‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 12 sur 125 · CHAPITRE PUEMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PUEMIER

est certain d'échapper à Salau pendant le repas ^; et celui (pii récite ï'amula de suite après la lormule de délivrance n'a rien à ciaindre de Satan toute la journée. \\. Zeira raconte (un e\enij)l(' qui serait contraire à cette assertion) : S'étant arrêté pour réciter Y'amida aussitôt a[)rès la délivrance, il a été pris au service du roi et charjjé de transporter des myrtes au palais. HaLbi , lui réponditon, c'est une faveur; bien des gens paient pour voir le palais à l'intérieur. R. Ame dit : A qui ressemble celui qui ne l'ait pas suivre la rr délivrance 77 par la prière? A un favoii du roi qui vient et frappe à sa porte ; le roi ouvre pour savoir ce qu'il désire, et si alors ie solliciteur s'en va , il lui retirera son amitié.

rrR. Gamaliel dit : jusqu'au lever de l'aui^ore, etc. t»

Cet avis est conforme à celui de R. Simon qui a enseigné ceci : Parfois on récite le schema (deux fois de suite), une fois avant l'aurore et une fois après, et il se trouve que le devoir du jour et celui de la nuit sont accomplis. Si R. Gamaliel est de l'avis de R. Simon pour le soir, en est- il de même pour le matin? Ou est-il de l'avis de R. Zeira , frère de R. Hiya bar-Aschia et de R. Abba bar-Hanna, selon lesquels, si l'on récite le schema avec les sacerdotes de garde au Temple , on n'a pas accompli son devoir parce que c'est trop tôt? (La question reste en suspens.)

2. \oici un fait (à l'appui de cet avis) : Ses (ils, revenant une fois d'un festin (potatio) après minuit, lui diluent : Nous n'avons pas encore i^écitéle schema. 11 leur répondit : si l'aurore n'est pas encore levée, vous êtes obli{j[é de faire ladite prière.

R. Gamaliel, qui conteste l'avis des rabbins, agissait comme eux. Mais nat-il pas contesté l'avis des rabbins tout en agissant comme eux? R. Akiba n'a-t-il pas agi de même? Et R. Simon ben-Yobaï n'esl-il pas dans le même cas? Quand R. Meir a-t-il contesté l'avis des rabbins, tout en agissant comme eux (oùa-t-il été inconséquent)? Au cas suivant : On peut, pour un malade, est-il dit^, faire une compresse de vieux vin, d'huile parfumée et mêlée d'eau, lorsque le mélange de l'huile et du vin a été préparé la veille ; mais non , si ce n'est pas prêt d'avance. R. Simon ben-Éliézer enseigne que R. Meir permettait de mêler l'huile et le vin le jour du sabbat pour en enduire ensuite le malade. Lorsqu'il tomba malade lui-même et qu'on voulut agir ainsi pour lui , il ne le permit pas : rc Maître, lui dirent ses élèves, tu contredis tes propres paroles, aux dépens de

Il 110 coun'ii p;is (|(^ dangci- par lo ' Ces sortes de travaux sont interdits le

repas. samedi ; Babli , traité Schabbnlli , loi. 1 V\\

rj THAÎTÉ DES HKII AKIIOTII.

la snnU';!^ — (JiioicjiK! , if'pondil-il , je im^ sois pas sévorc envers les artres, je le suis envers nn)i-nièine, pniscjuc; (faufres (plusieurs) contestent mon avis.-n Ouand l{. Akiha a-t-il discuté l'avis des ral)bins font en s'y conrormant? Au cas suivant ' : L'(;pin(; doi'sale et le crânes de deux moils, un (juai't de ni(;sun; d(; saii'f de deux morts, une même quantité d'os, ou un inend)re de deux morts '-^j ou de la cliair de deux personnes vivantes rendent une maison impure^, selon |{. Akiba, mais non selon les sajjes. Un jour, on a apporté un panier plein d'os du villa^je Tebi, eton les a exposés dans la cour du TcMnple à Loud. Le médecin Todros est entré suivi de tous ses collè[jues, et ce docteur dit : rrll n'y a là ni épine dorsale, ni crane d'un seul mort (ce ([ui constituerait l'impureté). Mais comme les uns sont d'avis qu'on suppose les membres de deux morts réunis pour rendre le tout impur, nous allons voter. i? On commença le vote par R. Akiba qui déclara que c'était pur (selon l'avis des sages) : ffSi lu l'avais déclaré impur, nous eussions été de ton avis; mais comme tu le déclares pur, nous l'admettons d'autant mieux. 77 Quand R. Simon discute-t-il l'avis des rabbins, tout en l'adoptant? Au cas suivant ^ : R. Simon dit qu'il est permis de cueillir toutes les pousses (au commencement de l'année de repos, ou septième), excepté celles du caroubier, car elles n'ont pas leur semblable parmi les verdures et on ne peut distinguer celles qui ont poussé à la fin de la sixième année de celles de la septième); les sages l'interdisent. R. Simon traversait une fois les champs pendant l'année consacrée [schemita, septième); il vit que quelqu'un cueillait des pousses de cette année : rrMais, lui dit-il, n'est-ce pas interdit? Ne sont-ce pas des pousses? 7") — crAu contraire, lui répondit-on, ne l'as-tu pas permis? i? frOui, répondit le rabbi; mais, comme mes condisciples contestent mon avis, il faut appliquer à ce cas le verset suivant (Ecclésiaste, x, 8) : celui qui détruit la haie sera mordu par un serpent'^. -n Enfin, R. Gamaliel discute l'avis des sages tout en l'adoptant (pour la durée de la lecture du schema'). Cette contradiction (entre la théorie et la pratique) peut s'expliquer ainsi : la récitation faite trop tard n'a lieu qu'à titre d'étude. Mais on pourrait la faire même après le lever de l'aurore. (Cette réponse est donc réfutée). On peut encore répondre que d'ordinaire on pouvait suivre l'avis des sages (de ne pas dépasser l'heure de minuit); mais dans le fait précité (du festin), comme minuit était passé et qu'il était impossible de suivre ledit avis, R. Gamaliel leur dit : Faites selon mon avis.

^ Mischna, 1'" partie, ivailé Schebiilli , quelle quantité de fragments la rend ini-

cli. IX, S 1; Tosephtdj traité Olielolh, pure.

section l\. (Voiries noies suivantes.) ^ Voir traité Sclichiith, ibid, et Babli,

^ C.-à-d. 2 fragments valant un entier. traité Pesahim, fol. 5l^

^ On sait que la présence d'un mort ^ C'est-à-dire , en théorie il est de l'avis

rendaitjadis la maison juive impui-e. (Voii' contraire, mais eu pratique il 1 interdit

Momhres, wxi, 19.) Il s'agit de savoii- iri romme les sages.

CH vpiTRK prkmîi:h. 1 :^

3. Non-senI(îiii('ii( pour ce sujet, uuiis [)()ur (oui ce que les sa^jes oui linillé par Tlieui'e de ujiuuil, il est ])ei'mis léjialeuienl, de Faccomplir jusqu à Faurore.

k. La combustion des [rj-aisses^ ou de niend)res de certains sacriiiccs, ainsi (|ue la consommation de tout ce qui a la journée poui' limite^, peut également être accomplie jus([ii'à Faurore. l^ourcjuoi alors dit-on jusr[u'à minuit, j)our éloigner Fliomme du pécljé (paiune limite anticipée) ?

Nous avons aj)pris (]u iJ Caiit ajouter à celte enumeration la consomnialion (îeFagneau pascal; selon d'autres, il ne le faut pas. Quels sont ceux qui Fajoutenl?

les rabbins. Quel est l'avis contraire? celui de R. Eliézer. Quel est le motif de ce dernier? Le mot nuiiy dit-il , qui est dit au sujet de la mort des premiers nés (Exode, XII, 12), et (^elui qui s'applique àl'ajjncau pascal indiquent, par analogie, Fheure de minuit, R. Houna dit : Même, d'après les rabbins, on ne saurait, pour la Pâque, fixer une limite plus longue que minuit, car ce sacrifice, est-il dit, rend les mains impures après minuit (comme étant tardif; à plus forte raison est-il interdit, dès ce moment, d'en manger).

rrLa consommation de tout ce qui a la joui^née pour limite, etc. ^ Ce sont des saintetés d'un degré secondaire (elles suivent la même règle).

ffPour éloigner Fhomme du péché. ii

Si on élend la limite jusqu'au lever de l'aurore, on peut supposer parfois qu'elle n'est pas arrivée et consommer ces objets sacrés lorsqu'il est trop tard (ce qui est interdit); landis qu'en posant pour limite minuit, on ne commettra pas de péché en dépassant un peu l'heure.

5 (2). A partir de quel moment lit-on le schema du matin? Lorsqu'on peut distinguer le bleu d'avec lé blanc, ou, selon R. Eliézer, le bleu du vert (ce qui est plus difficile). On termine cette prière, lorsque le soleil rayonne, ou jusqu'à la troisième heure (9 heures) selon R. Josué ^, car c'est l'usage des princes de se lever à cette

' Lévitiqne, vi, 9; vu, 0.. ^ Voir, pour la division dos heures,

^ Ibid, vil, 1 5. p. 1. n. 3.

1/i Til \1TK DKS lîKlîVKIIOTII.

liour(\ \a\ lecLiiro lailc ;i|)i'('S celhî licmc n ( st ce[)eii(laiil pas sans \al(Mir; elle (M|iiivanL à uihî Iccliiro oi'diiiairc; (11111 passajje do la lora.

C'est avoc raison qu'on a enseigné (ju'il faut pouvoir dislinguer les fils bleus (les fils Lianes des tsitsith (franges). Oucl est le molif des rabbins? Il est dit : vous LK verrez (Nombres, xv, 3()) ; vous le reconnaîtrez seul entre les fils voisins (blancs). Ouel est le motif de R. Eliézer? Il faul, dit-il, pouvoir le distinguer au milieu d'autres couleurs (c'est donc le fil bleu). On a enseigné au nom de R. Meir ; il n'(»st pas écrit : vousla verrez, mais vous le verrez; cela indique que celui qui accomplit le devoir des tsitsith (franges) regarde pour ainsi dire le Tout-puissant. Or, le bleu-ciel ressemble à la mer, celle-ci aux herbes, ces dernières au ciel , lequel a la ressemblance du trône de la gloire , que l'on compare enfin au Saphir. En effet, il est écrit (Ezéchiel, i, 96) : Voici qii au ciel domine la tête du chérubin , il y a comme la pien^e du Saphir, une apparence de la forme du Trône. D'autres expliquent ainsi les mots vous le verrez : il faut qu'on puisse reconnaître son prochain à la distance de Ix coudées. Selon R. Hisda, ce dernier avis prédomine. Quelle en est la conséquence? Car, si l'on voit une personne connue, on la distingue même de loin; si elle ne l'est pas, on ne la distingue même pas de près? A quel cas s'applique donc cette observation? A la vue d'une personne peu connue, par exemple à un hôte qui vient de temps en temps; selon d'autres, à la distinction entre le loup et le chien, l'àne et l'onagre; selon d'autres encore, on doit pouvoir reconnaître son ami à la distance de k coudées. La comparaison entre loup et chien, entre âne et onagre, représente l'avis de celui qui demande la distinction entre le bleu-ciel et le vert (c'est plus difficile). L'opinion de celui qui met pour condition qu'on reconnaisse un ami à li coudées est conforme à l'avis de celui qui désire qu'on distingue entre le bleu-ciel et le blanc (c'est plus facile et cela exige moins de clarté).

Si l'on a prescrit de réciter le schema' du malin au moment de la projection des rayons, c'est afin de faire suivre la formule de délivrance par la prière {'amida), qu'on dit, en ce cas, au jour. R.Zeira dit: j'en vois le motif (indiqué par ces mots : Psaume lxxii , 5 ) : ils t'adoreront avec le lever du soleil. Mar Oukba raconte que les gens zélés' se levaient à la première heure et disaient lesc/iema% puis récitaient les au très prières, de façon aies terminer à l'arrivée des rayons du soleil. R. Juda racontait qu'il suivait en route R. Eliézer ben-Azaria et R. Akiba, qui s'occupaient de divers sujets religieux. Lorsque, dit-il, l'instant du schema" arriva et que je le récitai , je crus qu'ils l'oubliaient par préoccupation. Je me mis à le réciter de nouveau. Ils ne le commencèrent que lorsque le soleil darda ses rayons au sommet des montagnes.

ciiAPiTiiK i>i{iaiii<:R. i:>

fcAu inoiiHMil de la projeclioii clesrayoiis solaires. •)?

l\. Zabdi fils de H. Jacob bar-Zabdi, au nom do R. Yoiia, dil (ju'il IjiiiI allendre que Ic soleil scintille au sominel des iTionla|}nes.

fT Selon H. .lu da, jusqu'à la Iroisiènic heure (() heures), n

Cet avis, selon H. Idi , H. Ilamnona et R. Ada har-Aha, au nom do Rab, s'applique à celui qui a oublié la lécitalion du schema . R. Houna dit: Cela fail l'objet de la discussion de deux amoraïm, dont l'un applique cet avis a celui qui a oublie' le schema . Son interlocuteur lui objecte ceci : Peut-on établir une règle pour celui qui oublie de faire la prière? Si l'avis de R. Josué sert de règle, il doit être telpourtous? Oui, mais si l'on a toutefois parlé de celui qui oublie, c'est pour que cbacun ait soin de dire le schema' en son temps.

On a enseigné ceci : on s'interrompt (de l'étude de laloi)pour iirelescAemn^, mais non pour Y'amida. R. Aba dit : C'est que le sc/icm^' est prescrit par le Pentateuque , tandis que l'autre prière ne l'est pas. R. Ra dit : c'est qu'il y a un temps déterminé pour le schema', non pour la prière. R. Yossé dit : C'est que le schema' ne demande pas une altention soutenue comme Y'amida. Rabbi fit une objection à R. Yossé : En admettant, dit-il, que le schema' n'exige pas une attention soutenue, les trois premiers versets du moins ne l'exigent-ils pas? Oui, lui répondit-il; mais, comme ils sont fort courts, on s'y applique ^ R. Yobanan, au nom de R. Simon ben-Yobaï, dit '^ : Lorsque nous sommes à l'étude de la Loi, nous ne l'interrompons même pas pour lire le schema' ; mais il ajoute en son propre nom : nous qui ne sommes pas aussi assidus à l'élude, nous nous interrompons même pour dire V'amida. Chacun de ces avis est conforme aux opinions de chacun de ces rabbins; car R. Yobanan disait : plût au ciel que l'homme priât toute la journée, attendu qu'une prière n'est jamais perdue. D'autre part, R. Simon ben-Yobaï dit : Si j'avais été sur le mont Sinaï au moment où la Loi fut donnée à Lsraël, j'eusse demandé à Dieu de donner à l'homme deux bouches, l'une pour lire la Loi, l'autre pour causer de ses affaires ordinaires. 11 dit ensuite : si avec cette seule bouche le monde se soutient à peine contre les calomniateurs, qu'arriverait-il si les hommes en avaient deux?

R. Yossé dit devant R. Jérémie : l'avis de R. Yochanan est conforme à celui de R. Hanina ben-Akabia, car il est dit : les écrivains des rouleaux de Penlateuque, de phylactères et de mezouzoth (écriteaux des portes) doivent s'interrompre pour lire le schema', et non pour V'amida. R. flanina bon Akabia dit : comme ils s'interrompent pour l'un , ils doivent agir de même pour les autres commandements

' El leur conlenu commaiifle ratteiition. — '' lîabli, [iwilé Schahhnlli , fol. i i".

l(i Tl{ \ITK DKS \\VA\ \kllOTI[.

(Ic la Loi; mais il ir.KJiiicI pas quOii s'iiiIcM'roiupc pour lairc la sinina on hî hndah (^.). cérémonies de la l'été des leiilcs). Mais |{. Sinion luisl-il pas d'avis (pTil ne l'aiil pas apprendre si l'on ne veut pas exécuter? (c'est-à-dire, à (juoi bon étudier la Loi et apprendre les pratiques du culte, si on ne les exerce pas?) Cai', en ce cas, il vaudrait mieux ne pasa\oir été créé? Et IL Yoclianan ne dilil pas aussi de celui (jui apprend la Loi sans agir en conséquence, quil vaudrait mieux que la matrice de sa mère se fût refermée sur lui et qu'il ne lût jamais né? [réponse) IL Simon ])en-\oliaï a y)our motif que tous les deux préceptes soni prescrits, et un ordre ne saurait délruire l'aulre. Mais n'a-t-on |)as appris que celui qui lit trop tard ne fait qu'une simple lecture (sans valeui' liturgique)? Cela ne démontre-t-il pas qu'en temps opportun la prière doit précédei' l'éludf;? C'est bien vrai; cependant, dit R.Juda , comme R. Simon ben-^ochaï s'adonnait sans cesse à l'étude, elle était préférée. R. Aba Mare dit : la lecture tardive n'a que la valeur d'une étude biblique, mais en temps opportun elle équivaut à la Mischnâ. R. Simon ben-Yochaï est conséquent envers lui-même : Si on lit la Rible, dit-il, c'est un mérite secondaire. Selon les rabbins, elle équivaut à la Mischnà ^

6 (3). L'école de Schaiîimaï dit : Le soir, chacun doit se coucher pour faire cette lecture, et le matin se tenir pour cela debout, car il est écrit (Deutéron. vu, 7) : ^^ En te couchant et en te levant. ->-> L'école d'Hillel dit: Chacun lit à volonté quelle que soit sa position, puisqu'il est dit (ihid.) : cr/sn 'parcourant ta route ^.11 Pourquoi est-il dit alors: ^ En te couchant et en te levant? r) Cela signifie: Au moment où les hommes se couchent et lorsqu'ils se lèvent.

On voit que Hillel explique les deux versets. A quoi Schammaï applique-t-il le verset qui sert d'appui à son adversaire? Selon lui, il sert à exclure celui qui s'occupe des sujets religieux et le fiancé'"^. Un jour R. Eliézer ben-Azariab et R. Ismaël s'arrêtèrent à un endroit, le premier était couché, le second debout. Lorsque l'instant du schema du matin arriva, l'un se leva (selon Scbammaï)et l'autre se pencha.

Le premier dit au second: Nous agissons comme celui que Ton complimenterait de sa longue barbe et qui irait la faire raser; de même, moi qui étais couché je me lève, et toi debout tu te pencbes? — Toi , répondit-il , tu t'es levé ,

* Par crainte d'oublier la Mischnâ, ^ Or la marche ne permet pas de rester

qu'on étudiait par cœur, on la faisait pré- debout, et encore moins d'être couché, valoir. ' Tous deux en sont dispensés.

CHAIMTKE l>HK.MIi:i{. 17

selon Tavis de ScliaiuiDuï, moi j'ai l'ait l'inverse, comme le permel Hiliel; on bien encore, j'ai agi ainsi, pour qne les disciples, en me voyant, n'<;lal)lissenl. pas comme règle l'avis de Scliammaï d'après mon exemple.

7. J(^ me suis trouvé (m roule, dit H. Tarplion; el, m'étant penche pour faire la lecture, selon l'avis de Scliauimaï, j'ai couru le danger d'etre pris par les brigands (ne les ayant pas vus à temps) : Tu méritais d'etre puni, lui fut-il répondu, pour n'avoir pas suivi l'opinion de Hiliel.

Les sages disent au nom de R. Yochanan ^ : Les paroles des rabbins se rapprochent de celles de la Loi et sont aussi aimables qu'elles : Ton goût "^, est-il dit, ressemble à celui du bon vin (Cantiques, viii, lo). Selon Simon bar-Vawë, au nom de R. Yocbanan, elles se rapprochent de la loi et elles lui sont préférables : Car tes amours sont meilleurs que le vin (ibid.). En voici la preuve, selon R. Abba bar-Cohen, au nom de R. Juda bar-Pazi : Car, si R. Tarpbon n'eût pas lu le schema' du tout, il n'eût transgressé qu'un ordre atïirmatif, passible d'une peine légère, tandis qu'en agissant, par sa manière de lire, contrairement à l'ordre de Hiliel, il s'exposait à la mort, en vertu du principe exprimé ainsi : Celui qui renvei'se la haie (autour de la Loi ) sera mordu par un serpent (Ecclés. x , 8). R. Ismaël enseigne ceci : Les ordres du Pentateuque comprennent soit des défenses, soit des permissions : les unes sont graves, les autres ne le sont pas; mais les paroles des docteurs le sont toujours. En voici la preuve : nous avons appris que la négation du précepte des phylactères, ce qui est une opposition à la loi, n'est pas un péché (car il n'y a qu'à consulter le texte pour savoir qu'il existe); mais celui qui y placerait cinq sections (au lieu de quatre) et ajouterait ainsi aux ordres des docteurs serait condamnable. R. Hanania, iîls de R. Ada, au nom de R.Tanboum bar-R. Hiya, dit : Les paroles des sages sont plus graves que celles des prophètes; il est écrit (Micbée, ii, 6 et 1 1): rrOn dit: iNe prophétisez point. Ils^ prophétiseront. Mais ils ne prophéliseront pas pour ceux que la honte ne quitte pas.v Puis : crJe te prédirai du vin et de la boisson.^ A qui ressemblent le prophète et le sage ? A deux courriers envoyés par un roi à une province : pour l'un, il ordonne que s'il ne montre pas son cachet et son turban, on ne lui ajoute pas loi; pour l'autre, il prévient qu'on le croie sans ces indices. De même, pour le prophète, il est dit : il vous donnera un signe ou un miracle (Deuléronome, xiii, 2) , tandis qu'ici il est dit : Conformément à la loi quils {enseigneront (c'est là leur supériorité).

' Même série, traité Synliédrin, eh. xi, entend les paroles des rabbins. — ^ C'est- S 6; Aboda zara, ch. n, ^ 8. à-dire ios sages; leurs paroles comnien-

Par les mots ton goûl et les amours , on tei'ont la Loi.

IS Tl{ \ITK DKS r.Ki; \KII()TII.

Touldois, ('('la ii'(?.s( dit (pM' si ini halli-Lol ^ s csl i'.iil ciiIcihIk'. Sans («Ha, si Tom \eiila|fii* sovc'rcment ol adopter coiniiM' ivmIcs dc coiiduito les avis les plus Ifraves (1(3 Sdiauirnaï cl de lliliel, on osl dijpKj dn vorset (jiii dit (Kcch'siaslc, II, 1 A) : Uinsensé marche dans robscurité (car ces avis se contredisent parfois); si l'on adopte les avis les plus commodes à suivre de Tun et de Tautre, c'est de rim[)i()t(3. Comment faire alors? Suivre tant()t les avis les moins siîvères, tanl(')( les plus graves, n'est-ce pas arbitraire? C(3la n'est vrai qu'autant que l'on n'a pas entendu le bath-kol; mais, depuis (ju'il s'est révél(i pour Ilillel, Tavis de Hillel sert toujours de r(îgle, et celuf ([ui le transgresse est digne de la peine de mort.

On a raconté que le baih-kol a dit: fLes avis des uns et des autres sont les paroles du Dieu vivant, mais l'avis de Hillel prédomine.^

Où s'est-il r(3vél(3? A Ya])ni3, à ce que dit R. Bivi au nom de B. Yoclianan.

8 (i). Le matin, on dit deux bénédictions avantlescA^ma' etune après cette prière; le soir, il est précédé et suivi de deux bénédictions; que l'une soit longue et fautre courte, dès qu'il est ordonné une prière longue, il n'est pas permis d'en dire une courte, ni de faille l'inverse; lorsqu'on doit la terminer par la formule de clôture (^sois loué, Eternel, etc.), il n'est pas permis de supprimer cette foi^mule , et vice versa.

R. Simon, au nom de R. Samuel bar-Nachman, dit: Cette disposition des prières a lieu en vertu du verset (Ps. i, 2): Tula méditeras jour et nuit; la me'ditation du jour et celle de la nuit doivent être égales ^.

R. Yossé bar-Abin, au nom de R. Josué ben-Lévi, dit que c'est en vertu de ce verset (Psaume cxix, 166) : Sept fois par jour f ai loué les actes de ta justice; R. Nacbman ajoute : Celui qui accomplit ce précepte, de louer Dieu sept fois, agit aussi bien que s'il méditait la loi jour et nuit. Pourquoi lit-on chaque jour les deux sections du schema ? R. Levi et R. Simon ont tous deux répondu. R. Simon dit: Parce que chacune rappelle le précepte de le lire au coucher et au lever. R. Levi dit: Parce que le Decalogue y est résumé. Ainsi, 1° je suis TEteimel ton Dieu correspond à écoute Israel, V Eternel est notre Dieu; 9" tu n auras

pas d'autres dieux devant ma face, aux mots ï Eternel est un; 3° tu ne proféreras pas en vain le nom de TEternel, aux mois tu aimeras l'Eternel ton Dieu, car, si l'on

' Voir ce qu'en dit ['Introduction, §11. des tsitsilh, n'a pas lieu d'être appliquée , ■ (Vest à-dire, comme le soir la troi- on récite en revanche une bénédiction de sième section du schema , consacrée à la vue plus que le malin.

cil A PIT UK PKIvMIEK. P.)

aimo lo roi, on no [)iTtera ])as do Taux sonnent en son nom; A" soiirims-toi dir jow (lu sahbat et smictific-le , aux mois qua lu te souviennes.

Rabbi ajoulo : C'est ce procopte du sabbat qui é([uivaut à tous les autres, car il est écrit: Tu leur as fait connaître ton saint sabbat, tu leur as ordonné des commandements et des lois, etc.; cela démontre qu'il o'quivaut à toutes les prescri])tions religieuses. — 5° honore ton père et ta mère, aux mois ajin que vos jours et ceur de vos enfants se multiplient '; G" tu n'assassineras pas, aux mots vous périrez bient()t, car celui qui tue sera tue; 7" lu ne commettras pas d\id altère , aux mois vous ne suivrez pas Vélan de vos cœurs et de vos yeux; or, dit R. Levi, le cœur et les yeux sont des séducteurs qui entraînent riiommo vers le poché (comme organes de la convoitise), car il est écrit (Proverbes, xxiii, aG): Monfds, donne-moi ton cœur, et tes yeux suivront ma voie; le tros-saint [béni soit-il | dit: Si tu me donnes ton cœur et tes yeux, je sais que tu os à moi ; 8" tu ne voleras pas répond aux mots tu récolteras ton blé, et non celui de ton voisin; 9° tu ne tétuoigneras pas contre ton prochain faussement , aux mots je suis ÏEternel ton Diei; et il est dit: UEternel Dieu de véiité. Et que signifie ce dernier mot? R. Aboun dit: Il est le Dieu vivant et le roi do l'univers. R. Levi dit: Lo tros-saint a dit qu'un faux témoignage contre son prochain équivaut au blasphème do nier Dieu comme créateur du ciel et de la terre; 10" tu ne convoiteras pas la maison de ton voisin, aux mots: vous écrirez sur les frontons de ta maison, et non de la maison de ton prochain.

On a enseigné'^ :Lo chef de la section du temple disait aux sacerdotes de faire une bénédiction, et les assistants y répondaient. Quelle bénédiction faisaientils? Selon R. Matna, au nom de Samuel, c'est la bénédiction do la Loi; puis on lisait lo Decalogue et les trois sections du schema'. R. Ame, au nom de R.Lakisch dit: Cela démontre que l'omission des bénédictions (qui accompagnent le schema') n'empêche pas la récitation. R. Ra dit : Cola ne prouve rien, car le Decalogue est comme la partie intégrante du schema par son contenu (et no forme pas une interruption). Or, R. Matna et R. Samuel bar-Nahman disent: On ferait bien de réciter chaque jour lo Decalogue (comme prière); pourquoi no le fait-on pas? Pour ne pas donner aux détracteurs de la religion lieu do supposer que lo Decalogue seul a été révélé à Moïse sur le mont Sinaï. R. Samuel bar-Nahman, au nom de R. Juda bar-Zebda, dit : On ferait bien chaque jour do lire le chapitre do Ralak et de Riloam, et l'on s'en abstient pour ne pas fatiguer les fidèles. En effet, dans ce chapitre, selon R. Houna, se trouvent mentionnés le coucher ol le lever du soleil (Nom. xxiii, îiA), et, selon R. Yossé

^ C'est la récompense énoncée dans ^ Mischna, f)''|)artie. tr. Tawid . châ-

le Decalogue, pour le respect envers les |)itre v. ^ 1". narents.

1>0 TKAITM DKS HKIJ \KII()TII

bar-lioun, ia sorlic (I'Kjiyplc ol la roynnl/' {ilnd. "29.). S(;l()ii 15. Klif'zcr, eel (!j»i sodc dcwrail sc dire, j)arcn qu'il se hoiivc dans Ic; PcnlatouqiKî, dans les Vropliolcs (Miclino, VI, 5) (\{ dans los Ha^fiojrraplifs (NéluMiiic, xni, ?•).

Le cher (\c la sorlion do service ordoniiail done les bénédirlions, (|ne les assistants ropélaicnl : rV'tail d'a])ord la hénédirdon de la Loi, Ahaha [9" du malin); cependant la première n'avait pas encore vie dite? H. Samuel, frère de R. Berachia, répond que , la lumière du soleil n'ayant pas encore paru alors, on ne pouvait pas, en louant Dieu, le nommer Formateur des luminaires (on la déplace donc). Le samedi, on ajoute une bénédiction pour le détacliement des gardes qui sortent (à leur tour). Quelle est cette prière? Selon 1». Ilelbo, c'est la suivante : ffQue celui qui réside dans cette maison (Dieu) implante au milieu de vous la fraternité, l'amitié, l'a paix et les bonnes relations. 11

Samuel dit : Si quelqu'un s'est levé de bonne beure pour étudier la Loi avant la récitation du schéma , il doit dire la formule de bénédiction de la Loi; après le schema , ce n'est plus nécessaire (caria bénédiction du schema' en dispense), à la condition, ajoute R. Ba, que l'étude ait lieu immédiatement après la prière. R. Houna dit: Si le sujet parait être de l'exégèse, il faut dire la formule; mais si c'est un sujet juridique, c'est inutile. R. Simon dit qu'il faut la réciter dans tous les cas. R. Hiya bar-Ascbe raconte ceci : Nous avions l'babitude, en étudiant devant Rab, soit de l'exégèse, soit de la jurisprudence, de dire la formule de prière. Si on lit le schema avec les autres gens de service au temple, on n'a pas accompli le devoir, car ils le disaient à une heure tardive (par suite des travaux). R. Zeira, au nom de R. Ame, dit: Au temps de R. Yochanan, nous sortions au jour du jeûne et nous lisions le schema après la troisième beure (9 b.), sans que personne nous l'interdit. R. Yossé et R. Aba sortaient aussi en ce jour, et on lisait le schema' en public après la troisième beure. R. Aba voulut s'y opposer. R. \ossa lui dit: Ils l'ont déjà lu en temps opportun, et ils ne le répètent que pour réciter ensuite Y'amida. C'est à cause des gens du peuple, répliqua R. Aba, que je m'y oppose, afin qu'ils ne supposent pas que c'est le moment opportun de faire cette lecture.

Voici les offices qu'on peut prolonger: ceux du nouvel an, du grand pardon, ou d'un jeûne public. C'est par sa manière de prier qu'on peut distinguer le savant de l'ignorant. Voici les courtes prières : celles des préceptes concernant la jouissance des fruits, l'invitation à l'action de grâce après le repas, et la dernière partie de ces grâces. Cela veut-il dire que toutes les autres peuvent être prolongées? Non, dit Hiskia : De ce qu'il a été dit que la prolongation est une mauvaise qualité et l'abréviation une bonne, on peut conclure qu'il n'y a pas de règles fixes (la catégorie des brèves est donc indéterminée). Au jour de jeûne, il faut prolonger la formule de délivrance d'Israël dans ï'amida (y ajoutant anéuou , etc.). Est-ce à dire que, pour les autres six prières médiales, lad-

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dilioii n'a pas lieu i(contrairement aux règles)? U. Yossé léjiond : Pour (jue l'on ne puisse pas su[)|)oser ([ue cette prièie, faisant ])ai'tie de ï'amida, ne doive pas être ])rolongée, il a lallu énoncer le précej)te de ladite prolongation (aux jours déjeune). Voici les lorniules de bénédictions, à la lecture desquelles on se courbe : à la première de ï'am'uld, au commenceinent et à la fin, ainsi qu'à Tavant-dernière qui est celle des grâces. A celui qui se courbe pour chacune d'elles, on enseigne quil ne faut pas agir ainsi. R. Isaac bar-^allman, au nom de R. Josué bar-Lévy, dit : Le grand prêtre se courbe à la fin de chaque bénédiction; le roi, au commencement et à la fin. R. Simon dit au nom du même : On se ploie un peu , et Ton ne se redresse qu'après la prière achevée. Pourquoi? Parce qu'il est dit: Lorsque Salomon eut achevé de réciter devant l'Eternel toutes les prières et supplications , il se leva de devant F autel de Dieu et cessa de s agenouiller (I Rois, viii, 5/i). Comment fait-on la génuflexion et le prosternement? R. Hiya-Rabba, en montrant à Rabbi la première manière de se eourber, est devenu boiteux, puis il a été guéri; tandis ([ue R. Levi bar-Sissi, en montrant la seconde, n'a pas été guéri : Ses mains, est-il dit (dans ce verset) étaient étendu£s vers le ciel;R. Aïbo ajoute qu'il se tint comme un certain podagre (c'est-à-dire un peu courbé). Ce mot indique, dit R. Abina , que ses mains n'ont pas du tout bénéficié de la construction du temple. R. Halaphta ben-Schaoul enseigna que tout le monde se courbe avec l'officiant, lorsqu'on dit la fin de l'action de grâce. R. Zeira dit: Non, on se courbe seulement au mot modim; il suivait l'officiant mot à mot, afin de se prosterner en même temps que lui, au commencement et à la fin des sections. I^orsque R. Yossa se rendit en Palestine, il vit qu'on se baissait en disant des mots à voix basse, et il s'informa du sujet dit à voix basse. Comment a-l-il pu s'en étonner? Ne savait-il pas ce qu'avait dit R. Helbo au nom de R. Yochanan et au nom de R. Jérémie, R. Ilanina au nom de R. Mayscha, R. Hiya au nom de R. Simaï, ou, selon d'autres, les condisciples au nom de R. Simaï? Voici la formule : rrNous reconnaissons humblement, devant toi, maître de toutes les créatures, Dieu digne de louanges, rocher des mondes, être vivant de l'univers, auteur de la création, toi qui ressuscites les morts, que tu nous as donné la vie et que tu nous la conserves, que tu nous pardonnes nos fautes, que tu nous soutiens et que tu nous permets

de rendre grâce à ton nom; sois loué, Eternel, digne des louanges.?"» R. Ra bar-Zabdi disait une autre formule au nom de Rab : rcNous reconnaissons avec humilité que nous devons rendre grâce à ton nom; que mes lèvres chantent, car je te célèbre du fond de mon âme, que tu as rachetée; sois loué, Eternel, digne des louanges. ?■) R. Samuel bar-Mena, au nom de R. Aha , disait : rr Grâce et louanges à ton nom; à toi la grandeur, à loi la force, à toi la majesté; qu'il

te plaise. Eternel, notre Dieu et Dieu de nos ancêtres, de nous soutenir dans notre chute et de nous relever de notre abaissement, car tu soutiens ceux qui

l)i> TKAFTK DKS KK IIAK IfOTII.

lomhciil i'l III ie(li<;ss(;s aiux (jui soul coiirhés; Iti (îs [iIci'm dc miséricorde, el

il ify a mil aiiiro (jik; loi; sois loue, ElcM'ncI, di[jne dos louanjjcs.^ Har-Kapara disait: r Devant toi, il faut s'a|[eiiouiller, se courber, se prosterner, s'humilier; devani loi, tout genou doit lléchir, et toute lanfjuo doit t'invcxjucr. A toi, seijfneur, appartient la grandeur, la force, le gloire, la victoire et la majesté. A loi lout ce qui est dans le ciel et sur la terre. A toi rem[)ire et la souveraineté sm* toute chose. Tu donnes les richesses et les honneurs. Tu règnes sur toul, et en tes mains résident la force et la puissance. Tu as le pouvoir d'agrandir et de rallermir tout. Aussi, seigneur, nous te rendons grâce et nous louons ton nom majestueux. De tout notre cœur et de toute notre âme, nous nous prosternons. Toms mes organes disent: 0 Dieu, qui est semblable à toi? Tu délivres le pauYPe^tles mains de celui qui est plus fort que lui , et tu défends le nécessiteux contre celui qui le ravit. Sois loué, Eternel, digne des louanges. 77 R. .Judan dit : Les rabbins ont l'habitude de dire tout cela (c'est ce qui les faisait prier à voix basse); selon d'autres, on disait tantôt une formule, tantôt l'autre.

En général, on ne doit pas trop se courber. R. Jérémie dit : On ne doit pas se tenir comme le crapaud ^ mais plier toutes les parties de son corps, pour que tous nos organes fadorent. On conteste ici l'avis de Hanan bar-Ra. 11 disait à ses collègues : Je vais vous dire une bonne nouvelle: j'ai vu que Rab agissait ainsi, en se pliant, et je l'ai dit à Samuel. Celui-ci s'est alors levé et m'a embrassé. — En disant sois loué, on doit se courber, et lorsqu'on vient à mentionner le nom de VEternel, il faut se lever. Samuel en dit la raison; c'est qu'il est écrit: Dieu redresse ceux qui sont courbés (Ps. cxlvi, 8). R. Ame dit : Gela ne me parait pas juste; ne doit-on pas s'incliner en prononçant ce nom comme il est dit: ils sliumilient (s'abaissent) devant mon nom (Malachie, n, 5)? R. Abin dit: S'il avait été dit par mon nom, il faudrait se courber en le proférant; mais comme il est dit devant mon nom, il faut se courber avant de le prononcer. R. Samuel bar-Nathan et R. Hama bar-Hanina racontaient que quelqu'un qui en olïîciant s'était trop courbé avait été mis en interdit sur l'ordre de Rabbi. R. Yochanan dit qu'on l'avait fait descendre, et R. Hiya bar-Ra dit qu'on l'a seulement réprimandé. Voici les bénédictions qui commencent par la formule : Loué soit Dieu. D'abord , en règle générale , elles se terminent toutes par les mots baroukh, etc. Si deux bénédictions se succèdent, comme, par exemple, pour la lecture du schema' et de Y'amida, on ne commence pas par cette formule. Mais, objecte R. .ïérémie, pourquoi, pour la bénédiction de la délivrance (dite le soir de Pâques), dit-on cette formule, quoiqu'elle suive de près une autre bénédiction? Ceci est différent, car R. Yochanan dit: Si on a entendu la lec-

' Car, lorscpTil se courbe, sa tête est debout.

CHAIMTKL PU EM 1ER. n

line (lu ludlel ' au Lcniple, on en est dispeus<; (car, on ce cas, ne répétant jjas le liallel, la i'orniule se trouverait là isolée). R. Eliézer objecta à R. Yossa: Connnentla lin de cette même bénédiction contient-elle aussi ladite formule, bien (ju'elle suive l'autre de près? (ielui-ci lui répondit: Ce sont deux parties distinctes: l'une s'appliqu(; à l'avenir, l'autre au passé. Ne peut-on pas l'aire la même objection pour la Imbdallah (prière de séparation entre le samedi, ou jour de l'ète, et la semaine)? C'est encore dilï'éreut, car R. Ra bar-Zabdi disait que Rabbi les récitait isolément, et qu'ensuite il les disait ensemble, le verre en main^. R. Hiya-Rabba les disait (de suite) ensemble. L'invitation à la bénédiction du repas (qui présente la même dilïiculté) s'explique aussi, car, si deux personnes seulement mangent ensemble, elles ne disent pas ce qui précède l'action de grâce. Quant à la fin de la première section de cette action de grâce (qui contient improprement ladite formule), c'est une question qui n'est pas résolue. De même, pour la quatrième section de la bénédiction du repas, elle est ainsi formulée, parce que, selon R. Houna, elle a été rédigée (isolément) lors de l'ensevelissement des guerriers de Rethar : Par le mot bon (qui s'y trouve), on rappelle que ces morts ne sentaient pas ^; et, par le terme hametib (bienfaiteur) , on rend grâce à Dieu de ce qu'enfin on a pu les enterrer. Si la formule de sanctification (kiddousch) des samedis et jours de fête commence de même (quoiqu'elle suive de près d'autres bénédictions), c'est que parfois il arrive qu'étant assis à boire, la veille au soir avant la nuit, on ait sanctifié la fête sans discontinuer, et, par conséquent, sans réciter la formule de bénédiction pour le vin (c'est-à-dire isolément). Quant à la formule finale, si elle semble contraire à la susdite règle, c'est que, selon R. Mena, elle représente le modèle ordinaire des bénédictions. R. Judan dit: Si la bénédiction est courte, elle commence par les mots sois loué, Eternel, mais elle ne finit pas ainsi. Si elle est longue, elle commence et finit de même. Pour toutes les bénédictions, on se dirige d'après leur fin, mais non d'après les versets intercalés ^. R. Isaac bar-R. Eliézer objecta à R. Yossé : S'il est admis qu'on règle la bénédiction d'après sa fin , pourquoi ne pas dire qu'elle doit se rapporter au verset? Les enfants, répond-il, sont aussi sages (ironie); voici ce qu'on

' C'est la suite des psaumes cxiji à Imbituelle, on avait par oubli lu une bénécxvm, qu'on récite à l'olïice des jours de diction du soir et (pi'au moment de terfête et de néoménie. miner on se souvienne de l'erreur, et qu'on ^ Pour dire la habdallnh. dise les derniers mots de celle du matin, ' Quoiqu'ilssoientrestésquelquetemj)s cela suffit. Il est inutile, en ce cas, de réciter sans sépulture. des versets bibliques applicables au sujet

4 ni.

C'est-à-dire, dans la récitation des développé dans la bénédiction , et de les bénédictions on se dirige d'après la fin. faire suivre de l'expression finale : Loué Or, si le matin, en faisant la récitation W/ f)ieu , etc.

L>/i TMAITÉ DKS HKRAKIIOTH.

eiilend nai- les mois : J)'a|)rès la iiii : Si le malin on avail, [)ar crroui, in une bénédiclion (in soir, (.'l (ju'oii terminant cm dise la fin exacte du matin, le devoir i^st accompli, li. Acha dit: Toutes les bénc^diclions se dirigent d'apn^s la lin; et ceux (}ui intercalent (dans la S'' section de Taclion de grâce du repas) le verset (Isaïe, xii, 6) : Sois joyeux et chante, liahitant de Sion, ne le font pas pour que la bénédiction s y rapporte (mais arbitrairement).

9 (5). Ou rappelle dans la |)rière du soir la sortie d'Efjypte (Nombres, xv, S'y). W, liliézer ben-Azaria dit : Je suis presque un septua{]énaire et je n'ai pu parvenir à faire réciter à la nuit la Sortie (FEgyple, que lorsque Ben-Zônia l'eut déduite de ces paroles : (Deutéronome, xvi, 2) : Souviens-toi de rinstant ou tu es sorti du pays

d'Egypte , tous les jours de ta vie. Les jours de ta vie représentent le jour (en général) ; l'addition du mot tous indique aussi les nuits. Selon les Sages, les jours de ta vie représentent la vie actuelle, et le mot tous compi'end les jours du Messie.

Quoique revêtu de liaules fonctions, Eliézer atteignit de longues années ; mais, selon la règle ordinaire, les grandeurs abrègent la vie. On a enseigné à Babylone qu'il ne faut pas dire (la nuit) le commencement de la troisième section du schema' (Nombres, cb. xv) ; cependant, si l'on a commencé, il faut continuer (comme le veut Ben-Zôma). Mais les rabbins d'ici (de Jérusalem) disent que, dès le principe, on commence à lire les premiers versets de cette section , sans f acbever ^ La Misclinâ est en contradiction avec favis des rabbins jérusalémites, puisqu'elle dit que, la nuit, on rappelle la sortie d'Egypte (ce qui parait impliquer la lecture de tout le chapitre). K. Ba ou R. Juda, au nom de Rab, disent que les paroles de la Mischnâ n'ont eu en vue que la formule suivante : rr Nous te rendons grâce de ce que tu nous as fait sortir d'Egypte et de ce que lu nous as délivrés de l'esclavage, pour que nous louions ton nom.?^

La Mischnâ ne semble-t-elle pas aussi contredire fopinion des rabbins de Babylone^, en faisant entendre que la troisième section n'est applicable qu'au jour? En effet, la section entière n'est applicable qu'au jour (à cause des versets relatifs aux tsitsith, mais les autres se disent (aussi le soir). R. Ba bar-Acha s'est rendu à Babylone, et il a vu que f on commençait cette lecture et qu'on l'ache-

' C'est-à-dire, on omet les versets ayant pelé, que si Ton a commencé à en lire

vi\[)[iovl h \a vue des tsitsith, iprécepie non les premiers versets, il faut continuer,

applicable la nuit, et l'on passe aux versets contrairement à la règle jadis en usage,

relatant la sorti(î d'Egypte. selon la Mischnâ, de ne pas les redire le

' Ils (lisfMil . roiiiiiic il M(Mil d'être ran- soir.

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