CHAPITRE il
1 . Si quelqu'un étudie le passage du schema dans le Penlateuque et qu'arrive Finstant de la récitation, il suffira dy appliquer son attention (à titre de culte); au cas contraire, cette lecture ne suffit pas. Entre les chapitres, l'on peut le premier saluer les personnes qu'il faut honorer et l'on peut répondre aux saluts; au milieu d'un chapitre, on ne doit saluer ni répondre qu'en cas de crainte ou de danger ^ C'est l'avis de R. Meir. R. Juda dit : Si l'on est au milieu, on adresse le salut en cas de danger, et, pour faire honneur à quelqu'un, l'on répond seulement; mais, entre les chapitres, on salue pour faire honneur et l'on répond à tout le monde.
R.Ba dit: Cette assertion de la Mischnâ (qu'il suffise d'appliquer l'attention au cas où par hasard on lit le schema dans le Pentateuque) prouve que le défaut des bénédictions n'est pas un obstacle à faccomplissement de ce devoir^. R. Yossa dit : Si l'on admet que les bénédictions sont indispensables, dès qu'on les a dites (avant ou après), il faut pour toutes s'y appliquer; si ce n'était pas sous-entendu, il eût fallu dire aussi dans la Mischnâ qu'il est interdit de s'interrompre entre les sections du schema (ce qui est difficile dans une lecture fortuite, à cause de l'intervalle qui les sépare) , et cependant on n'en a rien dit ; de même, (juoiqu'on n'ait rien dit des bénédictions, il faut les réciter et s'y appliquer.
' L'interruption de la prière, à inoins les Juifs couraient au milieu des Ro-
d être inévitable ou indispensable, cons- mains.
titue une irrévérence envers Dieu, que le ^ Puisque, dans l'hypothèse de la
sentiment du respect explique aisément ; Mischnâ , on suppose seulement qu en ii-
et il ne faut [)as oublier, d'autre part. sant le Pentateuque on arrive, au mo-
combien les Orientaux attachent de IMni- mont de prier, au schema, sans avoir fait
portancp aux saluts, pl rpiels dang^eis les prières préalables.
28 THAITK l)i:s HKHAKIIOTH.
L'o[)iiii()ii coiilrain; (do U. Wa) se prouve parce qui siiil : H. Mia dit, ui nom de H. Juda : il sullit de s'être appli([ué à la lecture de la [)rernière section, sans avoir Hiit de même pour la seconde section (il en est ainsi, à plus forte raison, des hénédictions). Quelle diiïérence y a-t-il sous ce rapport entre ces deux sections? C'est que, dit U. Ilanima, tout ce qui est écrit dans l'une est répété dans l'autre. S'il en est ainsi, pourquoi en lire plus d'une? La première, dit W. lia, s'applique à l'individu seul, la seconde à la communauté ([>arce quelle est rédi(jée au pluriel, sous forme d'adresse au peuple) ; la première à la théorie, la seconde à la pratique ^ Bar-Kapara dit : Il suffit d'appliquer son attention aux trois premiers versets. On a en efïet enseigné qu'il faut appliquer l'attention, dans cette récitation, jusqu'aux mots : vous les inculquer-ez (mas préceptes) ; après quoi, la simple lecture suffit^. R. Houna , R. Ouri, R. Joseph, R. Juda, au nom de Samuel, disent : 11 faut (pendant cette lecture) assumer sur soi la souveraineté céleste en se tenant debout (comme signe de respect). Quoi ! si l'on était assis, on devrait se lever ? (N'est-ce pas contraire à l'avis de Hillel?) Non; cependant, si Ton marche, on doit s'arrêter (afin de donner à l'expression plus de gravité). On a enseigné qu'il faut prolonger le son du mot inN% un. R. Nahman bar-Jacob dit qu'on doit prononcer longuement la fin seule de ce mot. Soumchos bar-Joseph dit : Celui qui prolonge ce mot verra ses jours et ses ans prolongés en bien. R. Jérémie prolongeait ce son beaucoup trop: Tu n'as pas besoin d'insister autant, lui dit R. Zeira; il sulîit d'y mettre le temps nécessaire pour reconnaître (mentalement) le règne de Dieu au ciel, sur la terre et sur les quatre points cardinaux. Rab demanda à R. Hiya-Rabba : Comment se fait-il que je ne voie pas Rabbi assumer sur lui la souveraineté céleste? Il lui répondit : Quand tu le verras se poser les mains sur le visage, il accomplira cet acte de soumission envers Dieu. Mais, lui redemanda Rab, ne faut-il pas rappeler la sortie d'Egypte (ce que je ne lui vois pas faire en ce moment) ? Il n'est pas possible, répondit-il, qu'il n'en dise pas quelques mots (ce qui suffit). R. Tabiomé demanda à R. Hiskia : Ne peut-on déduire de la manière d'agir de Rabbi (de se poser la main sur le visage au commencement du schema) qu'il suffit d'appliquer son attention pendant le i'" verset? Non, répondit Adda, il a été enseigné que l'attention doit être soutenue jusqu'aux mots : vous les inculquerez. R. Mena dit, au nom de R. Juda ou au nom de R. Yosé le Galiléen^: Si l'on s'est interrompu dans le cours de cette récitation pendant le temps qu'il faudrait pour achever le tout, le devoir n'est plus accompli intégralement (et il faut recommencer). R. Ba et R. Jérémie,
' Parce qu'on y trouve les mots : vous Dnjju'l , qui signifie à la fois inculquer et les pratiquerc::, (\es \)réceples àWms). répéter, relire. — * Même série, (r. Mc-
" Il y a \h nil jpii de mois sur 1p (eiiiu^ ghillâ, chap, u, J5 i" (fol, 78).
CIIAIMTHI^: If. 29
au nom de Hub, cliieuL ; Cet avis est adopté connue rè(jle, car il a été énoncé au nom de R. Juda, qui le tenait de R. Yosé le Galiléen. R. Yoclianan, au nom de R. Simou ben-Yehoçadak, ajoute qu'il en est de même pour la lecture du HalleU et de la Mcnhillâ (histoire d'Ksther, lue à la fête de ce jonr). Aba bar- R. lïouna et R. Hisda se trouvaient assis ensemble; ils dirent à ce mémo propos qu'il en est encore ainsi lorsqu'on fait sonner le schophar (au nouvel an). Ils se sont rendus à la salbî d'étude de Rab et ils ont entendu dire par R. Houna, au nom de Rabbi, que si même l'on a entendu les neuf sonneries du schophar dans l'espace de neuf heures du jour (soit chaque son à .une heure d'intervalle) , le devoir de l'audition est considéré comme accompli. R. Zeira dit: Lorsque j'étais à Rabylone, je m'en suis informé, et je l'ai appris en descendant ici (à Jérusalem). R. Yosé, au nom de R. Yochanan, dit qu'il est permis même d'avoir entendu ces sons pendant tout le cours de la journée, pourvu que l'ordre des sonneries ait été observé^. R. Yosé fait une question : S'il se trouve, dit-il, deux auditeurs, dont l'un doit entendre (d'après cet ordre) un coup droit, sec (ni?""pn) du commencement, et l'autre un coup pareil pour la fin, le même son peut-il servir d'audition aux deux personnes à la fois? (Le Talmud n'a pas résolu la question.) De même, demande R. Eliézerben- R. Hanina : Si, dans la lecture du schema et de ses bénédictions, ou du schema' sans les bénédictions, ou des bénédictions sans le schema', on s'est interrompu un quart d'heure ; puis, après avoir repris la lecture, s'il y a eu une nouvelle interruption aussi longue, est-elle jugée d'après le temps que met cette personne pour le lire ^, ou est-elle considérée à l'égal des autres hommes? (Sa lecture est-elle non avenue, et doit-elle être reprise?) R. Matna répond : 11 paraît qu'on compte d'après le temps qu'y met ce lecteur. R. Abahou demanda àR. Yochanan : Si, étant en train de réciter le schema', il m'arrive dépasser près d'un emplacement sali, et que par suite je m'interrompe, puis-je, sans manquer à mes devoirs, me contenter de continuer? Mon fils, lui répondit Abahou, si tu t'interromps pendant l'espace de temps nécessaire pour lire le tout, ton devoir n est pas accompli. R. Eliézer est allé voir R. Simon bar-Abba , qui était malade. Celui-ci lui adressa une question : Si, par suite de ma faiblesse, il m'arrive de sommeiller au milieu de la lecture du schema , suis-je dispensé d'une nouvelle lecture? Oui, lui répondit-il. R. Jérémie demanda à R. Zeira : Est-ce que R. Eliézer a décidé ce cas de cette façon, parce qu'il sait que R. Simon bar-Aba est un scrupuleux observateur des prescriptions divines (et
Voir ci-dessus, p. q3, note i. ^ Selon la Misclma placée en tête de
Voici cet ordre : i° n2;^pn (un coup ce chapitre, l'interruption n'annule pas le
droit, sec); 9° n:?nn (arrondi); 3° nou- devoir accompli.
velle ni'^pn.
30 Tl{ \ITK DI^S IJKHAKIIOTII.
(iiril \ aj»|)li(|ii<' sou atloiilion inèiiie tiaiis sou ulal, uialatlif) , on hicua-l-il (lu devoir laiir uuc «'xco|)lion en laveur de sa laibiessf; pailiculièie ? (î'esl d nue façon ('X|)li('i(c (péreinploirc) , répondit-il, que W. Kliézer a jn|jé le cas (par conséquent, si cela arrive inéiue à un homme sain de se trouver dans un étal de somnolence, il n'a ])as besoin de recommencer). C'est un [)oint qui a été mis en discussion. K. Eliézer dit que cette lecture sufïit; W. Yochanan est d'un avis contraire. Toutefois, la discussion ne porte que sur la lecture du schema , pour laquelle rinterru])lion est admissible, parce qu'il se compose de sections (qui ne se suivent pas dans le Pentateuque). Mais, pour la lecture du Ilallel et de l'histoire d'Esther, R. Eliézer se range à l'avis de son contradicteui*. On a enseigné : Celui qui s'interrompt pour s'informer de la santé de son maître ou de celui qui est plus instruit que lui a le droit d'agir comme il l'entend. Cela prouve que l'on doit rendre les honneurs à celui qui est supérieur par le savoir. On le voit encore par ce qui suit : Si quelqu'un déchire ses vêtements à la nouvelle d'un décès (conformément à la prescription légale) et que celui qu'on croyait mort revienne un instant à la vie, puis meure enfin, il n'est pas besoin d'opérer une seconde lacération, si ce décès définitif a eu lieu de suite; mais il en faut une seconde s'il s'est passé un intervalle de temps depuis la fausse nouvelle. Qu'appelle-t-on : de suite? Le temps d'émettre une parole. Mais, quelle est cette durée? R. Simon, au nom de R. Josué ben-Lévi, dit : C'est le temps qui s'écoule à présenter les salutations (courtes) à son prochain. Abba bar-bar-Cana dit, au nom de R. Yochanan : C'est le temps que met à présenter les saints à son maître un disciple qui dise (en trois mots) : cr Salut à toi, mon maître !i5 R. Yochanan s'appuyait (en marchant) sur R. Jacob bar- Idi; dès que R. Eliézer l'aperçut, il se cacha ^. Voilà deux offenses, dit R. Yochanan, que me fait ce Rabylonien : D'abord, il ne me salue pas; ensuite, il cite une de mes opinions sans me nommer. Tel est, lui répondit-on, l'usage chez eux, que l'inférieur ne salue pas son supérieur; ils appliquent ainsi le verset : Les garçons in ont vu et ils se sont cachés (Job, xxix, 8). Comme ces deux rabbins continuaient leur route, ils virent une salle d'étude. Ici, dit R. Jacob (pour le consoler), s'asseyait R. Meir lorsqu'il exposait le sujet d'étude; il a annoncé un enseignement au nom de R. Ismaël, mais il en a répété un au nom de R. Akiba sans le nommer. C'est que, répondit R. Yochanan, tout le monde sait que R. Meir était son disciple. — De même (pour toi), lui répliqua-t-il, tout le monde sait que R. Eliézer est ton disciple. D'ailleurs , peut-on rester impassible devant une idole maudite? — Quoi, répondit R. \ochanan, veuxtu lui accorder cet honneur (de te détourner) ? Passe devant et ferme les yeux. — Donc, ajouta R. Jacob (si c'est faire honneur de se détourner), R. Eliézer a
' Même série, Ir. Sche/adiiN , ch. ii, ^ 7 (loi. 67).
CllAPlTRK
bien l'ail (le ne pas passer devaiil loi. — 0 Jacob J)ai-I(li , répliqua II. \obanan, lu sais satisfaire cbacun.
Mais II. Yochanan désirait qu'on énonçai les opinions au nom do leurs auleurs. C'esl aussi, la faveur que sollicilail David : Je veux séjourner dans tes tentes éternellement (Psaume lxi, 5). U. Pinbas el U. Jérémie, au nom de H. Yocbanan, îijoutèrent cette explication : Est-ce qu'il est jamais entré dans la pensée de David de vivre éternellement; non certes. David demandait seulement comme bonneur futur que ses paroles fussent répétées en son nom dans les syna^j^ogues et les maisons d'étude. Quelle jouissance cela lui procurera-t-il ? Levi bar-Nezira dit : Lorsque, après sa mort, on répète les paroles d'un boinme, ses lèvres s'agitent en même temps dans la tombe. D'oii sait-on cela? De ce qu'un verset dit : Il remue les lèvres de ceux qui sommeillent (Cantique \'iii, lo), comme, dans la cuve, le vin coule tout seul de la graine. R. Hanina bar-Papaï et R. Simon l'expliquent également : l'un dit qu'il lui semble boire du vin aromatisé; l'autre dit qu'il lui semble boire du vieux vin, dont le bon goût reste encore dans la bouche, bien après qu'on l'a bu ^
Il n'y a pas de génération qui n'ait ses railleurs. Que faisaient les moqueurs du temps de David ? Ils se rendaient devant ses fenêtres et ils disaient ironiquement : David, quand le temple sera-t-il construit? Quand irons-nous dans la maison du Seigneur? Et le roi répondait : Quoique vous ayez l'intention de m'irriter, je vous jure que mon cœur est joyeux. C'est aussi ce qui est dit : Je me réjouis en entendant dire que nous nous rendrons dans la maison du Seigneur (Psaume cxxii, i ).
Sur les mots : // arrivera que tes jours seront remplis (II Sanmel, vu, 12), R. Samuel bar-Nahmeni s'est exprimé ainsi : Le Très-Saint a dit à David : Je le compterai des jours pleins, et non défectueux. Mais ton lils Salomon construira ma maison, non pour y offrir des sacrifices, car je leur préfère ce que tu fais: l'exercice de la justice et de l'équité. Et ce qui le prouve, c'est ce verset : La pratique de la justice est préférable^ devant Dieu, au sacrifice (Proverbes, xxi, 3).
cf Et entre les chapitres , etc. i-)
Pour quelles causes (insuffisamment déterminées dans la Miscbnà) doit-on répondre aux saluts^ ? Est-ce seulement en cas de danger, ou même pour rendre
^ Comp. Talmud Babli, Ir. Synhédrin, les sections du schema ou des bénétlic-
fol. ^o\ tiens qui raccompagnent, et celle d'une
^ Cette question du Talmud s'adresse interruption au milieu de ces prières
aux deux suppositions émises par la elles-mêmes. Mischna: celle d'une interruption entre
:V2 TliAITK l)i:s liKirVKIIOTIl.
lioniKîur à (|U('l(|irnn? On |)(!u( \v, décider d'aj)i(«» ceci : Au milieu des cliapilres , est-il dit, ou douue (le ])r(;inier) Je salut en cas de dan^jer et Ton y respond, selou H. Meir; cela prouve donc que, dans rintervalle des sections, on donne Je salut, et (à plus forte raison) le rend-on pour faire lionneur (sans quoi, la seconde hypothèse n'aurait pas hesoin d'etre exprimée). De même (on explique par rinverse la seconde suj)position) : Au milieu, est-il dit, on adresse le saJut en cas de crainte, et l'on y répond, selon U. Meir; or, en quel cas peut-on ré- [)ondre? Est-ce en cas de danger seulement, ou même pour un honneur à rendre? La suite résout le doute ; R. Juda dit : rr Au milieu , on adresse le salut en cas de danger, mais l'on y répond même pour rendre seulement un honneur r» (il va sans dire qu'on répond en cas de danger, puisqu'en ce cas on doit commencer à donner le sâlut) ; cela prouve que, pour l'hypothèse de R. Meir (au milieu), on adresse le salut en cas de danger et l'on n'y répond que pour la même cause (car, s'il était permis de répondre, au milieu, même pour rendre honneur, son avis serait semblahle à celui de R. Juda). Jusqu'à présent nous n'avons parlé que du milieu de la section (dans la supposition que cela veut dire: entre un verset et l'autre). Mais en est-il de même pour le milieu des versets? R. Jérémie faisait en ce cas des signes (mais ne parlait pas). R. Yona répondait verbalement, parce que, selon R. Houna et R. Joseph, on déduit cette permission des mots : tu parleras, D3, contenus dans le schema' ; ces mots indiquent qu'au milieu même du verset on peut parler (lorsque c'est indispensable).
2. Voici ce qu'on appelle les interstices des chapitres : entre la première et la seconde bénédiction, entre la seconde et le schema', entre chacune des trois sections du schema, entre celui-ci et la bénédiction suivante; R. Juda défend l'interruption entre la troisième section et la bénédiction qui suit.
R. Levy dit que R. Juda a pour but de rapprocher ainsi les derniers mots de cette section : je suis VEternel, votre Dieu, du premier mot suivant : vérité, conformément au verset -.VEternel Dieu de vérité (Jérémie, x, lo).
3. Pourquoi, demande R. Josué ben-Korha, les sections sontelles ainsi disposées ^^ Pour qu'on fasse d'abord profession de foi, puis acte d'adhésion aux préceptes de la loi. Le passage (des Nombres) qui forme la troisième section (quoique antérieur) est
' Pourquoi ne pas dire en dernier Heu celles qui, dans la Bible, sont postérieures?
CllAlMTUK I
placé cil dernier' lieu, parce (pi'il ne s\a])])li(pi(' (\ui\u jour^ tandis que la seconde n'a pas de linn'te.
R. Hanina dit, au nom de R. Yorlianan : IMiirquoi (;sl-il présentai liommo de se revêtir de phylactères, de lire le schema cl de prier {V'amiday^. C'est pour qu'il accepte complètement- le joufj céleste. Rab indicpie un autre ordre. On lit le schema\ on revêt les phylactères et l'on prie. La Mischnâ ne semble-t-elle pas en opposition avec l'avis de Rab pour le cas suivant : Si quelqu'un s'occupe d'enterrer un mort et qu'arrive l'instant de la lecture du schema, il devra se retirer dans un endroit pur, revêtir les phylactères (d'abord), lire le schema et prier (par conséquent l'ordre n'est pas le même)? Non, la Mischnâ est conforme à Rab; elle dit seulement que l'homme doit avant tout accepter le joug céleste, puis celui des préceptes divins (contenus dans la deuxième section du schema). R. Yanaï dit : Pour metire les pliylactères il faut un corps pur'', et pourquoi ne les conserve-t-on pas (toute la journée)? Pour démasquer l'hypocrisie (de ceux qui, en les portant toute la journée^, voulaient se faire passer pour pieux). Ainsi, par exemple, il est arrivé à un homme de confier un dépôt à son voisin, qui plus tard nia l'avoir reçu : Ce n'est pas en toi (dit le volé) que j'ai eu confiance, mais dans cet objet (les phylactères) que tu portes sur la tête. — R. Yanaï, après une maladie , les portait trois jours consécutivement, voulant indiquer par là que la maladie efface les péchés. Qu'est-ce qui le prouve? Ce verset : Cest lui qui pardonne tous les péchés, qui guérit toutes les maladies (Psaume cm, 3). R. Yochanan ben-Zaccaï n'ôtait les phylactères ni l'été ni l'hiver, et son disciple R. Eliézer suivit son exemple. En été, comme R. Yochanan ne s'entourait pas la tête d'un turban, il mettait ceux de la tête; tandis qu'en hiver, comme il mettait un turban pour se garantir du froid, il ne metlait que ceux du bras. Pour lui (par exception), ce n'était pas défendu, malgré l'état de nudité (dans lequel se mettait R. Yochanan en été, à cause de sa forte corpulence). R. Hiya bar-Abba dit : Dans son intérieur, il revêtait une tunique.
^ 11 renferme le précepte de porter et de voir les tsitsith (franges).
" C'est-à-dire : lorsqu'il est revêtu des insignes du culte, )'''?^Dn, alors seulement il fera ses prières. Ces phylactères contiennent, dans une case de cuir, quatre sections du Pentateuque écrites sur parchemin , savoir : Exode , xn , i à i o ; ibid. 11 à.i6; Deutérononie, vi, A à g; ibid. XI , 1 3 à 9 1 . A ces cases sont attachées , selon les prescriptions traditionnelles, des
courroies de peau teintes en noir. Une de ces cases, cp'on nomme celle de la tête, se fixe au front à l'aide d'un nœud formé d'avance par ces courroies. L'autre case, dite de la main, s'attache par un nœud coulant au bras gauche, au-dessus du coude , et on enroule la courroie sept fois autour du bras, puis aux doigts. Babli, tr. Schnbbath, fol. i3o\ Idée exposée dans les Evangiles. Vbiflliieu. XX iu, 5.
:]\ THMTK i)i:s nKirvKiioTii.
Ijorsqu'il sc rciidail Jiii hjiin el (|iril .inivail prc's dii ijairoii de service, il 1rs relirait (les pliylarlères). 15. Isaac dit (juil les reiiiellait chez U. Jacob Tarmossra (loin du bain, chez un serviteur) ;.on les lui apportait quand il sortait (In bain, et il disait alors à ces personnes : Deux arclies saintes accompa^jnèrent Israel dans le désert: c(dle du Seigneur et celle des mîines de Joseph. Les nations du monde, en les voyant, s'en étonnaient et disaient : Est-il possible que
Tarche d'un mort marche à côté de l'arche d'un Etre éternel? C'est, répondait Israël, ])arce que l'un a observé ce que l'autre avait prescrit. Pourquoi racontait-il cela ? C'est, dit R. Hanina, pour parler de sujets bibliques dès sa sortie du bain (dans lequel c'est interdit). Mais, objecla W. Mana, n'avait-il pas d'autre sujet exégétique à exposer que celui-là? Oui, et c'est avec une intention sous-entendue qu'il a raconté ce fait (pour réprimander les personnes qui ne mettent les phylactères que pendant la prière) : Joseph, disait-il, n'a acquis la souveraineté que pour avoir observé les prescriptions divines, et nous n'avons acquis toute cette gloire (les titres que nous donne la loi de Moïse) que parce que nous avons suivi les préceptes de Dieu; et vous voudriez négliger ses commandements ?
De quelle façon ^ prononce-t-on la formule de bénédiction pour les phylactères? R. Zerikan, au nom de R. Jacob bar-ldi, dit que, pour ceux de la main , on récite les mots suivants : ^ Soit loué celui qui nous a sanctifiés par ses commandements et qui nous a ordonné de mettre les phylactères.?^ Lorsqu'on les pose sur la tête , on dit : tr Soit loué celui qui nous a sanctifiés par ses commandements et qui nous a ordonné le précepte des phylactères. ?? Lorsqu'on les retire, on dit : rrSoit loué, etc., d'observer ses lois. 75 Cette dernière formule se dit selon l'avis de celui qui pense que le verset (de l'Exode) qui recommande l'observance de la Loi se rapporte à notre sujet. Mais, d'après celui qui admet que ledit verset se rapporte à l'Agneau pascal, il n'y a pas (pour les phylacteres) de détermination précise. Ainsi, R. Abouha, au nom de R. Eliézer, dit : rr Celui qui met des phylactères la nuit transgresse un ordre affirmatif contenu dans ce verset (Exode, xiii, 10) : Tu observeras cette loi en son temps, chaque année (littéralement : de jour en jour) ; il est dit : le jour, et non la nuit, ou encore les jours (ordinaires), à l'exception des sabbats et jours de fête. Cependant R. Abouha n'était-il pas assis la nuit , à étudier la Loi , ayant les phylactères sur la tête? Non, il les avait à coté de lui, comme s'il tenait en main un dépôt sacré. On peut dire encore que ledit verset comprend la défense de mettre les phylactères de prime abord la nuit, mais non Tordre de les retirer au cas où on les aurait gardés toute la journée. On ajoute enfin que le devoir (de les mettre seulement aux jours non fériés) se déduit aussi de ce verset : Ils serviront
' Habli, tr. M enaholh Aol 36\
CIIAIMTHK 11. 35
(k signe à ta main (Exode, \iii, (j), à rexcliisioii (ies jours de sahbal cl do foie, qui soni oux-inomos un sijinc ndij'ieux. Mais iresl-rc pas assez explicite d'après les mois ff d'un jour (ordinaire) à l'autre '?w Certes, cela sulïirail; seulement, comme l'a dit U. Yoclianan, pour toute règle cpji n'est pas exprimée d'une manière certaine, il est bon (I(î la conliiiner par deux versets.
On a enseigné ailleurs- : cfLes femmes et les esclaves seront dispensés de h\ lecture du schema" et du précepte des phylactères. ?? Les femmes le sont, parce (|uil est dit : Vous enseignerez les préceptes à vos fils (Deutéronome, xi, 19), et non par conséquent à vos fdles; or, comme les hommes reçoivent spécialement l'ordre d'étudier les prescriptions religieuses, ils sont aussi soumis au devoir de mettre les phylactères, tandis qu'il n'en est pas de même des femmes. On a objecté à cette règle l'exemple de Michal, fdle de Saûl, qui revêtait les phylactères, et celui de la femme de Jonas, qui, aux jours de fête, se rendait à Jérusalem (sans y être obligée) ; et cependant les sages ne se sont pas o}qiosés à ces deux cas. (N'y a-t-il pas là une contradiction avec la règle précédente? Car, si ces deux exemples constituaient un cas défendu, les sages eussent dû s'y opposer, en vertu du principe qu'il est défendu de rien ajouter aux lois en vigueur.) C'est vrai, dit R. Hiskia bar-Abouha; aussi Michal, fdle de Saùl, a reçu des sages l'avis de s'en abstenir désormais, et la femme de Jonas fut ramenée chez elle.
On a enseigné ceci : A l'entrée du bain, dans la salle 011 tout le monde se tient habillé, on peut se livrer à la lecture du schema et de V'amida, et, à plus forte raison , on peut saluer ses voisins^ ; on peut mettre les phylactères , et encoremoins est-on obligé de les retirer. Dans la salle où la plupart des personnes ont l'habitude de se tenir nues, on ne salue pas , et à plus forte raison n'y faiton aucune prière, et il faut retirer les phylactères qu'on aurait sur soi^. Dans la salle intermédiaire, où les uns sont vêtus et les autres ne le sont pas, on se salue, mais l'on n'y récite aucune prière; on n'a pas besoin d'ôter les phylactères (si on en a sur soi) , mais on ne doit pas en mettre avant d'être sorti du domaine de tout l'établissement. Ceci approiive la conduite de R. Yochanan, exposée par R. Isaac, qui ne remettait les phylactères que bien loin de là, chez le serviteur Jacob Tarniossra. R. Jérémie demanda à R. Zeira : En est-il de même pour un bain qui ne fonctionne qu'en été? C'est toujours un bain, lui fut-il répondu, et considéré comme un endroit malpropre, quoiqu'il n'y ait aucune ordure. Mar-Oukba dit que c'est comme le groin d'un porc, qui est
* C'est-à-dire : pourquoi encore clierchor d'un nom divin et devait se faire convenaun second verset à l'appui de la règle? blement.
^ Chapitre 111 de ce niême traité, $9.. ^ Par respect pour eux, on ne devait
Le saint im])liquait la prononcialioii pas les exposer dans un lieu profane.
;?6 T\\ \ITK l)i:s HKhAkllOTII.
une iiniiioiidico en mouvcmouL \\. Yoini dciiiaiKhi : On'cjii csl-il {\f I iimiiondice qui sc trouvo aux l)ords do la mcr (ctqui, lavoo sans ccssr; par les flots, un pas de mauvaise odeur)? 1{. Ama iéf)on(lit qu'Assaï a ens(M"[fn(^ l'avis de \\. Jéréuiie et qu'il faut tacher d'écarter l'iinmondice sans y faire attention.
R. Zeira dit, au nom de ]\. Aha : On peni, en avani les phylactères sur la tête, manger quelque chose accidentellement, mais non faire un repas; ou encore sommeiiier, mais non se livrer à un repos complet. Selon l'enseignement des uns, une seule hénédiction lors de la mise des phylactères sufïil (c'est-à-dire que l'action d'avoir mangé un peu ne constitue pas une interruption qui oblige de recommencer); selon d'autres, il faut faire une seconde bénédiction (après avoir mangé quelque chose, car l'attention a pu être déranm^e). On comprend l'avis de celui qui admet que la première bénédiction sulfit, parce qu'on suppose qu'il n'a pas oublié ce qu'il porte sur lui. Mais comment expliquer l'avis de celui qui dit qu'il faut une seconde prière? N'y a-t-il pas le fait d'avoir mangé ayant les phylactères en tête (ce serait alors forcémeni un manque de respect envers le devoir religieux)? R. Zeira répond que R. Aba bar-Jérémie ne parle pas d'un repas, mais de quelqu'un qui goûte quelque chose (et qui cependant le bénit; en ce cas il ne l'oublie pas).
R. Zeira dit, au nom de R. Aba : On ne doit pas entrer dans un urinoir en ayant des livres saints ou des phylactères en main. Lorsque R. Yochanan (en ce cas) avait un livre homilétique en main, il le remettait à ses élèves; tandis que R. Roun, même en ayant les tephilin sur soi, ne les quittait pas. Cet enseignement de R. Aba n'est-il pas contredit par une baraitha qui apprend l'inverse et déclare l'entrée permise? Non, quand on dit qu'il faut les retirer, c'est qu'il reste encore, en sortant de là, assez de temps pour les remettre au jour; au cas contraire, on ne les retire pas; sans quoi, on n'accomplirait plus un devoir religieux en les remettant (car, la nuit, la mise des tephilin est inutile). Alors, à quoi bon leur manquer de respect (en ne les retirant pas)? Aussi R. Aba ordonne-t-il de les ôter. En principe, on les déposait entre les mains de ses compagnons ; mais, comme ceux-là s'enfuirent un jour en les emportant, on a établi l'usage de les mettre dans des trous disposés pour cela. Lorsqu'il arriva par là un fait regrettable^, il fut décidé qu'on les garderait à la main en entrant dans ce lieu. R. Jacob bar-R. Acha ajoute, au nom de R. Zeira ; à condition qu'il fasse encore jour (en sortant), pour qu'on puisse les remettre; au cas contraire, c'est interdit de les garder, car, loin d'observer ainsi un précepte religieux, on paraîtrait le mépriser. Mescha, petit-fds de R. Josué bar-Lévi ,
* Une femme de mauvaise vie les en- Celui-ci , en entendant la calomnie , se tua leva un jour, et . les apportant au temple , de désespoir. — A oir Ral)li . même traité , iiccusa un étudiant de les lui avoir ofl'erls. fol. -2 3'.
CUAIMTKK II. 37
(lit : (lelui ([ui voul a|;ii' Uès-bieii h.'s placM^ sur son cœur dans un [)etitsac. confoi'niomoïit à ce verset (Psaume xvi, 8) : J'ai toujours FElernel devant mes reiianls. Là (à Babylone) on a ensei'jné : Il ne faut pas s(i velir de lephilin si l'on n'est pas comme Elisée, l'homme aux ailes (c'est-à-dire, en cas de danger, comme lors de ce l'ait célèbre : un ordre romain interdit une fois de les porter; un majjistrat j)asse; le rabbin qui avait des tepliiliu ra[)er(}oit, les prend aussitôt à la main; et, (|uestionné par le Uomain sur l'objet qu'il portail, il lui répond que ce sont des ailes de pi(>eon ^; en effet, un miracle survint, opéra cette mélamorphose et sauva le pieux rabbin, qui avait failli être victime de son dévouement à la rcli[]ion).
I{. Zeira, au nom de R. vVbba bar-Jérémie, dit : Il est interdit de commettre une impureté dans un cimetière, et à celui qui agirait ainsi s'applique ce verset (Proverbes, xvii, 5) : Celui qui se moque du pauvre blasphème son Créateur. R. Hiya-Raba et R. Yonathan marchaient devant la bière de R. Simon bar-Yossé bar-Lekonia, et R. Yonathan sauta par-dessus des tombes. R. Hiya-Raba lui dit : Les morts doivent se dire maintenant que demain nous serons auprès d^eux et qu'ils pourront nous faire souffrir à leur tour. Mais, lui répliqua-t-il, est-ce que ces sages ont quelque connaissance? N'est-il pas écrit (Ecclésiaste, îx, 5) : Les morts ne savent rien? — Tu sais lire la Bible, lui fut-il répondu, mais non l'interpréter. Or, les vivants savent quils mourront (dit le même verset) : ce sont les sages qui, même après leur mort, sont considérés comme vivants. Et les morts qui ne savent rien, ce sont les impies, qui, durant leur vie, sont déjà considérés comme morts. Comment le sait-on? Par ce verset (Ezéchiel, xviii, 32 ) : /<? we désire pas la mort du mort. Peut-on dire que celui qui est mort meure encore ? Il s'agit donc des impies, qui durant leur vie même s'appellent morts. Et comment sait-on que les justes se nomment vivants, même lorsqu'ils sont morts? Par ce verset (Deutéronome, xxiv, i) : UEternel lui dit : Voici le pays que f ai promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob, -en disant. Pourquoi ajouter IDN*^ (en disant)? C'est que Dieu lui a ordonné d'aller dire'^ aux pa- (riarches (au Paradis) : rr Toutes les conditions que j'ai faites avec vous, je les rejnplirai après vous, envers vos fils.??
Si dans un exemplaire du Pentateuque ou a joint les lettres, il est pourtant suffisant selon les uns (pour le devoir de la lecture), et non selon d'autres. R. Idi , au nom de R. Simon ou de R. Yochanan , dit : Celui qui prétend qu'il suffit suppose les lettres attachées par le bas (ce qui gêne peu) , et celui qui déclare cette écriture jointe inexacte parle du cas où les lettres se touchent du haul ; il n'y a doute et discussion qu'au cas où les lettres tiennent au milieu des finales (qui sont longues; ce serait alors illisible).
R;il)li. Ir. Schabhaflt , fol. i3o'. - - Ils parlt^nt doiir npns la inoil.
3S TUAITI^: DKS RI:K AKIIOTIf.
I.c iiKMiic a (Misei||"n(; (|u On in; (loi( |);is prifM' sur un ciidniil, (^lev(î, j)aiTC' (|n'il csl ocril, s<'loii H. Al)l)a, (ils de; \\. Wi\ù : rDcs profondeurs, jo t'invoque, KlcnicU (Psaume cxxx, i). Il dit- encore qu'on n(; doil pas se mettre à prier lors(ju'on éprouve des besoins, parce qu'il est dit : Prépare-loi, Israël, à te rendre vers ton Dieu (Amos, iv, 12). K. Alexandre dit que ce verset : Carde tes pas (fiiand tu te rends à la maison du Seifpieur (Ecclésiaste, iv, 1 7), indique qu'il faut prendre soin d'être dans un état complet de propreté. Selon U. Jacob bar-Abaï, ce verset indique qu'il faut, en se rendant au temple, se tenir propre et pur. K. Aba interprète ainsi le verset : Que ta source soit bénie (Proverbes, v, 18), que ton approche d'un tombeau ne soit pas entachée. B. Berachia exprujue ainsi le verset : // est un temps pow naître et un pour mourir (Ecclésiaste , m , a ) ; heureux celui qui , en mourant, est aussi pur qu'en naissant, car il meurt alors sans tache.
à (3). Si ([uelqu'uij lécite le schema tellement bas qu'il ne s'entende pas lui-même, il a pourtant accompli le devoir; selon R. Yossé, cela ne suffît pas. S'il récite incorrectement, il n'est pas nécessaire de recommencer, selon R. Yossé; mais il le faut, selon R. Juda. Celui qui récite à rebours n'est pas dispensé dune nouvelle lecture, et celui qui se trompe dans sa récitation doit reprendre à partir de l'endroit où il s'est trompé.
Bab dit qu'en pratique on adopte comme règle l'avis de chacun en ce qu'il a de moins sévère. D'après vous (gens de Babylone), que nous enseigne là votre maître Bab? N'est-ce pas une règle fixe que si un anonyme émet un avis contraire à B. Yossé, le premier a la prépondérance? Ou encore, si B. Yossé discute l'avis de B. Juda, ce dernier prédomine-t-il? A quoi bon alors liab ditil qu'on suit l'avis de chacun en ce qu'il a de moins grave? C'est que, ayant entendu dire que B. Hiya avait enseigné cet avis au nom de B. Meir (de sorte que ce n'est plus celui d'un anonyme), il a fallu préciser quelle est la règle à suivre pour ce cas contesté.
On a enseigné : ffSi quelqu'un dit la prière {'amida) trop bas pour pouvoir s'entendre lui même, on considère pourtant le devoir comme accompli, tî D'après ([ui a-t-il fallu enseigner cela? D'après B. Yossé ^ Or, quel est ce B. Yossé? (rest celui qui professe dans la Mischnà une opinion contraire à l'anonyme.
^ Puisque, d'après l'anonyme de la dire qu'il en est de même, selon lui. pour Misclmâ, c'est un devoir suffisant iiiênie Vamida, qui est moins grave, poui' la lecture du schema . \\ va donc sans
CIIAPITHK II.
R. Matiia dit égaloiiient que c'est un avis de ee docteur. Kii efiel , H. Vossali (un homonyme bien postérieur au premier) dit : Il ne l'aut pas croire que ce qui l'ait le sujet de la contestation entre les rabbins et K. Yossé. ce soit le mot schema', ([ui veut dire : écoute, entends, et que pour tous les autres commandements ce soit inutile; on vient nous dire, au contraire, que l'auteur dc cet avis, selon R. Matna, est R. Yossé; cela démontre qu'il en est du schema' comme de tous les autres commandements. Pourquoi? C'est que R. Yossé se fonde sur ce verset (Exode, \v, -30) : Ta prêteras [oreille à ses commandements (en ^jénéralj; tes oreilles doivent entendre ce que ta bouche prononce. Mais alors, dit R. llisda, qu'en est-il du sourd et que fait-il (lorsqu'il récite)? Il opère du moins un mouvement des lèvres (ce qui suffît, faute de mieux). Il a en sa faveur l'avis exprimé dans la Mischnà par R. Juda. R. Yossali dit : On peut en conclure que R. Hisda reconnaît que l'opinion anonyme qui interdit les oblations faites par un sourd ^ est de R. Yossé. En effet, R. Hanina dit, au nom de R. Hisda, que c'est son avis. R. Yossé bar-R. Roun dit qu'il en est forcément ainsi, car lorsqu'on fait la première enumeration des cinq personnes qui ne doivent pas prélever l'oblation, on n'y compte pas le sourd. Donc, on suppose, sauf avis contraire, que cela lui est permis; c'est R. Yossé qui l'interdit. Mais, objecterat-on, cela va sans dire, puisque l'oblation, même déjà prélevée, ne peut servir. Non, cela ne va pas sans dire, car le sourd ne compte pas non plus dans la dernière enumeration des cinq personnes auxquelles c'est défendu : hnale'menl, il faut dire que l'interdiction du sourd a été faite par R. Yossé.
Voici la liste des mots du schema' à la lecture desquels il laut s'appliquer (pour ne pas les confondre, à cause de la consonnance de la lettre finale du premier mot avec l'initiale du mot suivant) : par exemple "jDn"? b"J, crsur ton cœur; — sur votre cœur: — de l'herbe dans ton champ; — vous périrez bientôt; — à l'angle du vêtement un fil; — vous de la terre. ^^ R. Hanina, au nom deR. Aha, ajoute à cette nomenclature l'expression que Dieu apromispar serment '^ , n :?3*^*j. R. Samuel bar-Hanina ajoute encore, au nom de R. Oschia (la formule de la première
' Pour bien comprendre cette déduction, il faut avoir sous les yeux la Mischnâ suivante, (jui se trouve au traité Troumoth (oblations dues aux prêtres, ch. i, S i ; conip. Babli, même traité, fol. la"): ffll y a cinq individus qui ne peuvent prélever la dîme, sous peine d'accomplir un acte insuffisant; ce sont : le sourd, le fou, l'enfant, celui qui prélève ce qui ne lui appartient pas, et l'étranger qui prélève l'oblation sur les biens d'un israélite, même
avec l'autorisation tlu propriétaire. Le sourd, qui parle sans entendre, ne doit rien prélever; njais si cet acte est fait, il est valable. Partout ailleurs , en parlant des sourds , il est question de sourds-muets, n On voit que cet avis ne porte pas de nom d'auteur, et qu on peut par analogie l'appliquer à R. Yossé.
' Curieuse observation philologique :
on pouvait (\é}h confondre connue son y et N.
'lO TM AITK DKS \\\:\\ \KII()TI1.
i)i;ii(3(li(li()n dii iiiiiliii): f(jui foiiiic la lumière (;l cn'o les ((Miobres ',75 pom- (jii'on no (lise pas : qui lonne la lumière el crée I'dclat du jour. [{. Il''»[[}jaï, an noil) (Ic W. Aba bar-Zabda, ajoute aussi les mots : là ils font chanté, pour quon ue dise |)as : ils t'ont loué là '^. K. Levi J{. Abdima de Ijipa, au nom de R. Levi bar-Sisi, dit : 11 faut faire sonner le î du mol liDTr ^, afin rjuc vous vous souveniez (dans la troisième section du schema'). H. Yona, au nom de l\. Hisda, dit qu'il faut j)rononcer de même les mots que sa ^râce est étemelle (Psaume cxxxvi).
On a ensei{jné qu il ne faut pas faire officier par les gens des localités dites Ijipa, Raïsan, ou ïiba,car ils prononcent la lettre n comme n. et le i? comme X ( même observation philologique que plus haut); ce n'est permis que s'ils ont une prononciation correcte.
cr Celui qui lit à rebouis n'a pas accompli son devoir, t^
K. Yonà dit, au nom de H. Nahman bar-Ada, ou, selon H. Vossé, au nom de Nahman Saba : L'expression biblique vn^ qu'ils soient (Deutéronome, iv, 6) indique que les mots doivent rester dans leur ordre. Il en est de même pour la lecture du Hallel '^ et de l'histoire d'Esther. Pour cette dernière, cela se comprend; car il y est dit expressément: selon récrit (Esther, viii, 9); mais qu'est-ce qui le prouve pour le Hallel? C'est qu'il y est dit (Psaume cxiii, 3) : Depuis le lever du soleil jusqu à son coucher, le nom de F Eternel est célébré [de même que l'inverse ne peut pas avoir lieu pour le soleil , de même il ne faut pas intervertir l'ordre des mots). Quelle en est la conséquence à déduire? C'est, répond R. Aban, que la suite a aussi un ordre manifeste : le chapitre Lorsque Israël sortit d'Egypte (Psaume cxiv), se rapporte au passé; puis, ce n est pas en notre faveur, Eternel (]^s3iume cxv), s'applique aux générations actuelles; puis, /mme
que VEternel exauce ma voix (Psaume cxvi), se rapporte à l'époque du Messie. Le verset Amenez la victime couronnée de myrtes (Ibid. 27 ) a trait aux guerres de Gog et Magog (troubles qui doivent précéder la venue du Messie), et le suivant : Tu es mon Dieu, et je veux te rendre grâce, s'adresse à l'avenir.
R. Acha, au nom de R. Josué ben-Lévi, dit que celui qui a établi cette prière (ï^amida) l'a réglée ainsi ^ : les trois premières bénédictions et les trois dernières ont pour but de célébrer Dieu. Les bénédictions médiales se rapportent aux besoins des hommes : ft Favorise-nous du don de la sagesse, ou : tu nous as favorisés de ce don;^^ rr agrée notre repentir, ou : tu as agréé notre repentir; 75
' Imitation (risuïe, \lv, 7. Gompar. Vlfin de ne pas lire IID*^*?! , î^oMs^erei^
pour les détails. Babli, même traité, fol. 1 1 •\ payés.
' Pour éviter la conrusion des deux h ' Voir ci-dessus, p. 'ià, note '2.
dans le mot "^bn, huer. •' El col ordre doit être observé.