]oAU) opinion sort do rojjie. Co rabbi ordoniiail aux dliidianls, s'ils voulaient s\)Ccii[)or do l'explication de la Loi, do venir piier le schema avant minuit et do se livrer ensuite aux études (de peur que la discussion no lasso dépasser riicure). Cela prouve deux choses: i" que cette opinion sert de règle; 2° nous pouvons en conclure qu'on ajoute quelques mots après la première bénédiction qui suit le schema ^ On a enseigne : celui qui lit le schema^ au temple le matin a accompli son devoir, mais non celui qui agit ainsi le soir. Pourquoi cette dinérenco? Selon \\. Houna au nom de R. Joseph, on doit réciter le schema' du soir à la jnaison, a(in de chasser les mauvais esprits (démons) : cela démontre qu'on ne dit rien après la première bénédiction (contrairement à l'avis précédent, et ia formule qui suit se rapporte aux démons nocturnes). C'est l'avis de R. Samuel Rar-Nalimani; lorsqu'il se mettait à calculer l'année embolismique, il se rendait auprès de R. Jacob Guerosa. R. Zeira se cachait alors au grenier, et il entendait que le rabbi répétait la lecture du schema', jusqu'à ce qu'il fût endormi. Pourquoi cela? R. Aha etR. Tahelifta son gendre, au nom de R. Samuel bar-Nahman , dirent : C'est en raison de ce verset (Psaume iv, 5) : Tremblez, et ne péchez pas , réfléchissez en votre cœur, (^sur votre couche, v et soyez silencieux, Selâ. C'est l'avis de R. Josua bar-Lévi qui est en discussion, car celui-ci lisait encore des psaumes après les prières (comme cela se fait de nos jours). On a cependant enseig)ié qu'on ne dit rien après la première bénédiction-? C'est vrai pour celle du matin. En eifet, R. Zeira, au nom de R. Jérémie, dit : dans trois circonstances, les faits doivent se suivre sans interruption: regorgement (du sacrihce) après l'imposition des mains; la bénédiction après l'ablution; la prière ('amida) après la section qui rappelle la délivrance d'IsraëP. 1" Après l'imposition des mains, regorgement : il appuiera la main, est-il dit, et Fégorgera (Lévitique, j, k et 5). 9" Après l'ablution, la bénédiction : Elevez les mains saintes (lorsqu'elles sont pures) et bénissez Dieu (Psaume cxxxiv, 2). 3° Après la délivrance, la prière : rrque les paroles de mes lèvres soient agréées, ô Dieu mon libérateur^) ( Psaume xix , 1 5 ) , et de suite on ajoute : T Éternel t'exaucera ^ au jour de malheur (Psaume xx , 2). R Yossé bar- Roun dit: Celui qui, après l'imposition des mains (sur le sacrifice), l'égorgé aussitôt, ne court pas le risque que la victime devienne impropre au service; celui qui , immédiatement après Fablution , prononce la formule de bénédiction,
' Selon lui, on n'est pas tenu de rap- tait-il d'enfreindre cette défense? — ' Ba-
prochcr la formule de délivrance de Xamido; bli , même traité , fol. h 2 .
il en soia question plus loin. " Or, comme on \(^vvix. \''amida con-
^ Comment alojs ce rnbbin sp permrt- tipul des supplications.